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Touzazimutin

Articles avec #digressions

Vis ma vie de plaquette de beurre

26 Juin 2017, 08:09am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de plaquette de beurre

21 juin 2017, l'été est enfin là...

7h: la porte du frigo s'ouvre, la lumière s'allume, un courant d'air chaud s'engouffre dans la baraque. Zut, déjà? Si j'avais su, j'aurais pas la fête aussi tard cette nuit avec mes potes les Zeufs. Mes potes ils s'appellent Zone, Zou, Zri, et le plus marrant Zorglub. En fait il s'appelle Zor mais il a un look terrible avec sa coquille toute tachetée alors on l'appelle Zorglub. Je sais pas de quel cul de poule il sort celui-là mais alors il a une tête!!

7h01: la Patronne me sort du frigo et me pose sur la table du déjeuner. C'est le moment que je préfère: elle va me gratter le ventre un bon moment pour beurrer les tartines de toute la famille la Patronne, et c'est elle qui gratte le mieux dans la famille, y a pas à dire. Elle te fait ça avec une délicatesse toute féminine, tout est dans le geste quoi! Alors que le Patron, lui, il tranche direct dans le vif tu vois? Du coup ça fait mal, alors que la Patronne, elle, elle me chatouille!

7h30: la séance de grattage est terminée, c'était tellement bon, je me sens tout détendu, tout mou, mmmh je vais bien dormir moi!

7h35: oui mais je préfèrerais dormir au frigo quand même

7h40: personne n'a l'air de songer au risque vital que j'encoure si je reste à l'air libre, il fait déjà 22°C là, les gars!

7h45: bon personne n'a l'air de s'occuper de moi...

8h: Putain!!! Ils sont en train de partir sans moi! Je rêve, ils vont partir en oubliant de me remettre au frigo! C'est pas comme ça que je voulais finir moi, avec les zeufs on s'était promis qu'on finirait notre vie en même temps, tous ensemble, genre en quatre-quart!!

8h02: au secoooooouuurs! Comment faire pour se faire entendre des humains quand on est une plaquette de beurre?

8h05: la porte claque; ils m'ont vraiment laissé les salauds! Si j'avais su, j'aurais ranci et je leur aurais pourri leur petit-déj’ toute la semaine! Oh non, je veux pas mourir comme ça! J'ai envie de pleurer.

8h06: la porte s'ouvre, la patronne me prend dans ses mains et me remet dans le frigo. Oh mon Dieu je l'aime! Mes larmes coulent sur ses doigts. Elle a pas l'air d'apprécier.

8h07: tout le monde dort dans le frigo. Ça sent pas très bon, le Lait a du tourner.... on lui avait dit aussi de pas faire des mélanges avec le vin blanc, il est con le Lait. Ou alors c'est les Frometons, ils sont sympas mais côté hygiène, bof, c'est clair qu'il y en a qui se lavent pas tous les jours.

8h10: je vais piquer un petit roupillon pendant que je me resolidifie, j'ai besoin de me remettre de mes émotions.

.......

17h30: je sens la porte claquer, la Patronne rentre avec les gobelins, la vache, j'ai dormi toute la journée!

17h35: aaah de la lumière, une petite main potelée m'attrape, aïe, ça fait mal, ça doit être la cadette, une vraie teigne.

17h36: Boum! Oh la chute, au moins 1 mètre! J'ai le coin droit tout cabossé, c'est malin! La patronne est pas contente, elle gronde la Teigne qui hurle. Heureusement que j'ai pas d'oreilles parce qu'à en juger par les vibrations que ça occasionne, ça a l'air douloureux.

17h37: je retourne dans ma chambre froide.

18h: de nouveau de la lumière. La patronne m'empoigne,  elle me pose sur le plan de travail. Oh mais je vois qu'elle attrape aussi Zone, Zou, Zri, et Zorglub, serait-ce le grand moment?

18h05: on me jette dans un bol; mmmmhhhh, ça chauffe, c'est bon...

18h06: quoooaaaa? Du chocolat? Je rêve, on me mélange avec du chocolat! Oh mon Dieu, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pas imaginé ça, on va tous mourir dans un gâteau au chocolat!

18h07: tandis que je me liquéfie langoureusement en m'imprégnant de nanoparticules de cacao, j'entends les zeufs crier de joie: ils sont en train de se faire battre et ils aiment ça les dingos, j'ai toujours pensé qu'ils avaient un côté maso mes potes!

18h13: c'est le moment du grand mélange avec les potes qui ont maintenant la gueule bien enfarinée; j'entre dans le robot, le fouet nous bat à 3000 tours minutes!

18h14: woooooouuuuuuuuuh, c'est un truc de fou!!!

18h15: je goooonfle!

18h16: hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

18h17: J'ai la tête qui tourne quand même!

18h18: Oh my God, je crois que je vais rancir!

18h19: fini de rigoler, la Patronne nous verse tous dans un moule à gâteaux.

18h20: passage au four. Juste un mauvais moment à passer.

18h35: on sort du four. Je suis encore là mais plus tout à fait, je suis nulle part et partout à la fois, je sens les zeufs frémir de plaisir, on est bien là, tous ensemble. Ce soir, nous allons finir sous des palais frétillant de joie, sur des petits doigts gourmands, dans des petits estomacs repus...

Elle est pas belle ma vie?

PS1: Oui, je sais, c'est.... consternant...

PS2: Encore du recyclage...

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Philosophie de comptoir

13 Juin 2017, 07:31am

Publié par Zazimutine

Philosophie de comptoir

Il se trouve que depuis 10 jours maintenant, j'ai entrepris une sorte de régime. Alors écoutez, je ne sais pas si ce régime est efficace, car je n'ai pas de balance en état de fonctionnement (ce qui n'est pas très pratique quand on débute un régime, je l'avoue), mais une chose est certaine: je maigris du cerveau. En effet, ma substance grise, probablement dans un effort désespéré de maintenir un taux de sucre suffisant en l'absence de sources extérieures (chocolat, gâteaux, et toute cette sorte de choses tellement appétissantes et bonnes, bouhouhou!!!), se liquéfie, libérant au passage quelques pensées qui s'emmêlent, s'entrechoquent, se télescopent, dans la plus grande confusion.

