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Touzazimutin

Sisters

30 Mai 2016, 19:35pm

Publié par Zazimutine

Sisters

 

La première fois que j'ai entendu la chanson d'Emily Loizeau intitulée "Sister", où elle exprime son désarroi absolu quand, enfant, elle comprend qu'elle va passer une année scolaire loin de sa sœur Manon, j'ai eu étrangement les larmes aux yeux, la chair de poule, les papillons dans l'estomac, bref, tout cette sorte de chose exprimant une violente émotion. Je crois qu'à l'époque, je n'avais encore que ma fille ainée; je ne savais donc pas qu'elle allait avoir une sœur de seulement 2 ans sa cadette, avec laquelle elle allait partager ses jeux, et vivre une telle complicité. Pourtant, il m'a semblé que les mots d'Emily Loizeau résonnaient à mes oreilles comme ceux d'une expérience universelle:

"un jour de septembre,

on quittait Londres sans toi,

c'était la rentrée des classes,

on m'avait pas dit,

que je ne te verrais pas,

que tu allais rester là,

que tu allais vivre là,

passer toute cette année sans moi"

Quand j'écoute ces paroles, chaque fois, je ressens, vivace, le sentiment d'égarement de cette petite fille. Je n'ai pourtant pas de sœur; j'ai un frère de 4 ans mon ainé, avec lequel j'ai partagé peu de jeux, nos univers étaient trop différents: à lui, le foot, les courses de voitures, et les expériences transgressives consistant à aller en vélo jusqu’au stade Geoffroy Guichard, alors que nous n'avions pas le droit de dépasser le bout de la rue chez nos grands-parents; à moi, les boums de playmobils (flirts compris), les Barbies, et les expériences transgressives consistant à essayer toutes les chaussures de ma mère en son absence. De temps en temps pourtant, j'étais autorisée à participer aux jeux de mon frère et alors s'ouvrait à moi un monde qui me semblait merveilleux... Plus tard, notre relation est devenue fraternelle sur un mode plus adulte.

Cette relation de sœur à sœur, je la vis pourtant maintenant, en spectatrice, au quotidien. Jour après jour, j'observe mes filles se précipiter ensemble à l'étage dès que nous rentrons à la maison après qu'ait résonné le sempiternel "tu viens jouer?"; j'assiste, impuissante, au profond ennui de l'une lorsque l'autre est absente. Je me réjouis de leurs câlins, l'ainée surtout, qui aime tant enlacer sa petite sœur qu'elle trouve "trop mignonne"; je m'agace aussi, il faut bien le dire, de leurs disputes, de plus en plus présentes ces temps-ci. Bien entendu, je ne sais pas quelles seront leur relation adultes, et même adolescentes, peut-être s'éloigneront-elles, se déchireront-elles, qui sait? Mais je ne peux m'empêcher de les regarder, si complices, avec émotion, de m'en féliciter, de me nourrir de toutes les belles relations de soeurs de mon entourage, en espérant que la leur évolue dans le  même sens.

Alors aujourd'hui, chaque fois que j'entends cette chanson, je pense à mes filles; je pense à leur connivence, et combien ça me rend heureuse; et puis, à travers elles, je pense à la sœur que je n'ai pas eue.

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Favoris du moment # 4

26 Mai 2016, 12:34pm

Publié par Zazimutine

Favoris du moment # 4

 

Le moment: le matin

Je suis définitivement une fille du matin. Oh, ça va, ne croyez pas que je n'ai pas entendu le fou-rire dans la salle après que j'ai posé ces mots. Je le reconnais, à me regarder vivre, il semble assez improbable que je sois une fille du matin. Mais il faudra que je vous parle un jour de ce décalage entre mon corps et mon esprit. Mon esprit aime le matin. Mon corps, lui, ce traitre, aime dormir, beaucoup, longtemps. Et a donc beaucoup de mal à se lever le matin quand il n'est pas obligé de le faire. Le matin donc. Le matin-espoir, le matin-renouveau, la journée telle une page vierge qu'il ne reste qu'à remplir (oh mon Dieu, on dirait de la poésie!). Plus que tout, j'aime la lumière du matin, inégalable, bien plus encore que celle du coucher de soleil (trop cliché ^_^).

