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Touzazimutin

humeur

J'ai demandé à la Lune

17 Novembre 2015, 22:22pm

Publié par Zazimutine

J'ai demandé à la Lune


Ô toi la Lune, qui nous regarde silencieusement de tes yeux argentés là-haut, je dois t’avouer une chose : je t’ai toujours soupçonnée de faire un peu la gueule. Dans les moments difficiles comme dans les plus doux, chaque fois que mes yeux se tournent vers le ciel et que tu apparais, pleine et vibrante, il me semble te voir triste et songeuse.


Du coup, je me demande, est-ce que nous te décevons la Lune ? Est-ce que tu es lasse d’observer cette Terre à laquelle tu es accrochée sans avoir rien demandé à personne, est-ce que tu es désabusée de voir, depuis des millénaires, les hommes détruire cette « orange bleue » que tu aimais tant au début? Est-ce que tu n’en as pas assez de nous contempler, nous, les êtres humains, nous entre-détruire sous toutes les coutures, est, ouest, nord, sud, jour, nuit, derrière les nuages, devant le soleil, sous la pluie? Est-ce que tu souriais avec bienveillance au début lorsque tu as vu apparaitre les premiers signes de vie ? Est-ce que tu t’es dit qu’enfin tu n’étais plus seule, et que tu allais bien te marrer à regarder ces terres, ces mers, grouillantes de vie? Depuis quand ce sourire s’est effacé de ton relief ? A quel moment exactement tes massifs se sont ternis, offrant à notre regard un visage découragé ?


Alors tu sais la Lune, j’aimerais te dire d'y croire encore. Justement je me demandais, est-ce que si nous tous, les êtres humains vivant sur cette planète, nous partions tous ensemble d’un grand éclat de rire, tous au même moment, un rire monumental qui secouerait notre planète pendant toute une minute, est-ce que ce rire-là abolirait les frontières ? Est-ce que ce rire ferait trembler les montagnes ? Est-ce que ce rire provoquerait une tempête sur nos océans ? Et toi la Lune, si nous riions tous ensemble, juste une fois comme ça, pour toi, est-ce que tu serais enfin fière de nous ?


PS1 : Billet un peu naïf j’en conviens volontiers, mais que voulez-vous, je ne rêve que d’un monde où nous sautillerions dans le ciel, chevauchant des licornes, nous vautrant à qui mieux-mieux dans des nuages en crème fouettée, attrapant les étoiles à pleines mains en éclatant d’un rire suraigu…

PS2: Je ne suis pas folle vous savez.

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Et puis lundi matin

15 Novembre 2015, 12:06pm

Publié par Zazimutine

Et puis lundi matin

 

Un lundi matin presque comme les autres.

Un lundi matin en province, où Ghislaine ouvre seule sa petite boutique de casse-croûtes, où ses mains tremblent en préparant les sandwichs; où elle ne peut empêcher ses yeux de guetter l’horloge, attendant l'arrivée de sa petite vendeuse à 10h, sachant pertinemment qu'elle ne viendra pas; où les derniers mots qu'elle avait adressé à Alicia vendredi après-midi résonnent tristement à ses oreilles: "Bon week-end à la capitale! Et n'oublie pas d'enlever ton maquillage de mort-vivant avant de venir travailler lundi!" s'était-elle moquée gentiment, en référence aux goûts musicaux "bizarres" de sa jeune collègue.

Un lundi matin au bureau, où Thomas va boire son café et fumer sa clope seul, sans Bernard. Si seulement il les avait rejoint vendredi soir, lui et son fils, dans le 11ème, comme son collègue le lui avait proposé, si seulement?

Un lundi matin dans le service de chirurgie orthopédique de Nadia, où les transmissions entre équipes sont longues. Un service plein comme un oeuf, des blessures par balles, des blessures de guerre. Les infirmières, les aide-soignantes, les médecins, les internes, prennent leur service comme tous les lundis. Sans avoir quitté l’hôpital du week-end. Sans que Nadia ait pu rejoindre ses parents dans les Ardennes comme elle l'espérait.

Un lundi matin au lycée, où les chaises des copains Paul, Simon, et Mehdi restent vides dans la salle de classe, marquant leur absence, temporaire, ou définitive. Certains savent déja, Paul leur avait suffisament rebattu les oreilles avec son "premier concert entre potes, sans chaperon, t'imagines mec?!".

Un lundi matin dans le métro parisien, anormalement silencieux, où certains manquent à l'appel, sans que les autres le sachent.

