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Touzazimutin

Tous azimuts # 16

17 Juillet 2017, 16:29pm

Publié par Zazimutine

Tous azimuts # 16

 

Quelques infos en vrac en ce début d'été:

  • Première info de la plus grande importance: je suis amoureuse. D'un objet. De CET objet, celui sur lequel je suis en train de rédiger cet article. Après des mois sans pouvoir accéder à mon blog de chez moi, je me suis enfin décidée à investir dans un nouvel ordinateur. Après quoi, j'ai mis deux semaines à me décider à le sortir de sa boite, tant j'avais peur qu'il me déçoive. Je me voyais déjà m'arracher les cheveux à essayer de connecter la bestiole sur le réseau wi-fi, comme cela m'était arrivé avec mon fixe. Et puis non. Cette chose est magique. Elle fait tout toute seule. J'ai donc été prise d'une frénésie d'écriture: 32 brouillons dorment désormais dans mes tiroirs! (je vous rassure, je n'ai pas écrit 32 brouillons en une nuit, certains étaient déjà là!)

 

  • Je suis en vacances depuis une semaine, et sans enfants. J'hésite entre sentiment de liberté et de vacuité. Entre enthousiasme et inertie. C'est compliqué la vie. On passe son temps à se plaindre, à rêver de moments volés au quotidien comme ceux-ci, et quand ces derniers se présentent, on ne sait pas toujours les apprécier...

 

  • Du coup, je me suis mise au yoga. J'envisageais déjà cette activité depuis quelques années, surtout depuis que j'ai compris que ça ne consistait pas seulement à allumer des bougies en les reniflant profondément, quitte à se griller les poils des narines. Non, le yoga est une vraie discipline, exigente avec le corps. Et c'est tout à fait ce dont j'ai besoin actuellement: une activité qui me permette de m'assouplir, de lutter contre l'ankylose qui m'assaille (bienvenue dans ma vie de quadra), et de me détendre à la fois. J'ai découvert, sur le blog de zenopia, les vidéos de yoga d'Ariane (la souplesse de cette fille vous fera pleurer croyez-moi), sur sa chaine youtube yogacoaching. Je recommande vivement si la chose vous tente.

 

  • Je lis, beaucoup. J'ai d'ailleurs en brouillon 2 articles parlant de mes lectures. J'aime de plus en plus entrer dans une librairie et me laisser emmener par les couvertures, les tranches des livres, l'odeur de papier et d'encre. J'ai toujours aimé ça mais là, ça prend une énorme place dans ma vie. Etrange comme la vie se jalonne de périodes avec livres,  puis sans livres, avec musique, puis sans musique, avec passion subite pour les insectes frugivores puis plus, etc... étrange, vraiment étrange la nature humaine (rassurez-moi, vous aussi vous avez des lubies?)

 

  • Nous avons profité de l'absence de nos filles pour aller au resto et au cinéma Papa Ours et moi-même.  Notre liste de bons et très bons restos dans la région s'étoffe, et nous sommes à deux doigts d'écrire un guide! Au cinéma, j'ai vu le dernier Klapisch ("Ce qui nous lie"), que je peux vous conseiller si vous êtes amateur de vins et intéressé par sa fabrication (sinon passez votre chemin). Pas le meilleur film de Klapisch assurément, mais tous les ingrédients qui ont fait son succès: des sentiments, de l'émotion, de la nostalgie, de la joie, de la vie, de la drôlerie. Quelques lourdeurs cependant. Mention spéciale à la délicate Ana Girardot (fille d'Hippolyte). 

 

  • Nous avons également vu au cinéma le film KO, mais alors celui-ci, je ne l'ai pas du tout aimé. Un film à plusieurs réalités, mouais, pas mon truc. Pas de cette façon là en tout cas.

 

  • Enfin, j'ai profité de ce temps suspendu pour préparer nos vacances en Italie. Il est très amusant de constater que, dans les propositions d'hébergement, les italiens font la part belle aux photos concernant... la bouffe! On arrive à avoir 2-3 photos de l'environnement, généreusement une photo des chambres, et 15 photos de tables croulant sous la nourriture! Décidément, j'adore ce peuple! ^_^

 

Allez, je termine ici ce billet complètement narcissique!

Je vous rappelle, pour ceux et celles qui le souhaitent, que vous pouvez encore participer au défi les musiques de ma vie, et ce jusqu'au 23 juillet. Je remercie d'ores et déjà toutes celles qui ont déjà rédigé leur billet, elles sont nombreuses et ça a été un réel plaisir de les lire, mais j'y reviendrai!

Très bonne semaine à tous!

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Les musiques de ma vie [défi]

3 Juillet 2017, 08:31am

Publié par Zazimutine

Les musiques de ma vie [défi]

Chers amis, bonjoooour!

Aujourd'hui, je vous propose, lecteurs/lectrices/blogueurs/blogueuses, un petit défi d'écriture. Oh je vous entends d'ici "nan mais pour qui elle se prend la Zazimutine? Elle croit qu'elle est une blogueuse influente et qu'elle peut se permettre de défier les autres ou bien?"

Bon, bon, remettons les choses dans leur contexte; non, je ne me prends pas pour une blogueuse influente (j'ai vérifié dans mes statistiques, on ne sait jamais, sur un malentendu, et en fait euh...non!); en revanche, j'ai adoré participer au défi Rêve d'été initié par the famous Frau Pruno du blog Escarpins et marmelades; j'ai également adoré lire les propositions des autres participantes sur le thème; par conséquent, j'ai eu envie de renouveler l'expérience et de lancer ma proposition à mon tour (en mode qui ne tente rien n'a rien).