 

Le film: Merci Patron de François Ruffin

Le film engagé le plus drôle et donc, le plus engageant que je n'ai jamais vu.

Merci patron, c'est l’enquête du journaliste François Ruffin, auprès de tous ces chômeurs du nord de la France, qui ont perdu leur travail lors du rachat de leur entreprise par le grand patron Bernard Arnault. François Ruffin, qui n’hésite pas à se mettre en scène, tel Michael Moore, va tout mettre en oeuvre pour aider la famille Klur à éponger ses dettes et retrouver un boulot.. C'est extrêmement drôle et surtout pertinent, incroyablement rusé. Ca met du baume au coeur, à tel point que tous mes camarades spectateurs et moi-même sommes sortis avec le sourire. Et que les applaudissements ont fusé à la fin du film. Certes, on peut se demander pourquoi François Ruffin se met en scène de cette façon, mais cela donne globalement un film totalement réjouissant que je vous recommande chaudement. Le genre de film qui vous donne envie d'aider votre prochain, et qui rassure sur la nature humaine, si vous voyez ce que je veux dire. Déjà 400000 entrées et ce n'est pas fini.

Vous pouvez consulter les salles où le film est encore projeté en France, sur le site facebook du film ici.

 

La musique: Yom

Encore une découverte de ma route matinale, en compagnie de la matinale culturelle de France Musique.

J'ai toujours adoré la musique klezmer, qui m'émeut autant qu'elle me met en joie. Yom c'est justement un subtil mélange de musique klezmer et de rythmes plus actuels, avec au premier plan la clarinette. Jamais je n'aurais pensé pouvoir être émue à ce point par cet instrument, injustement méprisé (par moi en tout cas); la clarinette de Yom semble tellement, se rapprocher de la voix humaine que l'on croit entendre, par moments, un chant déchirant. J'ai écouté l'album sur deezer, je n'aime pas tout, mais plusieurs morceaux valent vraiment le détour, notamment Songs for the old man, que vous pouvez écouter ici (ce n'est qu'un extrait, désolée):

 

Le sentiment: l'amitié

A bien y réfléchir, l'amitié, lorsqu'elle est dénuée de tout sentiment parasite (envie, intérêt...) ne serait-elle pas l'émotion la plus noble que l'on puisse ressentir, puisque, en l'absence de lien charnel ou "génétique" ou de je ne sais quoi, elle est au fond le don absolu de soi, que d'aimer un autre simplement pour ce qu'il est (moui bon, il est possible que j'idéalise un peu la chose!)?

Du fait de notre déménagement, notre vie amicale a été quelque peu chamboulée, des liens se sont distendus (distance oblige), d'autres persistent, d'autres encore sont en stand-by mais n'ont pas besoin du quotidien pour se nourrir. Déménager et quitter son cercle amical est une expérience très enrichissante à ce titre. Et puis d'autre amitiés évoluent, les amitiés qui se font de moins en moins "virtuelles", les relations qui se nouent dans notre nouvelle région, brouillons, promesses, ou feux de paille, l'avenir nous le dira, quoiqu'il en soit, une période riche d'émotions amicales en tout genre.

Favoris du moment # 4

 

L'évènement: le paquet neutre

Cette information est un peu passée inaperçue au vu de l’actualité, mais il s'agit pour moi, très sensibilisée au sujet, d'un événement capital, presque autant que la loi Evin: l'introduction du paquet de cigarettes neutres auprès des buralistes. Je ne pense pas que le paquet neutre favorisera l'arrêt du tabac. En revanche, j'ai bon espoir qu'il ne favorise pas l'entrée dans le tabagisme des plus jeunes, en faisant perdre totalement la glamourisation du geste, que les cigarettiers se sont tant employés à gagner à coup de méthodes marketing. Pour information, l'Australie, où le paquet neutre existe depuis plusieurs années, et où le prix d'un paquet de cigarettes s'élève à plus de 15 euros, est le pays où le taux de tabagisme est le plus faible du monde. A bon entendeur...