Un lundi matin en réanimation, où peut-être un blessé se réveillera de l'anesthésie nécessaire à la lourde intervention chirurgicale subie dans la nuit de vendredi à samedi. Un lundi matin, où celui-là, celle-ci, déclinera enfin son identité. Un lundi matin où le téléphone sonnera quelque part pour annoncer une bonne nouvelle. Il, elle, a survécu.

Comme un lundi matin.

 

Illustration: Monique Mazarguil (merci 1000 fois!)

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Favoris du moment #1

6 Novembre 2015, 13:05pm

Publié par Zazimutine

Favoris du moment #1

 

Ah ah, je vous avais prévenu que j'allais m'astreindre à une certaine discipline d'écriture! Même si à ce stade, 4 billets dans la semaine, on doit plutôt parler d'acharnement! Une soif inextinguible d'écrire en ce moment, je surfe donc sur la vague et vous propose mes favoris du moment.

Cette semaine, j'ai aimé:

1) Préparer un flan pâtissier selon la recette de Jérôme le Teuff, pâtissier breton, recette, du reste, dénichée dans un magazine de salle d'attente. Le flan étant le dessert préféré de Papa Ours, voilà que celui-ci est rentré directement dans son top 3. Auto-congratulation!! Mais c'est vrai qu'il était bon mon flan!

Favoris du moment #1

 

2) Entendre la pluie tomber sur le velux. Vous le visualisez le cliché romantique où l'on écoute la pluie tambouriner sur le toit pendant qu'on est bien à l'abri sous son plaid? Même si 1) je n'ai pas de plaid 2) pour l’heure, la pluie ne tambourine pas gentiment au carreau... elle se déverse plutôt telle des paquets de mer déferlant sur Ouessant (on reste dans la métaphore bretonne quand même, obligé)...

Favoris du moment #1

 

3) J'aime décidément beaucoup l'écriture si sensible et si délicate de Camille, jeune blogueuse émigrée au Canada. Le genre d'écriture qui n'autorise presque pas le moindre commentaire, tant on a juste envie de ne pas déranger, ne pas faire de bruit surtout pour ne pas bouleverser ces mots qui semblent alignés dans un fragile équilibre. Seulement entrer sur son blog à pas de loups, et le quitter sur la pointe des pieds. Le genre d'écriture qui, personnellement, me donne envie de stopper toute velleité d'écriture, tant j'ai l’impression de produire de la mélasse à côté (et encore je reste polie). A retrouver ici.

4) J'aime cette vieille machine à coudre héritée de ma grand-mère, que j'essaie de restaurer (et ce n'est pas une mince affaire!) afin de la disposer au salon, en objet déco.

Favoris du moment #1

 

5) J'aime la vision de Germain sur son métier de médecin. Si vous avez le courage d'aller jusqu'au bout de son billet sur la loi Touraine, nul doute que vous n'en sortirez pas indemne. A lire ici.

6) J'aime enfin ce tout petit coin de ma cuisine (voir plus haut) où j'arrive à disposer quelques fleurs du jardin (sauf les coquelicots evidemment, ce sont des faux!).

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Se souvenir des belles choses

5 Novembre 2015, 13:00pm

Publié par Zazimutine

Se souvenir des belles choses

 

Au début des vacances de la Toussaint, nous avons eu la grande tristesse de perdre Très-Grand-Maman-Ours, la grand-mère de mon compagnon et l’arrière grand-mère (la seule encore en vie) de mes filles.
Chaque fois que nous la voyions, j'étais à la fois fascinée et amusée de l'observer en compagnie de ses arrière-petites filles, quatre générations d'écart jouant ensemble en dépit de l'écart d'âge.


Aujourd'hui, je me demande ce qu’elles garderont dans leur mémoire de cette arrière grand-mère :
• Les « bisous qui piquent » ?
• Les paquets de Kinder Bueno qu’elle leur donnait chaque fois qu’elle les voyait ?
• La chaise mécanique qui permettait à Très-Grand-Maman-Ours de monter à l’étage de sa maison sans se fatiguer, avec laquelle elles adoraient jouer, et elle, enchantée de les voir autant s'amuser?
• La canne avec laquelle elle marchait ?
• Ou encore cette famille de canard en bois ramené d’un de ses nombreux voyages et dont elles ont tenu à "hériter"?
• Sa voix ? Son regard ? Son rire? D’autres souvenirs, auxquels je n’ai pas accès, ou d’autres encore, un peu « fabriqués » par les récits et les photos ?

