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Touzazimutin

Articles avec #humeur

Brèves de bouchons

4 Mai 2017, 09:07am

Publié par Zazimutine

Brèves de bouchons

Mardi dernier, un petit grain de sable s'est glissé dans ma routine matinale: j'ai mis 2h10 pour effectuer le trajet jusqu'à mon travail, au lieu de 50 minutes. (Je le savais pourtant qu'en calèche j'allais mettre 3 fois plus de temps, le maréchal ferrant m'avait prévenue quand je lui avais amené mon âne à ferrer).

Plus prosaïquement: mardi matin, je me suis retrouvée coincée une heure sur la quatre-voies pour cause de bétaillère renversée. Une bétaillère pleine de cochons. Il n'en fallait pas plus pour que mon imagination parte en vadrouille, l'ennui étant, depuis toujours, un moteur extrêmement efficace pour mon cerveau quelque peu déjanté.

Pendant cette heure passée à attendre, j'ai réfléchi. Oh pas à l'état du monde, pas à celui de la France, non. Je n'ai pas non plus réfléchi au sens de la vie. Non, j'ai pensé aux cochons.

Je me suis demandée où allait ce camion rempli de cochons. Il y a fort à parier qu'il se dirigeait vers un lieu où l'espérance de vie du porcin dépasse rarement quelques minutes: l'abattoir. Alors j'ai imaginé...

Qu'est-il arrivé aux cochons accidentés? Sont-ils décédés sur le coup? Ont-ils péri des suites de leurs blessures? Les pompiers des cochons sont-ils venus les secourir? Les ont-ils emmaillotés de la tête aux pieds pour les amener aux urgences des cochons, même ceux qui s'en sortaient avec une petite entorse? (ceux qui ont bossé aux urgences une fois dans leur vie savent!). Ont-ils, comme dans Grey's Anatomy, hurlé aux internes vétérinaires qui attendaient devant l'entrée des urgences  en se racontant leur vie sexuelle: "accident véhicule lourd, cochon passager, Glasgow à 3, saturation à 60, arrêt cardiaque pendant le transport!!!!". Une interne s'est-elle mis à califourchon sur un cochon pour le réanimer?

Et les cochons rescapés, qu'ont-ils pensé lors de cet accident? Savaient-ils qu'ils partaient pour leur dernier voyage? Ou bien s'imaginaient-ils partir en sortie-cochon à la plage? Ont-il goûté au sentiment de liberté retrouvée en s'égayant tout autour du lieu de l'accident? Ont-ils essayé de courir à toutes jambes (qu'ils ont fort petites) pour fuir leur destin? Se sont-ils sentis pousser des ailes? Ont-ils élaboré une stratégie pour s'en sortir? Ont-ils créé des groupes d'entraide, ou bien au contraire ont-ils joué le chacun pour soi?

Le sort de ces cochons était-il une métaphore de celui des français dans l'entre deux tours (passage philosophique de ma réflexion)?

Bref, je me suis un peu laissée emporter.

Et puis hier j'ai lu le journal local, on y parlait de cet accident. J'ai su que 15 cochons étaient décédés dans l'accident. Qu'une centaine de cochons s'était enfuie. Que l'un d'entre eux avait percuté un fourgon arrivant en face.

L'article ne relatait pas le sort des rescapés... J'ai envie de croire que certains cochons coulent désormais des jours heureux dans une flaque de boue au soleil... pas vous?

 

PS: le plus important, les deux conducteurs des véhicules (la bétaillère et le fourgon arrivant en face)  s'en sont sortis indemnes; sinon je ne me serais pas permise d'écrire cet article.

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#AvecMoiLe7mai contre le FN

2 Mai 2017, 13:35pm

Publié par Zazimutine

#AvecMoiLe7mai contre le FN

 

Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà parlé politique sur ce blog, sans doute parce que je ne m'en sens ni la légitimité, ni la compétence, et surtout parce que je n'en possède pas la rhétorique qui me permettrait d'argumenter.

Cependant, il ne vous a pas échappé qu'une campagne électorale était en cours, et que le 7 mai, nous allions devoir départager deux candidats, dont l'un est la représentante d'un parti d'extrême droite.

Bien entendu, comme beaucoup, déçue par le résultat du premier tour, il m'est venu à l'idée, le soir du 23 avril, de m'abstenir au second tour, en mode "laissons les se démerder avec ça".

Et puis j'ai réfléchi, écouté, entendu, débattu, et je suis désormais convaincue.

Je ne fonde aucun espoir en la présidence d'Emmanuel Macron. Je suis persuadée que sous sa présidence, dans 5 ans, les pauvres seront toujours plus pauvres, et plus nombreux, les riches toujours plus riches, et moins nombreux. Sans doute, le FN sera de nouveau présent au second tour des élections présidentielles de 2022.

Cependant, rappelons-nous:

- le FN est un parti d'extrême-droite, issu des mouvances les plus xénophobes, et proches de moults groupuscules d'extrême droite et néonazis (il suffit d'aller sur leurs pages facebook pour arriver de lien en lien sur celle du FN). Le FN, sous ses dehors de défense des petites gens, est un parti fasciste. Laisser un parti fasciste accéder au pouvoir ça veut dire prendre le risque de laisser s'installer un état policier, dont la liberté d'expression sera vraisemblablement muselée. A ceux qui répondent "oui, mais le FN, on n'a jamais essayé", je veux dire, et tant pis si je passe pour une donneuse de leçons, qu'on n'essaye pas le Front national, de même qu'on n'essaie pas d'avaler des lames de rasoir juste pour "voir comment ça fait". Le fascisme a été "essayé" dans bien d'autres pays, avec les conséquences que l'on connait.