Le thème de ce défi? Les musiques qui ont jalonné votre vie. La musique a un fabuleux pouvoir d'évocation, certains morceaux vous projettent directement dans un moment de votre passé. J'aimerais que vous nous parliez de ces morceaux qui ont jalonné votre existence (avec extraits musicaux si possible).

Je vous laisse donc jusqu'au 16 juillet pour poster vos billets, jour où je publierai ma propre participation, puis je sélectionnerai parmi vos articles, ceux qui m'ont le plus touchée (la fille qui croit qu'elle va avoir 12000 candidatures ^_^). Prévenez-moi en commentaire si vous participez, et je pense que ce sera plus clair pour tout le monde si vous insérez dans votre article, un lien direct vers ce billet. Si vous publiez sur Instagram, je vous propose d'ajouter le #défilesmusiquesdemavie (avec un é comme dans défi)

Et si personne ne participe, eh bien tant pis, je publierai quand même ma participation.

Alors, tenté(e)s?

Très bonne semaine à tous et toutes!

PS: en illustration, une petite avant-première de mon propre billet ;)

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Lettre à Patrick Cohen

27 Juin 2017, 08:05am

Publié par Zazimutine

Lettre à Patrick Cohen

Cher Patrick,

Je me permets de vous appeler par votre prénom car, vous et moi, ça fait un paquet d'années que nous prenons le petit-déjeuner et la douche ensemble (je vous rassure, vous êtes toujours resté habillé; moi, parcontre...). Patrick, vous et moi, non seulement nous partageons nos matinées dans l'harmonie de la belle alliance France Interienne depuis une paie, mais figurez-vous qu'en plus, nos parcours suivent le même chemin. Vous quittez France Inter pour Europe 1? Je quitte le ministère de l'enseignement supérieur pour celui des transports! Dingue non?

C'est votre dernière semaine à France Inter? C'est ma dernière semaine (ou presque) à mon boulot aussi!! Incroyable n'est-ce pas?

Oh oui, je sais Patrick, je sais combien votre décision a été difficile à prendre. Vous en avez passé des nuits blanches à vous demander si vous aviez fait le bon choix, n'est-ce pas?

C'est vrai quoi, vous étiez bien à France Inter, l'équipe était sympa, le café toujours chaud et les viennoiseries toujours dorées. Vous connaissiez les prénoms des enfants de chacun, vous vous étiez habitués aux auditeurs gauchistes pénibles mais attachants (attachiants?) de cette grande radio.

Oui mais voilà. Comme moi, vous trouviez que la maison de la radio était loin de votre domicile et vous perdiez un temps infini à rejoindre votre boulot. Comme moi, vous vous trouviez sous-payé, et même les graaandes vacances ne suffisaient plus à vous satisfaire. Comme moi vous étiez en CDD depuis trop longtemps et on vous a offert l'opportunité d'un CDI. Comme moi, vous aviez l'impression d'avoir fait le tour de votre job (ce qui, il faut le reconnaitre, est plutôt logique quand on travaille dans  la Maison Ronde, ahem...). Comme moi, vous rêviez d'autres horizons, d'autres haleines de poney le matin en arrivant, de nouvelles stimulations intellectuelles. Thomas Legrand n'arrivait plus à vous surprendre, Charline Vanhoenacker ne vous faisait presque plus rire, même Bernard Guetta, vous paraissait insipide et sans saveur.

Allez, avouez-le Patrick, vous avez entamé votre année en sachant que ce serait peut-être la dernière. Vous avez caché votre départ à vos collègues pendant plusieurs mois.Vous avez même réussi à vous motiver pour faire quand même du bon boulot; je dirais même que vous n'avez jamais été aussi bon, vous avez fait preuve de beaucoup plus de mordant, vous avez pris des décisions importantes pour l'année prochaine, en sachant que vous n'en assumeriez pas les conséquences, pas vrai? Vous vous êtes libéré Patrick!

Finalement vous avez annoncé votre départ à votre chef, Laurence Bloch. Elle a hululé de douleur. Alors même que l'année dernière, elle vous avait remonté les bretelles, ne vous trouvant pas assez "moteur". Vous avez jubilé.

Et puis vous êtes allés à la rencontre de vos futurs collègues. Vous aviez les cheveux propres et les mains moites, l'estomac dans les talons et le coeur qui battait la chamade. Vous avez regretté d'avoir pris des spaghettis à ce déjeuner, ce qui a permis à vos futurs collègues de vous classer illico dans la catégorie des mangeurs porcins.  Vous avez fait une blague pas drôle. Vous vous êtes sentis consterné en apprenant que vos futurs collègues ne buvaient pas de café. Vous avez fait semblant de croire votre futur chef d'Europe 1 quand, en vous montrant votre nouveau bureau tout petit, moche et mal éclairé pour cause de store cassé,  il vous a dit que tout serait réparé pour votre arrivée. Vous avez souri l'air détaché quand vous vous  êtes aperçu que vous alliez avoir moins de personnel pour vous aider que prévu.

Et voilà, elle est arrivée cette dernière semaine. Vous vous sentez à la fois triste et soulagé; excité et effrayé. Vous avez prévu un repas pour vos adieux. Vous allez payer l'apéro à tout le monde, à défaut du repas, c'est déjà ça Patrick.

Vous aller ranger votre ordinateur. Vous allez récupérer tous vos documents; n'oubliez pas  vos photos de famille qui n'ont rien à faire là, et les idées de destination pour vos prochaines vacances. Ne laissez aucune trace. Enfin si, quand même, soyez pas vache, laissez les trucs importants pour votre successeur: l'annuaire, et les tickets de cantine.

