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Touzazimutin

Mère Confiance

24 Mars 2014, 12:17pm

Publié par Zazimutine

Ce matin-là, je me suis levée tôt, très tôt, bien avant le réveil des filles et de Papa Ours.

J'ai allumé mon ordinateur et relu attentivement le document que j'avais terminé de rédiger la veille au soir. J'ai sauvegardé. 6 fois.

J'ai décidé de lire les dernières actualités concernant le sujet du document en question.

J'ai bu un café. J'en ai jeté la moitié par peur d'avoir envie de faire pipi toute la matinée.

J'ai eu un peu mal au ventre et je me suis demandée si je démarrais une gastro. Même que ça m'aurait peut-être arrangé, pour une fois.

Je suis allée prendre ma douche. Je me suis lavée les cheveux. Je me suis aspergée de déodorant. Puis de parfum.

J'ai vérifié mes ongles.

Je me suis soigneusement coiffée et exceptionnellement maquillée.

J'ai enfilé ma tenue préférée, celle dans laquelle je me sens le mieux.

J'ai consciencieusement ciré mes bottes. C'était la deuxième fois que je le faisais. Depuis que je les aies. Depuis 2012.

J'ai espéré toute la matinée un SMS qui annulerait tout. En vain.

J'ai préparé mon sac, ma clé USB. J'ai pris aussi mon ordinateur portable au cas où.

J'ai hésité à prendre l'ascenseur qui semblait ne pas bien fonctionner. Je me suis dit qu'avec un peu de chance, il allait encore une fois tomber en panne.

J'ai décidé d'être adulte et de prendre les escaliers.

Je suis montée dans ma voiture, j'ai mis de la musique à fond, essayant d'oublier mon coeur qui battait la chamade et mes doigts tremblant sur le volant.

Arrivée à destination, j'ai pris une grande inspiration avant de sortir de la voiture.

Je suis passée aux toilettes. J'ai vérifié plusieurs fois que rien ne clochait (dents, naseaux, sourcils...). Je me suis adressée un sourire pour m'encourager. Je me suis presque trouvée jolie avec tous ces trucs sur ma figure.

Puis je suis descendue au 2ème sous-sol du bâtiment.

J'ai entendu mes pas résonner dans l'escalier. Je me suis demandée ce que ressentait le taureau avant de rentrer dans l'arène. Je me suis dit que moi, au moins, j'allais en réchapper.

Je suis arrivée devant l'amphithéâtre.

J'ai croisé une collègue.

J'ai dit "ils sont combien?"

-"24!"

-"Oooooh si nombreux?"

Ce matin-là, j'ai parlé en public. Pendant 1h. Devant 24 personnes. 25, avec ma chef.

J'ai un peu bafouillé, un peu trébuché. Je me suis cognée au micro plusieurs fois.

Mais je ne me suis pas évanouie.

C'est bien, je progresse.

 

 

Mère Confiance

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Le syndrome du cerveau baladeur

22 Mars 2014, 15:58pm

Publié par Zazimutine

Le syndrome du cerveau baladeur

 

L'autre matin, tandis que j’observais ma grande fille parler toute seule pendant le petit-déjeuner (mais je suis habituée et non, je ne m'inquiète plus, après tout, cette petite est sortie des entrailles d'une nana qui disait adieu à chacun de ses petits pois avant de les manger), celle-ci me fit soudain une révélation fracassante que je ne peux décemment pas garder pour moi: son cerveau a une vie propre et autonome, c'est-à-dire indépendamment du corps de petite fille dans lequel il a été enfermé. La preuve: son cerveau est un garçon. Même qu'il s'appelle Clément. Mais le plus important, c'est que, de temps en temps, son cerveau part se balader. Ouaip! En vadrouille la cervelle, son petit baluchon et hop-"un kilomètre à pied, ça use, ça useuh...."  et ce, "parfois plus de 24h", ce sont ses propres mots. Je ne sais pas si vous comprenez l'importance de cette information, car je suis certaine que ça ne touche pas que ma fille, c'est un truc propre à l'enfance, c'est évident.

Alors je vais répéter pour que ce soit bien clair: de temps en temps, le cerveau de nos enfants est absent de leur tête pendant plus de 24h! Ca y est vous y êtes? Vous comprenez la conséquence de cette révélation?

Et je vais enfoncer le clou en vous donnant cette autre information de ma fille, selon laquelle son cerveau part parfois habiter dans d'autres têtes avant de revenir dans la sienne....

A bien y réfléchir, cela explique bien des choses dans le comportement de nos enfants. Pour ma part, je pense que le cerveau de ma fille ainée investit bien souvent la tête de sa petite soeur (tandis que celui de cette dernière part je ne sais ou... certainement dans la tête d'une princesse...). Cela expliquerait pourquoi je n'arrive jamais à avoir mes deux filles conciliantes en même temps par exemple. Il semble en effet depuis quelques années, s'être installée une espèce d'alternance entre les deux: quand l'une est sage, l'autre est insupportable et le lendemain (la semaine suivante, le mois suivant...) on change. Ca explique aussi cette sensation récurrente et fort pénible de, comme le dit cette expression désuète mais très juste, "pisser dans un violon". Encore que... je n'ai jamais essayé une telle chose, mais j'imagine assez aisément à quel point l'on doit ressentir une espèce de questionnement désespéré sur le sens de la vie ... à pisser dans un violon. Comme quand vous expliquez pourquoi vous aimeriez que votre fille se dépêche et qu'elle semble prise soudain d'un ralentissement psychomoteur aigu. Ou bien lorsque vous avez passé 5 bonne minutes à donner des consignes de sagesse avant d'entrer dans un magasin et qu'elles sont transgressées aussitôt. Ce n'est pas de votre faute, ni de celles de vos enfants, c'est juste que leur cerveau est parti se balader (les deux en même temps, oui, cela aussi arrive souvent).

C'est un grand soulagement au fond. Non, notre éducation n'est pas défaillante, oui, nous sommes de bon parents. D'ailleurs je m'assure désormais de la présence cérébrale avant de demander quoi que ce soit d'un peu complexe à mes filles (du genre: tu vas faire pipi+tu te laves les mains+avec du savon+tu les essuies). Ce qui m'évite une dépense considérable d'énergie, salive et autres. Si je vois que la bête est absente, je diffère.