- le FN n'est absolument pas un parti qui lutte en faveur des précaires et des travailleurs. Il suffit pour cela de se rappeler leur positions lors des manifestations contre la loi El Khomri, ainsi que les différents votes de leurs députés lors des discussions à l'Assemblée Nationale (consultables sur internet, à cet endroit si cela vous intéresse).

- si le FN arrive au pouvoir, le risque est grand qu'il ne le laisse plus lui échapper. Rappelons nous que l'article 16 de la Constitution de la Vème République, permet au président d'"exercer tous les pouvoirs" si la situation l'exige. Au premier attentat commis sur le sol français sous sa présidence, on peut légitimement s'inquiéter de l'éventualité que Mme Le Pen n'hésite pas à en user.

En ce moment, je pense beaucoup à mes parents nés à la fin de la deuxième guerre mondiale, et je suis pleine de compassion pour eux qui ont mené un tel combat contre les idées véhiculées par le FN tout au long de leur vie, pour en arriver finalement à assister impuissant au renouveau de l'extrême-droite. Je pense à mes enfants aussi, et  je refuse de les voir grandir dans une société modelée par un tel gouvernement.

Le FN passera en 2022? Peut-être, mais laissez-moi, laissez-nous, encore goûter 5 ans de liberté, même si elle est relative. Laissez-moi croire que d'ici 5 ans, une vraie alternative qui parle aux gens aura eu le temps de se reconstruire.

Le 7 mai, ce sera donc avec moi: j'irai voter.

Dans l'urne, je déposerai un bulletin Macron, afin de voter contre le FHaine.

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Recherche magie de Noël désespérément

19 Décembre 2016, 13:42pm

Publié par Zazimutine

Recherche magie de Noël désespérément

Il y a ceux que l'approche de Noël rend fous de joie, à les entendre, on les imagine chevauchant des licornes hennissant des paillettes dans une prairie faite de brins d'herbe en pâte d'amande.

A l'inverse, il y a ceux que les fêtes de fin d'année dépriment, l'aspect commercial, la course à la consommation, la réunion de famille qui va immanquablement dégénérer en règlement de comptes, ou bien, au contraire, l'acuité d'un sentiment de solitude ce jour-là (même si elle existe les 364 autres jours de l'année, ce jour là, on sait qu'on est seul face au monde entier en train de célébrer Noël en famille).

De cœur, j'aurais envie de me situer du côté des licornes.

De raison, les fêtes de Noël me rendent rabat-joie et vaguement nostalgique.

Enfant, je n'ai que de jolis souvenirs de Noël:

- le calendrier de l'avent qui marquait le début du compte à rebours: petites fenêtres en carton ouvertes chaque matin sur une image réjouissante: jouet, cadeau, lutin...

- les papillotes dégustées tout le long du mois de décembre,

- le repas de Noël à la cantine, à ne manquer sous aucun prétexte,

- les Illuminations du 8 décembre, quand Lyon n'appelait pas encore ça "la fête des lumières"; ce soir là, nous sortions voir les guirlandes allumées dans la rue, les concours de vitrines, et bien sûr, les milliers de lumignons posés sur le rebord des fenêtres. Le graal, c'est lorsqu'on rentrait se coucher, et que certaines bougies brûlaient encore, je pouvais alors m’endormir en regardant la danse des flammes se refléter sur les murs de ma chambre.

- le villages des automates au centre commercial (est-ce que ça existe encore dans certaines villes?),

- les truffes au chocolat que préparait ma maman toutes les années,

- les Noël chez ma tante avec tous les cousins et les cousines; regarder ma tante préparer une buche géante en en alignant 3; jouer aux jeux de société reçus pour Noël jusqu’à pas d'heure; voir les grands danser et faire les fous,

- plus tard, les Noël en comité restreint avec Jouji et Mr Ewing, où nous nous décarcassions pour faire un bon repas (j'ai même gardé quelques menus que j'avais rédigés à cette occasion),

- et bien entendu, la magie de croire au Père Noël, cet être merveilleux qui récompenserait les souhaits de tous les enfants de la Terre, quelque soit leur origine géographique, sociale ou ethnique.

Oui, Noël, comme la plupart des enfants, m'a mis des paillettes plein les yeux. Une fois devenue adulte, j'ai voulu retrouver cette magie, sans y parvenir tout à fait. Nous sommes pris dans nos rythmes effrénés et ne prenons plus le temps de vivre cet avant/avent, qui fait finalement tout le sel de cette fête. Car ce que je préfère, au fond, c'est cette attente qui s'égrène de jour en jour, ponctuée de petite surprises. Or, pour les adultes, de petites surprises il n'y a plus guère (sauf si on le courage d'investir dans un calendrier à 45 balles minimum!). Heureusement, il y a les enfants et la possibilité de revivre cette magie à travers leurs yeux: calendriers chocolatés, maisons du quartier éclairées comme le château de Versailles, illuminations des rues... et leurs cris enthousiastes, leurs yeux brillants, devant chacune de ces images d'Epinal.

De cette magie je retrouve donc des fragments à travers mes filles.

Cette année, les mauvaises nouvelles se succédant, l'actualité étant ce qu'elle est, je me sens un peu dans la peau de "Tristesse", le personnage négatif de Vice-Versa: je me pelotonne dans mon col roulé et remonte mes lunettes sur mon nez en reniflant d'un air dégoûté devant les images de cadeaux, bûches, et autres angelots aux joues rebondies. Et puis tout à coup, me prenant par surprise, la magie opère de nouveau: j'entends résonner dans mes oreilles les clochettes et les chants de Noël, je sens dans l'air frais le parfum de bois brûlé, de cannelle et de chocolat chaud, je me réfugie dans les lumières dorées, miroitantes, des décorations, et me voilà, en un instant, à mon tour, à fond dans cette tentative désespérée de retrouver une part de rêve.

PS: dans les jours qui viennent, un billet plus rigolo, c'est promis!

