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Touzazimutin

Vis ma vie de mannequin nombril

26 Mars 2015, 15:13pm

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de mannequin nombril

 

Salut, je m'appelle D., j'ai 37 ans, et dans la vie, je suis mannequin nombril.

Un métier peu courant j'en conviens, mais j'imagine que vous saviez déjà qu'il existe des mannequins poitrine, des mannequins mains et des mannequins pieds non? Vous vous imaginez peut-être que les plus jolies filles du monde sont parfaites de la tête aux pieds? Détrompez-vous. Laetitia Casta par exemple (une copine), est parfaite à bien des égards mais ses doigts de pieds ressemblent à des saucisses cocktail. D’où l’intérêt pour elle, d'un mannequin pied.

Pour d'autres super jolies filles, c'est le nombril qui pêche: trop petit, trop gros, en "trou de pine" (pardonnez-moi cette expression vulgaire mais tellement imagée), crasseux etc.... et pour toutes celles-là, dont on ne peut décemment dévoiler l'horreur du nombril en photo, on fait appel à moi et mon nombril parfait.

Tout a commencé à la naissance, mannequin nombril c'était une idée de mon père, un original qui souhaitait pour ses enfants un métier épanouissant et sans chômage. Il pensait que dans le domaine, il n'y aurait pas trop de concurrence. Pareil pour mon frère qui est éleveur de kangourous-nains domestiques en Normandie, peu de concurrence, son affaire marche du feu de Dieu.

Mon père donc, a flashé sur mon cordon ombilical dès qu'il l'a vu. C'est lui qui a pratiqué les premiers soins du cordon, qui a veillé heure par heure à la chute de celui-ci, puis à sa cicatrisation, de façon à ce que mon nombril soit parfait. Et ça a marché.

Bien sûr, mannequin nombril c'est un métier. Et comme tout métier, cela demande un investissement, du temps, et une certaine hygiène de vie.

Mon nombril je le nettoie tous les jours au coton-tige, délicatement parce qu'un nombril, c'est fragile et ça s'infecte facilement. Je veille à bien enlever les poils disgracieux qui pourraient se trouver autour. Je le parfume, je le chouchoute.

Etre mannequin nombril c'est aussi faire des sacrifices, car certaines choses me sont interdites:

- la consommation de certains aliments, susceptibles de provoquer des flatulences: pois chiches, haricots blancs, et choux divers sont bannis de mon alimentation. Je peux vous dire que quand on vit dans le Sud-Ouest, ne pas manger de cassoulet c'est un peu cracher à la gueule des autochtones.

- le piercing qui entrainerait une cicatrice disgracieuse (il existe d'ailleurs des mannequins nombril spécialisées dans le piercing).

- le soleil qui pourrait faire vieillir prématurément mon nombril. J'accepte quelque fois de faire des UV, notamment pour les numéros Spécial été des magazines féminins, mais le plus souvent j'évite soigneusement d'exposer mon nombril, maillot une pièce de rigueur sur la plage (ce qui, vous l'admettrez, est un peu la loose quand on possède un aussi joli nombril que le mien).

L'angoisse de ma vie, c'est la ptose du nombril. La ptose c'est la chute, telle la ptose des paupières, la ptose des seins, ou encore la ptose des fesses. Avec l'âge mon nombril risque de s'affaisser tel un oeil de sharpei, or je ne suis pas certaine qu'un chirurgien accepterait de me remonter le nombril, opération encore jamais pratiquée.

Il y a une autre chose qui m'angoisse: la grossesse. J'ai très envie d'avoir des enfants mais l'idée de perdre mon gagne-pain m'est insupportable, car quid de mon avenir si une vergeture attaque mon nombril? Et puis... j'ai rencontré l'amour sur une séance photo. Mon chéri est mannequin-kangourou (rien à voir avec mon frère) lui, sa spécialité c'est le slip kangourou, c'est LE mec que vous trouvez au rayon slip de tous les catalogues La Redoute, Les 3 suisses, etc... (attention, il ne fait que le slip kangourou, pour les boxers, on utilise un mannequin-boxer). Bref, mon chéri veut fonder une famille. J'ai un temps songé à partir aux Etats-Unis et engager une mère porteuse mais ça coûte cher et mannequin nombril, faut pas croire, ça gagne pas si bien que ça. C'est fluctuant disons. Ca marche super bien à la fin de l'hiver quand on commence à bosser sur les magazines d'été, mais le reste du temps... Sans compter que le salaire du mannequin est au prorata de la surface du corps exposée, alors le nombril, vous imaginez. Une décision difficile à prendre donc.