ça fait pas envie, hein?!

ça fait pas envie, hein?!

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Vis ma vie de star à Cannes

24 Mai 2016, 10:43am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de star à Cannes

 

D'accord, le festival est terminé, je ne suis pas un star, et je vis en Bretagne, mais.... avec un peu d'imagination...

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h: je réalise qu'ils manquent peut-être de carburant, "pénurie" d'essence oblige. J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des vrais artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

Photo: Nicolas Richoffer pour metronews

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J'ai testé pour vous: le paddle

17 Mai 2016, 11:38am

Publié par Zazimutine

J'ai testé pour vous: le paddle

 

Quand on habite au bord de la mer, on a l'opportunité de tester pas mal d'activités nautiques, et aussi sûrement que le printemps succède à l'hiver (quoiqu'aujourd'hui, on puisse en douter!), celles-ci suivent des modes. Depuis quelques années, on voit donc fleurir, en particulier sur les eaux calmes, le paddle, celui-là même qu'on appelait auparavant le "stand-up paddle" (mais sachez-le, aujourd'hui parler de "stand-up" paddle c'est so 2009!). Concrètement, le paddle consiste à se balader sur l'eau, debout sur une planche type surf, en se déplaçant à l'aide d'une pagaie.

Très sincèrement, je n'avais jamais été très attirée par cette activité jusqu'à venir habiter en Bretagne, j'imaginais sans peine les nombreux bains involontaires qui devaient en découler, et le mal au dos à pagayer ainsi, penché en avant.

Et puis, Papa Ours s'est mis au kayak dans un club qui enseignait les deux disciplines: kayak et paddle. Aussi, un dimanche, ayant l'opportunité de tester la chose, je me suis laissée tenter.

Le problème du sport de façon générale, c'est la souffrance. C'est une des raisons qui fait que... je ne suis pas une acharnée du sport. C'est vrai quoi, à croire que même quand on fait l’effort de prendre la décision de faire du sport, ça ne suffit pas, il faut souffrir pendant, certes, mais aussi avant ET après le sport! (exemple le ski: avant>enfiler la tenue+porter les skis/pendant>skier/après>porter les skis!!)

En paddle, l'avant, c'est d'abord enfiler la fucking combinaison. Oui parce que, tomber dans une eau à 12°C, c'est un peu... rédhibitoire. A la base, enfiler une combinaison de plongée c'est juste en enfer, eu égards au côté supra-slimesque de la chose, mais en option chianterie absolue je vous présente l'enfilage de combinaison mouillée (froide). Bien.

Une fois ce paradis atteint, le cou affreusement boudiné dans le néoprène faisant saillir mes carotides et entrainant probablement une mauvaise irrigation du cerveau, me voici donc, ce fameux dimanche matin, face à mon moniteur et à mon camarade d'infortune, L. 12 ans, toutes bagues étincelant à sa bouche.

Il s'agit maintenant de porter la planche à l'eau (qu'à la fin elle se casse?). Dans mon cas, 50 mètres avec 15 kilos sous un bras +une pagaie.Il n'est évidemment pas question de fléchir devant l'adolescence insolente de mon camarade, je gère le portage presque sans phase de récupération et me voici enfin dans l'eau, prête à monter sur la planche.

Jusqu'ici tout va bien, la planche est stable, je peux tenir debout sans valser. Le plus difficile est de se diriger. Quand on a comme moi, fort peu l'instinct de navigation (d'origine lyonnaise, j'ai en revanche l'instinct de charcuterie très développé, on ne peut pas tout avoir!), il n'est pas évident de comprendre qu'il faut pagayer à droite quand on veut tourner à gauche, et inversement, (c'est-à-dire exactement l'inverse de la conduite d’automobile), de pagayer plus ou moins à la verticale ou à l'horizontale selon la direction que l'on veut imprimer à la planche, et de fait, bien vite, mon embarcation se retrouve échouée parmi les rochers quand ce n'est pas sous celle du moniteur. Ce dernier essaie de me transmettre tout un tas de notions que je décide de résumer de la façon suivante: si je ne sais plus quoi faire, je descends de la planche et je nage; ce qui semble ne pas être le message qu'il avait tenté de m'inculquer à en croire son regard ébahi.