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Humeurs de novembre

8 Novembre 2016, 13:26pm

Publié par Zazimutine

Humeurs de novembre

A l'heure où j'écris ces mots (dans ma tête), il doit être entre 3 et 5h du matin; après un mois de septembre et d'octobre fabuleusement ensoleillés, me voici, en ce mois de novembre, d'humeur:

-insomniaque. Trois nuits d'affilée, déjà, que je me réveille en pleine nuit, sans parvenir à me rendormir. Cette nuit, lasse de me tourner et me retourner sans cesse, ayant passé en revue mes envies pour nos  vacances des 50 prochaines années, la liste des rendez-vous médicaux à prendre, évalué la vitesse de croissance de mes poils avec établissement d'une courbe de Gauss permettant de définir les dates exactes, à l'heure près, de mes prochaines épilations obtenant les meilleures chances de repousse lente, j'ai fini par me lever et j'ai fait tout ce que je n'avais pas réussi à faire dans ma courte journée (plié du linge, repassé, mis une machine de linge en route, du grand n'importe quoi!). Comme jusqu'à présent le sommeil n'avait jamais été un problème chez moi, étant plutôt obèse de sommeil qu'autre chose, tel l'ami Zola, J'ACCUSE! J'accuse les corticoïdes que je prends depuis 3 jours, censés dégommer ma sinusite récalcitrante!!

 

- rock. Ceci expliquant cela, il me faut plus d'un double café pour me réveiller le matin; depuis 3 jours, je prends donc la route en écoutant à fond Stuck in the Sound. Je tape les mains sur mon volant, et je balance la tête comme ces petits chiens en plastique qu'on pose sur les plages arrières des voitures. J'aime le son des guitares saturées, ça fait mal à l'estomac mais c'est doux à la fois, un peu comme manger trop de chocolat praliné ou tomber amoureux.

 

- tellement déçue d'avoir loupée l'exposition Chagall à Landerneau!

Oh ce n'est pas faute d'y être allé, mais je l'avoue, malgré 1h30 de route pour nous y rendre, nous avons renoncé, une fois sur place, devant la queue digne de celle pour la visite de la chapelle Sixtine à Rome (déjà vécue sous le cagnard et enceinte de 5 mois, merci bien!). Cette exposition, proposée par le fonds culturel Leclerc de Landerneau, semblait absolument magnifique! Or depuis que j'ai lu l'album de Catherine Meurisse, une des dessinatrices de Charlie arrivée en retard le 7 janvier 2015 (je vous reparlerai de cet ouvrage), j'ai envie, comme elle, de me vautrer dans le beau. Raté, je n'ai pas pu me noyer dans la beauté des couleurs chatoyantes des oeuvres de Chagall et c'est bien dommage car l'expo est terminée. Pour une fois que la culture s'exportait ailleurs qu'à Paris... Espérons que la prochaine expo proposée par ce fonds sera tout aussi réjouissante (et cette fois, on s'y prendra plus tôt); pour plus d'infos, c'est ici.

Magnifique, non?

Magnifique, non?

 

- vernie; des ongles j'entends (souvenez-vous, il y a quelques années, je nourris-passé simple- une mini passion pour les vernis à ongles: ici). Profitant des vacances, j'ai testé, et pas vraiment aimé, le vernis à ongles bleu. Un superbe bleu foncé légèrement irisé mais qui au final, donnait plus à mes mains un air malade qu'autre chose; j'en suis donc retournée à mes bons vieux classiques et ai pu passer des heures à m'admirer les mains sous toutes les coutures. Etrange comme ces odieuses futilités peuvent parfois égayer nos petites journées!

 

- émue par le film "Ma vie de courgette", vu dimanche en fin d'après-midi avec papa Ours et les Oursonnes.

Pour reprendre les propres termes de miss Choco, "c'est une histoire d'amitié". Mais pas que. C'est aussi une histoire tournant autour de l'enfance blessée, avec un bel espoir de résilience à la clef. Ce film d'animation, fait à partir de véritables marionnettes, est un petit bijou créatif et esthétique. Les yeux comme des billes de Courgette et ses amis sont d'une expressivité incroyable. Les dialogues sont particulièrement savoureux: justes, percutants, et dits par de véritables enfants. On sourit, on s'émeut, on chiale évidemment. Le sujet de l'enfance maltraitée y est abordé sans fausse pudeur, les faits sont là, on ne voit rien, mais on sait. De plus, ce petit film ouvre la discussion avec les enfants: violence, inceste, nous avons eu à composer avec beaucoup de questions (pas toujours faciles) de nos filles au retour.

Je vous recommande vivement ce moment en famille!

 

 

Bon début de semaine!

PS: en photo, la rade de Brest au soleil couchant, au retour de Landerneau; pas d'expo ce jour-là mais quand même la beauté au bout du chemin!

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Un 5 juillet 1991

5 Juillet 2016, 10:31am

Publié par Zazimutine

Un 5 juillet 1991

 

Ce matin, j'ai entendu à la radio, comme chaque année, le petit reportage habituel inhérent aux résultats du bac attendus ce 5 juillet; or, ce reportage se déroulait exactement dans le lycée où j'ai passé mon bac, celui où je suis allée voir mes propres résultats.

Alors je ne sais pas si c'était un 4, un 5, ou un 6 juillet, mais une chose est sûre, il y a 25 ans (car j'avais au moins 5 ans d'avance...), alors que la plupart de ces nouveaux bacheliers n’étaient pas même l'ombre d'une ébauche d'un brouillon de bébé, j'étais à leur place. J'étais devant les grilles du lycée Saint Just de Lyon, à scruter les résultats.