Bon je vous laisse, j'ai rdv chez l'esthéticienne pour un gommage-massage-enveloppement du nombril.

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Mam-en-solo # 3

13 Mars 2015, 08:26am

Publié par Zazimutine

Mam-en-solo # 3

 

Lundi 2 mars

Après ce petit week-end à presque 4, nous reprenons la semaine entre filles, pleines d'entrain. Je me sens de nouveau over-parfaite, tout a été préparé le dimanche soir pour le lundi matin. Je prends de nouvelles résolutions de coucher à des heures raisonnables, donc ce soir je ne regarde pas Topchef qui me fait coucher trop tard. Je vais plutôt finir la saison 1 d'Engrenages, c'est juste 3 épisodes de 50 minutes chacun. 23h45 c'est tôt pour se coucher non? En tout cas c'est avant minuit.

Mardi 3 mars

Premier grain de sable dans les rouages, miss Bonbon est malade ce matin. Voilà qui complique un peu les choses puisque je dois quand même emmener mes deux filles à l'école, y laisser la grande, ramener la petite à la maison, retourner chercher la grande avec la petite et ramener les deux à la maison. Et surtout dans cet ordre. Ne pas se tromper.

En tout cas, je bénis Dieu d'avoir droit à des jours enfant malade.

Enfin, pas vraiment Dieu mais le gars qui a inventé les jours enfants malades quoi.

Chouette, je vais pouvoir mettre mes lessives à jour. Et mon repassage. Chouette.

Mercredi 4 mars

Miss Bonbon est toujours fiévreuse; elle doit néanmoins une nouvelle fois se lever pour emmener sa sœur à l'école, dure la vie d'enfant parfois!

Je bénis Dieu d'avoir droit à un temps partiel et donc de ne pas travailler le mercredi.

Enfin pas vraiment Dieu mais le gars qui a inventé le temps partiel quoi.

Du coup, Miss Bonbon a encore gagné le droit de sauter la danse du mercredi après-midi.

Le soir, dans un souci d'économies et de désorganisation assumée, je décide d'abandonner le planning des repas et de finir les restes avant de faire de nouvelles courses. Bien. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire à manger avec des crevettes, des figues, et des cerises surgelées?

Jeudi 5 mars

Aujourd'hui c'est Grand-Papa et Grand Maman Ours qui vont garder miss Bonbon qui finit tranquillement son angine.

Je bénis Dieu d'avoir inventé les grands-parents.

Enfin pas vraiment Dieu mais... si, en fait. Enfin s'il existe. Il existe?

Après avoir déposé la grande à l’école, j'emmène la petite au boulot où ses grands-parents vont venir la récupérer. Je suis obligée de commencer à travailler avec elle. C'est bizarre de recevoir mes rendez-vous avec ma fille qui me regarde, j'ai un peu de mal à me concentrer. Ce soir, ce sera juste un peu galère de récupérer la grande, d'aller chercher la petite Porte de Paris avant de rentrer Porte d'Espagne, et d'accueillir de nouveau les copains du théâtre pour un petit debriefing du spectacle de samedi dernier. Évidemment, on aura encore droit au défilé de mes filles devant chacun des copains pour leur dire bonne nuit.

Vendredi 6 mars

Les affaires reprennent, miss Bonbon retourne à l'école; quant à moi je ne travaille pas et j'ai donc la journée pour mettre à jour mes lessives, mon ménage, payer les factures, faire les courses, refaire un planning des repas (j'y reviens!).

Je vais au centre-ville, j'oublie encore une fois mon portable à la maison. Comme prévu, je fais des courses: du café et du chocolat. Et un rouge à lèvres. On peut officiellement dire que j'ai le sens des priorités.

Samedi 7 mars

Enfin le week-end, je vais pouvoir dormir jusqu'à... 8h, chouette.