Finalement, je me demande si ce syndrome du cerveau baladeur n'atteint que les enfants.... cela pourrait expliquer bien des comportements, vous savez du genre "retournement de veste" parmi nos politiques... Le cerveau de cet ex-comique qui s'est mis à flirter avec les discours les plus nauséabonds ne serait-il pas parti se balader un peu trop longtemps dans la tête de la présidente de ce parti dont je préfère taire le nom? On peut se poser la question.

A bon entendeur.

PS: ne vous inquiétez pas, je ne vais pas prendre l'habitude d'illustrer mes billets, c'est juste que... j'adore dessiner des cerveaux ^_^

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Grand-père depuis les étoiles

16 Mars 2014, 11:57am

Publié par Zazimutine

L'autre soir, alors que je disais bonne nuit à ma fille ainée, je fus surprise de trouver dans ses mains un tout petit nounours en peluche, que je n'avais pas vu depuis des lustres. Très naturellement, je lui dis que ce petit ours lui avait été offert par mon père à sa naissance. Mon père est mort il y a 6 ans, un mois après la naissance de ma première fille, et ça, mes filles le savent depuis toujours. D"ailleurs à la maison dès qu'on parle de mon père, il y en a toujours une pour me le rappeler "ton papa il est mort!"; au début ça piquait, maintenant je suis habituée car j'imagine sans peine ce que doit représenter comme mélange de crainte et de fascination l'idée de ce grand-père disparu.

Mais ce à quoi je ne m'attendais pas, l'autre soir, en parlant de ce petit ours à miss Choco, c'est sa réaction. Car elle s'est mise à pleurer doucement en me disant qu'elle aurait tant aimé le connaitre. Je suis alors restée un petit moment avec elle pour lui parler de mon père. Et à ses questions, je me suis rendue compte que j'avais fait une espèce de black-out à son propos. Tout au moins sur ce qui ne me semblait pas essentiel, et qui pourtant doit l'être quand on parle de quelqu'un que l'on n'a pas connu. "Il avait les cheveux de quelle couleur? et ses yeux? elles étaient comment ses lunettes? est-ce que tu l'aimais beaucoup?" J'ai réalisé que je ne lui avais jamais montré de photos. Il faut dire que je n'en ai pas beaucoup. Et qu'à vrai dire, je ne les regarde jamais.

Alors le lendemain matin, je lui ai montré une photo.

Il y a quelques mois, une de mes amies a perdu son père, elle aussi. Alors qu'elle s'inquiétait auprès de moi que le décès de son père fasse resurgir mon chagrin à propos du mien, je lui ai répondu textuellement: "Ne t'inquiète pas pour moi, c'était il y a 6 ans, j'ai fait mon deuil". Et j'ai bien entendu passer plusieurs semaines à rêver, cauchemarder serait le mot juste, de mon père, toujours le même rêve. Car oui, bien entendu, 6 ans après, mon deuil est fait. C'est-à-dire que je peux en parler sans pleurer, que je ne ressens plus de colère, ni même cette douleur au creux de l'estomac quand je pense à lui. Mais cela n'enlève rien au sentiment d'injustice, ni à la peine de savoir qu'il ne connaitra jamais mes filles, et réciproquement.

Et justement, il faut que je leur parle de ce grand-père qui ne le sera jamais concrètement pour elles, je leur dois, car c'est une partie de leur histoire.

Il faudra donc que je leur dise: son métier qui le passionnait, son goût pour le jazz et l'humour absurde, son impossibilité de regarder des films trop "durs", ses expressions comme "une brune piquante", le fait qu'il est venu assister à ma thèse, mais qu'il est resté derrière la porte tellement il avait peur pour moi, et comment je suis allée le chercher une fois ma présentation finie pour qu'il assiste quand même à ma remise de diplôme ; je dirai à ma fille ainée qu'il a su sa naissance, son prénom, qu'il l'a vue, touchée, sentie sa chaleur, dans son lit d’hôpital; je dirai à ma cadette combien elle lui ressemble, physiquement, mais aussi dans son caractère parfois tumultueux. Tout cela, oui, il faudra leur dire.

Et aussi combien il est important de se consacrer aux vivants, à ceux qui sont là et qui nous aiment, qui les aiment, leurs grands-parents paternels, et puis ma maman Jouji et son compagnon, Mr Ewing, depuis presque 30 ans, qui m'a vue grandir avant elles.

Profiter des vivants, sans oublier les absents.

Grand-père depuis les étoiles

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Suivre les modes de la blogosphère (ou pas)

13 Mars 2014, 17:07pm

Publié par Zazimutine

Suivre les modes de la blogosphère (ou pas)

 

Depuis que je fréquente la blogosphère, je me retrouve à suivre comme un mouton les modes, pas toujours avec bonheur. Au début je n'allais régulièrement que sur quelques blogs, mais déjà, j'avais remarqué qu'on retrouvait des "tendances".

Et puis je me suis inscrite sur Hellocoton. Si vous ne connaissez pas, Hellocoton c'est un portail de blogs. Des milliers de blogs. Actuellement je suis abonnée à plus d'une quarantaine. Si bien, que comme sur facebook, mon fil d'actualité et la Une d'Hellocoton me permet de ne rien louper de ce qui se trame sur la blogosphère.

Et voilà que je me suis mise moi aussi à suivre les modes. Ainsi:

-j'ai acheté des cotons lavables et une serviette pour les cheveux qui tient toute seule; là rien à dire: que du positif hormis la contrainte que représente de laver 30 disques démaquillants et surtout.... de les suspendre!!! Arghhhhh!

-je me suis abonnée à une box d'activités créatives; là non plus, pas de souci; en dehors du fait que mes journées ne font que 24h et que ce n'est pas toujours évident de se poser avec les enfants pour faire avec eux l'activité; et que par conséquent, nous n'avons pas fini la boite de janvier, et que celles de février et mars s'accumulent en haut du placard du salon (et ça prend de la place fichtre, à quand la minibox??)

-j'ai testé un concept de box vestimentaire pour enfants

-des Sonny Angel ont envahi ma cuisine; ce qui fait flipper certaines de mes copines qui ne partagent visiblement pas mon goût pour les "mignonneries" japonaises

Rien de dramatique donc... jusqu'au moment où je me suis prise aussi d'interêt pour la mouvance "no-poo" et celle impliquant le verre de jus de citron le matin à jeun...

