Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Touzazimutin

humeur

Mon kung fu kiné

25 Novembre 2014, 10:14am

Publié par Zazimutine

Mon kung fu kiné

 

J'ai repoussé pendant des semaines. Et puis il a fallu que je m'arme de courage pour me décider à prendre rendez-vous avec un nouveau kiné. Non que cela me fasse peur, mais plutôt que, faire de la kiné, même dans l’objectif de voir disparaitre une douleur, ce n'est pas très gratifiant. Pas comme un rdv chez le coiffeur ou l’esthéticienne, où lorsqu'on en ressort, on a au moins l'impression d'avoir passé un bon moment, voire de se sentir un peu mieux dans ses baskets.

Pour ma part, lorsque je sors de chez mon nouveau kiné, je suis surtout soulagée. D'être encore en vie.

Je souffre d'une tendinite à l'épaule depuis 2 ans. Je le dis volontiers haut et fort, pour une fois que j'ai une pathologie qui ne laisse pas entrevoir des pustules ou des joyeusetés digestives. Parce que sinon je suis un peu la spécialiste mondiale des maladies pas glamour. Alors que là, tendinite, ça a ce je ne sais quoi de classe, genre sportive qui a un peu abusé de la compète. En fait non, ma tendinite à moi c'est juste de la vieillerie, une maladie absolument classique à la quarantaine mais chut!, les autres ne le savent pas.

Ma tendinite donc. Pour laquelle je dois refaire de la kinésithérapie. J'ai suivi les conseils de la rhumatologue et appelé le kiné dont elle m'avait refourgué le nom. Mais les rhumato sont comme les dermatos: ils conseillent mais ils n'ont pas essayé.

Mon nouveau kiné, 1m70 de haut, 1 mètre de large. 95% de muscles, 4% d'os, 1% de divers. Chaque centimètre carré de son corps semble rentabilisé à sa profession: masseur-kinésithérapeute.

Je suis sûre que ce mec fait des arts martiaux, obligé.

Je le soupçonne de faire craquer en douce toutes ses articulations pendant que je me déshabille. Avec lui je découvre une nouvelle technique de massage: tuer la douleur par la douleur. Avec lui, le mot "masser" prend tout son sens: pétrir. C'est ça, il me pétrit l'épaule: les tendons les muscles, les os et même la moelle osseuse. Si ça se trouve c'est un boulanger reconverti dans le massage mon kiné. Il m'a tellement bien pétri la 1ère fois (et je vous assure que ça n'a rien de sexuel!), que j'ai eu l'épaule endolorie pendant 48 h comme si on m'avait administré un vaccin.

Après le massage, vient la séance d'écartèlement: il s'agit de libérer mes articulations. Chaque fois qu'il m'empoigne de ses petits bras musclés (et je vous assure que ça n'a rien de sexuel!) , j'ai l'impression qu'il va me briser en plusieurs morceaux. Quand il me libère les vertèbres j'ai l'image d'un fauteuil roulant qui me vient à l'esprit, quand il me libère les côtes je me demande s'il va m'embrocher un poumon au passage.

Et puis il y a son petit sourire en coin à l'issue de la séance d'écartèlement "ça cartonne hein?", tout juste s'il ne pousse pas des gnnnni haaaaa pendant l'acte. Je suis sûre qu'il se retient de courir sur les murs pour sauter à pieds joints sur mes abdos histoire de me libérer les tripes!

Bref, je ne sais pas si mon kiné va me guérir de ma douleur à l'épaule, ce qui est certain c'est qu'il va être responsable d'une nouveau symptôme psychopathologique: la phobie du kiné.

La prochaine fois je vous parle de mon psy, celui qui va me guérir de mes phobies. Je ne le connais pas encore mais me connaissant... ça va cartonner!

Lire la suite

Vélo Town

3 Novembre 2014, 21:40pm

Publié par Zazimutine

Vélo Town

 

Mon titre est ironique bien sûr. C'est que, voyez-vous, chers lecteurs, depuis septembre, je suis devenue cycliste. J'ai donc pu me rendre compte à quel point ma ville, comme la plupart des villes de France, manque d'infra-structures facilitant les déplacements à vélo.

