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Touzazimutin

Le chaos du vendredi soir

21 Janvier 2014, 12:17pm

Publié par Zazimutine

Le chaos du vendredi soir

 

D'habitude le vendredi soir, je me la joue à la cool, la semaine de travail et d'école dans les pattes, personne n'est tellement apte à sévir/obéir. C'est donc souvent jeux en rentrant de l'école sans chrono dans la tête, toilette de chat, repas vite fait, no stress!

Mais vendredi dernier, il y avait orthoptie après l'école, à 17h40, au centre-ville. Le centre-ville c'est ce quartier tout à fait au milieu de la ville, entouré de voitures agglutinées sur les axes y menant... Il fallait donc faire fissa.

Ca avait plutôt bien commencé pourtant puisque j'avais réussi à partir tôt du boulot, à 16h pétantes j'étais donc postée devant la classe de Miss Bonbon.

A 16h05, après avoir récupéré ma première précieuse, je suis devant la classe de Miss Choco. Je profite d'apercevoir la maitresse pour lui lancer innocemment un "tout va bien en ce moment?". Pas si innocente que ça ma question, puisque depuis quelques jours, Miss Choco nous fait des espèces de crises d'angoisse au coucher. Crise des 6 ans? Syndrome de stress post-traumatique après passage de la petite souris? Quoiqu'il en soit, je ne m'attendais pas à repartir 5 minutes plus tard, rdv avec la maitresse en poche pour discuter de ma fille. Hum. Bon.

La fine équipe marche alors cahin-caha vers le parking, les deux petites courant devant, la maman essayant tant bien que mal de les suivre avec ses 3 sacs, ses 2 valises-gouter et ses 5 dessins dans les mains. Arrivées à la voiture, je dis d'un ton ferme n'autorisant aucune discussion "bon, on va au centre-ville donc vous gouterez à l'aire de jeux". Ce à quoi ma fille ainée, sensible à mon autorité naturelle, répond "euh moi je mange juste un tronche de cake et le reste à l'aire de jeux". Je cède. Dans la voiture alors que nous roulons, j'aperçois dans mon rétroviseur, des papiers cellophane voler de toutes parts, la petite a imité sa soeur, les gourdes de compotes suivent bientôt les gâteaux, et... le gouter est finalement englouti en deux temps-3 mouvements. Bon.

Arrivée au parking du centre-ville, je propose à Miss Bonbon, piètre marcheuse malgré ses presque 4 ans, de prendre la poussette. "Ooooooh, nooooooooon! Pas la poussette!!!" J'entame alors une discussion totalement inutile -"tu vas marcher c'est sûr?"-"Ouiii!"-"Tu ne vas pas me demander de te porter?"-"Nan!"

Ouhin-ouhin-ouhin, alarme mentale, comment-peux-tu faire confiance à ce que pense une petite fille de pas tout à fait 4 ans de ses capacités physiques? J'ignore l'alarme, tout comme j'ignore les miettes et les cadavres de compotes qui jonchent désormais le plancher et les sièges autos de ma voiture.

Pour sortir du parking, il faut emprunter des escalators. C'est rigolo de prendre les escalators, surtout sans sa maman. Surtout que c'est strictement interdit comme me le rappelle à chacun de mes passages la grosse étiquette rouge de mise en garde, m'obligeant à courir encore une fois pour rattraper les oiselles.

17h: Aire de jeux et suite des hostilités.

Après 5 min de balançoire, la plus petite vient s'asseoir à côté de moi et me dit "qu'est-ce que je peux faire maman? je sais pas quoi faire!" Je la regarde interloquée. On est à l'aire de jeux là. Si je dois jouer à la gentille animatrice même à l'aire de jeux, mais ou va le monde? Je n'ai pas le temps de débattre de la question puisque j'aperçois du coin de l’œil ma grande entamer sa carrière de trapéziste sur les grilles entourant le petit parc. Je n'ai que le temps de la rattraper avant le triple salto. Miss Choco ressent tout à coup une envie pressante du genre à ne pas autoriser une petite incartade entre deux voitures. Je transpire mentalement à l'idée que certes, nous pouvons envahir plus tôt que prévu le cabinet d'orthoptie, mais qu'ensuite, il va me falloir tenir mes filles une bonne demi-heure dans la salle d'attente jusqu'à l'heure du rdv. En même temps, pas le choix.