No-poo ça veut dire.pas de shampooing. Partant du principe que les shampooings sont agressifs pour le cuir chevelu et que celui-ci, réagit furieusement en sécrétant du gras (beurk) et en se déshydratant de la pointe genre botte de paille au milieu du désert du Sahel (comment ça y a pas de paille dans le Sahel?) rien que pour ennuyer son propriétaire, eh bien la solution c'est de ne plus utiliser de shampooing; mais de continuer à se nettoyer les cheveux, je vous rassure... Je suis en pleine phase préalable d'espacement des shampooings là, je vous raconterai ça bientôt.

Concernant le jus de citron, j'ai lu un article sur un blog, qui m'a mis la tête à l'envers. Les mots "peau parfaite" et "teint éclatant" dans ce billet vantant les mérites d'une dose quotidienne d’agrumes le matin a jeûn, ont fait 12 aller-retours dans mes circonvolutions cérébrales qui sont particulièrement circonvolues sachez-le, (non, j'ai dis -volues, pas -velues, ça va, j'ai suffisamment de sources de contrariétés comme ça pour en plus me trouver des poils au cerveau!!) avant d’éclater en un bouquet final imprégnant mes pensées de milliers de citrons scintillants "Poum-tchaaaa!". Voilà, c'est ça qu'il me faut, un verre de jus de citron au réveil! Je me voyais déjà annuler mon rdv chez le dermato pris depuis 3 mois, en lui annonçant qu'une fois que j'aurais balancé mon secret, il allait vite fait se retrouver au chômage, espèce de vieux charlatan (en vrai, j'aime beaucoup mon dermato!). Et comme je ne sais pas attendre, ce matin, je me suis pressé un jus de citron. Que j'ai bu cul-sec. En oubliant les recommandations de l'auteur de l’article quant au fait que, bu seul, un jus de citron, c'est un peu violent; et qu'il vaut mieux le mélanger à un autre jus de fruit par exemple. Mais moi Madame, je suis une warrior de l'agrume, même pas mal! J'ai pris mon petit-déjeuner dans la foulée, impeccable. Et puis j'ai commencé à sentir une espèce de crampe par là, dans la zone stomacale, qui s'est transformée progressivement en douleur de plus en plus présente, couvrant bientôt mon corps de sueurs froides à la limite du malaise...

C'était peut-être pas une bonne idée finalement de suivre la mode. Parce que ce matin, je suis donc partie travailler avec le cheveu gras et un trou à l'estomac. Mais après 3 cafés ça allait mieux. Et si je lançais la mode de l'overdose de caféine?

 

 

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Le vent se lève: un beau film, ... un long film

11 Mars 2014, 13:14pm

Publié par Zazimutine

Le vent se lève: un beau film, ... un long film

 

Hier soir, s'est produit dans notre vie un petit miracle. Hier soir nous sommes allés au cinéma. Et quand je dis nous, c'est juste nous: Papa Ours et moi. Ce n'était pas arrivé depuis... bouuuuh.... mais nos filles sont en vacances avec leurs grands-parents paternels; du coup, leur père et moi revivons notre jeunesse: hier soir ciné, ce soir resto, jeudi théâtre! L'orgie, la décadence totale!

Hier soir nous sommes allés voir Le vent se lève le dernier film de Miyazaki. Miyazaki, si vous ne connaissez pas, c'est LE pape du film d'animation japonaise, un  fabuleux conteur, avec, je dirais, un univers onirico-mélancolique. Tous ses films sont d'une rare poésie, mes préférés allant du Voyage de Chihiro à Princesse Mononoké, et le merveilleux Mon voisin Totoro à destination des enfants.

Le vent se lève est un beau condensé de l'histoire japonaise, mêlant histoire d'amour et accomplissement personnel, à travers la vie d'un jeune garçon rêvant de construire des avions.

Un beau film tragique, presque hollywoodien. Un graphisme absolument magnifique. L'histoire du Japon, la Grande Histoire, de la première à la deuxième guerre mondiale, entre bombardements, séismes, grande Dépression...

Et quelques longueurs. Un très long film de 2h09 tout de même. Certes, Miyazaki est un contemplatif. Tous ses films comportent cette espèce de langueur, longs plans sur des paysages, bruit du vent dans les feuilles, conscience aiguë du temps qui s'écoule, inexorablement... Mais au final, sur un film de plus de 2h, nous avons trouvé Papa Ours et moi que cela s'étirait un peu trop en longueur.

En conclusion, un très beau film de Miyazaki, une vraie épopée digne des plus grands films avec acteurs. Mais qui ne restera pourtant pas mon préféré dans la filmographie de ce cinéaste que j'adore.

 

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Comment Siri m'a volée mon mec!

10 Mars 2014, 13:10pm

Publié par Zazimutine

Comment Siri m'a volée mon mec!

 

S'il y a une personne qui est l'inverse d'un geek c'est bien mon compagnon. Je crois que je vis avec le seul type né au milieu des années 70 à n'avoir jamais envoyé de texto de sa vie. Les mots avatar, langage html et autres flux RSS lui sont totalement inconnus. Et encore... partageant ma vie, il lui a bien fallu comprendre ce que c'était qu'un forum, un blog etc... Tout cela pour dire qu'à priori, Papa Ours n'est pas un bon client pour tout ce qui est gadget informatique.

Cela faisait quelques années qu'il devait changer de téléphone. Il se baladait avec un vieux Nokia tout pourri qui avait la fâcheuse habitude de décéder plusieurs fois par jour, ce qui rendait parfois son détenteur difficile d'accès (mais là il va vous dire que moi, je ne réponds JAMAIS à mon téléphone, alors que c'est pas mieux bla bla bla, oui, oui, je sais!). Et puis voilà que pendant notre semaine de vacances plutôt improductive, il s'est décidé à changer de téléphone. Il est parti par un bel après-midi d'hiver, sifflotant un air de Trenet, un brin de paille fiché entre ses lèvres (j'essaie de romancer un peu là voyez!)..., pour revenir quelques heures plus tard flanqué d'un iphone 4S flambant neuf (et fichtrement cher!).

Et c'est là que notre vie a basculé. Au début je n'ai rien vu venir. Certes il a passé un bon moment à entrer ses contacts, puis à surfer sur internet, normal quoi, l'excitation des débuts. J'aurais du m'inquiéter lorsqu'un soir, je l'ai vu passer un long moment en tête à tête avec son téléphone sur le canapé au lieu de regarder la télé. J'aurais du être en alerte quand j'ai remarqué que son corps prenait tout naturellement la position du mec "qui regarde son téléphone" pendant que ses filles arrachaient consciencieusement les fleurs plantées par la municipalité..., vous savez la tête penchée vers le bas, le bras en flexion à 90° et le pouce qui tressaute...