Vendredi, vous allez repartir avec votre petit carton plein de souvenirs, de petits mots d'adieux laissés par vos collègues, et de cadeaux. Vous n'aurez pas oublié votre tasse "A l'aise breizh" offerte par Benoit Hamon lors de son dernier passage, lundi, dans l'émission.

C'est là que nos chemins se séparent Patrick, car je resterai fidèle à Inter. Merci pour ces belles années passées ensemble, votre voix, chaque matin, contre vents et marées, quelque soit l'actualité, rassurante comme un phare dans la brume (pardonnez ma tendance à sur-utiliser la métaphore bretonne).

Adieu Patrick, nous nous sommes tant douchés! <3

PS: ce billet n'intéressera sans doute que les auditeurs de France Inter, mes excuses pour les autres!

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Vis ma vie de plaquette de beurre

26 Juin 2017, 08:09am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de plaquette de beurre

21 juin 2017, l'été est enfin là...

7h: la porte du frigo s'ouvre, la lumière s'allume, un courant d'air chaud s'engouffre dans la baraque. Zut, déjà? Si j'avais su, j'aurais pas la fête aussi tard cette nuit avec mes potes les Zeufs. Mes potes ils s'appellent Zone, Zou, Zri, et le plus marrant Zorglub. En fait il s'appelle Zor mais il a un look terrible avec sa coquille toute tachetée alors on l'appelle Zorglub. Je sais pas de quel cul de poule il sort celui-là mais alors il a une tête!!

7h01: la Patronne me sort du frigo et me pose sur la table du déjeuner. C'est le moment que je préfère: elle va me gratter le ventre un bon moment pour beurrer les tartines de toute la famille la Patronne, et c'est elle qui gratte le mieux dans la famille, y a pas à dire. Elle te fait ça avec une délicatesse toute féminine, tout est dans le geste quoi! Alors que le Patron, lui, il tranche direct dans le vif tu vois? Du coup ça fait mal, alors que la Patronne, elle, elle me chatouille!

7h30: la séance de grattage est terminée, c'était tellement bon, je me sens tout détendu, tout mou, mmmh je vais bien dormir moi!

7h35: oui mais je préfèrerais dormir au frigo quand même

7h40: personne n'a l'air de songer au risque vital que j'encoure si je reste à l'air libre, il fait déjà 22°C là, les gars!

7h45: bon personne n'a l'air de s'occuper de moi...

8h: Putain!!! Ils sont en train de partir sans moi! Je rêve, ils vont partir en oubliant de me remettre au frigo! C'est pas comme ça que je voulais finir moi, avec les zeufs on s'était promis qu'on finirait notre vie en même temps, tous ensemble, genre en quatre-quart!!

8h02: au secoooooouuurs! Comment faire pour se faire entendre des humains quand on est une plaquette de beurre?

8h05: la porte claque; ils m'ont vraiment laissé les salauds! Si j'avais su, j'aurais ranci et je leur aurais pourri leur petit-déj’ toute la semaine! Oh non, je veux pas mourir comme ça! J'ai envie de pleurer.

8h06: la porte s'ouvre, la patronne me prend dans ses mains et me remet dans le frigo. Oh mon Dieu je l'aime! Mes larmes coulent sur ses doigts. Elle a pas l'air d'apprécier.

8h07: tout le monde dort dans le frigo. Ça sent pas très bon, le Lait a du tourner.... on lui avait dit aussi de pas faire des mélanges avec le vin blanc, il est con le Lait. Ou alors c'est les Frometons, ils sont sympas mais côté hygiène, bof, c'est clair qu'il y en a qui se lavent pas tous les jours.

8h10: je vais piquer un petit roupillon pendant que je me resolidifie, j'ai besoin de me remettre de mes émotions.

.......

17h30: je sens la porte claquer, la Patronne rentre avec les gobelins, la vache, j'ai dormi toute la journée!

17h35: aaah de la lumière, une petite main potelée m'attrape, aïe, ça fait mal, ça doit être la cadette, une vraie teigne.

17h36: Boum! Oh la chute, au moins 1 mètre! J'ai le coin droit tout cabossé, c'est malin! La patronne est pas contente, elle gronde la Teigne qui hurle. Heureusement que j'ai pas d'oreilles parce qu'à en juger par les vibrations que ça occasionne, ça a l'air douloureux.

17h37: je retourne dans ma chambre froide.

18h: de nouveau de la lumière. La patronne m'empoigne,  elle me pose sur le plan de travail. Oh mais je vois qu'elle attrape aussi Zone, Zou, Zri, et Zorglub, serait-ce le grand moment?

18h05: on me jette dans un bol; mmmmhhhh, ça chauffe, c'est bon...

18h06: quoooaaaa? Du chocolat? Je rêve, on me mélange avec du chocolat! Oh mon Dieu, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pas imaginé ça, on va tous mourir dans un gâteau au chocolat!

18h07: tandis que je me liquéfie langoureusement en m'imprégnant de nanoparticules de cacao, j'entends les zeufs crier de joie: ils sont en train de se faire battre et ils aiment ça les dingos, j'ai toujours pensé qu'ils avaient un côté maso mes potes!

18h13: c'est le moment du grand mélange avec les potes qui ont maintenant la gueule bien enfarinée; j'entre dans le robot, le fouet nous bat à 3000 tours minutes!

18h14: woooooouuuuuuuuuh, c'est un truc de fou!!!

18h15: je goooonfle!

18h16: hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

18h17: J'ai la tête qui tourne quand même!

18h18: Oh my God, je crois que je vais rancir!

18h19: fini de rigoler, la Patronne nous verse tous dans un moule à gâteaux.

18h20: passage au four. Juste un mauvais moment à passer.