Aussi, mon âme est actuellement envahie par de profondes réflexions qui occupent toute ma mémoire vive. Oh non, je dois bien reconnaître que je n'ai pas résolu le mystère de la création de l'Homme, encore moins celui du big-bang, car voici quel type de pensée m'assaille:

  • Pourquoi la sueur n'est pas transparente? Pourquoi laisse-t-elle des traces jaunes sur les vêtements blancs? Quel est l'intérêt? Est-ce un signal d'alarme pour nous avertir de la non propreté du vêtement? Ok, mais il y a déjà l'odeur, alors pourquoi rajouter de la couleur?
  • Une réflexion en entrainant une autre.... pourquoi les traces jaunes au niveau des aisselles (ou ailleurs...) d'un vêtement blanc nous dégoûtent autant? Pourquoi trouverions-nous un tournesol majestueux au milieu d'un champ de marguerites, et sales des traces de pipi dans la neige?
  • A quoi sert la poussière? La poussière n'est mangée par aucun animal et ne mange aucun animal, donc quel est son rôle dans le cycle de la vie? (à part nous emm...?)
  • Pourquoi bave-t-on pendant la sieste et pas pendant la nuit? Pourquoi le sommeil de la sieste boude le phénomène de la déglutition et nous entraine inévitablement dans des instants d'une rare intensité glamourienne (glamouroise?), et pas celui de la nuit? Mmmmh?
  • Pourquoi trouve-t-on tous les bébés mignons? Et pourquoi ne trouve-t-on pas de la même façon mignons nos collègues patauds et un peu longs à comprendre? Par ailleurs pourquoi ne trouve-t-on pas aussi les bébés araignées et les bébés serpents mignons?
  • Pourquoi, après 80 ans d'industrie automobile, les hérissons n'ont toujours pas compris qu'on ne se met pas en boule à l'arrivée d'une voiture mais qu'on déguerpit de toute la force de ses pattes, aussi minuscules soient-elles?
  • Pourquoi suis-je en train d'écrire cet article débile?

Hein? Pourquoi? Pourquoi?

Parce que j'ai faim!!!!!!!!

 

Crédit photo: le penseur de Rodin, www.musee-rodin.fr

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MON festival de Cannes

22 Mai 2017, 08:24am

Publié par Zazimutine

MON festival de Cannes

Le festival de Cannes bat son plein, et le monde du cinéma vit au rythme des paillettes et des coupes de champagne avalées. Et si je me retrouvais dans la peau d'une star le temps d'une journée, ce serait comment?

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. Tiens, ils ont aussi rangé les marches! A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h:J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des VRAIS artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS1: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

PS2: oui, oui, c'est encore du blogging zéro déchet :p

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Brèves de bouchons

4 Mai 2017, 09:07am

Publié par Zazimutine

Brèves de bouchons

Mardi dernier, un petit grain de sable s'est glissé dans ma routine matinale: j'ai mis 2h10 pour effectuer le trajet jusqu'à mon travail, au lieu de 50 minutes. (Je le savais pourtant qu'en calèche j'allais mettre 3 fois plus de temps, le maréchal ferrant m'avait prévenue quand je lui avais amené mon âne à ferrer).

Plus prosaïquement: mardi matin, je me suis retrouvée coincée une heure sur la quatre-voies pour cause de bétaillère renversée. Une bétaillère pleine de cochons. Il n'en fallait pas plus pour que mon imagination parte en vadrouille, l'ennui étant, depuis toujours, un moteur extrêmement efficace pour mon cerveau quelque peu déjanté.

Pendant cette heure passée à attendre, j'ai réfléchi. Oh pas à l'état du monde, pas à celui de la France, non. Je n'ai pas non plus réfléchi au sens de la vie. Non, j'ai pensé aux cochons.

Je me suis demandée où allait ce camion rempli de cochons. Il y a fort à parier qu'il se dirigeait vers un lieu où l'espérance de vie du porcin dépasse rarement quelques minutes: l'abattoir. Alors j'ai imaginé...

Qu'est-il arrivé aux cochons accidentés? Sont-ils décédés sur le coup? Ont-ils péri des suites de leurs blessures? Les pompiers des cochons sont-ils venus les secourir? Les ont-ils emmaillotés de la tête aux pieds pour les amener aux urgences des cochons, même ceux qui s'en sortaient avec une petite entorse? (ceux qui ont bossé aux urgences une fois dans leur vie savent!). Ont-ils, comme dans Grey's Anatomy, hurlé aux internes vétérinaires qui attendaient devant l'entrée des urgences  en se racontant leur vie sexuelle: "accident véhicule lourd, cochon passager, Glasgow à 3, saturation à 60, arrêt cardiaque pendant le transport!!!!". Une interne s'est-elle mis à califourchon sur un cochon pour le réanimer?

Et les cochons rescapés, qu'ont-ils pensé lors de cet accident? Savaient-ils qu'ils partaient pour leur dernier voyage? Ou bien s'imaginaient-ils partir en sortie-cochon à la plage? Ont-il goûté au sentiment de liberté retrouvée en s'égayant tout autour du lieu de l'accident? Ont-ils essayé de courir à toutes jambes (qu'ils ont fort petites) pour fuir leur destin? Se sont-ils sentis pousser des ailes? Ont-ils élaboré une stratégie pour s'en sortir? Ont-ils créé des groupes d'entraide, ou bien au contraire ont-ils joué le chacun pour soi?

Le sort de ces cochons était-il une métaphore de celui des français dans l'entre deux tours (passage philosophique de ma réflexion)?

Bref, je me suis un peu laissée emporter.

Et puis hier j'ai lu le journal local, on y parlait de cet accident. J'ai su que 15 cochons étaient décédés dans l'accident. Qu'une centaine de cochons s'était enfuie. Que l'un d'entre eux avait percuté un fourgon arrivant en face.

L'article ne relatait pas le sort des rescapés... J'ai envie de croire que certains cochons coulent désormais des jours heureux dans une flaque de boue au soleil... pas vous?

 

PS: le plus important, les deux conducteurs des véhicules (la bétaillère et le fourgon arrivant en face)  s'en sont sortis indemnes; sinon je ne me serais pas permise d'écrire cet article.

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Une journée dans la peau de mes filles

6 Avril 2017, 09:36am

Publié par Zazimutine

Une journée dans la peau de mes filles

6h45 : mon réveil sonne, je suce mon pouce et me rendors.