J’ai perdu ma grand-mère maternelle lorsque j’avais tout juste 6 ans. D’elle je n’ai que peu de souvenirs, je suis presque incapable de raconter une anecdote la concernant. Je me souviens de ses mains, tachées par l’âge ; j’ai une image d’elle en train de cuisiner. Et c'est à peu près tout. On me raconte ses beaux yeux bleus, à quel point elle aimait chanter, toutes les fois où elle m'a gardée, et je n'en ai aucun souvenir. Et pourtant, ce que je garde au fond de moi et de plus précieux, c’est la certitude de son affection. Cette grand-mère, je le sens, je le sais, je l’ai connue, nous nous sommes rencontrées, nous nous sommes aimées, je le ressens encore comme une richesse. Bien sûr, rationnellement, je regrette de ne pas l'avoir connue plus longtemps. Mais finalement, quand j'y réfléchis, je crois bien qu'en moi, je la sens encore "en plein", et non pas "en creux".

J’espère qu’il en sera de même pour mes filles et leur arrière-grand-mère, qui leur a témoigné tant d'affection.

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Apprivoiser la Bretagne

2 Novembre 2015, 21:42pm

Publié par Zazimutine

Apprivoiser la Bretagne

 

Loin de moi l'idée/l'envie, de caricaturer la Bretagne et ses habitants. Néanmoins, vivre dans une région à l'identité culturelle aussi forte, nécessite forcément quelques ajustements. 3 mois que nous vivons ici. 3 mois que nous nous adaptons, que nous nous apprivoisons mutuellement, la Bretagne et moi. 

Concrètement, apprivoiser la Bretagne, c'est:

 

1) Faire face à une certaine déroute capillaire

Je ne vais pas vous mentir, le climat breton est loin de rappeler celui de Marseille. Du soleil oui, mais aussi du vent, et de temps en temps (rarement) de la pluie. Etant l'heureuse détentrice d'une tignasse fort bien pourvue, et de cheveux d'une espèce réagissant de façon hystérique à la moindre trace d'humidité en frisottant et en remontant, le résultat n'a pas tardé à se faire sentir. Me voici affublée d'une coiffure mi-raide mi frisée, d'un volume non sans rappeler les Jackson Five à leur grande époque, d'une frange qui s'enroule sur elle-même, échouant à me faire passer pour plus jeune que je ne suis (l'idée de départ de la frange, étant de dissimuler les premiers stigmates de quadra dévalant la pente de mon front). Soyons honnêtes: je ressemble à un mouton passé dans un rouleau pour laver les voitures; celui avec les grands poils bleus; en vitesse turbo.

 

2) Réapprendre le code de la route

Cet item-ci caricature plus les toulousains que les bretons. Car en effet, en bonne toulousaine que j'étais, je ne respectais le code la route qu'à moitié. Il est d'usage, à Toulouse, de laisser passer le plus grand/gonflé/fort. Pour exemple, une grande avenue entrecoupée de (minables) petites rues perpendiculaires est prioritaire. Même si aucun cédez le passage ne caractérise la (minable) petite rue en question. Donc, quand on roule sur cette grande avenue, c'est assez simple, on va tout droit sans s'arrêter. A l'inverse, quand on conduit sur la dite (minable) perpendiculaire, on a peur. On s'introduit donc sur l'avenue tout doucement en faisant bien attention, alors qu'on a priorité. Si, par erreur, une voiture vous laisse la priorité (bien méritée), on le remercie pendant 5 minutes: signe de la main, feux de détresse, signe dans le rétroviseur, coeur avec les mains, la totale!

Ici, rien de tout ça, on respecte le code de la route. Fatalement, j'ai failli avoir 18 accidents en allant tout droit, sans regarder, sur l'avenue qui me paraissait la plus grande (donc prioritaire). Ensuite, quand j'ai compris qu'il fallait vraiment pour de vrai laisser la priorité aux véhicules prioritaires arrivant à ma droite des rues pourtant minables de la ville (non sans avoir essuyé quelques furieux coups de klaxon et autres gestes que la décence m'interdit de reproduire ici), j'ai été très choquée de constater qu'on ne me remerciait même pas. Non mais quel manque d'éducation! Finalement je m'y suis faite. Certes, les "rapports automobiles" sont beaucoup plus froids, moins affectifs, mais au moins, on ne craint pas le malus à chaque coin de rue (sauf si on s'évertue à ne pas respecter le (vrai) code de la route bien entendu).

 

3) S'habituer aux noms bretons

Quand je parle de région à forte identitié culturelle, je ne rigole pas: plus de la moitié des élèves des classes de mes filles ont des prénoms typiquement bretons dont, pour certains, je ne soupçonnais même pas l'existence. Dans mon boulot, plutôt "en contact avec le public" comme l'on dit, cela me pose quelques soucis car j'ai tendance à inverser les noms et les prénoms; exemple (non contractuel) "-Mr Guévan? -Non, moi c'est Mr Thomas. Guévan Thomas". Bien sûr.