Au bout d'un moment, les choses se calment, j'arrive presque à me diriger, je me laisse doucement porter par le courant, j’observe à droite les goélands, au loin, les dizaines de petits voiliers colorés, l'eau turquoise d'une transparence inouïe aujourd'hui, le ciel parsemé de nuages lourds de pluie, le soleil qui joue à cache-cache, et je me redresse, fière sur ma planche, sereine, à vrai dire je ne suis pas loin de percer le secret de l'Harmonie, telle le guerrier kung-fu au bord du lac sacré... (moui... nous avons ingurgité du kung-fu panda tout le week-end). Voilà, c'est là, au bout de mes doigts, là ou le ciel et l'eau... PLOUF!

Ce qui est bien lorsqu'on tombe à l'eau en paddle, c'est qu'on a largement le temps de se voir tomber, de sentir, comme au ralenti, ses yeux s'agrandirent, ne réalisant pas encore pourquoi l'image imprimée sur sa rétine tourne à 360°, la bouche s'arrondir de surprise prête à laisser échapper un "Nooon!" pathétique, les mains battre l'air à la recherche d'une aide invisible... Bref, on a largement le temps de prendre conscience du ridicule de la chute.

"Ca va?"-"Oui ça va gamin, merci!" (outch, elle est froide)

D'un bond leste (du moins j'aime à le croire) , je remonte en selle.

Il est temps de regagner la plage,et le retour, le vent en face, est beaucoup moins aisé que l'aller. Pour me donner du courage, je m'imagine pagayer dans de la crème fouettée (je vous ai dit que j'étais lyonnaise?), puis dans du chocolat fondu, puis dans du saucisson fondu (je vous ai dit que mon cerveau était mal irrigué?), puis dans... de l'eau. Finalement, je n'ai même plus le courage d'essayer de me donner du courage. Enfin, après de longues minutes, nous regagnons l'anse bordée par la plage, l'eau est plus calme et le vent quasi inexistant, je peux me laisser porter au bord en pagayant un minimum.

Je descends de la planche, vaguement explosée de fatigue, les bras raides comme des stylos bic (désolée je n'ai pas trouvé d'autre métaphore) ; il s’agit encore de remonter cette fichue planche 50 mètres plus haut (le fameux: "après le sport-pas encore le réconfort"); et cette fois, ça monte; en 5 étapes, je parviens tant bien que mal à déposer la dite planche au centre de kayak. Mais les réjouissances ne sont pas terminées, il va me falloir:

- enlever la fucking combinaison mouillée

- sentir le vent glacial s'engouffrer sous mon tee-shirt thermique mouillé, lui aussi (du coup!)

- m'entendre dire par mon camarade du jour, "Ben dites donc! Vous avez eu beaucoup plus de mal que moi!"

- résister à l'envie de lui faire la prise ultime de kung-fu qui le pulvériserait en un million de petites morceaux (sa mère n'est pas loin).

Après cette expérience, j'ai passé 48h avec la sensation d'être passée sous un rouleau-compresseur, sentant la douleur de muscles dont je n'avais jamais soupçonné l'existence. Du coup, le dimanche suivant, j'ai remis ça. Logique.

PS: Oui c'est bien moi en photo, notez comme la combinaison flatte le postérieur et le cuisseau!!

"ben quoi? C'est pas ça qu'on avait dit?"

"ben quoi? C'est pas ça qu'on avait dit?"

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Quand j'avais 17 ans...

10 Mai 2016, 12:25pm

Publié par Zazimutine

Quand j'avais 17 ans...