7h30 : Papa Ours me tire du lit ; je grogne et je me mets en boule sous ma couette ; Papa Ours me lève en s'énervant un peu.

7h40 : je m’installe à la cuisine devant mon petit-dej, ignorant les regards surpris des 2 elfes qui me tiennent compagnie. « J’ai pas de cuillère ! » je dis. Miss Bonbon me tend sa cuillère pleine de yaourt, je la prends et la trempe dans mon chocolat. Je demande à Miss Choco de me beurrer mes tartines. Elle me répond qu'elle ne sait pas faire. "Nul!" je dis.

8h : je ne vais pas me doucher, j’ai pas envie. D'ailleurs je vais me recoucher. Miss Choco me  crie: "tant pis maman, tu iras au travail en pyjama!", je suis vexée alors je me lève. Je m'assieds sur les toilettes en attendant que Papa Ours me prépare mes vêtements. Je commence à m’habiller; "zut, c'est la jupe grise, c'est moche comme couleur et puis j'aime pas les collants, ça gratte et ça glisse tout le temps! Et j'aime pas ce haut, ça fait ado!" Je me brosse les cheveux… ça fait mal, alors je fais seulement le côté droit. Papa Ours me fait remarquer que j’ai du chocolat autour de la bouche. "Et alors?" je lui réponds.

8h10: je chausse mes baskets; Papa Ours me dit que ça ne va pas du tout avec ma tenue. "Mais j'ai sport!" je lui dis. Il me demande depuis quand je fais du sport sur mes heures de travail, et que de toutes façons il fallait le dire avant.

8h20 : je monte dans ma voiture. Je conduis en sautillant sur mon siège et en faisant « vroum ! « vroum ! ». J’entends klaxonner, c’est rigolo alors je klaxonne aussi. Tout le monde klaxonne, c’est terrible !

9h : j’arrive au travail.  Je croise ma secrétaire: j'essaie de commencer un jeu de mains avec elle mais c'est nul, elle en connait aucun, ni "Madame Espagnole", ni "je suis à Tahiti".

9h-12h : je travaille, j’ai des rendez-vous. Je demande à un jeune homme pourquoi il a des boutons sur la figure. Un autre se met à pleurer dans mon bureau, ça m'impressionne alors je me mets à pleurer aussi. Je demande à un troisième s’il a des cartes Star Wars à échanger.

12h: je vais m'acheter à manger. Chouette, chez Fleury-Nichon il y a du hachis parmentier!! Je retourne manger avec mes collègues. Je prends 2 cuillères, puis je repousse mon assiette. Je dis « J’en veux pluuuuus ! », puis « J’ai soif ! », puis « Je veux un dessert ! ». Mes collègues me regardent l’air consterné.

12h30: je pars en laissant les restes de mon repas sur la table. Mes collègues me demandent pourquoi je ne débarrasse pas mon repas, "C'est pas mon tour!" je dis.

12h45 : je retourne dans mon bureau. Je croise ma collègue V. Elle a un mis un haut qui brille. Je lui dis qu’elle est « trop belle » et qu’elle ressemble à une princesse.

13h10 : je m’endors dans mon bureau. 13h15, on frappe à la porte, j’ai peur alors je me mets à pleurer. Je suis en retard pour mes rendez-vous de l’après-midi.

13h15-17h : je travaille. Je suis fatiguée alors je m'énerve et pleure pour un rien.

17h : je pars du travail. Je n’ai plus très envie de rigoler au volant.

18h : j’arrive à la maison. Papa Ours ne travaillait pas aujourd’hui, il est allé chercher les filles à l’école. Je me jette dans leurs bras quand je les vois et je leur raconte toute ma journée en moins d’une minute, surtout les choses importantes comme le haut qui brille de ma collègue V. Je dis que je veux le même. Je dis que je veux goûter. Je veux une compote « à la gourde » (c’est bon la gourde !), et des barquettes 3 chatons.

18h30 : j’ai fini de goûter, je dis aux filles « On va jouer? ». Papa Ours me demande si j’ai l’intention de prendre ma douche enfin. Je crie « Nooooon ! Pas tout de suite, j'ai pas eu le temps de jouer!!». On joue avec les filles, c’est trop chouette ! Miss Choco fait pas comme je lui dis alors je la tape ; Miss Bonbon m’arrache un playmobil des mains, je crie et lui dis que je suis plus sa copine de toute la vie ! Papa Ours arrive, alerté par nos cris. Il me dit que je ferais mieux d’aller me laver plutôt que d’exciter nos enfants. Je dis « attends, je finis mon puzzle !» Papa Ours s’en va en disant qu’il a autre chose à faire que de gérer 3 enfants au lieu de 2, et que cette histoire de blog va nous rendre fous. Je le rattrape en pleurant et en disant que je veux prendre ma douche.

18h45 : Je vais à la douche. Je m’amuse à faire couler l’eau longtemps sur la porte de la douche, je fais des dessins avec mon doigt dans les gouttes. J’aligne les produits de toilette bien comme il faut dans le bac à douche, je construis une maison avec les gants en guise de toits. Je me lave, un peu. Je me rince et je crie « J’ai fini ! ». Papa Ours arrive et me signale que je ne suis pas rincée ; je lui dis que je n’arrive pas à me savonner le dos. Il soupire.

19h : je sors de la douche, je m’essuie et j’essaie de grimper sur la commode mais elle bascule sous mon poids. Je me mets en pyjama.

19h15 : Je vais à table. Je mange 2 cuillères et je dis : voir repas de midi. J’ai plus faim pour les légumes mais je veux du fromage et une crème au chocolat. Je joue avec mon fromage, je fais voler mon fromage. Papa Ours me gronde et me dit que je ne donne pas le bon exemple aux enfants.

19h45 : Je vais chercher un livre d’histoires, un gros. Papa Ours lit leur histoire aux filles mais refuse de me lire la mienne, il dit que je sais lire alors que c’est même pas vrai.

20h30 : Papa Ours dit aux filles que c’est l’heure de se préparer pour le coucher alors je vais vite me cacher sous les coussins du canapé. Puis je pousse tout le monde pour aller aux toilettes la première, je lis le prospectus de LeroyMerlin à l’envers, je parle à mon pipi en lui disant qu’il peut sortir. Ca dure jusqu’à ce que Papa Ours me hurle de sortir pour laisser la place aux enfants qui tambourinent à la porte.