 

4) Prononcer comme il faut

Là aussi gros travail. Surtout que tous les bretons ne sont pas d'accord. Par exemple, nous sommes entrainés pendant des mois à prononcer correctement ce qui donne phonétiquement le mot: "goch'tial" (la chose sus-nommée correspondant à une sorte de brioche), tel qu'on le nomme sur la presqu'île de Rhuys. C'est donc non sans une certaine fierté que Papa Ours est allé demander un goch'tial dans une boulangerie du Finistère. Il en est ressorti dépité, avec un got'chial sous le bras... (un autre jour, il faudra qu'on parle sérieusement du kig ha farz....).

Je vous fais grâce des noms de villages prononcés différement selon que l'on se situe dans le Morbihan ou le Finistère, au nord ou au sud du Finistère, au nord-du sud-du nord-du Finistère MAIS  avec une légère inclinaison de 40° vers l'est, etc...

Apprivoiser la Bretagne ne se fait pas en un jour comme vous pouvez le constater, et le chemin  est encore long. Comme l'a dit un grand philosophe..., la route est droite, mais la pente est raide. Ou l'inverse. A moins que ce ne soit le contraire... Kenavo!

 

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Le déménagement galère en 10 leçons

11 Septembre 2015, 15:46pm

Publié par Zazimutine

Le déménagement galère en 10 leçons

 

Comme vous le savez, j'ai eu la chaaaaance, il y a peu, de vivre un déménagement.

Je ne suis pas sûre d'avoir une grande légitimité pour vous prodiguer des conseils dans ce domaine, en revanche, je suis certaine de ce qu'il faut faire pour vivre un bon gros déménagement tout pourri. C'est parti!

1) Emmagasiner

Pour bien galérer lors votre déménagement, rassembler le plus d'affaires possible est indispensable. Vous pensez bien que plus vous aurez de meubles et d'objets en tout genre, plus vous aurez de chances de peiner. Dans cette optique, avoir un grenier est très utile. Dans notre ancien chez-nous par exemple, nous avons trouvé très pratique d'avoir un grenier pour y stocker un maximum de choses (grenier accessible par une échelle qui plus est). Ainsi donc, tout ce qui ne nous servait plus ou peu, y était entreposé, couvrant à la fin une surface d’environ 20m2: emballages, mobilier d'enfant désuet (poussettes, lits, berceaux, jouets, j'en passe...), affaires de sport, emballages, costumes de théâtre, emballages...

Maintenant que vous avez thésaurisé, une bonne dizaine d'années dans l'idéal, il est temps de vider votre grenier.... allez, bon courage!!

2) Prévoir peu de temps et/ou avoir des enfants

Autre pré-requis pour bien galérer: démarrer les cartons peu de temps avant le déménagement. De toute façon vous n'arrêtez pas de regarder votre appartement en vous disant que "finger in the noise" le déménagement, vu que vous n'avez pas tant de choses que ça (vous avez oublié le grenier). Pour un peu vous vous vanteriez d'être un individu plutôt détaché du matériel...

Par ailleurs, avoir des enfants est d'une grande aide. Pour peu que vous soyez seul avec vos enfants dans la période précédent le déménagement, nul doute que vous n'aurez pas le moindre temps pour commencer à faire des cartons. Ou alors vous serez trop épuisé le soir pour vous âtteler à la tache.

Pour ma part, j'ai fait 3 ou 4 cartons un mois avant la date, histoire de me rassurer. La centaine qui a suivi  a été emballée dans les 15 jours précédent le jour du déménagement (sans enfants cette fois!)...

3) Faire les cartons seul/e

Evidemment faire les cartons seul/e présente des avantages: pas de disputes possibles avec votre conjoint. Néanmoins, vous auriez gagné 2 fois plus de temps. Inutile de vous préciser que plus le temps va passer, plus vous allez paniquer. Et dans la panique vous allez donc faire les cartons n'importe comment. Ne me remerciez pas, vous le ferez lors de l'emménagement!

4) Etre indécis

Vous avez un problème: vous et votre conjoint êtes indécis. Du coup vous avez du mal à trier, jeter... Alors vous mettez de coté, vous prendrez une décision plus tard. Sauf que là, vous allez devoir mettre toute cette indécision cumulée en carton et là, je peux vous dire que vous allez le regretter. Car il va falloir prendre un bon millier de décisions en très peu de temps: jeter, garder, donner??? Surchauffe cérébrale assurée!!

5) Ne pas prévoir de garder des objets utiles

Bien sûr, n'oubliez pas de bien mettre en carton tout ce qui pourrait vous servir les jours précédant le déménagement, le jour J, et les jours suivants: draps, affaires de toilette, nécessaire pour le ménage avant l’état des lieux, outils etc... Voilà, c'est bon, vous n'avez plus rien sous la main.