Tout a commencé en septembre de cette année donc. En réalité, je lorgnais depuis des lustres sur les cyclistes, enviant les jeunes mamans qui transportaient de façon si mignonne leur petit poupon aux joues rosies par le grand air, sagement assis sur un siège fixé à l'arrière de leur vélo. Alors j'ai investi moi aussi dans un siège bébé pour vélo. Qui m'a servi 2 ou 3 fois. C'est que lorsqu'on est une jeune maman qui doit déposer tous les matins son bébé à la crèche des 1000 collines, la tâche est un peu ardue de le faire à vélo. En effet, je n'envie à Richard Virenque ni son maillot à pois, ni la taille de ses cuisses (ni son QI). Bref, en dehors de 2-3 sorties avec ma fille ainée, j'ai remis mes projets cyclistes à plus tard. Et puis ma cadette est rentrée à l'école. L'idée m'est alors venue d'aller au boulot en vélo. Ce que j'ai finalement concrétisé seulement cette année (la reflexion, un mode de vie...). Peu à peu je me suis donc transformée en cycliste, et je prends de plus en plus mon vélo, même pour aller en centre-ville.

Les avantages de ce nouveau mode de vie sont évidents:

- depuis que je roule à vélo je fais des économies considérables de frais d'essence,

- j'arrive à l'heure au boulot: 15 minutes de trajet quoiqu'il arrive; en voiture entre 12 et 45 minutes selon la circulation,

- je ne pollue pas (du coup mon bilan carbone diminue)

- cela me permet d'avoir une activité physique un peu plus soutenue,

- j'ai découvert ma ville sous un autre angle, bien plus sympathique, notamment le canal du Midi,

- je me suis rendue compte que nous étions très nombreux à utiliser ce mode de transport; j'ai donc l'impression de faire partie de la communauté des cyclistes (ça sert à rien mais ça fait plaisir!)

Les inconvénients existent aussi:

- je ne pollue plus, mais les autres si! Si j'ai la chance pour aller travailler d'avoir un trajet presque entièrement en voie "verte", les 300 mètres qui me séparent du début de la piste cyclable me donnent l'impression de sniffer directement à sa sortie le pot d'échappement des voitures devant moi; ce qui m'a occasionné au début pas mal de sinusites,

- j'arrive suante au boulot, c'est ennuyeux, surtout pour les autres; je consomme donc un peu plus de déodorant (du coup mon bilan carbone réaugmente)

- et surtout, surtout, la cohabitation vélo/voitures/piétons est plus que difficile. En dehors des trajets sur pistes cyclables réservées et totalement sécuri-sées/-santes, finalement assez peu nombreuses, il existe chez nous différentes façons de circuler pour les vélos au centre-ville:

  • les bandes vertes tracées le long de la route pour signifier aux voitures de laisser de la place aux vélos. Géniale invention, surtout lorsque les voitures se garent dessus, roulent sans vous laisser la place indiquée etc...
  • les voies de bus qui peuvent être empruntées par nos amis cyclistes... Personnellement, emprunter les voies de bus et, par conséquent, me faire doubler par ces géants de tôle à grande vitesse, me donnent envie d'avaler un tube de lexomil,
  • les voies à contre-sens. Route à sens unique pour les voitures mais pas pour les vélos, vous pouvez donc vous balader sans problème dans l'autre sens. Sauf que les automobilistes n'étant pas courant, ils ne font absolument pas attention aux vélos qui arrivent en sens inverse, voire même vous insultent copieusement (je le sais, je l'ai fait!),
  • sans compter les absurdités telles que voie qui s'arrête d'un seul coup vous laissant perdu au milieu d'un flot de voitures,
  • alors bien sûr il reste les trottoirs, mais.... les trottoirs ne sont-ils pas réservés aux piétons? Moi quand je suis à pied avec mes 2 filles, sincèrement, ça me gonfle de nous pousser pour laisser passer un vélo.

En résumé, en circulant en ville à vélo, je ne me sens le plus souvent pas en sécurité. Et je ne vous parle pas des fois où j'ai une de mes filles à l'arrière. J'ai évidemment également renoncé à mon rêve Ricolo (la famille Ricoré écolo quoi!): circuler en ville avec mes enfants sur leur propre vélo. Dommage.

On est quand même loin des modèles allemands et autres pays d'Europe du Nord...

Lire la suite

Arachno-méga-phobie (suite)

16 Octobre 2014, 22:30pm

Publié par Zazimutine

Arachno-méga-phobie (suite)

 

En principe, parler de sa phobie permet de désamorcer une bonne partie de l’anxiété liée à l’objet de celle-ci. En principe.