20h45 : je vais à la salle de bains ; je suis trop fatiguée pour me brosser les dents alors comme Papa Ours refuse de m’aider, je ne me brosse que les dents du bas, celles de devant, en chantonnant. Puis je me lave les mains. je rince longtemps. Je ferme la bonde du lavabo et je joue avec l’eau.

21h : Je vais au lit. Je veux une chanson. Je demande qu’on laisse la porte ouverte avec la lumière de la salle de bains allumée. Je rappelle papa Ours parce que ça me gratte à la jambe. Puis parce que j’ai soif. Je fais des cabrioles dans mon lit en attendant que le sommeil vienne. J’appelle Papa Ours parce que je me suis fait mal.

21h30 : Je m’endors.

4h : Je me réveille, j’ai fait un cauchemar alors je me lève pour aller dans le lit de… ah mais j’y suis déjà ! Je me rendors soulagée à l’idée que ce n’était qu’un mauvais rêve. Je rêvais que j’étais une grande fille et que demain matin je devais aller travailler pour de vrai et que ce n’était pas rigolo du tout.

 

Je vous avais prévenu que j'allais recycler certains vieux billets! Voici le premier recyclage, un peu remis au goût du jour ;)

A bientôt!

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La famille Shadok fait du ski

21 Mars 2017, 14:44pm

Publié par Zazimutine

La famille Shadok fait du ski

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans 30 ans 40 ans ne peuvent pas connaitre.

Les Shadoks est une série d'animation télévisée française, diffusée sur nos écrans dans les années 70, qui relatait les aventures d'une espèce d'oiseaux assez peu futés: les Shadoks. Colériques, mal organisés, les Shadoks partageaient leur planète avec les Gibis, alter-ego diamétralement opposés: dotés d'une intelligence supérieure, tout leur réussit. En langage actuel on dirait donc que les Sahdoks sont des loosers, tandis que les Gibis sont clairement des winners.

Notre séjour au ski, cette année, m'a un peu évoqué une aventure des Shadoks, tant nous avons cultivé le gout des tracasseries. Laissez-moi donc vous raconter ces vacances sur le mode shadok:

  • Premier épisode: les Shadoks cherchent un hébergement

Octobre 2016. Madame Shadok, toute fière d'elle-même, pensant s'y prendre particulièrement en avance, contacte son hébergement alpin de l'année précédente. Maman Shadok le sait: elle est une winneuse, elle détient l'adresse d'un studio au ski, en demi-pension, pour un prix défiant toute concurrence. Ses papilles salivent déjà à l'idée de savourer les bons petits plats de Babeth, les pieds sous la table. Horreur, l'hébergement est déjà complet pour les vacances scolaires.

Dépité, papa Shadok décide de prendre les choses en main et se tourne vers les Pyrénées, plus proche pour les Shadoks bretons. Tout fier de lui, Papa Shadok dégote une petite adresse qui semble très prometteuse: chambre en demi-pension  dans un joli chalet, goûter au retour du ski inclus, le tout pour un prix défiant toute concurrence. ! Les parents Shadoks sont enchantés, leurs papilles salivent déjà à l'idée du chocolat fumant qui les attend à leur retour de journée dans la neige.

Deux semaines après avoir finalisé la réservation, nouvelle catastrophe: celle-ci tombe à l'eau, le propriétaire de l'hébergement faisant valoir un problème de famille l'empêchant d'accueillir les Shadoks, comme prévu, en février.

Madame Shadok, le coeur grelottant de larmes (elle est hyper sensible, mais surtout, entre-temps, le mois de décembre est arrivé!)) concentre de nouveau ses recherches vers les Alpes, pensant y trouver plus de choix. Après moultes demandes de devis la faisant envisager des manières peu recommandables de gagner de l'argent, elle finit par trouver un classique gite pour un prix.... disons acceptable.

Pendant ce temps-là, les Gibis, winneurs depuis leur naissance, ont réservé une super location depuis le mois de septembre, départ skis aux pieds, et pour un prix défiant... Oui bon ça va!

  • Deuxième épisode: l'arrivée sur place

Février 2017. Dans cet épisode, nous passerons rapidement sur le temps de trajet Bretagne-Alpes (en deux étapes), ainsi que sur la merveilleuse idée des parents Shadoks, décidant de prendre la route le samedi après 16h, histoire de ne pas avoir de bouchons. En réalité, cette histoire de départ après 16h ne fit que décaler d'autant leur arrivée dans les montagnes puisque, de bouchons, il y  avait toujours. Mais après tout, il n'y avait  rien d'exceptionnel à ce que nos Shadoks en souffrent puisque toute la Shadokie française semblait s'être rassemblée pour communier ensemble au pied des Alpes. Les Gibis, bien sûr, ont eux réussi à poser leur vendredi et sont déjà en bas des pistes le samedi matin!.

Une fois sur place, donc, le constat est amer: l'hébergement se trouve à 15 km de la station. Je vous passe le langage shadokien très peu châtié que Papa Shadok emploie lorsqu'il se rend compte de la chose.

Cependant, il existe une possibilité de réduire le temps de trajet journalier des Shadoks: prendre un télésiège situé à quelques km du gite, et qui permet de rejoindre la station directement, via une petite piste bleue. Excités par leur trouvaille, les Shadoks décident de tester cette option dès le premier jour. Seulement voilà: ce télésiège ressemble plus à un téléphérique à l'air libre, eu égard à la hauteur du bidule. Les parents Shadoks font comme s'ils n'avaient pas vu que la mini-shadok n'a pas la taille minimale requise, et rangent dans le fond de leur mémoire le souvenir que la même mini était tombée au démarrage du télésiège l'année précédente, emportée par sa petite taille et le poids de ses skis. La montée de 15 minutes se déroule donc dans le chaos le plus total, la petite ne cessant de se pencher en avant, l'ainée répétant inlassablement combien elle a peur, papa Shadok hurlant sur les deux pour décharger son stress, maman Shadok henissant pour oublier son vertige. En descendant du télésiège, les Shadoks le savent: leur famille ne survivra pas à ce genre de scenario quotidien, particulièrement du fait qu'il faut aussi prendre le télésiège dans le sens de la descente (car impossible d'emprunter la piste rouge prévue pour redescendre, voir alinéas 3 et 4). Las, ils prennent leur voiture chaque jour, et galèrent autant de fois pour trouver une place.