6) Déménager en été et/ou habiter une région chaude

Une bonne petite canicule au moment de votre préparation accélérera le processus de dépressurisation psychologique, faites-moi confiance!

7) Vider le garage au dernier moment

Le garage c'est du gâteau, prévoyez de le faire le dernier jour. Oui, vous allez découvrir encore et encore des emballages, voire des meubles dont vous ne soupçonniez plus l'existence. Oui vous allez faire 5 aller-retour à la déchetterie dans la journée, et serez à deux doigts d’accepter la proposition de mariage du monsieur à l'accueil, mais vous allez le vider ce garage!

8) Avoir un scooter

Vous êtes généreux. Vous voulez partager votre galère avec les déménageurs professionnels qui viendront chez vous. Donc ayez un scooter. Qui ne marche pas de préférence. Par exemple, une batterie à plat depuis des années. Il va falloir alors le pousser. Réservez une surprise à vos déménageurs. Lorsque ces messieurs se proposeront de monter le scooter dans le camion, vous vous apercevrez qu'il y a un antivol accroché à la roue avant; dont la clef est.... quelque part dans un carton. Un antivol non relié à un point fixe certes, mais avec une roue qui ne roule pas. Les déménageurs devront donc ruser en hissant la bête ( qui pèse un âne mort) sur une plate-forme à roulettes pour le conduire dans le camion. Marrant non? (ayez tout de même à l'esprit que vous serez probablement mort de honte avant votre arrivée dans votre nouvelle maison).

9) Réparer soi-même

Une fois le camion rempli, il reste le ménage à faire, et plein de petits détails à corriger avant l'état des lieux. Un interrupteur que vous aviez enlevé (car gênant un meuble) à remettre par exemple. Vous armant de courage, vous irez acheter un interrupteur (puisque le précédent est evidemment parti dans un carton!) et vous allez le poser (je vous passe l'étape du choix de l'interrupteur en hot-line avec Mr Ewing). Miracle, la lumière jaillira. Mais l'autre interrupteur de la pièce ne fonctionnera plus. De même que tous les prises electriques du reste de la maison.... Ne vous plaignez pas, vous avez un interrupteur qui fonctionne!

10) Oublier de vider un tiroir

Vous avez bien sué? Malgré tous ces petits désagréments, vous y êtes arrivé? Le camion est parti et l'appartement est nettoyé? Ce n'est pas fini! Car au moment de l'état des lieux vous vous apercevrez que vous avez oublié de vider un tiroir. Dont vous viderez alors précipitamment le contenu dans votre sac à main... tellement classe!

 

Sachez que si vous suivez mes conseils, il est probable que votre emménagement sera tout aussi compliqué que l'étape précédente....

Mais au moins vous aurez presque appris à changer un interrupteur!

 

PS: grand merci à

- F. et V., mes amis secourables

- Grand-papa et Grand-maman Ours pour les 15 jours sans enfants

- Jouji et Mr Ewing pour les nombreux épisodes de hot-line (et pour l'emménagement!)

 

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Partir, s'en aller, quitter

2 Juillet 2015, 07:40am

Publié par Zazimutine

Partir, s'en aller, quitter

 

J'ai longtemps cru qu'il était plus facile de quitter que d'être quitté.

Après avoir passé la plus grande partie de ma journée d'hier à pleurnicher comme une petite fille qui vient d'apprendre la non existence du Père Noël, je peux dire qu'il n'en est rien. Surtout lorsque les au revoir semblent ne jamais vouloir s’arrêter.

Nous savons que nous allons partir depuis des mois, presque depuis septembre dernier puisque nous avons démarré l'année scolaire avec cette hypothèse.

Du coup, en grande sentimentale que je suis, je crois que j'aurais préféré un départ brutal, une mutation du jour au lendemain, hop, en 1 mois c’est plié. Au lieu de ça, c'est presque une année scolaire complète qu'il a fallu se farcir, en sachant pour tout, tout le temps, que c'était la dernière fois.

Une perspective qui semblait malgré tout assez éloignée au début, suffisamment pour la tenir à distance en tout cas, pour ne pas ressentir d'émotion particulière.

A l'école, découverte de l'école élémentaire, connaissance de nouveaux parents d'élèves, amitiés naissantes avec certains, avec toujours cette pensée enfouie, que dans quelques mois il n'en sera plus rien.

Dernière année au boulot, nouvelles collègues, nouvelle directrice, et déjà le sentiment que mince, sympa cette nouvelle équipe qu'il va déjà falloir quitter.