18h35: on sort du four. Je suis encore là mais plus tout à fait, je suis nulle part et partout à la fois, je sens les zeufs frémir de plaisir, on est bien là, tous ensemble. Ce soir, nous allons finir sous des palais frétillant de joie, sur des petits doigts gourmands, dans des petits estomacs repus...

Elle est pas belle ma vie?

PS1: Oui, je sais, c'est.... consternant...

PS2: Encore du recyclage...

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Summer is coming

20 Juin 2017, 08:48am

Publié par Zazimutine

Summer is coming

 

Exceptionnellement, cet article répond à une commande; j'ai en effet été contactée par une grande éditrice allemande pour écrire un article sur l'été. Eh oui, les amis, ma carrière décolle!

Bien. Il est possible que je déforme un petit peu la vérité. Il est possible qu'en réalité, j'ai décidé de participer au challenge lancé par l'irrésistible Frau Pruno, du blog Escarpins et marmelade, et d'écrire, comme elle le proposait, un billet sur l'été. Mais attention, la meuf est prof d'allemand, et croyez-moi, ça se sent: trame imposée, thèmes à respecter, et bien sûr, QCM, orthographe notée, traduction en allemand simultanée, et zéro pointé en cas de faute grammaticale majeure.

Malgré ma peur panique mon respect profond de la gente professorale, je dois avouer avoir pris quelques libertés avec le sujet.

 

Un inconvénient majeur dans la rédaction de ce billet provient de ce constat incontournable: je n'aime pas l'été. Eh oui, je suis cette personne, la seule, l'unique, en France, dans le monde, qui n'aime pas la saison estivale.

Il faut dire que si je réfléchis à tous les étés vécus jusqu'à présent, la plupart étaient passés à travailler: à partir de 18 ans, j'ai bossé chaque été à la Poste, puis à l'hôpital, puis j'ai remplacé tout l'été les gens qui partaient en vacances. Quand je pense été, je pense à mes levers trop précoces pour aller bosser aux Chèques Postaux, à la moiteur de Lyon dès 6h du matin, à la sensation de rentrer dans un four géant chaque fois que je sortais du boulot, à l'impossibilité de dormir à cause du bruit dehors (fenêtres ouvertes=mort des relations de bon voisinage), puis un peu plus tard aux appels de nuit, au visage gonflé de sueur le matin, à la chaleur étouffante de Toulouse en juillet et août. Mais là n'est pas le propos. Le sujet du billet est bien "rêve d'été", alors je vais essayer de me remettre dans un bain rempli d'ondes estivales positives. Et pour cela me replonger dans l'enfance.

Voyons, voyons, respire.... làààà....... tu y es.

Ecoute, ce sont les cigales qui chantent (qui crissent?). Tu as 5 ans, 6 ans, 7 ans, tu es à La Ciotat, comme tous les mois de juillet.

Tu te souviens, sur le trajet, de Lyon, à la grande bleue (2h30 en roulant trop vite, comme se vantait mon père!) la façon dont tu as guetté de la voiture, le moment où tu allais enfin apercevoir la mer, c'était à celui qui la verrait en premier!

Tu sens ce parfum? C'est l'odeur du pin qui déborde  de résine sous la chaleur. Et celui-ci? C'est l'odeur de la mer, du sable chaud, de la crème solaire, celle qui tout à l'heure va te rendre toute luisante et attraper le moindre grain de sable, le laissant collé sur ta peau. Rappelle-toi: le bateau en caoutchouc jaune et bleu avec lequel tu jouais des heures durant avec ton frère, l'eau d'une transparence cristalline à 3 mètres sous toi, et ton vertige quand tu regardais un peu trop longtemps le sable, là-bas, si loin sous tes pieds. Souviens-toi, la menthe à l'eau dégustée en terrasse lors des promenades sur le port, la soubresade, les pêches et le melon, qui te coulait immanquablement sur le menton. As-tu gardé en mémoire ce joli collier plaqué or, une simple chaine avec des étoiles insérées entre les maillons, qui te faisait sentir princesse, et que tu as perdu au bout de quelques jours?

Te souviens-tu aussi des vacances à Cap-Ferret avec Pépé et Mémé? De ta tenue préférée: un short avec un débardeur rayé bleu marine et blanc, qui grattait un peu, mais qui avait l'avantage d'être assorti à celui de ton frère? Ressembler à ton frère te semblait être alors le summum de ta vie. Chacun vous aviez un petit sac à dos, le même dans une couleur différente, une serviette de bain aux motifs écossais, la même dans une couleur différente, et tu étais si fière de porter tes propres affaires. Tu étais si fière aussi d'apprendre à nager cet été-là, dans la piscine du club Mickey. Tu te  rappelles le torse bronzé de Claude, et la chaine qui brillait sur sa poitrine, la petite piscine bleu foncé, et ses mots "grenouille-V-I... grenouille-V-I", pour t'apprendre à nager la brasse?

35 ans plus tard, mon rêve d'été se situe peut-être bien là où je vis aujourd'hui, en Bretagne. Je l'imagine dans une maison à nous, loin du tumulte de la ville, loin du bruit de la vie, avec un grand jardin rempli de fleurs et de fruits. Une maison ouverte aux amis, à la famille, où l'on passerait quelques jours en bonne compagnie. Je l'imagine empli de liberté cet été-là, des enfants jouant sans contraintes, les pieds nus dans l'herbe sans qu'on y trouve à redire, quittant la table et y revenant à leur aise sans que nous fassions les gros yeux, improvisant toutes sortes de jeux. J'imagine aussi une guitare, des chansons populaires reprises par toutes les générations, des levers tardifs ou à la fraiche. Des promenades en vélo ou à pied, des baignades organisées et d'autres improvisées. Des couchers de soleil sur la mer par milliers, et des conversations entre chien et loup où l'on ouvre son coeur un peu plus que d'habitude parce que c'est plus facile quand on ne se voit plus. 