J'avais pris le métro, puis le bus, c'est que le trajet était long pour venir de chez moi jusqu'à ce lycée perché sur la colline de Fourvière; c'était l'après-midi je crois, je n'avais pas voulu y aller tout de suite. Fuir la foule, fuir les témoins et les cris de joie, des fois que... la fuite, un mode de vie. J'avais peur de l'avoir raté, ce bac. Je savais que ça n’avait pas très bien marché en "sciences naturelles" (je sais, ça ne se dit plus!), en physique et en maths, et pour un bac dit scientifique c'était plutôt gênant. Les langues vivantes ne pouvaient guère me faire espérer quoi que ce soit. Seuls les points gagnés au bac de français l'année précédente, l'histoire géo, et la philo, me laissaient entrevoir l'espoir de ne pas être obligée de passer le rattrapage.

Je ne me souviens pas exactement de mon nom sur le tableau. Je me revois juste après, soulagée. Que dis-je? Libérée (oui, délivrée aussi, déjà)! J'étais admise, sans mention bien sûr, ras les pâquerettes mais admise, ça suffisait. Les études que j’envisageais ne demandaient rien d'autre que le bac, pas besoin de super dossier gonflé de bonnes notes toute l'année, comme mes camarades qui postulaient pour les prépas d'écoles d'ingénieurs (ça représente quoi, au fait le boulot d'un ingénieur, pour un gamin de 18 ans??).

Je me revois sortir du lycée et me précipiter dans une cabine téléphonique. (J'ai bien écrit: cabine téléphonique, so 1991...) J'ai appelé dans l’ordre ma mère, qui était déjà allée voir les résultats, puis mon père, qui attendait mon appel. J'ai ensuite repris le bus, sur un petit nuage. Là, le nez collé à la vitre, je me sentais tellement légère, que je souriais toute seule. J'avais beau lutter, j'avais un peu honte au fond de sourire toute seule comme une débile, rien à faire, ce sourire intérieur, m'étirait les lèvres et me faisait sans doute briller les yeux irrémédiablement. J'avais envie de crier à tout le monde dans le bus que j'avais mon bac, un peu comme quand on est amoureux et qu'on a envie de le dire à tout le monde, surtout à des inconnus.

Ce soir-là, je n'ai pas fait la fête avec mes amis. Je n'avais pas beaucoup d'amis, et je ne faisais pas partie du style de lycéens à faire la fête (attention, sortez vos mouchoirs, je vais bientôt vous parler de mon enfance, tapie dans une bouche d'aération). Surtout l'une de mes amies était au rattrapage, elle.

Ce matin en écoutant la radio, j'ai entendu les cris de joie des lycéens reçus au bac. Il y avait sûrement aussi quelques larmes mais ceux-là, on ne les a pas entendus.

Dans les propos de ceux qui étaient reçus, j'ai reconnu, comme si c'était hier, le soulagement et la légèreté.

Une légèreté universelle.

Une légèreté ô combien éphémère aussi, mais de celle, pourtant, dont on se souvient toute une vie.

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Favoris du moment # 4

26 Mai 2016, 12:34pm

Publié par Zazimutine

Favoris du moment # 4

 

Le moment: le matin

Je suis définitivement une fille du matin. Oh, ça va, ne croyez pas que je n'ai pas entendu le fou-rire dans la salle après que j'ai posé ces mots. Je le reconnais, à me regarder vivre, il semble assez improbable que je sois une fille du matin. Mais il faudra que je vous parle un jour de ce décalage entre mon corps et mon esprit. Mon esprit aime le matin. Mon corps, lui, ce traitre, aime dormir, beaucoup, longtemps. Et a donc beaucoup de mal à se lever le matin quand il n'est pas obligé de le faire. Le matin donc. Le matin-espoir, le matin-renouveau, la journée telle une page vierge qu'il ne reste qu'à remplir (oh mon Dieu, on dirait de la poésie!). Plus que tout, j'aime la lumière du matin, inégalable, bien plus encore que celle du coucher de soleil (trop cliché ^_^).

 

Le film: Merci Patron de François Ruffin

Le film engagé le plus drôle et donc, le plus engageant que je n'ai jamais vu.

Merci patron, c'est l’enquête du journaliste François Ruffin, auprès de tous ces chômeurs du nord de la France, qui ont perdu leur travail lors du rachat de leur entreprise par le grand patron Bernard Arnault. François Ruffin, qui n’hésite pas à se mettre en scène, tel Michael Moore, va tout mettre en oeuvre pour aider la famille Klur à éponger ses dettes et retrouver un boulot.. C'est extrêmement drôle et surtout pertinent, incroyablement rusé. Ca met du baume au coeur, à tel point que tous mes camarades spectateurs et moi-même sommes sortis avec le sourire. Et que les applaudissements ont fusé à la fin du film. Certes, on peut se demander pourquoi François Ruffin se met en scène de cette façon, mais cela donne globalement un film totalement réjouissant que je vous recommande chaudement. Le genre de film qui vous donne envie d'aider votre prochain, et qui rassure sur la nature humaine, si vous voyez ce que je veux dire. Déjà 400000 entrées et ce n'est pas fini.

Vous pouvez consulter les salles où le film est encore projeté en France, sur le site facebook du film ici.

 

La musique: Yom

Encore une découverte de ma route matinale, en compagnie de la matinale culturelle de France Musique.

J'ai toujours adoré la musique klezmer, qui m'émeut autant qu'elle me met en joie. Yom c'est justement un subtil mélange de musique klezmer et de rythmes plus actuels, avec au premier plan la clarinette. Jamais je n'aurais pensé pouvoir être émue à ce point par cet instrument, injustement méprisé (par moi en tout cas); la clarinette de Yom semble tellement, se rapprocher de la voix humaine que l'on croit entendre, par moments, un chant déchirant. J'ai écouté l'album sur deezer, je n'aime pas tout, mais plusieurs morceaux valent vraiment le détour, notamment Songs for the old man, que vous pouvez écouter ici (ce n'est qu'un extrait, désolée):

 

Le sentiment: l'amitié

A bien y réfléchir, l'amitié, lorsqu'elle est dénuée de tout sentiment parasite (envie, intérêt...) ne serait-elle pas l'émotion la plus noble que l'on puisse ressentir, puisque, en l'absence de lien charnel ou "génétique" ou de je ne sais quoi, elle est au fond le don absolu de soi, que d'aimer un autre simplement pour ce qu'il est (moui bon, il est possible que j'idéalise un peu la chose!)?