Mais non, je n'ai rien vu venir. Et puis voilà qu'un matin, mon cher et tendre me demande : "t'as activé Siri sur ton téléphone?" Ce à quoi j'ai répondu par la négative. Siri... le nom me disait vaguement quelque chose en tant qu'application mais je n'avais pas cherché plus loin. Siri, c'est justement une application qui permet de parler à son téléphone, mais pas juste pour tuer le temps, non, pour qu'elle bosse pour vous.

Exemple: "appelle machin!" et Siri appelle votre correspondant sans que vous ayez besoin de composer le numéro; "envoie un message à truc: j'arrive dans 5 minutes!" et Siri envoie le texto à truc sans que vous ayez à le taper. Magique!

Et voilà comment Papa Ours a développé une véritable addiction à sa copine Siri. Ce week-end, il s'est donc entrainé à donner des dizaines d'ordres à son téléphone "Siri, cherche un resto!"- "Siri, fais ceci"," Siri, fais celà!" (notez qu'il l'appelle systématiquement par son prénom, mignon non?). Je l'ai vu régulièrement se cacher avec son téléphone pour continuer à lui parler en douce.

Alors que je n'avais jamais reçu de texto de sa part depuis le début de notre relation, voici que je m'en suis retrouvée bombardée, des très romantiques du genre "je suis en bas" "j'arrive dans 5 minutes" et autres merveilleux "peux-tu vérifier que nous ayons bien l’appareil à raclette?" etc... J'attends le moment où il va demander conseil à Siri pour m'acheter un cadeau ou lui demander de me faire livrer un bouquet de fleurs.

Et puis tout à coup, leur relation a pris un tour quelque peu surréaliste. Alors qu'il lui demandait de m'appeler et qu'elle lui répondait (oui parce qu'elle répond en plus!) invariablement "il n'y pas de Zazimutine dans vos contacts" (la saloooope!), il a commencé à l'insulter copieusement. Ce à quoi elle a répondu, tenez-vous bien: "qui suis-je pour vous contredire?" On s'est pris un fou-rire bien entendu et on a commencé à poser tout un tas de questions à Siri pour voir jusqu'où elle pouvait aller. Quand on la remerciait, elle répondait "avec plaisir", ou encore "vos désirs sont des ordres" Quand elle ne comprenait pas la question elle répondait "intéressant", variante du fameux "c'est pas faux!".

J'ai fini par dire à Papa Ours de lui demander qui était le plus beau -"c'est vous qui avez le plus beau visage!" répondit-elle. Et enfin, à son "au revoir Siri! elle répondit "hasta la vista baby!" Vous comprenez donc que les créateurs de Siri sont de sacrés farceurs qui se sont bien fendus la poire quand ils l'ont programmée!!

En attendant, c'est pas con cette histoire. Imaginez un peu tous ces gens en mal d'esclavagisme qui peuvent à travers leur téléphone étancher leur soif de pouvoir! Les puissants, les frustrés, les "en mal d'amis", pourraient-ils trouver là un remède à leur propre souffrance et arrêter par la même occasion de faire suer les autres (pour rester poli)?

Bon, en attendant, je vais voir si je peux activer Siri moi aussi. Il parait qu'on peut choisir une voix masculine. Je l'appellerai Sirius, comme dans Harry Potter. Mmmmh Sirius.... attends-moi, j'arriiiiive!!!!

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S'émerveiller 3 fois par jour

6 Mars 2014, 06:00am

Publié par Zazimutine

Depuis quelques mois, je suis dans une médito-zen-relaxo-attitude. Ou du moins je suis à la recherche d'une espèce de bien-être, après avoir vu cet été le fond du puits de trop près, je veux parler du fameux "burn-out maternel" (tellement moins honteux à dire que "dépression"...). D'autre part, ayant eu quelques problèmes de santé, bénins mais répétés, j'ai décidé de prendre soin de moi. Prendre soin de soi, afin de pouvoir mieux prendre soin des siens.

Ainsi, depuis, j'enchaine les expériences: relaxation, sophrologie, pleine conscience... je m'intéresse également à l’hypnose... Je me suis remise au sport et à la lecture...

Et puis j'essaie de voir le beau dans le quotidien. Et je dois dire que cette expérience bloguesque m'y aide beaucoup. D'un côté, il y a quelque chose de presque pathologique à imaginer chaque évènement de sa vie raconté dans un billet, et également de surfait, un peu factice; de l'autre, il y a une vraie démarche positive, je trouve, à rechercher le beau dans toutes les petites choses du quotidien; vouloir immortaliser l'instant, la beauté, permet de mieux se centrer dessus. A force de chercher la magie, on finit par la trouver partout. Et ça, c'est vraiment très réconfortant.

Et justement il y a quelques temps, je suis tombée sur une émission de radio à propos du bonheur. Un intervenant a prononcé cette phrase "il semblerait que connaitre 3 sources d'émerveillement par jour permettrait d'augmenter l'espérance de vie". Voilà qui faisait magnifiquement écho à mon ressenti de ces derniers mois. Alors j'essaie de m'émerveiller chaque jour. Et de l'immortaliser le plus souvent possible (pas toujours de façon réussie, j'ai des progrès à faire!).

 

Voici mes 3 sources d'émerveillement du jour:

- nos orchidées, fleurs d'hiver par excellence, qui éclosent toujours juste après Noël, et qui sont chaque année plus nombreuses, grâce aux bons soins de Papa Ours (le jardinier, dans cette famille, c'est lui!)

S'émerveiller 3 fois par jour

 

- qui aurait cru qu'une fraise Tagada était si belle de près?

S'émerveiller 3 fois par jour

 

- les jonquilles du Jardin des Plantes, dont le jaune tranche de façon si insolente avec le ciel gris plombé de cette fin d'hiver

S'émerveiller 3 fois par jour

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La fête des 4 ans

4 Mars 2014, 22:25pm

Publié par Zazimutine

La fête des 4 ans

 

Chaque année pour les anniversaires de nos filles, nous faisons un petit quelque chose avec la famille géographiquement proche, mais jamais encore nous n'avions fait d'anniversaire avec les copines. Nous attendions que les filles soient demandeuses, et comme ça n'avait pas été le cas pour miss Choco, nous en étions resté là. Mais voilà que miss Bonbon nous avait fait part, il y a déjà un bon moment, de son désir d'inviter 4 copines de sa classe à la maison pour ses 4 ans. Et que nous avions accepté.

