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Touzazimutin

Un 5 juillet 1991

5 Juillet 2016, 10:31am

Publié par Zazimutine

Un 5 juillet 1991

 

Ce matin, j'ai entendu à la radio, comme chaque année, le petit reportage habituel inhérent aux résultats du bac attendus ce 5 juillet; or, ce reportage se déroulait exactement dans le lycée où j'ai passé mon bac, celui où je suis allée voir mes propres résultats.

Alors je ne sais pas si c'était un 4, un 5, ou un 6 juillet, mais une chose est sûre, il y a 25 ans (car j'avais au moins 5 ans d'avance...), alors que la plupart de ces nouveaux bacheliers n’étaient pas même l'ombre d'une ébauche d'un brouillon de bébé, j'étais à leur place. J'étais devant les grilles du lycée Saint Just de Lyon, à scruter les résultats.

J'avais pris le métro, puis le bus, c'est que le trajet était long pour venir de chez moi jusqu'à ce lycée perché sur la colline de Fourvière; c'était l'après-midi je crois, je n'avais pas voulu y aller tout de suite. Fuir la foule, fuir les témoins et les cris de joie, des fois que... la fuite, un mode de vie. J'avais peur de l'avoir raté, ce bac. Je savais que ça n’avait pas très bien marché en "sciences naturelles" (je sais, ça ne se dit plus!), en physique et en maths, et pour un bac dit scientifique c'était plutôt gênant. Les langues vivantes ne pouvaient guère me faire espérer quoi que ce soit. Seuls les points gagnés au bac de français l'année précédente, l'histoire géo, et la philo, me laissaient entrevoir l'espoir de ne pas être obligée de passer le rattrapage.

Je ne me souviens pas exactement de mon nom sur le tableau. Je me revois juste après, soulagée. Que dis-je? Libérée (oui, délivrée aussi, déjà)! J'étais admise, sans mention bien sûr, ras les pâquerettes mais admise, ça suffisait. Les études que j’envisageais ne demandaient rien d'autre que le bac, pas besoin de super dossier gonflé de bonnes notes toute l'année, comme mes camarades qui postulaient pour les prépas d'écoles d'ingénieurs (ça représente quoi, au fait le boulot d'un ingénieur, pour un gamin de 18 ans??).

Je me revois sortir du lycée et me précipiter dans une cabine téléphonique. (J'ai bien écrit: cabine téléphonique, so 1991...) J'ai appelé dans l’ordre ma mère, qui était déjà allée voir les résultats, puis mon père, qui attendait mon appel. J'ai ensuite repris le bus, sur un petit nuage. Là, le nez collé à la vitre, je me sentais tellement légère, que je souriais toute seule. J'avais beau lutter, j'avais un peu honte au fond de sourire toute seule comme une débile, rien à faire, ce sourire intérieur, m'étirait les lèvres et me faisait sans doute briller les yeux irrémédiablement. J'avais envie de crier à tout le monde dans le bus que j'avais mon bac, un peu comme quand on est amoureux et qu'on a envie de le dire à tout le monde, surtout à des inconnus.

Ce soir-là, je n'ai pas fait la fête avec mes amis. Je n'avais pas beaucoup d'amis, et je ne faisais pas partie du style de lycéens à faire la fête (attention, sortez vos mouchoirs, je vais bientôt vous parler de mon enfance, tapie dans une bouche d'aération). Surtout l'une de mes amies était au rattrapage, elle.

Ce matin en écoutant la radio, j'ai entendu les cris de joie des lycéens reçus au bac. Il y avait sûrement aussi quelques larmes mais ceux-là, on ne les a pas entendus.

Dans les propos de ceux qui étaient reçus, j'ai reconnu, comme si c'était hier, le soulagement et la légèreté.

Une légèreté universelle.

Une légèreté ô combien éphémère aussi, mais de celle, pourtant, dont on se souvient toute une vie.

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5 conseils pour briller en soirée

4 Juillet 2016, 12:30pm

Publié par Zazimutine

5 conseils pour briller en soirée

 

Si le temps peu clément de ce début juillet nous le fait oublier, l'été est là, et bien là. Avec lui, ses promesses d'apéros en tout genre et de soirées entre amis, car été rime avec convivialité! Pas toujours facile cependant de "briller" en soirée, surtout lorsqu'on est, comme moi, déficiente du gêne de la conversation.