Il faut vraiment que je fasse quelque chose pour le frigo (vide). Non rassurez-vous, je ne cuisine pas que des pâtes ou du riz; tenez à midi par exemple, je fais un chili con carne mais sans poivrons (j'ai pas de poivrons- de toute façon mes filles n'aiment pas ça). Et je garde toujours dans mon frigo des légumes frais et des fruits frais joliment disposés dans une corbeille en cas de descente imprévue de la Brigade-de-lutte-contre-la-contrefaçon-de-mères-parfaites; pas folle!

Samedi après-midi c'est le moment tant attendu de la séance de piscine. Il y a d'abord l’épreuve du déshabillage à 3 dans le plus petit vestiaire du monde, qui n'est pas sans rappeler le gag qui consiste à faire rentrer le plus de monde possible dans une cabine téléphonique. Puis il y a l'épreuve du restons-calmes-devant-la-cadette-qui-bien-que-ne-sachant-pas-nager-souhaite-tremper-ses-petons-côté-grand-bassin-en-attendant-son-cours et du tenage par les bretelles du maillot pendant 30 minutes.

Dimanche 8 mars

Lever trop tôt, eu égard à mon déficit en sommeil.

C'est marrant, j'ai remarqué que la taille et la profondeur de mes cernes augmente de façon inversement proportionnelle à la longueur de mes nuits. J'en suis même à calculer la vitesse de formation de la cerne selon le nombres d'heures de sommeil en moins supposées: en partant du postulat qu'il me faut 9h de sommeil pour être en forme, et que je manque d'environ 3h de sommeil par jour, soit 21h en une semaine; et constatant qu'à la fin de la semaine la taille de mes cernes est d'envrion 21 mm, on peut en déduire que la vitesse de construction d'une cerne est donc de 1mm par heure de sommeil perdue. C'est comme ça quand je suis fatiguée, mon cerveau m’entraine sur des chemins sinueux, un genre de convulsion intellectuelle.

Après un après-midi passé à regarder des enfants déguisés défiler tout contents dans la rue, sonne le glas du week-end, entrainant dans son sillage les devoirs et autres obligations douchesques et repasdusoiresques... Je deviens poète.

Le soir, enfin assise, je rédige les invitations pour l'anniversaire de miss Bonbon. Mademoiselle a insisté pour que ce soit à la maison, j'avais dit qu'on ne m'y reprendrait pas, mais je suis faible. Demain je donnerai donc les invitations pour le samedi qui suit. Un peu juste le timing?

Je gère.

A suivre...

 

Aujourd'hui dans la rubrique "apprends la peinture avec moi": "Portrait d'une mère et de sa fille" d'Emile Munier, peintre français que je découvre à l'instant (1840-1895)

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Mam-en-solo # 2

9 Mars 2015, 10:47am

Publié par Zazimutine

Mam-en-solo # 2

 

Lundi 23 février

Première semaine en solo toutes options incluses, à savoir: trajet école le matin, trajet école le soir, activités extra-scolaires pour les enfants, répétions de théâtre et représentation pour maman à la fin de la semaine (je n'ai finalement pas encore abandonné toute vie sociale!).

Si la journée se passe sans problème les couchers tardifs commencent dès ce soir, les filles voulant absolument avant de se coucher voir/dire bonjour/dire bonne nuit/faire un bisou à tous les copains du théâtre à qui j'ai proposé de venir chez moi faire une "italienne" (récitation du texte de notre pièce), faute de pouvoir me déplacer sans mes body-guardettes.

-coucher tardif-

Mardi 24 février

Déjà une entorse à mon organisation, j'ai oublié de préparer les vêtements des filles hier soir,  je cours un peu ce matin.

Le soir, tout se déroule normalement, si l'on met de côté les nombreuses erreurs de chargement de miss Choco. Souvent, son cerveau/serveur bugge, ce qui m'oblige à répéter/actualiser la page environ toutes les minutes; c'est fatigant. Par exemple: -ouvre-le-robinet-mouille-tes-mains-prends-la-savonnette-frotte-repose-la-savonnette-rince-frotte-arrête-l'eau-essuie-toi-les-mains pour un simple lavage des mains.