Ce rêve d'été là, il est un peu caricatural, un peu idéal, un peu utopique. Alors à nous de faire ressembler la réalité à nos rêveries.

 

Merci encore Frau Pruno pour ce défi, inspirant, vraiment! J'espère ne pas avoir trop malmenée la trame!

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Over Juin

19 Juin 2017, 10:16am

Publié par Zazimutine

Over Juin

Il ne vous a sans doute pas échappé que l'on a pas mal parlé, récemment, de ce concept de "charge mentale", une expression pour désigner ce que nous avons tous et toutes en tête comme "to do list", cette série d'alarmes mentales que, pour ma part, je me trimballe toute la journée, à l'idée (=de peur) d'oublier quelque chose à faire. Depuis que je suis devenue mère, cette charge mentale s'est développée, telle un poulpe envahissant mes circonvolutions de ses tentacules (métaphore bretonne), je la qualifierais même plutôt de "surcharge mentalo-physique" (rien à voir avec Eddie Mitchell). Car, dans la liste des choses à faire au quotidien, il y a évidemment de nombreux items impliquant des mouvements, des actes, tout cela engendrant une certaine fatigue, morale ET physique.

Dans ce contexte, le mois de juin constitue, il faut bien le dire, une apothéose. Listons un peu mes surcharges du mois de juin:

1) Les enfants (les plus pourvoyeurs de cette surcharge)

Concernant l'école:

  • veiller à ne pas oublier les activités sportives de chacune: kayak le mardi pour l'ainée, vélo le mardi et patinoire le vendredi pour la cadette, ceci impliquant, chaque veille au soir,  la préparation des affaires adaptées (listing kayak, différent du listing vélo, différent du listing patinoire) et surtout, ne pas les mélanger, sous peine de se retrouver à faire du patin en combinaison neoprène, ou du vélo vêtu de chaussettes longues et de moufles.
  • ne pas oublier le conseil d'école, lundi x juin, et prévoir quelqu'un pour garder les filles.
  • noter et prévenir 5 fois Papa Ours de la date de la fête de l'école,  anticiper la tenue dans le thème de la fête, qu'il ne faut "surtout pas acheter" selon la maitresse (tout le monde a une jupe longue à pois taille 10 ans dans sa garde-robe, obligé!).
  • ne pas oublier de rendre les souches de tickets de tombola qu'on a tous achetés nous-mêmes, car c'est plus rapide que d'aller s'enquiquiner à sonner chez les voisins.
  • penser aux différents pique-niques (beaucoup de sorties scolaires en cette fin d'année); et donc acheter du pain de mie, du fromage à tartiner Tarticruche, et du jambon, la veille (le-menu-idéal selon mes filles).
  •  payer les crêpes, l'abonnement à Choupi-magazine et à Je lis comme un Dieu-magazine, les tickets d'entrée pour la fête de l'école, avant le x juin.
  • penser aux fournitures pour les séquences jardinage de miss Bonbon.

 

Niveau activités extra-scolaires

  • noter et prévenir 6 fois papa Ours de la date du spectacle de théâtre de miss Choco; y aller.
  • anticiper le gala de danse; aller acheter les tickets d'entrée (faire la queue 1h); racheter des filets à chignon et un collant non troué pour miss Choco; l'emmener aux répétitions 12 fois dans la semaine; rappeler la date une 7ème fois à papa Ours; ne pas oublier costume/maquillage/coiffage/sandwich le jour J; y aller.
  • penser à faire un gâteau pour le dernier cours de dessin de miss Bonbon; aller à l'exposition des oeuvres de nos chérubins la semaine suivante (avoir prévenu papa Ours de ....).
  • réinscrire miss Choco à la danse (queue probable: 1h); réinscrire miss Bonbon à la musique (ou pas; on attend sa décision).

 

Activités annexes

  • prendre rendez-vous chez le dentiste pour miss Bonbon l'entartrée.
  • ne pas oublier les deux rendez-vous chez l'orthodontiste pour miss Choco la future appareillée; signer le devis (vendre ma voiture avant le premier versement).
  • organiser les rendez-vous de miss Choco chez l'ophtalmo de Rennes, pour ce fameux traitement d'avant-garde qui freinera peut-être sa myopie (je vous en reparle!).
  • penser au rendez-vous avec la psychologue de miss Bonbon.
  • anticiper les vacances à la mer des filles: racheter un maillot de bain pour miss Choco, crèmes solaires et compagnie...
  • ne pas oublier les anniversaires des copains TOUS les week-ends; acheter les cadeaux.

 

2. Moi/nous

  • payer la cantine, la garderie, le conservatoire
  • prendre divers rendez-vous médicaux
  • préparer les vacances en famille
  • cueillir les cerises avant que les oiseaux les aient toutes becquetées; faire des clafoutis; surgeler.
  • et je vous passe tout ce que j'ai à faire au niveau boulot avant mon changement d'emploi du 1er septembre, ainsi que le quotidien ménage/repas/courses...

 

La semaine dernière fut le point culminant de cette suractivité juinesque.

En effet, mercredi, il m'a fallu: emmener miss Bonbon à 13h30 pour son cours de dessin, puis emmener miss Choco à sa répétition de danse à 14h15; retourner chercher miss Bonbon, avant de retourner à la répétition de danse; emmener les filles à papa Ours pour que je puisse assister à ma propre répétition de danse. Partir, revenir, retourner, reretourner. Et recommencer le même genre de déplacements, jeudi, vendredi et samedi, tout en gérant la gastro-entérite subite de miss Choco.