Du fait de notre déménagement, notre vie amicale a été quelque peu chamboulée, des liens se sont distendus (distance oblige), d'autres persistent, d'autres encore sont en stand-by mais n'ont pas besoin du quotidien pour se nourrir. Déménager et quitter son cercle amical est une expérience très enrichissante à ce titre. Et puis d'autre amitiés évoluent, les amitiés qui se font de moins en moins "virtuelles", les relations qui se nouent dans notre nouvelle région, brouillons, promesses, ou feux de paille, l'avenir nous le dira, quoiqu'il en soit, une période riche d'émotions amicales en tout genre.

Favoris du moment # 4

 

L'évènement: le paquet neutre

Cette information est un peu passée inaperçue au vu de l’actualité, mais il s'agit pour moi, très sensibilisée au sujet, d'un événement capital, presque autant que la loi Evin: l'introduction du paquet de cigarettes neutres auprès des buralistes. Je ne pense pas que le paquet neutre favorisera l'arrêt du tabac. En revanche, j'ai bon espoir qu'il ne favorise pas l'entrée dans le tabagisme des plus jeunes, en faisant perdre totalement la glamourisation du geste, que les cigarettiers se sont tant employés à gagner à coup de méthodes marketing. Pour information, l'Australie, où le paquet neutre existe depuis plusieurs années, et où le prix d'un paquet de cigarettes s'élève à plus de 15 euros, est le pays où le taux de tabagisme est le plus faible du monde. A bon entendeur...

ça fait pas envie, hein?!

ça fait pas envie, hein?!

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Quand j'avais 17 ans...

10 Mai 2016, 12:25pm

Publié par Zazimutine

Quand j'avais 17 ans...

 

Récemment, on a pas mal parlé de ce film de Téchiné qui s'intitule "Quand on a 17 ans"... Ca m'a donné envie de me demander comment c'était pour moi, justement, quand j'avais 17 ans.

- à 17 ans, ma vie amoureuse était tellement proche du vide intersidéral, que toute l'année, je me suis imaginée que chacun des garçons de ma classe, l'un après l'autre, avait le béguin pour moi. Même ceux qui ne me regardaient pas du tout, jamais. Forcément, c'était trop douloureux pour eux de me regarder, ils préféraient nier mon existence.

- à 17 ans, j'ai trouvé ma vocation: devenir néonatalogiste, pour soigner les minuscules bébés prématurés.

- à 17 ans, mon rêve secret était pourtant d'être comédienne mais je n'étais pas assez courageuse pour me lancer dans cette aventure; alors j'espérais qu'un réalisateur me remarquerait dans la rue comme on entendait dire parfois (comme Sophie Marceau?); un jour, en allant acheter du pain, j'ai croisé Jean Yanne qui tournait juste à côté. Je l'ai regardé. Il m'a regardé. Voilà.

- à 17 ans, je faisais du théâtre, pour cette même raison. Mais j'étais tellement timide que je parlais d’une toute petite voix, ou bien je prenais des fous rires incontrôlables au beau milieu d'une réplique.

- à 17 ans je suis devenue amie avec Joy; alors qu'on s'était côtoyé pendant 4 ans au collège et que j'avais plutôt peur d'elle, tout à coup, l'amitié nous a submergées.

- à 17 ans, j'ai acheté une guitare à une camarade de classe, environ 600 francs; c’était une grosse somme. J'ai joué "Jeux interdits" et rien d'autre, pendant des mois.

- à 17 ans, je compensais probablement un certain mal-être dans la nourriture; je m'achetais des tranches de jambon cru que je boulottais à l'heure du goûter (surtout le gras, c'est bon le gras de jambon!); ou bien je m'achetais des rocher Ferrero, les rouges, à toute heure. Je croyais que je pouvais manger tout ce que je voulais sans grossir. J'ai fini par prendre 10 kilos.

- à 17 ans, je passais des heures à lire le Guide de la beauté édité par Ok magazine; grâce à leurs conseils, je me maquillais comme une geisha; puis je passais autant de temps à me démaquiller avant de sortir.

- à 17 ans j'étais une fan absolue de la sitcom "Madame est servie"; et encore plus d' Alyssa Milano, la gamine de la série qui avait le même âge que moi. Je l’admirais à tel point que je notais, pour l'imiter, toutes ses tenues et coiffures, à chaque épisode visionné, sur un petit carnet.

- à 17 ans, j'ai pleuré lorsque Nelson Mandela a été libéré, même si j'avais pas tout à fait 17 ans (détail important!); 1 an après la chute du mur de Berlin, j'ai cru, vraiment, très sincèrement, très naïvement, que la fin de l'apartheid en Afrique du Sud signifiait que le monde s'améliorait, et qu'il ne cesserait désormais de s'améliorer.

 

25 ans plus tard...

...il m'arrive encore de m'imaginer que je peux susciter des passions secrètes, je n'ai jamais soigné de minuscules bébés, je ne suis toujours pas comédienne mais j'ai fait du théâtre pendant presque 15 ans, je suis la marraine d'une des filles de Joy, je joue toujours de cette guitare, je sais que je ne peux pas manger tout ce que je veux sans grossir, je continue à me démaquiller juste avant de sortir, j'ai totalement oublié Alyssa Milano, et j'ai pleuré à la mort de Mandela parce que justement, ce jour-là, j'ai compris que j'avais perdu ma naïveté.