Pour ma part, depuis que j’ai écrit un billet sur ma phobie des araignées, ma peur grandit au fil des jours. Et pour cause : je suis harcelée par la corporation des araignées mal-entendantes du grand Sud-Ouest (prouvez-moi que les araignées malentendantes n’existent pas, et on en reparle). Visiblement mécontentes de mon précédent billet qui, selon elles, les stigmatisent et incitent au meurtre d'arachnides, elles me pourchassent de leurs pattes velues.

Ainsi, depuis la parution de mon article, j’ai du lutter à mains nues à 4 reprises. 4 rencontres fortuites d’araignées en 2 semaines, c’est plus que ce que je peux vivre habituellement en un an.

La première fois, quand j’ai croisé Chloé n°1 dans ma salle de bains, quelques jours seulement après mon billet, j’ai trouvé ça marrant, ironie de la vie, tout ça... Certes, j’ai un peu sursauté et failli avaler ma langue, mais j’ai incité papa Ours a utiliser la fameuse technique du verre retourné. Et réussi, indirectement à sauver une vie, fierté.

A la deuxième Chloé rencontrée, encore dans la salle de bains, j’ai déjà moins rigolé. Papa Ours, lui, maitrisant dorénavant très bien la technique du verre citée plus haut, m’en a débarrassée la fleur au fusil, si je puis dire.

Quand j’ai vu Chloé n°3 cachée sous mon meuble de salles de bains, inatteignable, j’ai commencé à envisager avec terreur l’existence d’un nid d’araignées (dites-moi que ça n’existe pas !) dans la pièce ; ou bien une espèce de tunnel secret entre l’extérieur et ma salle de bains, qui serait un lieu privilégié de festivités araignesques, genre rave-partys avec inévitablement, biture et gueule de bois dans le bac de ma douche .

Et puis hier soir, le drame. Une araignée énorme visible entre ma fenêtre et le volet roulant. Mais vraiment énorme ! Presque aussi grosse que celle dont la photo circule sur internet (quôa ? vous n’avez pas entendu parler de l’araignée géante de Calais ??). Enfin presque. Dehors donc, mais tout de même, à vol d’oiseau, beaucoup trop près de ma petite personne. Et puis si elle arrivait à rentrer par l’aération de la porte-fenêtre ? J’ai réussi à convaincre Papa Ours de nous en débarrasser. Je dois dire qu’il n’en menait pas large non plus, oubliée la technique du verre retourné. Il a fallu mobiliser toutes nos ressources d’humanité pour ne pas zigouiller la bête entre deux mouvements de volet roulant (en fait j’avais surtout peur du bruit ignoble que ça allait faire lors de l’écrasement). Bref, Il a ouvert le store, fait tomber la bête sur la terrasse, et nous avons pu nous endormir.

A 5h30, je me suis malencontreusement réveillée. J’ai repensé à l’araignée et à comment j’allais réagir si je la recroisais dans l’appartement. Genre si elle emprunte le festi-tunnel avec bain au champagne dans ma salle de bains.

Je n’ai pas réussi à me rendormir.

J’ai interdit à papa Ours d’aérer la chambre.

D’ailleurs je n’ouvrirai plus jamais les fenêtres de mon appartement.

Mon seul salut est désormais de déménager en Bretagne.

En espérant que le syndicat des araignées bigoudènes borgnes n’aura pas été informé par leurs consoeurs de notre arrivée prochaine.

Lire la suite

Arachnophobe

1 Octobre 2014, 21:51pm

Publié par Zazimutine

Arachnophobe

 

Bonjour, je m'appelle Cécile et je suis arachnophobe. Bonjoooour Cécile!

En réalité, je ne m'appelle absolument pas Cécile; mais j'ai failli porter ce prénom. Et comme je n'ai aucune envie que le président de la ligue de défense des arachnidées (je suis sûre que ça existe!) me tombe sur le paletot, je préfère rester anonyme.

Rien que d'écrire un mot qui commence par "arach-", une sueur froide me parcourt le corps, c'est un peu comme avec l'arak, cette boisson alcoolisée anisée, qui me donne aussi des sueurs froides, mais pour d'autres raisons.

Bref, je suis arachnophobe, j'ai peur des araignées.

