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Touzazimutin

MON festival de Cannes

22 Mai 2017, 08:24am

Publié par Zazimutine

MON festival de Cannes

Le festival de Cannes bat son plein, et le monde du cinéma vit au rythme des paillettes et des coupes de champagne avalées. Et si je me retrouvais dans la peau d'une star le temps d'une journée, ce serait comment?

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. Tiens, ils ont aussi rangé les marches! A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h:J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des VRAIS artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS1: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

PS2: oui, oui, c'est encore du blogging zéro déchet :p

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Tous azimuts # 15

18 Mai 2017, 10:46am

Publié par Zazimutine

Tous azimuts # 15

Aujourd'hui, un billet fourre-tout, narcissico-égocentré comme d'habitude, c'est parti:

Quelques nouvelles de la famille

  •  au rayon nouveautés on remarquera la très belle entrée de miss Bonbon au club des cyclistes sans petites roues. Ca manque encore de maitrise mais on y arrive!
  • rien de particulier côté miss Choco, la crise de pré-pré ado semble s'être un tout petit peu calmée... (j'ai dit un tout petit peu!)
  • Papa Ours est devenu un grand fanatique de kayak, une bien belle façon de découvrir les côtes, côté mer. Et rien ne me fait plus plaisir que de le voir se découvrir une passion! Même s'il essaie de m'entrainer dans son sillage en me faisant miroiter des bivouacs sur la plage (au secours!!!)
  • Quant à moi, je change de boulot au 1er septembre; CDI, fonctionnaire, à 10 minutes de chez moi, au lieu d'un CDD à 50 minutes, que demander de plus. Même si... j'ai peur. Très. Et en espérant bien entendu que je ne sois pas concernée par le plan visant à "éliminer" 120000 fonctionnaires... (coucou Manu!)

Quelques nouvelles du blog:

  •  vous pouvez désormais me suivre sur Instagram avec ce profil @zazimutine. Je n'y croyais pas vraiment et puis finalement, je suis fan de ce résau social, même si je ne suis pas certaine d'en maitriser encore les codes.
  • il y a des moments vraiment intenses dans la vie d'une blogueuse, comme lorsque mon dernier article a recueilli plein de commentaires à la faveur d'une sélection de hellocoton (bon d'accord, 11 commentaires, mais pour moi c'est énorme!). Je me suis sentie pour quelques instants dans la peau d'une blogueuse influente, répondant à mes fans. C'était grisant (je suis faible). C'est sûrement un peu pathétique de se réjouir d'une dizaine de commentaires quand d'autres en reçoivent une centaine par billet, mais je crois que, après presque 4 ans de blog, j'ai envie de conserver cette espèce d'innocence, aussi ridicule soit-elle.
  • à part ça, l'inspiration est au taquet et mes brouillons s'accumulent mais je n'ai toujours pas racheté d'ordinateur, donc publier demande une gymnastique complexe (écriture en fichier texte sur mon ordi, envoi par mail à mon boulot, copier-coller sur l'heure de midi etc...)

Parlons vacances: nous envisageons un séjour en Italie du Nord l'été prochain, pays que nous aimons tous deux beaucoup, et que nous aimerions faire découvrir à nos miss; j'ai une idée à peu près définie du circuit mais je suis d'avance découragée par la recherche d'hébergements... Toute suggestion est la bienvenue!

J'ai succombé, comme beaucoup, à la série 13 reasons why, (disponible sur netflix) qui relate le parcours précédent le suicide d'une lycéenne américaine.

J'aime beaucoup la série cependant, je crois que sa force en fait sa faiblesse. Je m'explique (attention:spoiler!). Si le début de la série évoque très justement et sobrement le harcèlement scolaire avec  cette espèce de mécanique implacable qui se met lentement, mais sûrement, en roue libre pour arriver au pire, la suite est moins subtile. La force de la série réside dans le suspense qui se met en place au fil des épisodes, et la façon dont les évènements se succèdent, menant à l'inéluctable. Mais le viol, l'accident, sont autant de tragédies qu'il n'était, à mon avis, pas nécessaires de rajouter. Car malheureusement, et c'est un sujet que je connais assez bien, nul besoin d'autant d'évènements dramatiques pour en arriver au suicide. Parfois, il n'y a tout simplement pas d'explications tangibles. De plus, je relève une certaine complaisance face à l'horreur dans cette série, voire une fascination morbide, pour la mort, le sang, le viol. Reste que la série relève pas mal d'aspects extrêmement justes et touchants autour du suicide d'un adolescent: les parents qui ne voient rien, englués dans leur problèmes professionnels, le COP qui refuse l'évidence, la détresse des amis attirés à leur tour par la mort...