A quelques mètres du cabinet, j'aperçois à quelques encablures de là la boutique qui vend mon café. Et justement, nous n'en avons plus, du café. Et demain c'est samedi, et ensuite c'est dimanche et... il me faut du café pour tenir le week-end!!! Tout de suite! Je demande perfidement à miss Choco si elle pense pouvoir se retenir, elle acquiesce. Nous nous dirigeons donc vers la boutique jusqu'à ce que retentisse le fameux "porter maman!!!" -"oh non miss B, tu m'avais promis!"- "porteeeeeeer!" la boutique me parait tout à coup extrêmement éloignée.... Je prends miss B à bras, mon épaule droite m'insulte au passage des 16 kilos et me menace de rééducation à 7h du matin avant d'aller bosser, comme l'an dernier. Heureusement, sur le chemin menant à la boutique, il ya tout un tas de petits magasins avec une marche devant, mes filles trouvent tout à coup l'énergie nécessaire à longer toute la rue en empruntant cette marche, les doigts et le nez collés aux vitrines. J'enregistre le regard noir des vendeuses. J'ai un peu chaud.

A la boutique de café, tout se passe bien, hormis quelques doigts égarés sur les miroirs du magasin.

17h20: nous arrivons finalement au cabinet d'orthoptie. Miss Choco occupe donc les toilettes en me demandant de rester derrière la porte, ce qui est très pratique car ainsi, je bloque l'accès à un des bureaux médicaux.

17h25: nous nous installons dans la salle d'attente; encore 15 minutes à tuer. Par chance (oui quand même, un peu!), l’orthoptiste nous prend avec un peu d'avance coupant court aux "pourquoi c'est pas mon tour? Je veux qu'elle vienne maintenant!" de miss Choco. Nous attendons avec Miss Bonbon, qui, habituellement, lit sagement les quelques livres pour enfants qu'elle trouve. Cette fois, elle veut que je lui lise Paris match. Devant mon refus, elle recommence sa litanie "qu'est-ce que je peux faire maman? je sais pas quoi faire!". Comme je suis plongée dans un article culturel sur les vacances de Nico et Carla, j'essaie de gagner du temps en lui proposant des choses insensées comme "tu pourrais euh... je réfléchis.... (je réfléchis longtemps, ce qui me permet de grappiller quelques secondes de silence, elle suspendue à mes lèvres), compter les chaises!- "nan!"-"euh bon alors, tu pourraaaaaiiiis..... euh, ranger les magazines sur la table"-nan!" etc...

18h: la séance d'orthoptie se termine. Pendant que je paye la jeune femme, je vois avec horreur ma fille ainée s'allonger parterre parce qu'elle est fatiguée. Bien vite imitée par sa soeur. Après quelques remontrances et enfilages de manteaux, nous nous apprêtons enfin à retrouver la voiture. Dans un élan de folie et passant devant une boucherie, je pense à mon frigo vide et je décide d'acheter un peu de jambon et de viande pour le repas du lendemain (j'essaie d'anticiper pour une fois!). Regardant les yeux cernés de mes filles, j'hésite. Puis je rentre. Mauvaise décision. La boucherie est bondée et miss Bonbon décide de ne pas rentrer mais de m'attendre sur les marches dehors. Juste à quelques mètres de la rue. J'essaie de la convaincre mais aussitôt sa voix grimpe dans les aigus. Voulant m'éviter un moment de honte, je la laisse. D'un œil je la surveille, de l'autre j'essaie de conserver ma place dans la file d'attente. Une dame visiblement pleine de pitié d'empathie "allez-y, je vous dirai quand ce sera votre tour!" C'est mon tour. Je commence à commander lorsque j'aperçois de mon oeil latéral (héritage de l’évolution femme>mère) ma fille se lever et avancer vers la rue. Je me précipite dehors. Pendant ce temps le boucher me harcèle de questions "comment les tranches, fines? moyennes?-comme ça? et avec ça? de l'échine ou des côtes? je vous la coupe en morceaux? comme ça les morceaux? et avec ça?" J'essaie tant bien que mal de répondre, la tête pivotant de gauche à droite, telle la tourterelle. Maintenant ma fille est allongée en plein milieu des marches, empêchant la sortie et l'entrée des clients. J'ai envie de pleurer.