 

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La vérité sur la quarantaine

21 Avril 2016, 16:41pm

Publié par Zazimutine

La vérité sur la quarantaine

 

La quarantaine subit, comme les douleurs de l'accouchement dans le sketch de Florence Foresti, une espèce d'omerta. On n'en parle pas, ou plutôt, si on en parle, c'est pour vanter combien c'est chouette d'avoir 40 ans, à quel point on se sent mature dans le bon sens du terme, bien dans ses baskets, tout en conservant les avantages de sa jeunesse.

Moui. Tout ça c'est du pipeau. On vous ment! Parce qu'avoir 40 ans c'est aussi:

- croire que son corps est le même que 20 ans auparavant et qu'on peut tout lui faire subir. Oui mais non. Essayer de retrouver le grand écart facial passé 40 ans est risqué. La dernière fois que j'ai essayé, j'ai du prétexter un stage d'équitation un peu trop intensif pour expliquer ma démarche chaloupée pendant une semaine. Alors que tous les gens qui me connaissent vraiment savent très bien que j'ai des rapports tourmentés avec les canassons et que, par conséquent, je n'y ai pas posé mon auguste postérieur depuis 1989.

- investir dans un anti-cernes. Finis les matins rigolos où l'on se réveille le visage bouffi tel un hamster alcoolique, et où l'on retrouve sa peau de bébé sitôt la douche passée. Les cernes, les poches, toute trace d'excès se voit, s'incruste, les traces d'oreillers persistent plusieurs heures! Pour exemple, je me suis réveillée un matin avec une telle trace de drap sur la paupière droite, que mon oeil paraissait festonné, matelassé, voire crenelé, et ce, malgré le maquillage! En somme, très jolie impression-paupière-tombante que Monet n'aurait pas renié...

- penser qu'on fait plus jeune que son âge; soupçonner que pas du tout, mais continuer quand même à y croire; depuis mes 40 ans, je clame mon âge à qui veut l'entendre, m'attendant toujours à ce que les gens s'évanouissent de surprise "quoooi tooooi?!! 40 ans??!! Oh my God mais ce n’est pas possible!!!" Rien du tout!! Et bien sûr, ça ne va pas en s'arrangeant. Plus les années passent, plus le risque de paraitre plus de 40 ans est grand (logique). J'ai même eu récemment une expérience très désagréable. Je m'étais inscrite à un cours de stretching. Tout se passait bien, quand je remarquai que la prof se tournait toutes les 5 minutes vers moi pour me demander si ça allait. Et seulement à moi. J'ai alors réalisé que j'étais la seule participante à avoir plus de 25 ans. Le coup de grâce! Cette (jeune) femme pleine de sollicitude avait-elle renouvelé son assurance pour le cas où une "vieille" quadra viendrait se péter le col du fémur dans son cours? L'histoire ne le dit pas.

- accélérer le rythme de ses colorations. Avoir tout plein de petits cheveux blancs qui font leur apparition dans des endroits inattendus. Sans compter que ces mêmes cheveux blancs ne se contentent pas d'arborer leur couleur immaculée, non! Ils sont aussi rebelles, refusant le brushing, se redressant avec superbe sur votre crâne, pleins de morgue, vous défiant (les bâtards)! Bref, ils deviennent impossibles à cacher.

- perdre ses capacités intellectuelles. J'ai toujours pensé avoir une mémoire infaillible. C'était mon gros atout. Pas plus intelligente que la moyenne, mais avec une grosse capacité de mémorisation, voyez. Très utile dans la vie. Et puis voilà, la quarantaine est arrivée et... je dois bien le reconnaitre, je suis incapable de me souvenir de la couleur du slip des tigres qui entourent Gazelle, la chanteuse, à la fin de Zootopie. Alors que mes filles, oui.

J'arrête là ce listing pathétique.

Parce qu'en vrai, être quadra c'est d'la balle! (autant qu'utiliser des formules d'argot datant des années 80). Etre quadra, c'est se sentir bien dans ses baskets (munies de semelles orthopédiques, hallux valgus naissant oblige), c'est secouer ses cheveux (colorés) au soleil, façon "parce que je le vaux bien", et sourire à la vie (de toute la force de ses pattes d'oie).

Plénitude, j'écris ton nom.

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Blog: 5 astuces pour éviter le succès

31 Mars 2016, 12:21pm

Publié par Zazimutine

Blog: 5 astuces pour éviter le succès

 

Au fond je crois, je suis une rebelle. Modérée certes, mais, sous mes dehors de jeune femme bien comme il faut (boulot-enfants-coiffure au carré), se cache une anti-conformiste convaincue.

Oui je suis une rebelle. J'ai déménagé en Bretagne alors que je vivais dans le sud, tandis que la majorité de mes concitoyens ne rêve que de soleil. Je pars volontiers en vacances l'été dans les régions où ça caille, tandis que la majorité de mes concitoyens migre vers le sud (et non, ce n'est pas que parce qu'au moment où je m'y prends, il ne reste que des locations libres dans le Perche). Je n'ai pas la télé (ma box est en panne). Je ne vais pas voir les films à succès (j'ai des enfants), je ne lis pas les livres que tout le monde aime (sauf Harry Potter), je n'écoute pas les tubes (je ne capte que breizhradio); je n'ai cédé à l'appel du slim qu'au 2ème semestre 2006 (pour mémoire, il fit son apparition en janvier de la même année), et je ne suis jamais les modes (sauf pour les Converse, les New Balance et les ballerines).