Je vous laisse avec mon coup de coeur littéraire du mois :

Les gens dans l'enveloppe, d'Isabelle Monnin.

Tous azimuts # 15

Le pitch: Isabelle Monnin, journaliste-écrivain, décide un jour d'acheter un lot de photos de famille sur internet. A partir de ces photos, elle imagine, dans la première partie de son livre, la vie des gens figurant sur ces clichés. En deuxième partie, elle mène l'enquête et retrouve les protagonistes, dont l'histoire retrouve des similitudes surprenantes avec ce qu'elle avait imaginé.

Le résultat est absolument bouleversant! Des vies ordinaires, qui le sont pourtant si peu, marquées par l'abandon. Bien qu'un peu lasse, au fil des pages, du style "métaphore météorologique" de l'auteure (qui écrit néanmoins très bien), ce livre m'a tout simplement remué les tripes!! Et il est désormais disponible en poche (le Livre de Poche).

Belle fin de semaine!

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5 idées pour donner (peut-être) aux enfants le goût de lire

11 Mai 2017, 12:40pm

Publié par Zazimutine

5 idées pour donner (peut-être) aux enfants le goût de lire

 

On nous demande souvent, à Papa Ours et moi, quels sont nos trucs pour avoir deux filles aussi férues de livres. (En fait, non, ça n'arrive jamais mais il me fallait une introduction pour cet article!).

Miss Choco est passionnée par les bouquins. Ca a commencé à la fin du CP. La lecture et elle se sont rencontrées dans un moment particulièrement angoissant: celui de notre déménagement. L'instauration d'un rituel de lecture au lit, le soir avant de dormir, a été le seul truc vraiment efficace pour apaiser ses angoisses d'endormissement (et pourtant, on avait tout essayé: psychologue, discussion bienveillante, discussion énervée, incantations,  poudre de perlimpinpin -the famous-!, bracelet en crinière de licorne, badigeon d'excréments de bison , vraiment tout). La lecture nous a sauvés (nos soirées).

Miss Bonbon, nouvelle lectrice depuis cette année, a pris le même chemin, en grande partie par imitation je pense.

 

"Mais ça sert à quoi d'avoir un enfant lecteur?"

A rien, certes. Néanmoins, la lecture, comme tout ce qui élève l'esprit, constitue surement un de ces nombreux remparts contre l'ignorance et l'attrait pour l'obscurité (coucou le 7 mai 2017!). Il y en a bien d'autres, heureusement (et si mes filles lisent beaucoup, je vous rassure: elles chantent comme des casseroles et ne font pas de sport, notamment). Cependant, lire offre, pour un enfant (et par effet rebond pour ses parents), un certain nombre d'avantages, parmi lesquels je citerais:

- un remède à l'ennui inépuisable, et sans option bruyante ou "je déménage ma chambre pour construire une cabane dans la salle de bains",

- une façon de trouver un certain réconfort et d'apaiser ses tourments (marche aussi chez les adultes!),

- une bonne maitrise du français: orthographe, mais aussi conjugaisons et vocabulaire (en dehors de tout trouble de l'apprentissage de type dyslexie bien sûr!); miss Choco cartonne dans cette matière, c'est un réel souci en moins côté devoirs!

Enfin, si vous êtes, comme moi, passionné de lecture, vous serez sans doute heureux de partager cela avec vos enfants.

 

"Moi j'ai tout essayé, rien n'a marché!"