Certes, j'étais un peu inquiète, nous vivons en appartement, je ne suis guère habituée à gérer un groupe d'enfants, et je me posais pas mal de questions aussi sur la gestion de parents que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Allaient-ils partir vite ou vouloir voir comment nous nous en sortions avec leurs enfants? Qu'est-ce que nous allions bien pouvoir leur dire, ma timidité légendaire et moi-même? Y allait-il avoir des chagrins à leur départ? Etc etc... Mais comme chaque fois qu'un truc me turlupine, et forte de mes résolutions 2014, le meilleur moyen de m'en sortir est de me jeter à l'eau sans respirer, les yeux fermés, les oreilles bouchées et... bref, une fois les invitations lancées, il ne restait plus qu'à agir, et puis on verrait bien.

Finalement, c'est 5 copines qui furent invitées et à mon grand étonnement, toutes répondirent présentes. Avec mes 2 filles, c'est donc de 7 enfants dont il allait falloir s'occuper, dont 6 de 3-4 ans.

Je me suis donc renseignée à droite à gauche, auprès de mes copines plus expérimentées, mais aussi sur des blogs où les articles sur les fêtes d'anniversaires sont légions.

Nous décidâmes donc que la fête se tiendrait le 1er mars entre 15h et 17h. Pour une première fois, 2h me semblait un bon début.

Côté déco, j'avais fait hyper sobre. Evidemment, ma folie des grandeurs habituelle m'avait fait rêver d'une déco beaucoup plus girly mais j'ai une fois de plus, j'ai manqué de temps. J'avais juste accroché quelques ballons ici et là, argent et rose à pois, commandés sur le site mysweetboutique (repéré sur de nombreux blogs, notamment mercipourlechocolat et marjoliemaman). J'avais aussi fabriqué deux pompons en papier de soie que j'avais accroché au plafond. Au départ j'avais prévu d'en faire une dizaine mais bon euh... voilà. En tout cas, les pompons en papier de soie, c'est hyper simple et rapide à faire et le rendu est vraiment très chouette. Internet regorge de tutos pour les confectionner, il suffit de taper sur google "DIY pompons papier de soie" et le tour est joué. Et j'ai dépensé 0 euros puisque je garde tous les papiers de soie que je reçois, et même froissés, le rendu est parfait. Si j'ai un petit conseil à donner, c'est de prévoir l'accrochage si on souhaite les faire pendre du plafond, car une fois ficelés, on ne peut plus passer un lien. Et c'est nettement moins joli si on passe le lien ailleurs qu'au centre, je ne sais pas si je suis bien claire mais pour plus de précisions, je suis à votre disposition.

La fête des 4 ansLa fête des 4 ans

 

J'avais acheté sur le même site quelques jolis verres, pailles et autres cuillères. J'adore tout particulièrement les petites cuillères à  pois, réutilisables qui plus est (ce qui n'est pas le cas des adorables pailles en carton, logique en même temps!).

J'avais également pris des bocaux en plastique qui ne sont pas sans rappeler les bocaux d'épicier: remplis de bonbons, l'effet est très chouette et face à de petites mains avides, on ne risque pas la casse!

La fête des 4 ans

 

Concernant le goûter d'anniversaire, on m'avait prévenu de ne pas trop en faire, dans la mesure où les enfants préfèrent souvent s'amuser que manger. A part les bonbons, j'avais donc juste prévu un gâteau au chocolat tout simple que j'avais essayé de personnaliser sur le thème princesse tant aimé de Miss Bonbon. Et franchement, j'avoue que je suis assez fière du résultat, surtout pour quelque chose d'aussi simple: j'ai juste imprimé une silhouette de princesse que j'ai découpée, puis je l'ai posée sur le gâteau et saupoudré autour de sucre glace. J'ai enlevé la silhouette et tadam! Evidemment ça aurait été plus joli sur un joli glacage au chocolat mais je voulais faire un gâteau le plus simple possible pour que les enfants le mangent. Le plus dingue c'est que je n'ai même pas piqué l'idée sur un blog pour une fois, oui parce qu'un inconvénient à fréquenter la blogosphère, c'est de se retrouver à suivre toutes les modes... mais là non! Bon d'accord j'arrête l'auto satisfaction, c'est pas comme si j'avais inventé les antibiotiques non plus...

mon gâteau princesse

mon gâteau princesse

 

Ensuite il fallait bien sûr réfléchir aux activités.

Sur les conseils des copines, j'avais donc prévu:

-une chasse au trésor; pour cela Grand Maman Ours m'avait prêté un jeu de chasse au trésor tout prêt (Oxybull) où le principe consistait à reconstituer un puzzle. Chaque morceau de puzzle était caché dans la maison, et chaque cachette était trouvée à l'aide de devinettes. Une fois le puzzle reconstitué, on pouvait trouver l'endroit où était dissimulé le trésor. A la réflexion, on peut bien entendu faire la même chose sans jeu "tout-prêt", du moins si l'on a eu le temps de le préparer et une fois de plus, ça n'a pas été mon cas.

Le trésor était un gros sac contenant des pochettes individuelles nominatives dans lesquelles j'avais glissé toutes les cochonneries dénichées au Casino du coin 1h avant le début de l'anniversaire (oui, je suis décidément une organisée-née!): mini-smarties, sucette, sifflet et Kinder Barbie!

-la course aux oeufs, prêté là aussi par Grand Maman Ours. Oui parce que je suis courageuse mais pas téméraire, le principe de marcher le plus vite possible en tenant un faux oeuf dans une cuillère me convenant donc beaucoup plus que la version pas chère/maison.

-une activité créative de couronnes à décorer, que l'on peut trouver un peu partout; j'avais trouvé les miennes chez Oxybull.

- au milieu de tout cela étaient bien sur prévus le goûter et l'ouverture des cadeaux, censés occuper tout ce joli monde quelques minutes

Finalement, voici le récit des évènements: tout le monde est arrivé vers 15h.