Donc, quand il s'est agi d'ouvrir un blog, ce qui en soi était déjà une énorme entorse à mon anti-conformisme flamboyant vous le constatez, il fut rapidement hors de question de suivre le flux qui tendait à devenir un "blog à succès". Des commentaires en pagaille, des partenariats, des test de produits? Très peu pour moi! Non, moi je voulais sentir le vent entre les lignes de mon blog, je voulais vibrer avec la vacuité de mes écrits, je voulais collectionner l’absence de retours et... 2 ans et demi après, toute modestie mise à part, je pense que j'ai réussi.

Jugez plutôt:

- je plafonne à 11 abonnés-mail depuis l'ouverture de mon blog

- une petite trentaine de personnes suivent ma page sur facebook, dont 70% ne sont pas des vrais gens

- je collectionne les zéros sur les portails de blog et l'absence de commentaires

Bref, en matière de blog qui ne décolle pas, j'en connais un rayon. Je me doute que je ne suis pas la seule à désirer rester dans les limbes de la blogosphère, alors, chers amis rebelles, je partage très généreusement aujourd’hui mes remèdes anti-succès.

1) Ne parler de son blog à personne ou presque

Quoi, moi, me vanter d'avoir un blog? Jamais! Non, je voulais démarrer le plus discrètement possible, les quelques personnes auxquelles j'ai révélé l'existence de ce blog ont donc souvent été mises au courant par erreur ou lors d'une soirée trop arrosée. Il ya ma mère bien sûr mais que voulez-vous, elle me connait comme si elle m'avait faite. Au total, j'ai donc parlé de ce blog à une demi-douzaine de personnes, ce qui est déjà beaucoup trop!

2) Ne pas avoir de ligne éditoriale

J'écris un peu sur tout et n'importe quoi: ma vie de famille, mes humeurs, mais aussi mes lectures, mes coups de coeur, des articles drôles, d'autres sérieux... C'est le meilleur moyen d'embrouiller le lecteur. La plupart des blogs qui marchent ont une marque de fabrique: blogueuse-beauté-de-moins-de-25-ans, blogueuse-culinaire-végétarienne, blogueuse-maman-de-famille nombreuse etc... Je suis une blogueuse-bordelique-de-bazar-éclectique.

3) Publier irrégulièrement ou arrêter de publier sans crier gare

Il y a eu un moment très difficile dans ma vie de blogueuse, environ 1 an après l'ouverture du blog, où j'ai eu l'impression que la mayonnaise commençait à prendre, une sorte de frémissement. Je publiais régulièrement, il y eut un puis deux, puis trois articles par semaine, l'inspiration était au taquet! Je commençais à etre publiée en une sur le portail d'hellocoton,  les abonnements augmentaient de façon vertigineuse (toute exagération mise à part), les commentaires allaient bon train, un véritable cauchemar! Bref, terrassée par l'angoisse lié à ce succès brutal et inattendu, j'ai baissé brutalement ma fréquence de publication, passant de 4 articles par semaine à un par mois. Redoutablement efficace!

4) Avoir un blog moche

A une période d'ennui profond dans ma vie professionnelle, j'avais commencé à étudier le code html....J'espérais ainsi améliorer la présentation de mon blog, le faire joli, le façonner à mon image. C'est ce que j'ai d'ailleurs fait en mettant un bordel infâme dans la présentation des commentaires. Il est ainsi difficile d'être tenté de réagir à un de mes articles, radical!

5) Cumuler les handicaps

Le mieux pour avoir un blog qui ne décolle pas, c'est de l'ouvrir maintenant, en 2016, à une époque qui comptabilise des milliers de blogs, et ce, dans LA catégorie la plus fréquentée, celle du blog famille. En gros, ouvrir un blog il y a 10 ans, sur un thème original (genre, votre passion pour les crustacés des mers arctiques) était beaucoup plus porteur...

 

Malgré la mise en application très rigoureuse de ces astuces, certains lecteurs s'accrochent encore et encore. Cet article n'était rien d'autre qu'un petit clin d'oeil et un gros remerciement à ces fidèles lecteurs certes peu nombreux, mais, qui continuent à me lire malgré mon inconstance, et qui égaient considérablement cette activité: MamanChérie, Joy, Natali, Germain, mes copines janviettes, mes copines de blogs, et bien sûr, les éventuels lecteurs silencieux et/ou anonymes, constants, ou de passage!

Merciiiii!

PS: J'espère n'avoir oublié personne....

euh.... en fait, non.  ^_^

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Lettre ouverte à Franck, Antoine, Damien, et les autres...

15 Mars 2016, 13:45pm

Publié par Zazimutine

Lettre ouverte à Franck, Antoine, Damien, et les autres...

 

 

Depuis quelques temps, je suis harcelée de mails provenant de jeunes hommes, beaux, libres et visiblement très désireux de discuter avec moi. Ca commence toujours par un mail avec en objet un "coucou" ou alors "j'ai envie de te parler".

Au moins 2 fois par semaine, je reçois donc ce genre de message (celui-ci, je l'ai reçu en 2 exemplaires, provenant de 2 interlocuteurs "différents"):

"Bonjour,

Ce n'est pas souvent que je contacte quelqu'un que je ne connais pas par mail.

Comme je suis célib depuis quelque temps, je me suis dit que j'allais tenter ma chance et éventuellement voir ce que ça pourrait donner,
surtout qu'on n'habite apparemment pas loin l'un de l'autre :)

Et... ce peut être le début... Parce que tout commence ainsi, non ?

Ouvert d'esprit, j'aime m'enrichir auprès des autres.
Curieux de nature je cherche toujours à découvrir de nouvelles personnes et des nouveaux mondes.

La vie m'a appris à évoluer et à changer, je sais aujourd'hui l'importance du travail personnel qui amène à la remise en cause de soi même et des autres.
Liberté, indépendance, humilité, courage, complicité, échange... sont des mots qui me parlent.