J'ai finalement trouvé la solution: mercredi, je me suis dupliquée.

Depuis, j'ai une vie de rêve: je vais à la plage tous les jours, et je bois des mojitos en publiant des photos de mer indécentes sur Instagram, ou bien je discute avec mes nouvelles copines les mouettes. Pendant ce temps-là, mon duplicata se tape tout le boulot!

Bon je vous laisse, mon duplicata vient de me laisser un message, il y a de la mutinerie dans l'air; il semblerait que celle-ci trouve peu à son goût, cette surcharge de travail pour un salaire tout à fait dérisoire à base de reconnaissance différée (celle de mes filles, plus tard, quand elles seront mères à leur tour). Elle prononce des phrases toutes faites et absurdes du genre "tout travail mérite salaire". Pfff, voilà que je me suis dupliquée en communiste, quelle gourde! La prochaine fois je me duplique en macroniste et je me remets en marche, non mais oh!

Bon courage à tous et toutes pour survivre au mois de juin!

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Philosophie de comptoir

13 Juin 2017, 07:31am

Publié par Zazimutine

Philosophie de comptoir

Il se trouve que depuis 10 jours maintenant, j'ai entrepris une sorte de régime. Alors écoutez, je ne sais pas si ce régime est efficace, car je n'ai pas de balance en état de fonctionnement (ce qui n'est pas très pratique quand on débute un régime, je l'avoue), mais une chose est certaine: je maigris du cerveau. En effet, ma substance grise, probablement dans un effort désespéré de maintenir un taux de sucre suffisant en l'absence de sources extérieures (chocolat, gâteaux, et toute cette sorte de choses tellement appétissantes et bonnes, bouhouhou!!!), se liquéfie, libérant au passage quelques pensées qui s'emmêlent, s'entrechoquent, se télescopent, dans la plus grande confusion.

Aussi, mon âme est actuellement envahie par de profondes réflexions qui occupent toute ma mémoire vive. Oh non, je dois bien reconnaître que je n'ai pas résolu le mystère de la création de l'Homme, encore moins celui du big-bang, car voici quel type de pensée m'assaille:

  • Pourquoi la sueur n'est pas transparente? Pourquoi laisse-t-elle des traces jaunes sur les vêtements blancs? Quel est l'intérêt? Est-ce un signal d'alarme pour nous avertir de la non propreté du vêtement? Ok, mais il y a déjà l'odeur, alors pourquoi rajouter de la couleur?
  • Une réflexion en entrainant une autre.... pourquoi les traces jaunes au niveau des aisselles (ou ailleurs...) d'un vêtement blanc nous dégoûtent autant? Pourquoi trouverions-nous un tournesol majestueux au milieu d'un champ de marguerites, et sales des traces de pipi dans la neige?
  • A quoi sert la poussière? La poussière n'est mangée par aucun animal et ne mange aucun animal, donc quel est son rôle dans le cycle de la vie? (à part nous emm...?)
  • Pourquoi bave-t-on pendant la sieste et pas pendant la nuit? Pourquoi le sommeil de la sieste boude le phénomène de la déglutition et nous entraine inévitablement dans des instants d'une rare intensité glamourienne (glamouroise?), et pas celui de la nuit? Mmmmh?
  • Pourquoi trouve-t-on tous les bébés mignons? Et pourquoi ne trouve-t-on pas de la même façon mignons nos collègues patauds et un peu longs à comprendre? Par ailleurs pourquoi ne trouve-t-on pas aussi les bébés araignées et les bébés serpents mignons?
  • Pourquoi, après 80 ans d'industrie automobile, les hérissons n'ont toujours pas compris qu'on ne se met pas en boule à l'arrivée d'une voiture mais qu'on déguerpit de toute la force de ses pattes, aussi minuscules soient-elles?
  • Pourquoi suis-je en train d'écrire cet article débile?

Hein? Pourquoi? Pourquoi?

Parce que j'ai faim!!!!!!!!

 

Crédit photo: le penseur de Rodin, www.musee-rodin.fr

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Ma prescription littéraire # 1

8 Juin 2017, 08:17am

Publié par Zazimutine

Ma prescription littéraire # 1

 

Petit  changement d'appellation et de forme pour ces articles parlant de mes dernières lectures, je vais désormais vous les raconter par ordre de préférence, façon "prescription".

Edit: (Alzheimer me guettant, je viens de me rendre compte que j'avais déjà rédigé une critique du choeur des femmes, dans un billet précédent, désolée pour le doublon!)

 

Ma prescription littéraire pour ce mois-ci sera donc:

A consommer sans modération

  • Un paquebot dans les arbres

(Valentine Goby, Editions Actes Sud, roman)

Résumé: du milieu des années 50 jusqu'en 1962, ce livre raconte le parcours de Mathilde, petite fille, puis adolescente et jeune adulte, et de sa famille dont elle va être séparée lorsque ses parents vont déclarer une tuberculose.

Mon avis: bouleversant! A travers l'écriture fine et subtile de l'auteur, on suit Mathilde dans son quotidien difficile, on éprouve l'amour infini que cette enfant ressent pour ses parents, on souffre avec elle de leur extrême pauvreté, jusqu'à une fin qui se mêle à l'actualité du moment, la guerre d'Algérie, dans un parallèle assez saisissant. Valentine Goby met en lumière un sujet dont on parle peu: des milliers de gens dont la vie a été probablement détruite par la tuberculose, à une époque ou la Sécurité Sociale n'existait pas pour tout le monde. Surtout, elle décrit avec une justesse bouleversante l'amour inconditionnel de cette petite fille pour son père, pour ses parents, dans lequel on se reconnaîtra éventuellement volontiers (ou pas, mais moi oui!). Je recommande chaudement ce livre qui ne tombe jamais dans l'apitoiement malgré le destin quelque peu tragique de cette famille. Un seul regret, qu'on ne sache rien sur le destin de Mathilde, après 1962.