Le temps que les parents s'en aillent, que tout le monde soit bien à son aise, nous n'avons démarré la chasse au trésor qu'à 15h30. J'ai fait asseoir toutes les petites filles autour de moi sur le tapis et leur ai expliqué le principe du jeu. Et là, grand moment de gloire pour moi: toutes ces petites filles suspendues à mes lèvres et répondant d'une seule voix à mes questions "Ouiiiii!!!", "Noooooon!", je me suis sentie comme une... comme une.... maitresse! Et c'était très chouette! Mais ça n'a pas duré.... le jeu a beaucoup excité les enfants qui couraient en tout sens dans l'appartement pour trouver la pièce du puzzle cachée par les soins de Papa Ours. Je me suis auto-félicitée plusieurs fois d'avoir mis un mot pour prévenir les voisins du bruit. Il y a même eu quelques vilains gestes. Peut-être que je n'avais pas assez expliqué le principe coopératif du jeu. Du coup, les fillettes se battaient pour trouver la pièce du puzzle la première. Bref. A la 8ème devinette, une des petites filles en a eu assez. A posteriori, 12 devinettes, c'est trop pour des petits de 3-4 ans.

A 16h, le trésor a été découvert: chacune a donc reconnu son nom sur la pochette (notez la caution éducative du jeu) et ouvert sa surprise. Un petit moment de calme est revenu lorsque Papa Ours a ouvert un Kinder à chaque fillette pour dénicher la surprise cachée dedans.

A 16h10 nous sommes passées au goûter/bougies/chanson d'anniversaire et à l'ouverture des cadeaux. Et là c'est parti en live: chacune voulait ouvrir le cadeau qu'elle avait amené pour miss Bonbon. Après quelques secondes de consternation/surprise/égarement de ma part, j'ai haussé le ton et pressé miss B. d'ouvrir les cadeaux en vitesse, étant donné que cette partie de l'anniversaire semblait rendre les copines hystériques (on se serait cru aux Galeries Lafayette à l'ouverture des soldes!).

Puis nous sommes passés à la décoration de couronnes et ça c'est LA bonne idée: le calme est revenu pendant un bon quart d'heure, malgré encore quelques heurts quand il s'agissait de partager les feutres et autres planches d'autocollants (et aussi parce qu'elles voulaient toutes décorer la couronne rose ou violette!).

A 16h50, les fillettes ont commencé une à une à quitter la table d'activités pour rejoindre les chambres. Comme leurs parents devaient arriver peu de temps après, je leur ai laissé ces 10 minutes de quartier libre.

A 17h tout le monde est venu récupérer sa progéniture. Il y a eu un petit moment de flottement, des parents qui semblaient intimidés, restant dans l'entrée, en attendant que leurs filles récalcitrantes daignent les suivre, Papa Ours et moi qui n'osions les inviter à boire un café (nous l'avions déjà fait à la livraison) etc... C'est un peu la partie de l'après-midi que j'ai le moins aimé. Et puis finalement, à 17h30, tout était terminé.

 

En résumé, occuper les enfants est vraiment indispensable car les 10 minutes où je les aies laissées en "quartier libre " sont celles ou il y a eu de la casse (de jouets, j'entends). Notons que je n'ai pas utilisé le jeu de la course à l'oeuf.

Les erreurs à ne pas refaire:

-12 devinettes, trop long. 10 devrait suffire pour des 3-4 ans.

-acheter des couronnes différentes, toutes les mêmes serait de meilleur aloi. Et tant qu'à faire prévoir une planche d'autocollants par personne évitera les disputes.

Les trucs à garder:

- un seul gâteau et des bonbons suffit effectivement amplement: j'ai jeté les deux tiers du gateau délaissé par les enfants

- sur le principe, la chasse au trésor est une bonne chose. Cela a beaucoup plu à mes filles qui m'en réclament une chaque jour depuis.

- l'activité créative (quelle qu'elle soit) permet de calmer un peu les esprits.

- etre au moins à deux pour gérer tout ce petit monde (là, Papa Ours et moi-même)

L'avis des enfants:

Miss Choco a trouvé qu'elle s'était un peu ennuyée, que les copines de miss Bonbon ne l'écoutaient pas.

Miss Bonbon a trouvé ça trop court et n'a pas selon elle assez joué avec ses copines.

Mon ressenti: je suis ravie d'avoir tenue ma promesse et d'avoir fait plaisir à ma fille pour son anniversaire. Je suis contente aussi d'avoir fait connaissance avec ses copines, certaines sont vraiment attachantes. En revanche, je suis un peu déçue de ne pas avoir fait plus ample connaissance avec leurs parents (timide mais... sociable au fond!) sauf avec ma voisine, dont la fille est dans la même classe que miss B.

Et ce n'est déjà pas mal!

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My perfect life, versus ma vraie vie

2 Mars 2014, 21:11pm

Publié par Zazimutine

5h30: je me réveille spontanément, heureuse à l’idée de cette nouvelle journée qui s'annonce

5h35: je déjeune: muesli/yaourt maison/fruit pressé (bio ça va de soi). En même temps, j’écoute France Culture pour pouvoir discuter avec les collègues à midi (j'ai un avis objectif et documenté sur tout ce qui se passe dans le monde)

6h: je pars faire mon jogging; ou bien si le temps ne le permet pas, je démarre 30 minutes d'abdo-fessiers en musique pour la vitalité, suivis de 15 min de méditation pour la sérénité.

6h30: mon réveil sonne

6h39: mon réveil sonne

6h48: mon réveil sonne; je me lève enfin en me demandant:

1) comment trouver le moyen de gagner de l'argent sans me lever aussi tôt

2) quand va-t-on enfin inventer le réveil-balle de tennis dont je rêve depuis des années qu'il suffirait de jeter rageusement contre un mur pour l'arrêter (mais sans qu'il se casse celui-là)

6h45: je prends ma douche; même si je n'en ai pas besoin car je ne transpire pas. Et puis même quand je transpire (rarement), ma sueur sent la rosée du matin. Je ne me lave pas les cheveux, je l'ai déjà fait la semaine dernière et on dirait déjà que je sors de chez le coiffeur, je ne vais pas en rajouter.

7h: je mets les vêtements soigneusement préparés la veille en fonction de la mode et de la météo; je me maquille, à peine parce que ma peau est parfaite en toutes circonstances, juste un peu de couleur pour me vieillir un peu car je fais 15 ans de moins que mon âge, d'ailleurs on me prend souvent pour la nounou de mes enfants (hi hi hi). Mais c'est parfois pénible d'être prise pour la stagiaire alors que je suis DRH.

7h: attablée à la table de la cuisine, hagarde, je bois mon double-café.