Dernier spectacle avec mes amis bien aimés du théâtre. Dernières répétitions, première de cette pièce que nous travaillons depuis 2 ans qui sera pour moi également la dernière. Et puis déjà, je ne suis plus là, the show must go on, le spectacle continue sans moi et c'est tant mieux même si ça fait mal.

Tous ces petits signes et la conscience sourde mais toujours présente de la fin qui se rapproche, pendant 9 mois.

Et puis ces dernières semaines, les choses qui s'accélèrent en même temps que le temps semble s'étirer comme un film qu'on regarderait au ralenti pour bien en savourer chaque moment, conscience aiguë cette fois de chaque instant qui se termine, rupture, séparation, l'une après l'autre; vie toulousaine qui semble se détricoter, maille après maille, en tirant lentement sur le fil pour que la boucle tienne jusqu'au dernier moment ou... clac! c'est terminé.

Derniers jours de travail, séminaire du service ou l'on fête le départ de ceux qui s'en vont. Repas entre collègues ou l'on insiste encore une fois. Derniers moments de complicité, derniers fous-rires à la pause de midi avec l'équipe.

Dernière kermesse de maternelle, premier et dernier spectacle de l'école élémentaire. Des regrets, beaucoup, que la cadette ne connaisse pas les mêmes instituteurs, de s'être fait de nouveaux amis, de nouvelles connaissances, jusqu'au dernier moment.

Dernier gala de danse.

Dernière assemblée générale avec tous les amis du théâtre, 10 ans que la troupe existe cette année. Ecouter leurs projets d'avenir, essayer de ne pas penser "plus jamais".

Enfin, plus tard, ce sera autre chose, nouveau travail, nouveaux collègues; nouvelle école, nouveaux parents d'élèves; nouvelle région, nouveaux voisins...

Vivement d'autres débuts ailleurs pour apaiser les fins d'ici!

 

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J'ai testé: 3h sans smartphone

2 Mars 2015, 12:26pm

Publié par Zazimutine

J'ai testé: 3h sans smartphone

 

Parfois je fais des trucs un peu foufous, comme... partir en ville en oubliant mon téléphone portable!

Je ne suis pas à proprement parler addict de mon téléphone, ou disons plutôt que je m'impose des limites, comme... ne pas le regarder quand je reçois du monde ou quand je discute avec quelqu'un; je ne le prends pas non plus à la pause repas, après tout, je suis joignable à mon boulot; mais je reconnais que le reste du temps, je suis vissée à mon téléphone, du petit-déjeuner au brossage des dents, en passant par des lieux moins commodes... bref, lors du moindre temps d'attente (salle d'attente, bus...), des temps pendant lesquels je lis le journal, parcours des blogs, joue ... le tout sur mon téléphone. Plus de place pour l'ennui.

Mercredi matin après avoir déposé mes filles à l'école et être montée dans le bus pour une course en ville, je me suis rendue compte que j'avais oublié mon portable. Ce qui impliquait que:

1) je n'avais pas l'heure

2) je n'étais pas joignable; sachant que je suis actuellement la personne de premier recours, voire la seule personne de recours, au cas où l'école chercherait à me joindre.

Après un intense moment de désarroi, j'ai fini par penser à autre chose et collé mon nez à la fenêtre pour regarder dehors; après tout j'allais chercher mes filles à 11h30 et pour l'heure, je pouvais toujours demander à quelqu'un.

Je suis arrivée au centre-ville un peu avant 9h; heure à laquelle tous les magasins sont encore fermés. Nouveau moment d'égarement, qu'est-ce que j'allais donc bien pouvoir faire en attendant 10h SANS mon téléphone?! Je suis entrée dans un café. A ma gauche, un écran géant branché sur les infos en continu, me permettant d'avoir l'heure et un endroit où regarder. Parfait. Après quelques minutes à ingurgiter des images sans commentaires, ce qui, somme toute, n'avait qu'un intérêt limité, je me suis intéressée à mes voisins de café:

- en face de moi deux jeunes filles, discutant et pianotant sur leur téléphone en même temps; je m'étonne de ce nouveau mode de communication, être là et ailleurs à la fois; peut-être une question d'habitude; peut-être que lorsqu'on n'a connu que ce mode de relation, ça ne choque pas; pour l'heure, je déteste ça.

- à droite, un homme seul; tiens, il lit le journal et gratte des jeux, lui, pas de portable; ah si, il vient de recevoir un sms, le voici maintenant plongé dedans.

- à l'extrême droite, un groupe de 3 hommes qui semblent en discussion animée; pas de portable du tout, ça change. Je pense qu'ils discutent politique, un autre type d'addiction.

- à ma gauche une dame arrive; premier geste: sortir son téléphone de son sac et le placer bien en vue sur sa table.