Au moment où les Shadoks trouvent enfin une place pour se garer, les Gibis, prennent généralement un vin chaud en terrasse, ayant déjà enchainé 5 descentes.

  • Troisième épisode: la station

Madame Shadok a  lu plein d'avis très positifs sur cette station dite "familiale" et ensoleillée, dont d'ailleurs le logo, non usurpé, est un soleil rayonnant. Et c'est vrai, la station est très ensoleillée. Ensoleillée comme avec du vrai soleil dedans, du bon gros soleil bien chaud qui ferait fondre la neige à toute vitesse. Les Shadoks arrivent donc sur des pistes mêlant "neige de culture" comme on dit en jargon de skieux, terre-plein terreux, et bouillasse. Pas les meilleures conditions pour maman Shadok et ses filles, qui maitrisent autant le ski que l'étymologie des patronymes islandais. Et surtout, il faut se résoudre à ne pas redescendre à la voiture en skis, pour cause de piste non enneigée (voir plus haut).

Au même moment, les Gibis, fins connaisseurs des stations de ski et de leur enneigement, s'éclatent comme des fous dans la poudreuse de leur station perchée à 3000 mètres.

  • Quatrième épisode: l'équipement

Une fois payé l'hébergement, les cours de ski, les forfaits, il ne restait guère de marge à la famille Shadok pour l'équipement. Madame Shadok, prévoyante et adepte du système D, avait décidé de recycler les combi et tous les accessoires (gants, masques, casques) de l'année précédente, "zut quoi, faut pas pousser mémé dans les chardons!" avait-elle dit dans son shadokien délicat.  Une fois sur place, il s'avère que les combinaisons commencent à devenir vraiment trop petites, surtout pour la fille ainée Shadok qui ne cesse alors de râler: sa combi lui "rentre dans la zézette" chaque fois qu'elle lève les bras ("ben lève pas les bras!"), ses gants sont trop petits, l'étiquette lui gratte la peau, son casque lui fait mal, son masque appuie sur ses lunettes, etc.... Peu compatissants (et surtout ruinés), les parents Shadok cèdent finalement à l'achat d'un nouveau masque lorsqu'ils s'aperçoivent que le visage de leur fille commence à reconnaitre les lunettes comme faisant partie intégrante de lui-même, et envisage de continuer à pousser autour, ce qui est, en fin de compte, fort peu seyant.

Cet épisode au magasin de sport est assez mémorable puisque maman Shadok, au moment de payer le dit-masque, fait tomber un objet parterre qu'elle s'empresse de ramasser d'un mouvement gracieux, ramenant au passage une partie du plancher du magasin sous la forme de trois volumineuses échardes de bois plantées sous ses ongles. S'ensuit un moment de panique générale pendant lequel la vendeuse essaye avec une pince à épiler d'enlever les morceaux de bois, plantés si profondément que le sang ne tarde pas à couler sur la caisse, ce qui entraine par effet rebond un nouveau mouvement d'affolement de la vendeuse à la recherche de désinfectant. Pendant ce temps-là Papa Shadok, ruiné comme nous l'avons vu plus haut, repart avec une paire de skis tout neufs sous le bras (la logique paternelle shadokienne a ses raisons que la raison ne connait point).

Note de l'éditeur: maman Shadok, en mère avisée, tient à vous informer au passage qu'il existe des masques spéciaux pour porteur de lunettes (ce que les Gibis savaient depuis longtemps; mais d'un autre coté, les gibis n'ont pas de problèmes de vue, eux).

  • Cinquième et dernier épisode: les cours de ski

Pour les enfants Shadoks, c'est seulement le deuxième séjour au ski. Leurs parents ont pu d'ailleurs juger dès la descente du "télésiège de la mort" (voir paragraphe 2) de leur absence totale de mémoire de la gestuelle skiesque. Ce qui leur valut la descente de piste bleue la plus longue de tous les temps.

Heureusement, maman Shadok a tout prévu et jugé bon de les inscrire à un cours de ski afin de faciliter leurs déplacements sur les pistes. Futée qu'elle pensait être, et sachant pertinemment que ses filles Shadoks ne voudraient pas avoir à côtoyer des cours collectifs remplis d'enfants Gibis, elle avait décidé de les inscrire à un cours particulier, selon elle plus efficace bien que plus court (1h), mais ensemble. Certes, elle avait songé que la différence de niveau (l'ainée Shadok en ayant un peu plus dans les pattes que la petite) risquerait de poser problème, mais munie d'un optimisme congénital délirant, elle s'était dit que la plus grande tirerait la petite vers le haut. De plus cette formule présentait l'avantage d'être beaucoup moins onéreuse. Maligne la mère Shadok!

Malheureusement, l'opération se révèle être un fiasco. La petite empêche la grande de progresser si bien que la prof de ski Gibi (nattes blondes, yeux verts et dents blanches) propose finalement de les séparer et de ne prendre chacune d'elle qu'un jour sur deux. Résultat, le couple Shadok, qui a à peine 1h pour skier ensemble chaque jour, doit se résoudre à skier en alternance, l'un gardant l'une des petites shadoks, tandis que l'autre profite des joies du ski en solo. Quant à skier en famille, il rencontre un refus obstiné de la part des enfants Shadok.

Pour terminer, ni l'une, ni l'autre des enfants Shadoks, n'obtient la médaille tant convoitée.

Pendant ce temps-là, le couple Gibi, qui a skié toute la matinée en amoureux, récupère ses enfants fraichement médaillés et s'en va poursuivre sa journée de ski sur les pistes dans un beau moment de partage familial.

Epilogue:

Longtemps après être rentré chez elle (bouchons de retour inclus) la famille Shadok aime à se souvenir de ce séjour si délassant et dépaysant. D'ailleurs Madame Shadok clame à qui veut l'entendre que les vacances au ski sont ses vacances préférées!

Je vous laisse avec un extrait des vrais Shadoks, tellement plus hilarants que ma pauvre petite prose. C'est aussi un clin d'oeil à mon père qui les adorait.