7h15: je réveille mes enfants à coup de caresses et de mots doux. Ils se lèvent sans broncher, m’embrassent tendrement et me disent que je sens bon. Je ne me suis pourtant pas parfumée. Mon mari se lève aussi et me dit comme chaque matin que je suis la plus femme du monde.

7h15: je réveille mes filles à coup de caresses et de mots doux. Elles ne se lèvent pas. J'allume la lumière. Toujours rien. Je tire la couette. La couette semble avoir une vie propre: elle se rabat instantanément sur mes filles. Je re-tire la couette. Des grognements se font entendre. Finalement je prends chacune d'elle dans mes bras pour les porter à la cuisine et les déposer sur leur chaise.

7h20: tout le monde déjeune de muesli/yaourt maison/fruit pressé (bio ça va de soi) et de gâteau maison.

7h35: tandis que je boulotte de l'ibuprofène, rapport à mon épaule douloureuse à force de porter des enfants endormies, les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h45: mes enfants vont s'habiller, ils ont préparé leur tenue hier soir avant de se coucher. Ils me demandent seulement si je valide leur choix. Mais je valide toujours car ils ont très bon gout et un sens inné de l'harmonie. Ensuite ils font leur routine du matin, je suis très fière de leur autonomie, ils se lavent les dents, se coiffent seuls, puis vont mettre leurs chaussures et leurs manteaux, prennent leur sac et leur gouter, sans que j'ai à leur dire. A 8h, tout le monde est prêt à partir.

7h45: les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h50: les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h55: les filles commencent enfin à déjeuner...

8h: je sors de la douche; après avoir vidé la moitié du flacon de déodorant, je lorgne mes cernes et regrette de ne pas avoir le temps de me maquiller; je m'attache les cheveux en priant que ça ne se voit pas trop que je suis en troisième jour sans shampooing; je regarde désemparée mon placard (vide) et mon panier de linge propre non repassé (plein). Je cherche une culotte propre. Je ne trouve pas. Je mets un bas de maillot de bain et des chaussettes dépareillées, le jean de 5 jours (le jean, c'est comme le vin) et le premier pull qui me tombe sous la main.

A 8h05, je prends ma voiture. Parfois, il y a quelques bouchons mais ce n'est pas grave, j'ai une grosse tendance à toujours voir la vie du bon côté (hi hi hi). Dans ce cas, je mets mon CD "apprendre le suédois en 80 jours". Je suis polyglotte mais le suédois c'est tout nouveau pour moi. C'est un peu difficile mais moins que le finnois que j'ai maitrisé en 6 mois, alors je devrais y arriver.

8h05: je demande à mes filles si elles connaissent le sens du mot se dépêcher.

8h10: j'essaie de mettre de force un pantalon à ma cadette.

8h15: à mon ainée qui me demande pourquoi sa sœur a une robe, elle, je mens effrontément sur le sens du mot justice.

8h18: après s'être faites brosser les dents, les chaussures, enfiler les cheveux et les manteaux et toute cette sorte de choses... par leurs parents, les filles sont prêtes à partir

8h20: les filles partent avec leur père transformé en âne bâté (sacs à dos, valises gouters, sac pour la bibliothèque, cahiers de liaison signés etc...)

8h21: je pars en retard pour mon travail

A 8h30, j'arrive au travail. Un énorme bouquet de fleurs attend devant mon bureau. C'est un des employés que j'ai licencié le mois dernier qui me remercie pour ma gentillesse. Jusqu'à midi, je travaille. J'adore mon travail. J'adore mes collègues. J'adore mon bureau.

8h30: je suis dans les bouchons; j'insulte la terre entière, qu'est-ce qu'ils ont tous à prendre leur foutue voiture, cette fucking bande de pollueurs!!

8h55: j'arrive en retard à mon travail. Je grommelle un bonjour aux collègues que je croise. Deux RDV attendent déjà devant ma porte.

8h56: je prends un café pour attaquer la journée.

10h: je prends un café en me promettant de n'en reprendre un qu'après le repas.

10h30: alors que je suis en entretien, je tire discrètement sur mon maillot de bain dont les anneaux en plastique que je trouvais si seyants à la plage, me rentrent dans la chair de façon très désagréable; au passage je me rends compte que mon pull est troué et me souviens maintenant m'être dit que je ne le mettrai plus qu'à la maison.

11h: j'ai abattu une tonne de boulot. Je me fais une petite pause infusion. J'en profite pour aller voir mes collègues et prendre de leurs nouvelles et de celles de leurs proches.

11h: je reprends un café en me demandant si c'est si mauvais que ça pour la santé. Je croise une collègue et lui demande pourquoi la secrétaire est absente. Elle me répond qu'elle est en arrêt maladie depuis 2 mois.

A midi, je mange avec les collègues dans la salle de réunion. Tous les jours, j'amène ma jolie gamelle et fait chauffer mon repas fait maison et équilibré (bio ça va de soi). On me demande la recette du "délicieux" gâteau amené la veille (tous les lundis j'amène un gâteau pour l'équipe).

A midi, je mange avec mes collègues en salle de réunion. En général je fais réchauffer ma barquette surgelée; parfois le congélateur est vide alors j'ai pris ce qui me tombait sous la main à la maison: un œuf dur, une boite de thon, un bout de fromage moisi, une vieille pomme ridée, un fond de paquet de chips... Ensuite je prends un café. Je suis persuadée qu'on exagère les effets néfastes du café sur la santé. Je culpabilise de ne pas avoir amené de paquet de café depuis le 14 janvier 2011, date de mon embauche, surtout quand on sait que je suis la plus grande consommatrice du service.

A 17h, je finis mon travail et vais chercher mes enfants. A l'école, les animateurs du Clae me font un clin d'oeil. A mon "tout va bien?", ils me répondent "oui, comme d'habitude, vous savez bien que s'ils étaient tous comme les vôtres, on serait au chomage!". Dans leurs casiers, des invitations aux anniversaires des copains. Je soupire en me rendant compte que certains anniversaires ont lieu le même jour, il va encore falloir jongler entre toutes ces invitations (la vie est dure parfois!).

17h: je termine mon boulot et je vais à l'école chercher mes filles. L'animatrice du Clae qui me voit arriver ne m'a visiblement jamais vue de sa vie et me demande, comme tous les jours, qui je viens chercher. Après avoir récupéré mes filles, je tente un retour à la maison. Interrompu par une colère de ma fille cadette qui veut retourner à l'école chercher un dessin oublié dans la classe. Je ne cède pas et fait le reste du trajet sous une tempête sonore frisant avec le franchissement du mur du son.