La preuve, je ne peux même pas mettre une photo d'araignée pour illustrer mon article. Non, je préfère une photo de nénuphar, c'est parmi mes photos ce qui à mon avis ressemble le plus à une araignée mais sans provoquer de crise d'angoisse (cherchez pas!).

Je crois bien que cette phobie remonte à l'enfance, peut-être depuis la fois où j'ai fait ce cauchemar incluant une énorme araignée tueuses d'hommes. Je me souviens très précisément de ce rêve d'il y a pourtant 30 ans. Je me promenais sur une colline déserte avec ma maman, quand tout à coup l'araignée se jetait sur ma mère pour la tuer. C'était une araignée spéciale dite tête de mort, de la taille d'un sanglier (si tant est que l'on puisse comparer ces deux bestioles) composée d'os, c'est-à-dire une araignée faite uniquement d'un squelette, avec une tête de mort sur le dos. Brrrr! Je crois me souvenir que je me suis réveillée en hurlant.

Depuis, j'ai donc peur des araignées, toutes les araignées; évidemment, ma peur grandit avec la taille de la bête, mais même les petites me donnent des frissons, il y a quelque chose dans ces grandes pattes qui gigotent qui me révulse profondément.

Jusque là, j'arrivais à vivre avec.

Certes, la vue d'une araignée me faisait systématiquement pousser des cris dignes des plus grands films d'horreur du 7ème art; j'aurais pu devenir doubleuse de films d'horreur d'ailleurs, je suis sûre que j'aurais fait un tabac pour le doublage de "Freddy les griffes de la nuit", il aurait suffi de me montrer des photos d'araignées pour que je hurle à pleins poumons. Mais après tout, mes rencontres avec les choses à 8 pattes étaient peu fréquentes et cela restait viable.

D'autre part, je me débrouillais toujours pour avoir quelqu'un susceptible de me débarrasser rapidement de la bestiole, j'évitais les destinations à risque (même pas en rêve je mettrai les pieds dans un pays ou les araignées peuvent mesurer plus de 5 cm d'envergure (ça se dit pour une araignée?), j'habitais en ville, en appartement. Bien, en psychologie de base cela s'appelle de l'évitement, ou comment ne pas affronter sa peur en évitant d'y être confronté (et ainsi voir grandir sa phobie).

Et puis j'ai eu des enfants. Et je me suis dit que je ne pouvais décemment pas me mettre à hurler comme ça devant elles, je ne voulais pas descendre trop tôt du piedestal sur lequel elles m'ont placée. D'autre part, je voulais éviter de leur transmettre cette peur somme toute irrationnelle.

Alors j'ai décidé de me soigner, moi-même, toute seule, progressivement.

Hors de question pour moi de faire un stage d'arachnophobie avec un psy, qui consisterait à m'exposer progressivement à l'objet de ma peur. Inenvisageable pour moi d'arriver, en fin de stage, à faire des sauts périlleux avec une araignée sur l'épaule, ou à gratter le ventre d'une mygale en pouffant de rire. Pourquoi ne pas aller boire un coup avec elles pendant qu'on y est!

Mon objectif était simple: pouvoir regarder une araignée sans hurler, et sans la tuer (oui parce que bon, la ligue de défense des araignées, mon éthique personnelle, tout ça...)

J'ai donc essayé pas mal de choses:

- lors de rencontres fortuites, je m'efforce de respirer avec le ventre, pour calmer mes tremblements et autres symptômes de peur

- je me suis mise à leur donner un nom: toutes les araignées que je rencontre se nomment désormais Chloé, ça leur donne un air plus sympathique

- j'essaie de penser à leur famille, leurs parents, leurs enfants... ça les humanise

- j'essaie ce truc donné par un copain: face à une araignée, l'emprisonner avec un verre retourné, taper sur le verre pour qu'elle se recroqueville, mettre un couvercle et l'emmener ainsi dehors. J'ai réussi une fois. Avec une minuscule araignée.

Ca se passait bien, j'arrivais à me maitriser. Plus de cris, plus de meurtres.

Et puis dimancher dernier, la rechute. En entrant dans les toilettes, je me suis retrouvée face à un monstre à 8 pattes, un gros, énoorme, de la taille d'un... kiwi (si tant est que...). Ayant réussi toutefois à étrangler dans ma gorge le cri qui ne demandait qu'à sortir de mes cordes vocales en panique, sentant l'affolement de mes milliers de follicules pileux, mon sang n'a fait qu'un tour, j'ai pris un magazine et assommé sauvagement la bête. Puis je l'ai faite rouler jusqu'à la terrasse, incapable, même dans cet état, de l'attraper.