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Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

22 Décembre 2016, 10:58am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

5h30 : nous sommes réveillés par le couinement des phoques, à quelques centaines de mètres de nous. Depuis que nous vivons au Groënland, plus besoin de réveil, nous sommes constamment réveillés ou alertés par les animaux.

7h: dur dur de sortir du lit. Je repousse la peau de caribou retournée qui nous sert de couverture et vais regarder l'heure; il fait encore nuit; de toute façon, même quand le soleil se lève, il fait nuit.

7h18: j'allume notre lampe avec de la graisse de cachalot; au début on voulait vivre comme de vrais inuits à l'ancienne, un genre de retour à la terre, enfin, à la glace quoi. Ca a fait beaucoup rire nos voisins (les plus proches au moins, à une vingtaine de kilomètres), et c'est vrai qu'on a vite vu les limites de la vie sans électricité; surtout la nuit, c'est-à-dire tout le temps. Du coup on a fabriqué un petit système électrique basé sur la fonte de glace, celle-ci étant activée par un pédalier, lui-même enclenché par la course d'une souris polaire; c'est un peu compliqué, conçu par mon beauf, un ingénieur un peu fantasque; mais ça marche. Evidemment le débit n'est pas énorme, et puis il faut nourrir souvent la souris, voire la remplacer, et au final cela repose sur l'exploitation des animaux, donc cela peut prêter à critiques bien sûr.

7h20: je prépare la table du petit déjeuner: le reste de phoque grillé d'hier soir et quelques baies. Pas de laitages. J'ai bien essayé de traire une femelle pingouin mais j'ai appris à mes dépens que le pingouin n'est pas, malgré ses airs bonshommes, un mammifère, mais bel et bien un oiseau. Ce qu'il n'a pas manqué de me rappeler, d'un revers d'aile sur ma joue droite. Par conséquent, il ne produit pas de lait. Il y a certes le lait de renne mais je ne sais pas ce que le Père Noël leur donne à manger, le lait de renne a un gout saumâtre, c'est à hurler!

7h30: L'Homme part à la pêche. je crois bien que de nous 4, c'est lui le plus heureux d'être venu habiter ici. Il réalise son rêve tous les jours en allant bosser en kayak, il subvient aux besoins de sa famille dans la plus pure tradition rupestre. Terriblement romantique (et chiant!).

8h: les filles se lèvent. Nous déjeunons. Au début, manger de la viande au lever a été une véritable tragédie pour elles, surtout l'ainée, végétarienne dans l'âme. Mais nécessité faisant loi, elles s'y sont faites. Et puis je crois que côtoyer la Famille Bernard a aiguisé leur instinct carnassier. Bernard c'est notre ours domestique. Bernard et Bernardin, son ourson. Evidemment, notre première rencontre avec les ours ne fut pas un coup de foudre amical. Au départ, lorsque miss Bonbon s'est précipité sur l'ourson pour le caresser, telle une peluche, elle a failli y perdre un bras. Mais nous avions emmené un arsenal thérapeutique capable d’endormir une armée de légionnaires. Alors nous avons sympathisé. Cette sympathie mutuelle est basée sur de la nourriture bourrée de valium. Ainsi, ils deviennent doux comme des agneaux et les filles peuvent jouer avec eux.

9h: Après une toilette rapide au glaçon (technique esquimau traditionnelle), nous enfilons nos peaux de bête. Dehors il fait -15°C, ce qui est une température plutôt agréable. S'il n'y pas de tempête de neige, nous allons à l'aire de jeux polaire: escalade d'iceberg, patinage sur des lacs gelés (du moins nous l'espérons), mais toutes ces activités sont un peu dangereuses il faut le reconnaitre; parfois, nous jouons à saute-ourson sur la banquise avec Bernardin. Ca défoule les filles. Si le temps est vraiment agréable, nous allons faire des courses à la supérette du coin. Il y en a pour 6h de trajet aller-retour en chiens de traineaux. Oui, nous avons finalement investi dans des chiens de traineaux. Au début on ne voulait pas en rajouter dans l'exploitation animale (le cachalot, la souris, l'ours drogué) mais il a fallu se rendre à l'évidence.

S'il tempête, nous restons "au chaud" et les filles ont droit de regarder un DVD; enfin, 1min 30 de DVD, à cause du débit électrique; sinon ça pompe toutes nos réserves; généralement ça leur permet de voir le générique.

11h30: L'homme revient généralement avec le repas de midi; les bons jours, nous avons droit à du poisson frais mais ça se fait rare; les jours de disette, nous ressortons les restes du phoque du congélateur, enfin, du placard.

12h: L'homme repart à la chasse/pêche, il prend très au sérieux son rôle d'homme qui subvient aux besoins de sa famille. Par moments, j'ai l'impression qu'il croit que nous sommes les derniers habitants de la planète.

13h: j'essaie de regarder les infos en buvant mon café (instantané). Comme la connexion est vraiment lente, j'ai toujours un train de retard: le titre ne s'affiche pas en entier, ce qui prête parfois à confusion; par exemple, le mois dernier, j'ai cru que Nicolas Sarkozy était candidat aux primaires de la droite en France. N'importe quoi! Qu'est-ce qu'on s'est marré avec papa Ours! ^_^

14h: nous entamons des jeux avec les filles; par exemple, une partie d'osselets, avec les vrais os de notre première souris polaire défunte récemment. Vivre au Pôle, c'est aussi apprendre le recyclage!

15h: le soleil se couche, enfin, la nuit se fait plus noire. Papa Ours revient.

16h: c'est l'heure du goûter; après avoir fouetté notre souris pédaleuse, je tente de préparer un bon chocolat tiède aux enfants pour les réchauffer (un chocolat à l'eau du coup, ça, c'est facile à trouver ici);

17h: c'est l'heure d'essayer de donner des nouvelles à nos proches; nous essayons une dernière fois de nous connecter sur internet. Si notre image apparait sur l'écran de nos familles via skype, c'est que nous sommes en vie; ils ont appris s'en contenter. Nous leur envoyons également des cartes postales à dos de baleines, mais à priori, elles leur arrivent en mauvais état.