Je me détends devant "Engrenages" série policière française de très bonne qualité, compte tenu du handicap de départ (série+policière+française)

-coucher très tardif-

Mercredi 25 février

Miss Bonbon n'a plus le loisir de se reposer le mercredi matin; désormais, devant se lever comme le reste de la semaine, tout le monde va à l'école. Après le repas de midi, épuisée, je m'allonge avant d'entamer le rituel du mercredi après-midi (danse à 15h30 pour la cadette, attente impatiente avec l'ainée jusqu'à 16h15) pendant que les filles regardent un film. Je me réveille brusquement à 15h10, la joue droite marbrée par l'oreiller; je me précipite vers mes filles pour les conduire à la danse. Comme tous les mercredis, miss B rechigne; de fort mauvaise foi, je la gronde et lui dit que "c'est d’accord pour cette fois parce que tu as l'air fatiguée mais que ça ne se reproduise pas!" Je retourne m'allonger.

-coucher trop tardif-

Jeudi 26 février

Encore une journée de galère. Ce soir il y a répétition générale avant la représentation de samedi. J’emmène les filles chez la meilleure copine de miss Choco, elles vont y passer la nuit et demain matin, j'irai les chercher pour les emmener à l’école avec la copine. La répétition générale est plutôt catastrophique, mais pas si mauvaise compte tenu des conditions: pluie, froid, dans un hangar non chauffé.

-coucher excessivement tardif-

Vendredi 27 février

5 ans de notre cadette. Ce soir, Papa Ours rentre enfin pour le week-end. En début d'aprèm je reçois l'un des cadeaux prévu pour miss B, une chance, j'étais à la maison. J'ai bien fait de commander ses cadeaux seulement 5 jours avant son anniversaire.

Après la danse de miss Choco, nous retrouvons avec joie Papa Ours à la maison. Encore un gâteau d'anniversaire à préparer et je pourrai profiter de la soirée. Pendant que Papa Ours me raconte ses aventures bretonnes je me rends compte que je ne vois plus que la moitié de son visage, comme si le bas avait fondu. Serait-ce un effet secondaire de l'abus de beurre salé? Ah non, mes filles aussi ont le visage fondu et elles ne mangent que de la graisse de canard. Une migraine ophtalmique s'est donc invitée. Mes hallucinations visuelles et moi-même fêtons tant bien que mal l'anniversaire de notre miss.

21h30: les filles sont au lit

21h31: Papa Ours est intarissable sur les merveilles de la Bretagne

21h32: je suis tellement contente de le revoir

21h33: ..... rrrrrrrrrrrrrrr

-coucher excessivement précoce-

Samedi 28 février et dimanche 1er mars

Finalement, ce week-end, ce sera Pap-en-solo. Entre les répétitions de théâtre, la représentation de samedi, l'anniversaire de miss Bonbon géré intégralement par lui avec une partie de la famille dimanche midi, on ne se sera presque pas vu avant qu'il reprenne son avion dimanche soir.

 

Suite des aventures très vite, je vous promets l'épisode 3 pour la fin de semaine.

 

PS: on continue à se cultiver un peu avec cette semaine, ce tableau de Giovanni Giacommetti (le père d'Alberto) intitulé "family portrait under the elder tree" (1911), je l'adore, on s'y croirait non, dans ce jardin nimbé de soleil?

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J'ai testé: 3h sans smartphone

2 Mars 2015, 12:26pm

Publié par Zazimutine

J'ai testé: 3h sans smartphone

 

Parfois je fais des trucs un peu foufous, comme... partir en ville en oubliant mon téléphone portable!

Je ne suis pas à proprement parler addict de mon téléphone, ou disons plutôt que je m'impose des limites, comme... ne pas le regarder quand je reçois du monde ou quand je discute avec quelqu'un; je ne le prends pas non plus à la pause repas, après tout, je suis joignable à mon boulot; mais je reconnais que le reste du temps, je suis vissée à mon téléphone, du petit-déjeuner au brossage des dents, en passant par des lieux moins commodes... bref, lors du moindre temps d'attente (salle d'attente, bus...), des temps pendant lesquels je lis le journal, parcours des blogs, joue ... le tout sur mon téléphone. Plus de place pour l'ennui.