Ayant réussi à la mettre dehors, une sorte de furie m'a tout à coup envahie, j'ai frappé, frappé et encore frappé la pauvre bête...

 

Bonjour, je m'appelle Cécile, et je suis une tueuse d'araignée. Bonjoooour Cécile!

Puisse le Dieu des araignées me pardonner.

Lire la suite

Ma libération féminine

16 Septembre 2014, 14:03pm

Publié par Zazimutine

Ma libération féminine

 

Cet été, j'ai vécu un grand moment dans ma vie de femme, un moment qui restera gravé dans le marbre de la Libération de la Femme, avec un grand L et un grand F, oui, ne soyons pas modestes, car cet été, j'ai changé une roue.

Je vous raconte.

Le 14 juillet 2014, Papa Ours s'est aperçu de la présence d'une vis plantée dans le pneu arrière gauche de ma voiture. Le 14 juillet, comme un clin d'oeil ironique à la Révolution, comme un appel du pied à ma propre révolution intérieure en marche vers la Liberté!

Bref, un clou donc, si bien planté qu'il fallait intervenir rapidement avant la crevaison. Et ce, quelques jours avant notre départ en vacances. Enfin MON départ en vacances, seule avec mes filles, une semaine avant que Papa Ours nous rejoigne à son tour. Il va sans dire que la crevaison sur le bord de l'autoroute A10 en plein rush de vacances, en plein cagnard, et SEULE avec mes filles, je ne la sentais pas trop.

Ayant quelques jours de répit sans mes gobelines préférées avant le fameux départ en vacances, 3 jours pour être exacte, il fallait faire vite. Je dus donc renoncer à mes projets fort réalistes de relooking intégral de notre appartement pour me concentrer sur cet unique projet épanouissant: faire réparer mon pneu.

Bien entendu, il faisait chaud, ce fut même la semaine la plus chaude du mois de juillet.

J'ai toujours pensé que je serais réellement une femme libre et autonome le jour où je saurais changer une roue. Pourtant, je sais déjà changer une chasse d'eau. Je suis consciente que cela fait de moi un être assez extraordinaire mais reconnaissons-le: savoir changer une chasse d'eau est peu utile en cas de crevaison sur l'A10 en plein cagnard, et avec deux enfants en bas âge risquant la déshydratation aigüe.

A ce moment de l'histoire, je dois bien l'avouer, j'espérais malgré tout remettre à plus tard cet épisode décisif dans ma vie de femme, en impliquant directement mon compagnon. Ce que je réussis à faire partiellement. Ayant adopté la solution la moins onéreuse, c'est papa Ours qui fut chargé de démonter la roue crevée, de la remplacer par la roue de secours, et de l'apporter pour réparation.

Le lendemain, il ne me restait plus qu'à retourner chercher ma roue réparée, afin de la remonter à la place de la roue de secours. Ce soir là, comme de juste, l'Homme ne rentrait pas. Il fallut donc que je me débrouillâsse (j'espère que vous êtes sensible à mon maniement hors pair de l'imparfait du subjonctif?).

Ayant la chance de bénéficier de la place la plus ensoleillée du parking, j'attendis patiemment que ma place passe à l'ombre; ce qui se produit vers 21h.

Je descendis enfin, prête à vivre ce moment historique.

La température extérieure était de 36°C, le taux d'hygrométrie d'environ 20%.

Dans ma tête se jouait une petite musique du genre de Rocky. J'étais prête à en découdre.

Prévoyante, j'avais enfilé un vieux pantalon (la suite de l'histoire nous révèlera que j'ai bien fait) mais gardé mon tee-shirt du jour (la suite de l'histoire nous révèlera que j'ai mal fait).

Je me mis donc à la tâche. Me souvenant des rudiments de changement de roue qui m'avaient été enseignés lors d'un fugace passage du code en.... enfin il y a quelques années, je me souvins qu'il fallait d'abord commencer à dévisser les boulons avant de soulever la voiture. D'un geste précis et pleine d'entrain, j'attrapai le... enfin le truc là, qui permet de dévisser. Je tournai. Je tournai. Rien ne se passât. Pas le moindre millimètre de rotation de la vis en question. Je me souvins avoir vu parfois le mâle donner un coup de talon sur la clef. Ce que je fis, réussissant à faire virer la vis de quelques millimètres. Puis plus rien. J'eus beau sauter rageusement à pieds joints sur la clef, essayer une autre vis, rien de rien! Les yeux commençant à me piquer, je réfléchis. Il me vint subitement à l'esprit que j'essayai peut-être de visser au lieu de dévisser. Alléluia! Je dus user de toute la force de mes talons pour dévisser ce que j'avais maintenant vissé à fond, mais enfin, les vis acceptèrent enfin de se déloger.