18h30: une bonne soupe (lyophilisée) et au lit;

Finalement, vivre au Groënland, c'est un peu retrouver mes racines, lorsque je séjournais, enfant, chez mes grands-parents paternels: 18h des chiffres et des lettres, 18h30 une bonne soupe et au lit!...

 

PS: j'avais commencé cet article le 5 janvier 2015.... 2 ans pour écrire un article, j'espère que vous allez lui faire bon accueil à coup de like et de partages! ^_^

Joyeux Noël à tous!

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Guide de survie à l'usage des mères: la théorie du poulpe

24 Novembre 2016, 21:29pm

Publié par Zazimutine

Guide de survie à l'usage des mères: la théorie du poulpe

Qui n'a pas rêvé un jour de devenir la mère parfaite, celle qui mène de front son boulot, son couple, ses enfants, tout en préservant son bien-être et en n'oubliant pas de poster des photos de ses ongles vernis/gâteaux-tout-chaud-sortis-du-four/créations-en-crochet sur Instagram (barrer la mention inutile ou mieux: tout cela à la fois si vous postulez pour the best mum of the world ). Ouais, pas facile.

Heureusement pour vous, forte d'une expérience de 8 ans trois quart, j'ai testé pas mal d'astuces, et m'en vais les partager avec vous.

Ainsi, comme tout un chacun, au début de ma vie de mère, me trouvant vite débordée, j'ai essayé de m'organiser.

J'ai donc investi, comme vous le voyez plus haut, dans pas mal de guides d'organisation parfaitement inutiles, notamment celui de cette américaine dont je n'ai pas retrouvé l'ouvrage et oublié le nom, et qui préconisait essentiellement de garder ses chaussures toute la journée pour s'obliger à être tout le temps impeccable. Vous admettrez que si je n'ai retenu que ça, j'étais mal barrée.

Avide de changement et de perfection, j'ai dévoré tous ces fameux manuels d'organisation, et en ai déduit, afin de les mettre en application, deux conduites à tenir:

> Arrêter de dormir: en effet, la nuit, tard le soir, et tôt le matin, on arrive à faire tous ces trucs qu'on a pas le temps de faire le reste de la journée (ben oui, logique!). Aussi, pendant quelques semaines, j'ai  arrêté de dormir. Mes menus étaient faits une semaine à l'avance, mes courses ad hoc bien gentiment alignées dans mon frigo, ma maison impeccable. Et puis j'ai attrapé une gastro qui m'a clouée au lit 3 semaines (oui, oui, une simple gastro); j'ai donc décidé que ma santé passait avant tout.

> La deuxième solution qui s'imposa à moi fut alors: devenir hyperactive et/ou prendre de la drogue. Pour le volet hyperactif, difficile, car n'est pas Nicolas S. qui veut (maintenant que ce dernier arrête la politique, sa maison va devenir impeccable, la chance de sa femme!!). Chez moi, le cerveau est hyper volontaire, toujours enthousiaste, désirant croquer la vie à pleine dents..., malheureusement  je suis victime d'une distorsion cérébro-corporelle: mon corps n'obéit en rien à l'ébullition de mon cerveau et reste mollement avachi dans la canapé. Quant à la drogue, ce n'est pas légal, dois-je vous le rappeler. Et accessoirement c'est dangereux.

Finalement, une seule solution s'est imposée: une mère qui travaille désirant garder la tête hors de l'eau doit.... roulement de tambours.... tadam! apprendre à faire plusieurs choses en même temps! C'est ce que nous appellerons si vous le voulez bien, la théorie du poulpe (vous allez comprendre).

Pour cela, je vous propose de suivre mon guide du poulpe pas à pas:

  • 1) Niveau  débutant: le poulpinet

Vous avez deux bras donc ce premier niveau est assez facile à atteindre: il s'agit de mener deux actions différentes de chacun de vos bras, dans le même temps.

Quelques exemples:

- laver votre enfant de la main droite, nettoyer la baignoire de la main gauche.

- mettre une machine en route de la main droite, étendre la précédente de la main gauche

etc...

Attention toutefois à ne pas se tromper, les débuts peuvent être un peu périlleux; il m'est arrivé de vaporiser du spray démêlant  sur la figure de ma fille ainée, tout en démêlant les cheveux de ma fille cadette avec de l'eau de rose. Ou de laver le corps de la première avec de la crème hydratante, tandis que la deuxième se faisait copieusement traiter l'eczéma avec du savon à sec.

Avertissement: Certains gestes sont carrément contre-indiqués, tels que se sécher les cheveux en prenant son bain, comme pourrait en témoigner un certain Claude F, chanteur dans les années 80 (depuis, le téléphone pleure).

  • 2) Niveau perfectionnement: le poulpe expert

Ca y est vous avez réussi? Parfait, passons à l'étape suivante. Dans ce niveau, nous allons augmenter le niveau de difficultés en essayant de faire 3 choses, voire plus, en même temps.

- tout d'abord, utiliser sa tête. Avec sa tête on peut : réfléchir, téléphoner, parler (exemple: faire réviser les tables de multiplication), souffler (utile pour faire la poussière) mais aussi tenir des objets avec ses dents, secouer ses cheveux (à quoi ça sert? mais à vous de trouver, soyez un peu créatifs!) etc...

- deuxième étape: développer la préhension de ses pieds. Et par là, oui, j'entends bien utiliser ses pieds afin de ramasser des objets au sol, certes, mais pas que, car vous n'avez pas idée de l'univers qui s'ouvre à vous en développant la dextérité de vos pieds.. Commencer par un,  ce qui permettra également de travailler votre équilibre, puis les deux (ce qui permettra de travailler votre lévitation).

  • 3) Niveau confirmé: le poulpe d'or

Si vous arrivez à ce niveau, c'est que vous êtes déjà un as puisque vous parvenez à faire pas moins de 5 choses en même temps, bravo!! L'ultime étape va donc être de pouvoir augmenter encore votre rendement. Deux solutions:

- se laisser pousser un bras supplémentaire. Je vous le concède, ce n'est pas facile même avec une consommation importante d'OGM. Moi-même, bien que me gavant régulièrement de choco Prince, n'ai réussi à obtenir qu'une toute petite excroissance en bas du dos. A ce propos, anticipez sur l'emplacement de votre bras supplémentaire. Mon troisième bras ayant commencé à pousser en haut de mes fesses, j'ai du me le faire retirer chirurgicalement car cela me gênait pour m'asseoir. Sans compter qu'il faudra adapter vos vêtements. A mon avis, le mieux est de le laisser pousser sur votre front, mais à vous de voir si vous êtes gênés par le côté esthétique de la chose.