Oui, je vais bien entendu enfoncer des portes ouvertes dans cet article. Et ce qui marche chez nous ne va pas forcément marcher chez vous, puisque nous avons affaire à une entité éminemment compliquée: la variabilité inter-individuelle, (qui est aussi à mon sens la richesse de notre société mais c'est une autre histoire).

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bouquins. Voici les 5 règles auxquelles nous n'avons pas dérogé depuis la naissance de miss Choco il y a 9 ans:

1) L'histoire du soir

Ca, c'est un point évident que vous pratiquez sans doute tous et toutes. Pour autant que je me souvienne, nous avons instauré l'histoire du soir, très tôt, peut-être dès que nos filles ont pu tenir assise et tourner des pages.

Regarder des images, toucher l'objet, écouter les mots, autant de façons sans doute bien initiatrices à faire naitre le goût des petites et grandes histoires.

Jusqu'à cette année encore, nous continuions à lire à voix haute, bien que nos deux filles sachent désormais lire. Depuis quelques semaines, nous avons autorisé le rituel de lecture au lit également pour miss Bonbon, un bon moyen de s'approprier la lecture. Nous gardons quelques moments de lecture à voix haute, pour certains livres que j'ai envie de partager, comme récemment Harry Potter, mais ça devient plus rare. Cependant, c'est le genre de choses qu'il faut à mon avis poursuivre chez les enfants non ou peu lecteurs.

2) "Offrir" de la lecture

Encore une évidence mais plus l'enfant aura de matière à nourrir son envie de lecture, plus il aura envie d'y aller. Chez nous, il y a toujours eu des livres au milieu des cadeaux de Noël et d'anniversaire. Tous les livres sont bons à lire, il n'y a pas de mauvaises et de bonnes lectures: BD, mangas, magazines, petits romans, peu importe, du moment que l'enfant a accès aux mots.

Un écueil dans l'offre de lectures: le prix! Les livres coûtent chers, et lorsque les enfants dévorent, ça devient un sacré budget; quelques moyens de contourner le côté pécunier:

- aller à la bibliothèque de quartier; tous les enfants adorent ça et c'est généralement gratuit pour peu qu'on habite la commune. Miss Bonbon est tellement fascinée par cet endroit qu'elle veut devenir "dame de bibliothèque".

- acheter des livres d'occasion; sur internet ou en vide-grenier, il y a  de quoi se faire plaisir pour un prix tout à fait dérisoire.

- dans les écoles, il y a souvent un petit programme d'abonnement pour recevoir un livre par mois directement à l'école, à un prix plutôt intéressant (chez nous l'Ecole des loisirs propose cette formule)

- et puis pourquoi ne pas créer une bibliothèque sur votre lieu de travail s'il y a suffisamment de salariés? C'est une idée qui circule actuellement au boulot de papa Ours, et que je trouve assez formidable!

3) L'abonnement à un magazine

Au plaisir de lire, s'associe celui de l'attente, et de recevoir dans sa boite aux lettres un pli à son nom. Là encore, il existe des réductions en passant par le biais de l'école. Mes filles sont abonnées cette année à Mes premiers j'aime lire (les jaunes) pour la cadette, J'aime lire (les rouges) pour l'ainée, et je peux vous assurer qu'elles guettent chaque mois l'arrivée de leur magazine avec impatience.

Pour l'an prochain, miss Choco poursuite avec les J'aime lire rouges, tandis que miss Bonbon a choisi Youpie, qui tourne plus autour du documentaire animalier. comme ça elles pourront échanger.

4) Limiter les sources de distraction

Je me suis rendue compte de ce point somme toute important il y a peu. Chez nous, pas de télé, pas de jeux vidéo, pas de tablettes. Pourtant non, nous n'habitons pas dans un terrier, nos filles regardent des DVD et vont au cinéma. Mais comme nous, parents, vivions sans télé et sans jeux vidéo, nous n'avons pas ressenti le besoin de changer nos habitudes à leur arrivée (enfin presque, mais ce sera l'objet d'un autre article). L'absence de tels médias s'est faite naturellement. Il est indéniable qu'en l'absence d'autres sources de distraction, miss Choco, initiatrice en la matière, a eu plus facilement la tentation de se plonger dans les livres pour combler l'ennui...