Il s'agit ensuite de poser le cric. J'avais bien observé Papa Ours le faire la veille, et même demandé quelques explications (mais pas trop parce que bon, je suis une femme libérée ou bien?!). J'introduis donc le cric à son emplacement, puis commencai à tourner le bordel pour lever le voiture. La tâche fut longue, trèèèès longue. M'étonnant tout de même que le cric se retrouvât en diagonale par rapport au sol et non perpendiculaire, je crains un moment que le tout se casse la gueule. Je redescendis donc la carcasse et recommencai. 3 fois. Pour finalement accepeter que cette saleté de cric ne serait jamais exactement perpendiculaire et advienne que pourra. Il ne restait plus qu'à finir de dévisser la roue de secours, mettre la nouvelle roue, la revisser et basta.. Un jeu d'enfant.

Effectivement tout se passa bien avec la roue de secours. Les choses se compliquèrent avec le pneu. Pour le déplacer déjà. Puis pour le soulever étant donné qu'un pneu avec jante pèse à peu près un âne mort au regard de mes deux biceps scrofuleux. Et puis quand bien même j'arrivais à soulever l'engin (en m'aidant de la hanche, la cuisse, le ventre et de tout ce qui pouvait déborder), la roue ne tenait pas à son emplacement. M'essuyant les larmes la sueur juguale d'un revers de main, je re-réfléchis. Là encore la lumière jaillit dans mon esprit embrumé: la roue de secours étant plus fine que la roue titulaire, il me fallait peut-être lever un peu plus la voiture à l'aide du cric. En effet, la roue fut finalement hissée à son emplacement et revissée (non sans quelques difficultés!). Le plus dur était fait. Il suffisait ensuite de dévisser le cric et de ranger la roue de secours à son emplacement (je vous épargne l'épisode où cette dernière se retrouva totalement de guingois sous la voiture).

Bilan de ma libération:

- environ 1h30 de travail.

- pas mal de centilitres d'eau de perdue que ce soit sous forme de sueur, ou de larmes.

- un pantalon et un tee-shirt foutus.

- une manucure remise à (beaucoup) plus tard.

M'en fous, parce que maintenant, moi, je suis une femme épanouie!

Lire la suite

Les parfaits auto-stoppeurs

20 Août 2014, 16:51pm

Publié par Zazimutine

Les parfaits auto-stoppeurs

 

Il y a quelques semaines, alors que je patientais à un feu, je suis tombée en pamoison devant un couple d'auto-stoppeurs. J'avais devant les yeux, LE couple d'auto-stoppeurs, c'est-à-dire, si elle existe, la perfection faite auto-stoppeur!

Parce que bon, il faut bien le dire, si dans les années 70, il était bon enfant de faire du stop, cool, et toute cette sorte d'attitude détendue et nonchalante, aujourd'hui, les auto-stoppeurs font peur. Moi-même, trouillarde de première classe, je n'en ai jamais pris, tant je crains de tomber sur le serial killer de service à la recherche d'une proie facile. D'ailleurs, des études sociologiques ont été réalisées à ce sujet: il est prouvé que lorsqu'on fait du stop, on a plus de chances d'être pris si on est une femme, si l'on est jeune, et si l'on est blonde (avec une forte poitrine étant j'imagine la cerise sur le gâteau). Mais moi, même une jeune femme blonde (et a fortiori avec une forte poitrine!) je ne prends pas. Des fois qu'un serial killer se dissimulerait sous cet accoutrement. On n'est jamais trop prudent.

Mais l'autre jour, devant ce couple d'auto-stoppeurs, j'ai failli craquer, revenir sur mes principes de prudence élémentaires théorisés et mis en pratique depuis que je suis en mesure de transporter des gens dans mon véhicule, soit une (toute) petite quinzaine d'années.