Mercredi matin après avoir déposé mes filles à l'école et être montée dans le bus pour une course en ville, je me suis rendue compte que j'avais oublié mon portable. Ce qui impliquait que:

1) je n'avais pas l'heure

2) je n'étais pas joignable; sachant que je suis actuellement la personne de premier recours, voire la seule personne de recours, au cas où l'école chercherait à me joindre.

Après un intense moment de désarroi, j'ai fini par penser à autre chose et collé mon nez à la fenêtre pour regarder dehors; après tout j'allais chercher mes filles à 11h30 et pour l'heure, je pouvais toujours demander à quelqu'un.

Je suis arrivée au centre-ville un peu avant 9h; heure à laquelle tous les magasins sont encore fermés. Nouveau moment d'égarement, qu'est-ce que j'allais donc bien pouvoir faire en attendant 10h SANS mon téléphone?! Je suis entrée dans un café. A ma gauche, un écran géant branché sur les infos en continu, me permettant d'avoir l'heure et un endroit où regarder. Parfait. Après quelques minutes à ingurgiter des images sans commentaires, ce qui, somme toute, n'avait qu'un intérêt limité, je me suis intéressée à mes voisins de café:

- en face de moi deux jeunes filles, discutant et pianotant sur leur téléphone en même temps; je m'étonne de ce nouveau mode de communication, être là et ailleurs à la fois; peut-être une question d'habitude; peut-être que lorsqu'on n'a connu que ce mode de relation, ça ne choque pas; pour l'heure, je déteste ça.

- à droite, un homme seul; tiens, il lit le journal et gratte des jeux, lui, pas de portable; ah si, il vient de recevoir un sms, le voici maintenant plongé dedans.

- à l'extrême droite, un groupe de 3 hommes qui semblent en discussion animée; pas de portable du tout, ça change. Je pense qu'ils discutent politique, un autre type d'addiction.

- à ma gauche une dame arrive; premier geste: sortir son téléphone de son sac et le placer bien en vue sur sa table.

Je ne peux pas dévisager mes voisins de table indéfiniment, si bien que je finis par m'ennuyer. Je me décide à écrire, ce café me donne plein d'idées. J'ai des stylos mais pas de papier; je trouve quelques post-it dans mon sac, ainsi qu'une vieille facture; au dos, je griffonne ce qui me vient à l'esprit, mais me trouve bien vite sans place pour écrire. Je regarde dehors, et laisse mon esprit vagabonder, je dois avoir l'air complètement neuneu, perdue comme ça dans mes pensées. Au bout d'un moment, je quitte le café. Les magasins ne sont toujours pas ouverts. Dans la rue, j'observe, encore et encore. Mon regard est attiré par une passante: son corps ne va pas du tout avec sa tête. Elle porte des escarpins à talons d’au moins 12 cm, avec un renfort clouté doré derrière, et une écharpe blanche qui traine presque par terre. C'est dangereux, une actrice américaine dont le nom m'échappe est morte comme ça, son écharpe s'est accrochée dans la roue de sa voiture et l'a étranglée. Au dessus de cette tenue quelque peu extravagante, un petit minois de souris qui semble tout timide. On dirait que cette dame a été relookée par Cristina Cordula.

J'arrive devant chez George (Clooney) qui n'est toujours pas levé. Nous sommes plusieurs à l'attendre, une femme arrive derrière moi, elle me regarde en chien de faïence. Ridicule, il est évident qu'il y aura assez de George pour tout le monde.

Je repars enfin avec ma dose de café et je reprends le bus. A travers la vitre de ce dernier, j'admire les hôtels particuliers tout le long du boulevard. Il y a vraiment des gens qui vivent là-dedans? J'entends un bébé qui hurle; je me rappelle comme ces cris me stressaient lorsque mes filles étaient elle-même bébés, ça semble loin tout ça. Nuages, ciel plombé, cîme des arbres, je m'abîme dans la rêverie, plus envie que ça s'arrête, je suis bien là, dans ce bus.

Je rentre enfin chez moi. Sur mon portable, pas d'appels en absence, pas de messages, soulagement.

Au fond, ces 3h sans téléphone... ça avait sacrément le goût de la liberté.

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