  • D'après une histoire vraie

(Delphine de Vigan, Le livre de Poche, roman)

Résumé: Le récit d'une amitié particulière de l'auteur avec une autre femme, je ne vous en dis pas plus.

Mon avis: J'ai dévoré ce livre en 48h, ça vous situe un peu le degré d'addiction qu'il peut susciter. Je ne vais pas trop m'étendre sur ce bouquin, mais sachez juste qu'il est à la fois agréable à lire, passionnant, plein de rebondissements et de mises en abimes. Allez, j'arrête avant de révéler quoi que ce soit. Mais sachez une chose: Delphine de Vigan est une fabuleuse conteuse! Et très maligne!

  •  
  • Les gens dans l'enveloppe

(Isabelle Monin, Le livre de Poche, roman/enquête)

S'il n'apparait pas en photo ci-dessus, c'est parce que c'est un livre que j'ai emprunté à la médiathèque. Cependant, je vous en ai déjà parlé dans un précédent et je vous remets ici ma petite critique.

Résumé: Isabelle Monin, journaliste-écrivain, décide un jour d'acheter un lot de photos de famille sur internet. A partir de ces photos, elle imagine, dans la première partie de son livre, la vie des gens figurant sur ces clichés. En deuxième partie, elle mène l'enquête et retrouve les protagonistes, dont l'histoire retrouve des similitudes surprenantes avec ce qu'elle avait imaginé.

Mon avis: Le résultat est absolument bouleversant! Des vies ordinaires, qui le sont pourtant si peu, marquées par l'abandon. Bien qu'un peu lasse, au fil des pages, du style "métaphore météorologique" de l'auteure (qui écrit néanmoins très bien), ce livre m'a tout simplement remué les tripes!!

 

Si le cœur vous en dit

  • Vous n'aurez pas ma haine

(Antoine Leiris, Editions Fayard, témoignage)

Résumé: si vous ne connaissez pas Antoine Leiris, c'est que vous avez vécu 2 ans dans une grotte. Antoine Leiris est le mari de cette jeune femme, Hélène, victime des attentats du 13 novembre, qui avait diffusé un message bouleversant sur les réseaux sociaux au lendemain de la perte de sa femme, intitulé comme le roman « Vous n'aurez pas ma haine ». Dans ce livre, il raconte quelques jours et mois de sa vie d'après, élevant désormais seul son fils âgé de 17 mois.

Mon avis: je n'avais pas forcément prévu/envie de lire ce livre mais il m'a été offert à Noël, alors j'ai succombé. Bien m'en a pris, car Antoine Leiris, loin de convoquer un quelconque voyeurisme, décrit, tout en retenue, ces petits gestes, ces petites choses du quotidien, qui crient à chaque instant l'absence d'Hélène. C'est évidemment difficile à lire, je ne me suis pas départie d'une grosse envie de pleurer tout au long de ma lecture, on souffre avec lui, on souffre avec son petit garçon, mais surtout on admire la pudeur de ce jeune père. Et on est profondément remué par ce qui est finalement, et surtout, une magnifique déclaration d'amour envers sa femme. A lire donc, si le sujet ne vous remue pas trop les tripes.

  • Le choeur des femmes

(Martin Winckler, Folio, roman)

Résumé: Jean Atwood, interne se destinant à la chirurgie gynécologique, plutôt imbue de sa personne, se retrouve dans le service de Médecine de la Femme du Dr Franz karma, généraliste barbu pratiquant la gynécologie avec passion; se heurtant d'abord à un exercice de la médecine qu'elle n'approuve pas, elle va bientôt être ébranlée dans ses certitudes, au bénéfice de chacune!

Mon avis: J'ai commencé par détester ce livre que je trouvais trop caricatural et moralisateur: d'un côté les vilains médecins qui ne se préoccupent que de leur carrière (des chirurgiens de préférence) et font peu de cas de leurs patients, de l'autre les bons médecins  (généralistes, comme l'auteur) qui donnent leur vie à leur patientèle. Mouais, connaissant bien le milieu médical, ce manichéisme m'a d'abord franchement agacée, surtout que le discours de Winckler semble oublier que le médecin est avant tout un être humain, et qu'il peut lui arriver, oui, d'être désagréable pour toutes sortes de raisons qui n'incombent pas au malheureux patient. Et puis finalement je me suis laissée emporter. Parce que ce livre est une déclaration d'amour évidente au genre féminin. Parce que tous les témoignages de femmes qui émaillent le récit sont touchants et justes. Parce que la vision idéaliste de Winckler est finalement indispensable. Et parce que dans la deuxième partie, le roman bascule dans un genre tout à fait inattendu qui nous emmène presque dans de la fantasy. Je ne le mets donc pas dans « à consommer sans modération » pour les raisons expliquées plus haut, mais c'est un livre que j'ai finalement adoré. Et dont la vision idéaliste continue de me poursuivre tous les jours dans ma vie professionnelle. Chapeau Martin!

 

Si on aime les policiers

  • La voix

(Arnaldur Indridason, Points, policier)

Résumé: nouvelle enquête du commissaire Erlendur lorsqu'un père Noël est retrouvé assassiné dans une position compromettante, dans le cagibi d'un grand hôtel.