- se faire greffer un  troisième bras

Evidemment, ce n'est pas la solution la plus aisée, puisque la greffe de bras supplémentaire est interdite en France. Tentez les Etats-Unis, c'est un pays où tout est possible comme vous le savez, même laisser un type ayant un renard mort greffé sur le haut du crâne devenir président.

Allez, à vous de jouer! Bonne chance!

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5 conseils pour briller en soirée

4 Juillet 2016, 12:30pm

Publié par Zazimutine

5 conseils pour briller en soirée

 

Si le temps peu clément de ce début juillet nous le fait oublier, l'été est là, et bien là. Avec lui, ses promesses d'apéros en tout genre et de soirées entre amis, car été rime avec convivialité! Pas toujours facile cependant de "briller" en soirée, surtout lorsqu'on est, comme moi, déficiente du gêne de la conversation.

Ayant pu moi-même tester quelques techniques pour pallier ce handicap social, en voici quelques-unes plus ou moins efficaces:

1) S'adapter à son public

Evidemment, il va être difficile de ne pas tomber dans la caricature. Mais ça tombe sous le sens: si vous êtes invités au pot de fin d'année de l'amicale laïque des maçons célibataires, il y a peu de chances pour que votre savoir-faire de couturière les fascine. Il y a aussi peu de chances que vous soyez invités, mais c'est une autre histoire.

Jouez plutôt l'universalité: si votre public est essentiellement masculin (encore que...), glanez quelques infos au sujet de l'Euro. Sachez donc que la France est encore dans la course, et qu'il est de bon ton, cette année, de dire que le peuple islandais est un exemple pour tous les supporters (vous noterez que la France est toujours capable d'encenser les supporters des autres équipes, surtout lorsqu'elle gagne, mais c'est un autre débat).

Face à un public majoritairement féminin, je vous conseillerais bien de porter des accessoires extravagants, par exemple des boucles d'oreilles (même moches), en vous disant qu'il y a de fortes chances que cela attire une de vos congénères, quelque soit son âge, sur le mode: "troooop belles, tu les as achetées ou?", mais ce serait encore trop caricatural.

2) Employer des mots compliqués

Apprenez quelques mots ou expressions qui en jettent. Par exemple, le mot sémantique, très facile à placer. La sémantique concerne la signification des mots, donc tout est question de sémantique:

-"brrrr, il fait froid"

-"oh pas tant que ça!"

-"oui, enfin, c'est une question de sémantique, disons qu'il y a un peu de vent",

quelque chose dans ce goût-là.

Marche aussi avec les citations.

Attention toutefois à ne pas en abuser. Donner une première impression positive à votre interlocuteur, oui; le faire fuir, non.

3) Avoir un métier cool

Il faut bien le reconnaitre, certains métiers suscitent l'interêt, tandis que d'autres laissent un abîme d'ennui dans le regard de votre congénère.

Quelques métiers dont la révélation est à éviter:

- prof d'EPS; pour commencer vous allez agacer vos congénères mâles qui vont comparer illico leur musculature  à la vôtre, et loucher vers vos abdos; de plus, si votre interlocuteur ne partage pas votre passion pour les survêtements Quechua, la conversation va vite avorter.

- flic; ça a a un petit côté moralisateur et ça fait peur.

- addictologue: encore pire! Personne n'osera ne serait-ce que boire une coupe de champagne en votre compagnie. Les fumeurs vous éviteront comme la peste et allumeront leur cigarette en se cachant de votre regard! Soirée isolée garantie.

- psychologue/psychiatre: là c'est plus pour votre bien-être que je vous le déconseille; vous allez regretter de susciter autant d'attention, et, au récit de dépression de la belle-soeur du 23ème convive, vous regretterez votre douce solitude initiale (marche aussi, dans un autre style, avec proctologue, infirmière, garagiste, plombier, vétérinaire...)

Si vous n'êtes pas doté d'un métier porteur, inventez-en un. Par exemple, expert auprès des tribunaux concernant les violences envers les animaux aquatiques d'eau douce. Attention, ceci dit, à assurer ensuite niveau anecdotes. On attendra de vous que vous animiez la soirée au gré de vos histoires de boulot.

4) Etre enceinte

Toujours utile pour initier la conversation. Vous aurez droit aux fadaises habituelles de "c'est pour quand?", "vous connaissez le sexe?", et bien entendu aux récits d'accouchements de toute la population féminine présente. Toute la subtilité consistera ensuite à dériver vers un sujet de conversation qui tourne moins autour de votre nombril, ou de leur utérus (à moins que vous aimiez ça, ce qui est tout à fait votre droit).

Conseil: ne tombez pas enceinte juste  dans l'optique d'une soirée; certes vous allez vous enquiller 9 mois d'apéros en conversant à bâtons rompus, mais non seulement vous n'aurez pas le droit de consommer une goutte d'alcool, mais ensuite, vous allez enchainer sur une absence totale de vie sociale.

5) En dernier recours

Pour terminer, si aucune des propositions précédentes n'a réussi à vous sortir de l'isolement, demandez des nouvelles d'une célébrité, dont personne ne sait jamais si elle est encore de ce monde ou non. Au choix: Sim, Kirk Douglas, Stéphane Colaro, Nicolas Sarkozy...

Chacun ira de son pronostic, ça finira en wikipedia-party où chaque convive citera le nom d'une autre personne:

"ah lui, il est mort y a au moins 20 ans!"

-"mais noooon!"

-"mais siiiii, je te jure!"

- mince! Il est mort? Comment ça se fait que je l'ai pas su!" etc etc...

Ambiance garantie!

Bonne soirée!!

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Vis ma vie de star à Cannes

24 Mai 2016, 10:43am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de star à Cannes

 

D'accord, le festival est terminé, je ne suis pas un star, et je vis en Bretagne, mais.... avec un peu d'imagination...

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h: je réalise qu'ils manquent peut-être de carburant, "pénurie" d'essence oblige. J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des vrais artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

Photo: Nicolas Richoffer pour metronews

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