 

Récemment, on a pas mal parlé de ce film de Téchiné qui s'intitule "Quand on a 17 ans"... Ca m'a donné envie de me demander comment c'était pour moi, justement, quand j'avais 17 ans.

- à 17 ans, ma vie amoureuse était tellement proche du vide intersidéral, que toute l'année, je me suis imaginée que chacun des garçons de ma classe, l'un après l'autre, avait le béguin pour moi. Même ceux qui ne me regardaient pas du tout, jamais. Forcément, c'était trop douloureux pour eux de me regarder, ils préféraient nier mon existence.

- à 17 ans, j'ai trouvé ma vocation: devenir néonatalogiste, pour soigner les minuscules bébés prématurés.

- à 17 ans, mon rêve secret était pourtant d'être comédienne mais je n'étais pas assez courageuse pour me lancer dans cette aventure; alors j'espérais qu'un réalisateur me remarquerait dans la rue comme on entendait dire parfois (comme Sophie Marceau?); un jour, en allant acheter du pain, j'ai croisé Jean Yanne qui tournait juste à côté. Je l'ai regardé. Il m'a regardé. Voilà.

- à 17 ans, je faisais du théâtre, pour cette même raison. Mais j'étais tellement timide que je parlais d’une toute petite voix, ou bien je prenais des fous rires incontrôlables au beau milieu d'une réplique.

- à 17 ans je suis devenue amie avec Joy; alors qu'on s'était côtoyé pendant 4 ans au collège et que j'avais plutôt peur d'elle, tout à coup, l'amitié nous a submergées.

- à 17 ans, j'ai acheté une guitare à une camarade de classe, environ 600 francs; c’était une grosse somme. J'ai joué "Jeux interdits" et rien d'autre, pendant des mois.

- à 17 ans, je compensais probablement un certain mal-être dans la nourriture; je m'achetais des tranches de jambon cru que je boulottais à l'heure du goûter (surtout le gras, c'est bon le gras de jambon!); ou bien je m'achetais des rocher Ferrero, les rouges, à toute heure. Je croyais que je pouvais manger tout ce que je voulais sans grossir. J'ai fini par prendre 10 kilos.

- à 17 ans, je passais des heures à lire le Guide de la beauté édité par Ok magazine; grâce à leurs conseils, je me maquillais comme une geisha; puis je passais autant de temps à me démaquiller avant de sortir.

- à 17 ans j'étais une fan absolue de la sitcom "Madame est servie"; et encore plus d' Alyssa Milano, la gamine de la série qui avait le même âge que moi. Je l’admirais à tel point que je notais, pour l'imiter, toutes ses tenues et coiffures, à chaque épisode visionné, sur un petit carnet.

- à 17 ans, j'ai pleuré lorsque Nelson Mandela a été libéré, même si j'avais pas tout à fait 17 ans (détail important!); 1 an après la chute du mur de Berlin, j'ai cru, vraiment, très sincèrement, très naïvement, que la fin de l'apartheid en Afrique du Sud signifiait que le monde s'améliorait, et qu'il ne cesserait désormais de s'améliorer.

 

25 ans plus tard...

...il m'arrive encore de m'imaginer que je peux susciter des passions secrètes, je n'ai jamais soigné de minuscules bébés, je ne suis toujours pas comédienne mais j'ai fait du théâtre pendant presque 15 ans, je suis la marraine d'une des filles de Joy, je joue toujours de cette guitare, je sais que je ne peux pas manger tout ce que je veux sans grossir, je continue à me démaquiller juste avant de sortir, j'ai totalement oublié Alyssa Milano, et j'ai pleuré à la mort de Mandela parce que justement, ce jour-là, j'ai compris que j'avais perdu ma naïveté.