Alors si tu veux qu'on discute un peu, moi ce serait avec plaisir !!

je me connecte en général après le boulot et le week-end, mon pseudo sur POF c'est : Frank_32
tu verras c'est assez simple pour me retrouver. (et pas de soucis, le site est entièrement gratuit)
A très vite... j'espère !

Franck"

 

Reprenons si vous le voulez bien ce message, point par point façon explication de texte.

"Bonjour,


Ce n'est pas souvent que je contacte quelqu'un que je ne connais pas par mail.

[Il est amusant de constater que la formule "c'est pas souvent que je fais ça" donne  l'impression du contraire; là on sent bien que l'auteur cherche à justifier cette prise de contact quelque peu cavalière!]

Comme je suis célib

[formulation "d'jeune" visant à donner une image détendue à l'auteur, à ne pas confondre avec le vélib, mode de locomotion typiquement bobo parisien]

depuis quelque temps, je me suis dit que j'allais tenter ma chance et éventuellement voir ce que ça pourrait donner

[ici, l'auteur manque cruellement de romantisme, résumer une future relation passionnelle à un: "ce que ça pourrait donner" manque de force, Franck devrait faire un effort!]-[d'autre part, on voit bien que l'auteur est dans le déni puisque l'objet de son désir n'est pas "célib", et ça Franck le sait puisqu'il est bien renseigné]


surtout qu'on n'habite apparemment pas loin l'un de l'autre :)

1 [la preuve que l'auteur est bien renseigné, peut-être travaille t-il pour le contre-espionnage?]

2 [dans la formulation "pas loin l'un de l'autre", on voit bien que l'auteur met la charrue avant les boeufs en créant une illusion de proximité entre l'un (l'auteur), et l'autre (l'être aimé)]

3 [l'utilisation du smiley vise à renforcer le lecteur dans l'image "cool" qu'il pourrait avoir de l'auteur et ainsi instaurer la confiance, cf>ci-dessus]

Et... ce peut être le début... Parce que tout commence ainsi, non ?

[formulation dite "de comblement", le but étant de remplir une page avec des mots pour donner l’illusion d'une grande puissance rhétorique; appelée aussi "parler pour ne rien dire"]

Ouvert d'esprit, j'aime m'enrichir auprès des autres.

[ici l'auteur prend le risque d’être pris pour un gigolo; on sent qu'il commence à lâcher prise]


Curieux de nature je cherche toujours à découvrir de nouvelles personnes et des nouveaux mondes.

[l'auteur utilise volontiers la métaphore "nouvelles personnes" et "nouveaux mondes" pour parler de son instabilité chronique, appelée plus communément infidélité]

La vie m'a appris à évoluer et à changer, je sais aujourd'hui l'importance du travail personnel qui amène à la remise en cause de soi même

[ici, l'auteur cherche à rattraper l'impression éventuelle qu'il aurait pu laisser sur son infidélité chronique, tel Bill Clinton jurant ses grands dieux qu'il n'y pas eu relation sexuelle avec Monica Lewinsky]

et des autres

[à ce stade l’auteur interpelle l'objet du désir sur ses propres failles, c'est la technique dite du noyage de poisson]


Liberté, indépendance, humilité, courage, complicité, échange... sont des mots qui me parlent. [nouvelle technique de comblement; on remarquera que l'auteur manifeste dans ses propos une certaine pudeur, pour ne pas dire retenue, pour ne pas dire superficialité]


Alors si tu veux qu'on discute un peu, moi ce serait avec plaisir !!

[on se rend compte ici, que l'auteur essaie de prendre un peu de recul et apporter une touche de légèreté par rapport à ses propos précédents plus tourmentés; l'emploi du double point d'exclamation signe un certain enthousiasme et un indéniable dynamisme]

je me connecte en général après le boulot et le week-end

[ici, l'auteur ne manque pas de révéler une information capitale sur lui: il travaille, il n'est donc pas chômeur, il a raison de le préciser]

mon pseudo sur POF [référence à la légende populaire selon laquelle Pof le chien]

c'est : Frank_32

[là, en fin de texte, l'auteur se dévoile en révélant son âge, ou bien son département d'origine ou encore, son... tour de tête, laissant ainsi libre cours à l'imagination du destinataire de cette missive]


tu verras c'est assez simple [alliteration en -s] pour me retrouver, (et pas de soucis, le site [2ème allitération en -s] est entièrement gratuit)


A très vite... j'espère !

[ici, emploi de la litote, figure de sens consistant, par pudeur ou par égard, à dire moins pour faire entendre beaucoup plus; ici il faut entendre "à-tout-de-suite-je-brûle-de-te-voir-tu-me-manques-déjà-tellement-mon-amour-ma-vie!"]

Frank

[l'auteur n'hésite pas à réveler son prénom afin de finir sur une note de confiance]

 

Et voici mon droit de réponse:

Cher Franck (ou Antoine, Damien, ou quelque soit ton prénom bidon),

Tout d'abord, parce que je suis une fille polie, je tiens à te remercier pour tes nombreux messages.

J'ai bien tout compris je crois: tu es un homme jeune, libre, travailleur, courageux, libre,et surtout libre, et aussi très curieux du monde et des autres (femmes).

Quant à moi je suis une fille en couple, peu disposée à rencontrer mes voisins, manquant totalement de curiosité, surtout par internet. Alors lâche-moi la grappe! (ou plutôt le mail!)

PS: merci pour les photos; tu es tout mignon mignon, là n'est pas la question. C'est juste que tu n'existes pas.

Franck (ou Antoine) [position de détente, dite du sourire-éclat-blancheur>bien dans ses baskets]

Franck (ou Antoine) [position de détente, dite du sourire-éclat-blancheur>bien dans ses baskets]

Damien (ou Brice) [position de la reflexion, dite du regard-perdu-vers-l'horizon>romantisme]

Damien (ou Brice) [position de la reflexion, dite du regard-perdu-vers-l'horizon>romantisme]

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