Je ne peux pas dévisager mes voisins de table indéfiniment, si bien que je finis par m'ennuyer. Je me décide à écrire, ce café me donne plein d'idées. J'ai des stylos mais pas de papier; je trouve quelques post-it dans mon sac, ainsi qu'une vieille facture; au dos, je griffonne ce qui me vient à l'esprit, mais me trouve bien vite sans place pour écrire. Je regarde dehors, et laisse mon esprit vagabonder, je dois avoir l'air complètement neuneu, perdue comme ça dans mes pensées. Au bout d'un moment, je quitte le café. Les magasins ne sont toujours pas ouverts. Dans la rue, j'observe, encore et encore. Mon regard est attiré par une passante: son corps ne va pas du tout avec sa tête. Elle porte des escarpins à talons d’au moins 12 cm, avec un renfort clouté doré derrière, et une écharpe blanche qui traine presque par terre. C'est dangereux, une actrice américaine dont le nom m'échappe est morte comme ça, son écharpe s'est accrochée dans la roue de sa voiture et l'a étranglée. Au dessus de cette tenue quelque peu extravagante, un petit minois de souris qui semble tout timide. On dirait que cette dame a été relookée par Cristina Cordula.

J'arrive devant chez George (Clooney) qui n'est toujours pas levé. Nous sommes plusieurs à l'attendre, une femme arrive derrière moi, elle me regarde en chien de faïence. Ridicule, il est évident qu'il y aura assez de George pour tout le monde.

Je repars enfin avec ma dose de café et je reprends le bus. A travers la vitre de ce dernier, j'admire les hôtels particuliers tout le long du boulevard. Il y a vraiment des gens qui vivent là-dedans? J'entends un bébé qui hurle; je me rappelle comme ces cris me stressaient lorsque mes filles étaient elle-même bébés, ça semble loin tout ça. Nuages, ciel plombé, cîme des arbres, je m'abîme dans la rêverie, plus envie que ça s'arrête, je suis bien là, dans ce bus.

Je rentre enfin chez moi. Sur mon portable, pas d'appels en absence, pas de messages, soulagement.

Au fond, ces 3h sans téléphone... ça avait sacrément le goût de la liberté.

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Un corps en hiver

22 Janvier 2015, 12:52pm

Publié par Zazimutine

Un corps en hiver

 

Quand on feuillette des magazines féminins en ce moment, on s'aperçoit que les images sensées rendre compte de ce à quoi on ressemble en hiver, sont loin, très loin de la réalité. Prenez un magazine. Là, regardez:

- ici, de belles boucles dépassant négligemment d'un bonnet de laine douillet alors que tout le monde sait bien que le port du bonnet rend les cheveux raplapla, ternes et comble de la beauté capillaire: électriques!

- là, charmant minois pointant le bout de son nez au-dessus de sa maxi-écharpe, pommettes savamment rosies par le blush, lèvres rouges vif contrastant avec l'étendue immaculée en arrière plan. Un mythe bien entendu, allez maquiller un visage passé à la toile émeri par le froid, allez donc poser un rouge à lèvres sur des lèvres gercées!

- mieux: à la maison, mannequin regardant la neige tomber de derrière sa fenêtre, à peine vêtue d'un gilet long et de deux jambières en cachemire; d'une part, se promener les cuisses nues à la maison lorsqu'il gèle à pierre fendre dehors rend la peau bleuie et marbrée; d'autre part, que je sache, personne n’est frileux juste du haut du corps!

En ce qui me concerne, mon corps subit en hiver une transformation qui le rapproche plus du phoque que de la délicate gazelle. Et pour cause: le phoque vit sur la banquise tandis que la gazelle, rarement (ou alors pas longtemps).

Car oui, le phoque, pour se protéger du froid, accumule une épaisse couche de gras, voire de lard. C'est ce que j'ai fait moi aussi pendant les fêtes, me gavant de chocolats et autres foie gras, uniquement pour me protéger des frimas à venir. Limite je me suis forcée. Mon jean ne me dit pas merci, là par exemple, la toile tendue à l'extrême sur mes cuisses, je ne sens quasiment plus mes pieds.

Le phoque entretient, de fait, une certaine lourdeur dans sa démarche. Moi aussi. J'ai décrété qu'il faisait définitivement trop froid pour continuer à venir au boulot en vélo et pour ressortir le soir, et j'ai donc laissé tomber toute activité physique.