 

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Miss de mai

2 Mai 2016, 11:40am

Publié par Zazimutine

Miss de mai

 

Quelques nouvelles un peu détaillées des miss, en ce joli mois de mai (comme cette photo ne l'illustre pas!):

Miss Choco (8 ans)

- j'ose à peine l’écrire, tant les choses sont souvent fragiles avec elle, mais, 8 mois après sa rentrée dans cette nouvelle école, notre aînée semble avoir enfin apprivoisé ses camarades de classe (à moins que ce ne soit le contraire!); raconte qu'elle joue avec "les filles" à la récréation, me parle souvent de L. ou de N., et était même contente d'être aux TAP dans le même groupe que C. Bref, sa vie sociale à l'école semble enfin exister, et je pense que sa maîtresse n'y est pas étrangère (coeur avec les doigts-vous savez que j'ai un coeur d’artichaut avec les instits!);

- change régulièrement de projets d'avenir; fini le projet restauratrice/créatrice de bijoux, miss Choco veut désormais tantôt être aventurière, tantôt résoudre des enquêtes; une carrière de comptable ne lui serait également pas désagréable (nous parlons d'une enfant qui fait des additions pour se détendre... oui j'avoue, je lève les yeux au ciel en l'écrivant);

- n'aime plus la gym; veut refaire de la danse l'année prochaine et apprendre à jouer du piano;

- se transforme au niveau physique; si on n'est pas encore à l'âge de la puberté, son corps n'est pourtant plus tout à fait celui de la fillette fluette qu'elle a été;

- dévore les livres au point que nous manquons cruellement de denrées littéraires, malgré nos visites régulières à la bibliothèque municipale;

- est d'une curiosité insatiable; veut tout savoir et tout comprendre, même (surtout?) ce que ses parents ne comprennent pas;

- remonte les manches de son pyjama et se frotte les bras pour s'endormir le soir "parce que c'est frais et ça fait du bien"; et ce grosso modo depuis 8 ans;

- déteste, mais vraiment, déteste les pantalons slims, à cause de leur inconfort! (comme on la comprend)

 

Miss Bonbon (6ans)

- est très préoccupée par sa vie amoureuse; me saoule parle à longueur de journée de son amoureux (date du mariage, prénoms et nombre d'enfants etc...); a même failli nous faire comettre un incident diplomatique 2 semaines avant sa fête d'anniversaire, en changeant brutalement de prétendant; est finalement revenue sur sa décision (ce n'était qu'une bluette de passage);

- est très au courant de la façon dont on fait les bébés depuis que miss Choco a emprunté à la bibliothèque "l'Encyclopédie de la vie sexuelle pour les 7-9 ans" (j'ai voulu me la jouer mère détendue sur le sujet); depuis, me pose toutes sortes de questions angoissantes du genre "est-ce qu'un enfant peut avoir des bébés s'il fait l'amour?", "est-ce qu'on se met parterre pour faire l'amour?" etc...; dans ce contexte, m'a demandé la semaine dernière si elle pouvait inviter son amoureux à dormir. Bref, je redoute le moment où elle va me demander, à 6 ans, de la conduire chez le gynécologue (vu que la super encyclopédie aborde également la question de la contraception). Au secoooours! (j'ai dit non pour inviter l'Amoureux à dormir);

- est toujours aussi passionnée par les princesses, sa préférée étant Horreur, pardon, Aurore (la belle au bois dormant);

- aimerait arrêter toutes ses activités extra-scolaires; j'ai cédé pour la gym, mais tenu bon pour l’éveil à la musique, faut pas charrier, petite demoiselle!

- est très casanière; se contenterait de jouer toute la journée à la maison avec sa soeur, plutôt que sortir en balades ou je ne sais où, activités qu'elle trouve toujours à priori "nulles"; même la plage ne trouve grâce à ses yeux;

- refuse d'apprendre à nager (quand on vit au bord de la mer c'est d'un pratique!);

- n'aime pas tellement l'école; mais veut être maîtresse quand elle sera grande, et fait régulièrement l'école à ses poupées ou à sa sœur;

- adore aussi les livres, qu'elle feuillette en racontant l'histoire à voix haute (usage du passé simple de compétition inclus);

- a la phobie des chiens;

- suce son pouce, encore et encore.

 

Les actualités des miss sont toujours sur une idée de marjoliemaman.

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