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Touzazimutin

Face à la mer

17 Septembre 2017, 21:59pm

Publié par Zazimutine

Face à la mer

 

Après avoir tournoyé en orbite autour de notre chère planète toute la semaine, il a bien fallu redescendre sur Terre (pour ceux et celles qui n'auraient pas suivi, mon dernier article a recueilli tellement de commentaires que j'ai pris la première fusée pour la station orbitale "blogueuse-qui-se-sent-plus péter").

En fin de semaine, j'ai pensé alors qu'il serait sage de reprendre rapidement contact avec la réalité (surtout quand je me suis aperçue que je cherchais si on parlait de moi dans Gala). Et pour ça, quoi de mieux que de communier avec la nature? Quand on habite à 3 km de la mer, fastoche. Sauf qu'il fallait faire avec le temps catastrophique de ces deux dernière semaines, et que de mer, je n'avais vu, depuis quelques temps, que son substrat atmosphérique.

Alors vendredi matin (jour chômé pour moi) quand le ciel s'est habillé tout en bleu, j'ai pensé que l'occasion était idéale d'aller au bord de l'océan pour m'évader de mes préoccupations matérielles. J'avais envie d'air frais, je frémissais à l'idée d'atteindre peut-être une sorte d'état méditatif, de me transcender, voire, pourquoi pas, de léviter.

Je me suis dépêchée de préparer mes affaires: baskets, polaire, thermos de thé, tablette de chocolat et mon bouquin en cours.

A 10h, j'étais garée au bord de l'eau, et me suis ruée sur le chemin côtier. Il était là devant moi, l'océan majestueux, d'un bleu sombre dans la lumière du matin. J'ai commencé à marcher, toute guillerette, songeant à ma chance de me trouver ici et maintenant (méditation, étape 1 enclenchée), à déambuler et regarder la mer, avec tout loisir d'observer: plantes, joggueurs, couples de petits vieux chancelant marchant main dans la main, bateaux de pêche côtière travaillant d'arrache-pied...

Après quelques minutes, je me suis trouvée totalement grisée. Je marchais, un sourire béat plaqué sur les lèvres.

Alors je me suis assise et j'ai sorti mon calepin, j'ai bu une gorgée de thé et agrippé fébrilement mon stylo, dans l'état de bien-être où j'étais, je le sentais, j'allais écrire les lignes de ma vie,  les mots allaient éclore au bout de mon stylo au rythme des vagues s'écrasant sur les rochers (poésie, étape 1 enclenchée).

L'inspiration ne venant pas, j'ai rebu une gorgée de thé et j'ai grignoté un petit bout de chocolat.

Un (gros) chien est venu me renifler et a failli me renverser.

J'ai cherché un autre endroit où me poser. C'est qu'ici sur mon rocher,  le vent commençait à m'étourdir un peu. Le fracas des vagues était au fond vraiment assourdissant.

Comme mon sourire faiblissait, j'ai repensé à la chance que j'avais. J'ai rebu une gorgée de thé et me suis concentrée sur ce moment parfait. J'ai pris en photo mon thermos, mon livre et ma tablette de chocolat, pour les poster sur Instagram et montrer à tout le monde justement ma vie parfaite.

J'ai encore bu une gorgée de thé pour me réchauffer parce que ça commençait à sacrément cailler.

Je me suis avancée sur un promontoire rocheux, reniflant à plein nez l'air iodé, parfum de la liberté. J'ai voulu manifester bruyamment la magie de cet instant alors j'ai crié Aline pour qu'elle revienne (pardon, je m'égare).

Debout sur mon rocher, je me suis étirée, et face à la grandeur de l'océan j'ai communié. J'étais l'eau, j'étais le vent, j'étais la pierre. J'étais la mouette tournoyant au soleil levant. J'étais  l'agapanthe ondulant dans le vent. 

C'est à ce moment là qu'elle m'a envahie: la puissance physique de la liberté.

Comme une sensation de chaleur au bas du ventre.

Oserai-je dire de pesanteur?

En fait, ça me rappelait vaguement quelque chose...

Pour tout dire, la liberté, ma liberté, ressemblait terriblement à une envie pressante de faire pipi.

Finalement, je suis vite rentrée chez moi pour me soulager.

J'avais bu trop de thé.

PS: mais sinon c'était bien :)

Face à la mer
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C
Merci pour ce moment iodé... c'est Laquelle ta mer ?
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Z
Ah oui! C'est pas du tout la même :p ;)
C
(moi c'est la mer d'Iroise Niak Niak Niak)
Tes photos m'ont emmené directement en face de l'île de Sein, c'était pour cela que je posais la question
Z
La même que la tienne ma chère, celle qui borde notre chère Bretagne: l'océan Atlantique ;)
V
Je suis en train de devenir totalement fan de toi :-)
J'adore ! (j'ai par contre loupé la photo sur Insta on dirait ;-))
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Z
Et tu sais quoi? je crois que c'est totalement réciproque!!
Et non, je n'ai pas posté ma photo finalement sur IG ;)
V
merci, toujours aussi agréable à lire, j'ai toujours l'impression de me retrouver !! C'est marrant ! Ce que tu écris et le fait de penser que j'écris à peu près de la même façon. J'ai un blog perso, que j'ai un peu abandonné mais qui pourrait peut-être t'intéresser parcoursetdetours.blogspot.com, je n'y ai que ma mère en abonnée !! Bonne journée
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Z
Bonjour Valérie, j'irai y jeter un coup d'oeil mais je crois l'avoir déjà fait et avoir assez accroché avec ton écriture en effet. J'y retournerai, promis! Merci de ton gentil commentaire :)
M
Mouhahaha
Ha, les envies de faire pipi, elles gâchent tout !
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Z
Oui c'est rageant!! Moi si j'étais un homme... la la la la la...
M
A chaque fois que je te lis, j'ai envie de te dire que tu es cinglée ! Je ne sais pas combien vous êtes dans votre petite tête, mesdames, mais continuez à écrire et à nous faire rire !

Merci...

Virginie
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Z
Je me dis la même chose quand je me relis, rassure-toi! Et pourtant, je ne prends rien je t'assure! :D