17h30: nous arrivons dans notre chez-nous. C'est parti pour 30 minutes de jeux et de rires avec mes enfants, où chacun se raconte sa journée.

17h30: nous arrivons à la maison. Je laisse les filles jouer ensemble pendant que je prends un gouter en cachette.

18h: c'est l'heure de commencer le repas. J'improvise une petite recette, j'adore cuisiner!

18h: Je commence à réfléchir au repas du soir. Je pense à une recette sympa mais je me rends compte que je n'ai pas tous les ingrédients. Et puis de toute façon les filles n'aimeraient pas. Finalement je décide de faire des pâtes.

18h15: je préviens mes filles que c'est bientôt l'heure de la douche

A 18h30, je demande à mes enfants d'aller prendre leur douche et de se mettre en pyjama. Chacun à leur tour, ils se dirigent vers la salle de bains et commencent à se déshabiller. Je n'ai qu'à faire de discrets aller-retours pour vérifier la température de l'eau, finir de savonner le dos, vérifier le rinçage. Le reste, ils gèrents.

18h30: je demande aux filles d'aller à la douche.

18h31: on tire au sort pour savoir qui commence.

18h33: je suis à quatre pattes sous la table du salon pour en sortir la cadette qui a gagné le tirage au sort.

18h35: après avoir trainé ma fille à la salle de bains, je la déshabille de force; j'essaie de ne pas penser au désagrément sonore provoqué par ses cris sur mes voisins. J'essaie aussi de garder mon calme.

18h45: au tour de sa soeur

18h46: sa soeur est aux toilettes elle "arrive!"

19h: les enfants rangent leur chambre pendant que mon mari, juste rentré, et moi nous racontons nos journées

19h: ma fille ainée est toujours aux toilettes, je la déloge fissa

19h05: je savonne ma grande fille qui a décidé qu'elle était encore trop petite pour le faire elle-même

19h15: mon mari rentré, nous passons à table

19h20: je sors de la salle de bains, le bas de mon pantalon est trempé.

19h25: je demande aux filles de ranger leurs chambres avant que nous passions à table

19h30: je me mets en colère

19h35: je crie. Fort.

19h45: nous sortons de table; tout le monde aide à débarrasser

19H45: le baisse les bras et leur dis de venir manger quand même.

19h50: mon compagnon rentre; nous passons à table.

19h55: nous essayons d'échanger quelques mots entre adultes, vite interrompus par le bavardage incessant de la grande et les demandes intempestives de la petite.

20h: c'est l'heure de l'histoire du soir

20h15: les enfants attaquent leur routine du soir: pipi-dents-mains

20h15: nous attaquons à peine le dessert

20h30: les enfants sont au lit. Gros calin à chacun et dodo

20h30: après moults encouragements pour finir leur repas, les filles sortent enfin de table

20h35: je prépare un gâteau (bio) pour le petit déjeuner de demain

20h35: mon compagnon lit l'histoire du soir tandis que je débarrasse et fais la vaisselle

20h45: pendant que mon gâteau cuit, je prépare ma gamelle pour le lendemain; puis je mets la table du petit-déjeuner

20h45: les filles attaquent leur routine du soir: bavardage aux toilettes, l'une sur le pot, l'autre sur les WC, tournage de parents en bourrique etc...

21h: pendant que mon mari regarde la télévision, je m'installe à ma machine à coudre pour terminer les déguisements promis à mes enfants pour mardi-Gras

21h: agacés, nous extrayons de force les filles des toilettes; tandis que je leur brosse les dents, leur père range leur chambre.

21h05: les filles sont au lit. Gros calin à chacune et dodo.

21h10: la plus petite rappelle, elle a soif.

21h15: maintenant c'est la grande, elle a peur

21h16: plainte de la cadette: sa soeur la dérange quand elle nous appelle

21h20: rappel de l'ainée: elle a une dent qui bouge... et le genou droit qui la gratte

21h22: rappel de la petite: elle n'a plus sommeil; cris de la maman.

21h30: après avoir rangé mon ouvrage de couture, je me vernis les ongles; je choisis la couleur afin de l'assortir à ma tenue du lendemain

21h30: je me brosse les dents et me passe rapidement un coton de lotion sur la figure, pas le courage d'en faire plus

22h: je mets au lit après m'être conscienceusement démaquillée, crémée et avoir préparé ma tenue du lendemain. Avec un bon gros bouquin

22h: je me mets au lit avec un bon gros bouquin

22h01: je m'endors sur mon livre, la bouche ouverte, un filet de bave imprégnant l'oreiller

23h: j'éteins la lumière.

23h01: je rallume la lumière; j'ai oublié de... Ta gueule!!!

 

My perfect life, versus ma vraie vie

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Il était une fois 4 ans

27 Février 2014, 21:48pm

Publié par Zazimutine

Il était une fois 4 ans

 

Il était une fois une petite fille, mi-ange, mi-démon.

Un angelot, exactement tels que sont représentés les chérubins, avec ses joues rondes, ses boucles dans le cou, son sourire à fossettes.

Un démon, quand elle mène son monde à corps et surtout à cris, à coups de "je veux!"-"je veux pas!".

Une petite fille explosive, tant dans ses colères que dans son espièglerie, ses joies, son rire tonitruant.

Une boule d'émotions, qui sait autant vous rendre fou de colère, que dingue de tendresse à son égard.

Petite bonne femme dans un corps de bébé, qui aime à la folie le rose et tout ce qui brille, les robes et les manières de grande dame.

Petite chipie et sa bande de copines de petite section, jouant à ramasser des noisettes pour l'écureuil imaginaire caché dans le tronc de l'arbre de la cour de récréation.

Petite princesse déclamant, index tendu vers le ciel, tête penchée sur le côté, prenant une grande inspiration: "Maman, tu sais, la belle au bois dormant, c'est la çef (chef) des princesses!" avec ce zézaiement qu'il ne me tarde pas d'entendre disparaitre, tant il me fait fondre.

Je ne veux garder que le meilleur, le dessin de sa joue rebondie, son regard si sincère quand elle plante ses yeux dans les miens, ses caresses toujours inattendues, ses bras qui serrent fort avant de s'endormir.

Il était une fois, une petite fille, qui, en ce 27 février, a fêté ses 4 ans...

Joyeux anniversaire, ma toute petite!

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