Le phoque entretient un pelage très dru, très serré, le rendant imperméable à l'eau. Tout pareil. La longueur actuelle de mes poils aux pattes n'est pas loin de me rendre totalement amphibie. D'ailleurs je vais à la piscine ce samedi, je vais pouvoir tester ma nouvelle combinaison entièrement naturelle. Sinon, j'essaierai de rentrer dans le livre des records, mon 19mm à la face postérieure du mollet droit me semble assez prometteur.

Le phoque, telle la glace qui l'entoure, est blanc comme neige. Oui enfin, le bébé phoque. Mon corps, tel le carrelage qui l'entoure, est blanc comme un bidet.

Le phoque n'est pas écolo (le dérèglement climatique c'est lui, vous ne saviez pas?). Moi non plus. Je laisse couler l'eau chaude sur la partie droite de mon corps pendant que je savonne la partie gauche et inversement.

Vous l'avez compris, l'hiver je suis à l'apogée de ma sexytude.

Mais regardez-moi cette frimousse, avec ces grands yeux noirs et cette moustache, c'est pas mignon?

Sur les bébés phoques, oui.

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Inconsolables

11 Janvier 2015, 22:56pm

Publié par Zazimutine

Inconsolables

 

Depuis mercredi, je retiens mes larmes. Je les sens là, palpitantes dans ma gorge, prêtes à jaillir si je baisse la garde. Je ne les laisse pas couler, parce que j'ai un peu honte au fond, ma peine me semble si dérisoire, en regard de celle que doivent éprouver ceux qui ont perdu des amis, un père, une mère, un enfant, un grand-père.

Il y a bien sûr le chagrin, l'horreur ressenties face au terrorisme cherchant à museler la liberté d'expression, et tuant sans discernement des innocents, qui au mauvais endroit au mauvais moment, qui faisant son devoir, son travail, simplement.

Et puis il y a Charlie Hebdo. Ce journal qui a accompagné une bonne partie de mon enfance, de ma jeunesse, et dont je continuais à croiser la route si souvent, en témoigne ce bouquin "les années Charlie" trônant dans ma bibliothèque, reprenant les dessins les plus marquants de l'hebdo de 1969 à 2004.

Charlie Hebdo, ce fut d'abord Hara Kiri Hebdo, prolongement hebdomadaire du mensuel Hara-Kiri, dont tous les lecteurs de Gotlib ont au moins une fois entendu parler. Interdit de parution en 1970 par le ministre de l'intérieur de l'époque, il renait sous les traits de Charlie Hebdo. Ses membres "historiques": Cavanna, Reiser, Cabu, Wolinsky, Gébé, Siné... tous ces libres penseurs qui avaient droit de cité à la maison: bouquins de Cavanna trainant sur la table du salon, BD de Reiser que ma mère adorait, celles de Wolinsky, plutôt lues par mon père, Cabu et son grand Duduche passé dans les mains de toute la famille. Cabu, c'est aussi le dessinateur de Récré A2, celui qui croquait Dorothée comme personne avec son grand nez pointu, et qui avait d'ailleurs dessiné la pochette de l'album que j’écoutais en boucle. Le doux Cabu, qui semblait si timide caché derrière sa grosse frange et ses petites lunettes.

La parution de Charlie Hebdo s'est arrêtée pendant 10 ans. Elle a repris à partir de 1992, gardant certains de ses piliers, mais avec aussi des nouveaux venus, dont Charb, HonoréTignous. Plus tard, j'ai donc continué à croiser le journal égaré ici ou là: ma mère, mon frère le lisaient. Encore plus tard, c'est mon compagnon qui l'achetait chaque mercredi. Je le voyais pouffer de rire. Je dois reconnaitre que je me plongeais rarement dedans; généralement, je lisais la petite BD de Charb "Maurice et Patapon" dont l'humour scato-crado me faisait autant rire qu'il me choquait. Je lisais aussi la chronique d'Oncle Bernard, l'économiste Bernard Maris, dont j'aimais également écouter l'accent chantant sur France Inter, essayant désespérément de retenir ses  arguments pour les ressortir lors de mes discussions "politiques" avec des amis. Mais dans l'ensemble, j'évitais la lecture de Charlie Hebdo qui me rendait mélancolique. Le monde qu'ils décrivaient semblait, à juste titre, si dénué d'espoir, si moche, derrière la caricature... l'humour, la politesse du désespoir dit-on.

Aujourd'hui, je me sens profondément endeuillée dans mon éducation, dans ma culture, dans les valeurs que nos parents ont voulu nous transmettre à mon frère et à moi. Je pense que nous sommes nombreux à nous sentir orphelins, nous les enfants de cette génération de soixante-huitards libertaires, qui pensaient peut-être qu'on pouvait changer le monde sans les armes, juste en s'aimant et en riant très fort.

Depuis mercredi, je suis juste une enfant inconsolable.

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