Mon avis: j'avais délaissé presque un an les aventures de ce commissaire dont je suis pourtant une grande fan, je l'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir. Comme d'habitude, c'est dans le passé que vont nous être apportées les clefs du mystère. Comme d'habitude, Erlendur est déprimé et se dépêtre comme il peut de sa relation compliquée avec sa fille ex-toxicomane et suicidaire. Les personnages secondaires prennent une place de plus en plus importante, et le trio qu'Erlendur forme avec ses deux acolytes est tout à fait réjouissant. Un très bel opus.

 

Voilà pour aujourd'hui, j'en garde pour la prochaine fois car je lis énormément!

Et si ma pile de livres à lire est énorme, sachez que je reste preneuse de vos suggestions (la meuf qui pense qu'elle a plein de lecteurs ^_^)!

Bonne lecture!

PS: d'autres billets lecture ici, ici, et encore ici (et plus généralement dans la catégorie "coin lecture").

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Miss de juin

1 Juin 2017, 12:21pm

Publié par Zazimutine

Miss de juin

Parfois je me mets la pression toute seule: pas d'articles depuis une semaine, help, mes statistiques vont de nouveau retomber dans les limbes infra-stratosphériques de la blogosphère, et ce malgré l'aide de blogueuses bienveillantes (merci encore à  picou, qui a gentiment partagé mon dernier article sur son propre blog!)!!

Allez hop, on s'y remet, quelques nouvelles des Miss en ce mois de juin, très prometteur niveau degrés celsius!!

Miss Choco (9 ans)

- veut désormais devenir archéologue; pour le côté aventurier. Je lui dis ou pas, qu'il se dit dans le milieu que les archéologues sont plus connus pour leurs aventures apéritivo-oenologiques que pour leur vie romanesque? Non, laissons-la encore rêver.

- s'est fait une nouvelle meilleure amie à l'école. Avec invention de langage secret, cahier de secrets, et tous les codes des BFF (best friend forever). J'en suis ravie pour elle, mais inquiète de la voir retomber dans une amitié fusionnelle, surtout qu'elles vont inévitablement être séparées, peut-être même dès l'année prochaine, miss Choco étant dans une classe double niveau et M., l'amie en question, au niveau supérieur.

- aimerait faire du foot, à condition  que ce ne soit pas trop collectif. Ah ah ah!

- aimerait que nous regardions tous ensemble des matchs de foot à la télé. Ah ah ah!

- s'ennuie à l'école en français. Tu m'étonnes, la gamine choisit les pavés les plus gros possibles à la médiathèque, tant elle craint de les finir trop vite. La semaine prochaine je lui propose d'attaquer "A la recherche du temps perdu" en un seul volume (2400 pages!), on va voir si elle le finit vite gnark gnark gnark!

- a été super impressionnée d'aller dans une grande ville comme Rennes hier. S'est extasiée devant un immeuble "30 étages, maman!", un "stade de foot géant!" et s'est demandé comment il était possible de vivre dans une ville sans la présence de la mer. Ce n'est pas comme si, il y a précisément 2 ans, elle habitait encore à Toulouse, ville qui l'avait vue naitre! ^_^

- a adopté la mode vestimentaire des années 80: porte tous ses hauts rentrés dans son pantalon avec le pantalon remonté jusqu'au menton. Parce que les étiquettes lui grattent la peau. Et quand j'enlève les étiquettes, ce sont les élastiques. Bref, la vie de cette enfant est un enfer. En attendant, son look nous rappelle ça:

vous vous souvenez?

vous vous souvenez?

 

Miss Bonbon (7 ans)

- sait enfin faire du vélo sans les petites roues; ça n'a pas été sans rage, désespoir, ni vieillesse ennemie, mais elle y est arrivée. Il faut dire qu'avec l'activité vélo proposée à l'école, elle avait la pression. Merci aux maitresses de proposer toujours plus d'activités qui stimulent nos enfants (maitresses, je vous aime!).

- adore aller chez sa psychologue. il parait qu'elle y rigole bien. C'est marrant parce que moi, ça fait moyennement rigoler mon chéquier cette histoire, surtout que nous n'avons pas réellement de réponses quant à sa problématique, ni d'amélioration.

- accepte enfin l'idée que peut-être, il serait utile de savoir nager. Mais attention, elle ne veut pas être inscrite à un cours collectif! Fastoche quoi!

- est sur un gros projet théâtral à l'école; a décidé, avec sa copine J. de monter un spectacle tiré du célèbre ouvrage "Emile et Margot" (une BD en fait); pas de script, mais le casting est fait parmi les élèves, restent à caler les répétitions. Comme celles-ci se dérouleront sur les temps de récréations, je vous laisse imaginer la constance des gamins sur le truc. Ce dont Miss Bonbon, enthousiasmée par son fantastique plan artistique, n'a pas encore conscience...

- compte ses grains de beauté tous les soirs dans la douche, car est persuadée que plus elle en a, plus elle devient belle (logique en même temps!).

- a adopté la mode capillaire des années 80 (chacune son truc hein!). Refuse souvent de se coiffer le matin, ou bien de s'attacher les cheveux, rapport au fait que ça fait mal. Du coup, avec son père, on l'appelle Sue Ellen...

ressemblance frappante en terme de volume capillaire

ressemblance frappante en terme de volume capillaire

 

Bon week-end prolongé à tous!

 

Les nouvelles des miss sont toujours d'après une jolie idée de Marjoliemaman

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MON festival de Cannes

22 Mai 2017, 08:24am

Publié par Zazimutine

MON festival de Cannes

Le festival de Cannes bat son plein, et le monde du cinéma vit au rythme des paillettes et des coupes de champagne avalées. Et si je me retrouvais dans la peau d'une star le temps d'une journée, ce serait comment?

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. Tiens, ils ont aussi rangé les marches! A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h:J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des VRAIS artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS1: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

PS2: oui, oui, c'est encore du blogging zéro déchet :p

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