5) Partager ses lectures

Je me suis permise de suggérer quelques livres que j'avais particulièrement adoré dans mon enfance à ma fille ainée. Et ça a marché, le premier roman qu'elle a lu était "Charlie et la chocolaterie"; elle a ensuite dévoré tous les "Petit Nicolas". Pas mal de vieux titres marchent encore auprès des enfants.

Edit: Un dernier point, suggéré par bibliblogueuse en commentaires, et que j'avais initialement mis dans mon article: l'enfant agissant beaucoup par imitation, nul doute que vous voir lire va aiguiser sa curiosité!!

 

Voilà, rien de révolutionnaire ni de miraculeux, comme je vous l'avais dit. J'espère que ça pourra malgré tout vous aider.

La prochaine fois, je vous ferai une petite sélection de livres qui ont particulièrement bien marché chez nous.

Bonnes lectures!

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Brèves de bouchons

4 Mai 2017, 09:07am

Publié par Zazimutine

Brèves de bouchons

Mardi dernier, un petit grain de sable s'est glissé dans ma routine matinale: j'ai mis 2h10 pour effectuer le trajet jusqu'à mon travail, au lieu de 50 minutes. (Je le savais pourtant qu'en calèche j'allais mettre 3 fois plus de temps, le maréchal ferrant m'avait prévenue quand je lui avais amené mon âne à ferrer).

Plus prosaïquement: mardi matin, je me suis retrouvée coincée une heure sur la quatre-voies pour cause de bétaillère renversée. Une bétaillère pleine de cochons. Il n'en fallait pas plus pour que mon imagination parte en vadrouille, l'ennui étant, depuis toujours, un moteur extrêmement efficace pour mon cerveau quelque peu déjanté.

Pendant cette heure passée à attendre, j'ai réfléchi. Oh pas à l'état du monde, pas à celui de la France, non. Je n'ai pas non plus réfléchi au sens de la vie. Non, j'ai pensé aux cochons.

Je me suis demandée où allait ce camion rempli de cochons. Il y a fort à parier qu'il se dirigeait vers un lieu où l'espérance de vie du porcin dépasse rarement quelques minutes: l'abattoir. Alors j'ai imaginé...

Qu'est-il arrivé aux cochons accidentés? Sont-ils décédés sur le coup? Ont-ils péri des suites de leurs blessures? Les pompiers des cochons sont-ils venus les secourir? Les ont-ils emmaillotés de la tête aux pieds pour les amener aux urgences des cochons, même ceux qui s'en sortaient avec une petite entorse? (ceux qui ont bossé aux urgences une fois dans leur vie savent!). Ont-ils, comme dans Grey's Anatomy, hurlé aux internes vétérinaires qui attendaient devant l'entrée des urgences  en se racontant leur vie sexuelle: "accident véhicule lourd, cochon passager, Glasgow à 3, saturation à 60, arrêt cardiaque pendant le transport!!!!". Une interne s'est-elle mis à califourchon sur un cochon pour le réanimer?

Et les cochons rescapés, qu'ont-ils pensé lors de cet accident? Savaient-ils qu'ils partaient pour leur dernier voyage? Ou bien s'imaginaient-ils partir en sortie-cochon à la plage? Ont-il goûté au sentiment de liberté retrouvée en s'égayant tout autour du lieu de l'accident? Ont-ils essayé de courir à toutes jambes (qu'ils ont fort petites) pour fuir leur destin? Se sont-ils sentis pousser des ailes? Ont-ils élaboré une stratégie pour s'en sortir? Ont-ils créé des groupes d'entraide, ou bien au contraire ont-ils joué le chacun pour soi?

Le sort de ces cochons était-il une métaphore de celui des français dans l'entre deux tours (passage philosophique de ma réflexion)?

Bref, je me suis un peu laissée emporter.

Et puis hier j'ai lu le journal local, on y parlait de cet accident. J'ai su que 15 cochons étaient décédés dans l'accident. Qu'une centaine de cochons s'était enfuie. Que l'un d'entre eux avait percuté un fourgon arrivant en face.