Je m'enfuis avec mon sauté de porc et mon jambon. Et aussi avec mes filles. "Porteeeer maman!" Je m’exécute tant bien que mal, nous avançons à notre rythme, les bras de ma fille entourant mon cou, tandis que le reste de son corps pend dans le vide devant moi, mes bras toujours chargés de mon sac et maintenant des sacs de course. Je n'ose imaginer le spectacle que nous donnons à voir.

Au parking, au moment de payer, comme chaque fois, c'est la dispute entre les deux, pour ramasser le plus de pièces. Un couple qui passe à côté ricane en voyant mes filles se battre pour plonger leurs mains là où sort la monnaie. Je me suis faite délester de 6 euros 40 en plus de ma dignité.

19h: Sur la route du retour, Papa Ours m'appelle, il part juste de son travail. Je m'entends lui dire: "dépêche-toi parce que je les supporte plus là!" (oui j'ai dit ça, devant elles, oui je sais, c'est mal!) Il me rappelle que ce soir il va au cinéma. Avec mon propre frère.

Game over!

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Fauvette Pitchou 24/01/2014 19:31

Excellent court métrage. À la lecture,on a l'image.Le style haletant nous fait percevoir nettement la montée du stress, pour en arriver à la conclusion logique:"je les supporte plus là".
Il n'y a pas de honte,à faire comprendre à ses enfants,qu'ils ont par leur attitude,fatigué leur maman.Sinon comment apprendront-ils à connaître leurs limites?
Quelle mouche les avait piquées,les petites sauvageonnes ce vendredi là?Un vent turbulent soufflait sur les moulins alentour?
J'espère que ce vendredi soir aura été plus serein.

Joy 23/01/2014 23:56

Encore merci !!!!!!
Merci de ton récit toujours prenant, haletant, et drôle !
Merci de ce changement de police qui me permet de te lire après une dure journée de labeur...
Quoique... Ce soir, j'ai trouvé une alternative extra à la fin de journée "chaos" !
Le contexte :
- le jeudi, nounou va chercher les 3 loupiots
- papa W est en Finlande
- maman à un Max de boulot, ET un collègue danois charmant
Le résultat
- nounou enchaîne bains, dîner et coucher
- maman sort du boulot -> direct petit resto sympa !
Elle est pas belle la vie ???

Zazimutine 04/02/2014 08:26

Pas mal en effet le resto au lieu de la soirée chaos, j'en rêve!

Nouille 22/01/2014 22:46

Mon escapade a la bibliotheque du jour ressemble un peu a ta journée.....mdr !

Zazimutine 23/01/2014 09:55

Oui là c'était vendredi soir mais le chaos peut arriver à tout moment, comme le lundi soir, le mercredi, le week-end etc....

Lucie 21/01/2014 22:15

C'est ce qu'on appelle une accumulation de "contraintes", de stress et de pleurs ! J'imagine que tu avais hâte qu'elles se couchent pour souffler !

Zazimutine 23/01/2014 09:54

Ôôôôôôôôôô combien oui!!!