Ayant pu moi-même tester quelques techniques pour pallier ce handicap social, en voici quelques-unes plus ou moins efficaces:

1) S'adapter à son public

Evidemment, il va être difficile de ne pas tomber dans la caricature. Mais ça tombe sous le sens: si vous êtes invités au pot de fin d'année de l'amicale laïque des maçons célibataires, il y a peu de chances pour que votre savoir-faire de couturière les fascine. Il y a aussi peu de chances que vous soyez invités, mais c'est une autre histoire.

Jouez plutôt l'universalité: si votre public est essentiellement masculin (encore que...), glanez quelques infos au sujet de l'Euro. Sachez donc que la France est encore dans la course, et qu'il est de bon ton, cette année, de dire que le peuple islandais est un exemple pour tous les supporters (vous noterez que la France est toujours capable d'encenser les supporters des autres équipes, surtout lorsqu'elle gagne, mais c'est un autre débat).

Face à un public majoritairement féminin, je vous conseillerais bien de porter des accessoires extravagants, par exemple des boucles d'oreilles (même moches), en vous disant qu'il y a de fortes chances que cela attire une de vos congénères, quelque soit son âge, sur le mode: "troooop belles, tu les as achetées ou?", mais ce serait encore trop caricatural.

2) Employer des mots compliqués

Apprenez quelques mots ou expressions qui en jettent. Par exemple, le mot sémantique, très facile à placer. La sémantique concerne la signification des mots, donc tout est question de sémantique:

-"brrrr, il fait froid"

-"oh pas tant que ça!"

-"oui, enfin, c'est une question de sémantique, disons qu'il y a un peu de vent",

quelque chose dans ce goût-là.

Marche aussi avec les citations.

Attention toutefois à ne pas en abuser. Donner une première impression positive à votre interlocuteur, oui; le faire fuir, non.

3) Avoir un métier cool

Il faut bien le reconnaitre, certains métiers suscitent l'interêt, tandis que d'autres laissent un abîme d'ennui dans le regard de votre congénère.

Quelques métiers dont la révélation est à éviter:

- prof d'EPS; pour commencer vous allez agacer vos congénères mâles qui vont comparer illico leur musculature  à la vôtre, et loucher vers vos abdos; de plus, si votre interlocuteur ne partage pas votre passion pour les survêtements Quechua, la conversation va vite avorter.

- flic; ça a a un petit côté moralisateur et ça fait peur.

- addictologue: encore pire! Personne n'osera ne serait-ce que boire une coupe de champagne en votre compagnie. Les fumeurs vous éviteront comme la peste et allumeront leur cigarette en se cachant de votre regard! Soirée isolée garantie.

- psychologue/psychiatre: là c'est plus pour votre bien-être que je vous le déconseille; vous allez regretter de susciter autant d'attention, et, au récit de dépression de la belle-soeur du 23ème convive, vous regretterez votre douce solitude initiale (marche aussi, dans un autre style, avec proctologue, infirmière, garagiste, plombier, vétérinaire...)

Si vous n'êtes pas doté d'un métier porteur, inventez-en un. Par exemple, expert auprès des tribunaux concernant les violences envers les animaux aquatiques d'eau douce. Attention, ceci dit, à assurer ensuite niveau anecdotes. On attendra de vous que vous animiez la soirée au gré de vos histoires de boulot.

4) Etre enceinte

Toujours utile pour initier la conversation. Vous aurez droit aux fadaises habituelles de "c'est pour quand?", "vous connaissez le sexe?", et bien entendu aux récits d'accouchements de toute la population féminine présente. Toute la subtilité consistera ensuite à dériver vers un sujet de conversation qui tourne moins autour de votre nombril, ou de leur utérus (à moins que vous aimiez ça, ce qui est tout à fait votre droit).

Conseil: ne tombez pas enceinte juste  dans l'optique d'une soirée; certes vous allez vous enquiller 9 mois d'apéros en conversant à bâtons rompus, mais non seulement vous n'aurez pas le droit de consommer une goutte d'alcool, mais ensuite, vous allez enchainer sur une absence totale de vie sociale.

5) En dernier recours

Pour terminer, si aucune des propositions précédentes n'a réussi à vous sortir de l'isolement, demandez des nouvelles d'une célébrité, dont personne ne sait jamais si elle est encore de ce monde ou non. Au choix: Sim, Kirk Douglas, Stéphane Colaro, Nicolas Sarkozy...

Chacun ira de son pronostic, ça finira en wikipedia-party où chaque convive citera le nom d'une autre personne:

"ah lui, il est mort y a au moins 20 ans!"

-"mais noooon!"

-"mais siiiii, je te jure!"

- mince! Il est mort? Comment ça se fait que je l'ai pas su!" etc etc...

Ambiance garantie!

Bonne soirée!!

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