L'article ne relatait pas le sort des rescapés... J'ai envie de croire que certains cochons coulent désormais des jours heureux dans une flaque de boue au soleil... pas vous?

 

PS: le plus important, les deux conducteurs des véhicules (la bétaillère et le fourgon arrivant en face)  s'en sont sortis indemnes; sinon je ne me serais pas permise d'écrire cet article.

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#AvecMoiLe7mai contre le FN

2 Mai 2017, 13:35pm

Publié par Zazimutine

#AvecMoiLe7mai contre le FN

 

Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà parlé politique sur ce blog, sans doute parce que je ne m'en sens ni la légitimité, ni la compétence, et surtout parce que je n'en possède pas la rhétorique qui me permettrait d'argumenter.

Cependant, il ne vous a pas échappé qu'une campagne électorale était en cours, et que le 7 mai, nous allions devoir départager deux candidats, dont l'un est la représentante d'un parti d'extrême droite.

Bien entendu, comme beaucoup, déçue par le résultat du premier tour, il m'est venu à l'idée, le soir du 23 avril, de m'abstenir au second tour, en mode "laissons les se démerder avec ça".

Et puis j'ai réfléchi, écouté, entendu, débattu, et je suis désormais convaincue.

Je ne fonde aucun espoir en la présidence d'Emmanuel Macron. Je suis persuadée que sous sa présidence, dans 5 ans, les pauvres seront toujours plus pauvres, et plus nombreux, les riches toujours plus riches, et moins nombreux. Sans doute, le FN sera de nouveau présent au second tour des élections présidentielles de 2022.

Cependant, rappelons-nous:

- le FN est un parti d'extrême-droite, issu des mouvances les plus xénophobes, et proches de moults groupuscules d'extrême droite et néonazis (il suffit d'aller sur leurs pages facebook pour arriver de lien en lien sur celle du FN). Le FN, sous ses dehors de défense des petites gens, est un parti fasciste. Laisser un parti fasciste accéder au pouvoir ça veut dire prendre le risque de laisser s'installer un état policier, dont la liberté d'expression sera vraisemblablement muselée. A ceux qui répondent "oui, mais le FN, on n'a jamais essayé", je veux dire, et tant pis si je passe pour une donneuse de leçons, qu'on n'essaye pas le Front national, de même qu'on n'essaie pas d'avaler des lames de rasoir juste pour "voir comment ça fait". Le fascisme a été "essayé" dans bien d'autres pays, avec les conséquences que l'on connait.

- le FN n'est absolument pas un parti qui lutte en faveur des précaires et des travailleurs. Il suffit pour cela de se rappeler leur positions lors des manifestations contre la loi El Khomri, ainsi que les différents votes de leurs députés lors des discussions à l'Assemblée Nationale (consultables sur internet, à cet endroit si cela vous intéresse).

- si le FN arrive au pouvoir, le risque est grand qu'il ne le laisse plus lui échapper. Rappelons nous que l'article 16 de la Constitution de la Vème République, permet au président d'"exercer tous les pouvoirs" si la situation l'exige. Au premier attentat commis sur le sol français sous sa présidence, on peut légitimement s'inquiéter de l'éventualité que Mme Le Pen n'hésite pas à en user.

En ce moment, je pense beaucoup à mes parents nés à la fin de la deuxième guerre mondiale, et je suis pleine de compassion pour eux qui ont mené un tel combat contre les idées véhiculées par le FN tout au long de leur vie, pour en arriver finalement à assister impuissant au renouveau de l'extrême-droite. Je pense à mes enfants aussi, et  je refuse de les voir grandir dans une société modelée par un tel gouvernement.

Le FN passera en 2022? Peut-être, mais laissez-moi, laissez-nous, encore goûter 5 ans de liberté, même si elle est relative. Laissez-moi croire que d'ici 5 ans, une vraie alternative qui parle aux gens aura eu le temps de se reconstruire.

Le 7 mai, ce sera donc avec moi: j'irai voter.

Dans l'urne, je déposerai un bulletin Macron, afin de voter contre le FHaine.

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