Laissez-moi donc vous décrire ce parfait couple d'auto-stoppeurs:

- Elle, jeune, petite, souriante, mignonne comme un coeur. Jolie, mais pas trop, manière à ne pas effrayer la gente féminine; suffisament toutefois pour satisfaire la gente masculine.

- Lui, jeune, grand, souriant, mignon comme un coeur; beau en fait, genre acteur de série américaine; avec des fossettes; manière à rassasier la gente féminine, sans effrayer la gente masculine qui, de toute façon en a rien à battre du gars puisqu'il y a matière à reluquer (oh, pardon d'être aussi caricaturale, mais j'ai fait du stop moi-même il y a une vingtaine d'années et... je pourrais vous en raconter!)

- Eux, ensemble, amoureux; on peut souligner l'intelligence de ce couple qui, de cette façon, réunit tous les critères pour séduire un maximum d'automibilistes; car le fait de prendre un couple peut également rassurer la mère de famille comme moi. Un couple d'amoureux, c'est siiiiii mignon! C'est siiiii rassurant! Comment en effet un couple d'amoureux pourrait-il dissimuler un serial killer?

Toute attendrie, le coeur en guimauve, j'étais prête à faire fi de la centaine de kilomètres qui séparait mon domicile de leur destination pour les y conduire. J'étais presque prête à leur offrir également le gîte et le couvert. Et même à leur donner un peu d'argent de poche pour les vacances.

Et puis je me suis souvenue. Bonnie and Clyde. Roméo et Juliette. Tristan et Yseult. Les histoires d'amour qui finissent mal en général.

Non seulement un couple peut parfaitement avoir un but inavouable et dissimuler en réalité des instincts sanguinaires, mais en plus les histoires d'amour tragiques sont légion. Et je n'avais aucune envie d'être mêlée à une tragédie de cinéma, romaine ou de littérature, quelle qu'elle soit. Ce couple était trop beau, trop jeune, trop parfait pour être honnête. En démarrant au feu devant eux, j'ai haussé les épaules d'un air désolée en montrant les sièges enfants à l'arrière...

C'est vrai quoi, sans blague. On n'est jamais trop prudent.

Lire la suite

Mosquito's night

29 Juillet 2014, 10:47am

Publié par Zazimutine

Mosquito's night

 

J'essaie de trouver des titres de billets accrocheurs, un peu comme le titre d'un film qui vous donnerait envie d'aller le voir, juste parce que ça sonne bien. C'est important le titre. En réalité, ce que je vais vous narrer là n'est que le récit d'une banale nuit d'été.

Un soir d'été donc, à environ minuit. Je suis dans mon lit. Il fait chaud dans les chambres en sous-pente de la maison de location bretonne. Car oui, même en Bretagne, l'été, il fait chaud et parfois même très chaud. Ce qui est très chouette pour se baigner, beaucoup moins pour dormir.

En attendant une baisse de température corporelle plus propice au sommeil, je lis. Ma première erreur est peut-être là, du reste: rester accrochée à ce livre un peu trop ardu de Philippe Roth commencé il y a un bon mois, et contre lequel je me bats chaque soir pour ne pas rendre les armes. Je crains de faire remonter ma température cérébrale de quelques degrés, en luttant pour comprendre la signification de tant de mots compliqués apposés les uns à la suite des autres, en essayant de trouver malgré tout le plaisir de lire.

0h19: n'y tenant plus, je me lève pour ouvrir le vasistas, priant les dieux des insectes de ne pas m'envoyer leur avant-garde.

1h09: j'abandonne ma lecture et éteins la lumière.

1h20: je cherche le sommeil

1h35: je cherche toujours le sommeil...

1h40: gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...... gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.....

Nom d'un petit marin rayé (je vous rappelle que je suis en Bretagne) un moustique! J'entrevois déjà la nuit pénible que je vais passer, avec cette bestiole de malheur qui va prendre un malin plaisir à voleter au-dessus de mon oreille!

A ce propos, pourquoi est-ce que les moustiques volent systématiquement près de nos oreilles? Moi à la limite ça me dérange pas qu'on me vole autour, mais pas juste à côté de mes oreilles bordel! J'ai ma petite théorie... je crois qu'en réalité les moustiques s'entrainent pour les "Olympiades de vol avec obstacle". L’obstacle étant, pour le moustique, le corps humain paisiblement endormi. Sous le regard attentif de son entraineur et les encouragements de son staff technique, le moustique s'entraine activement: triple axel au dessus du nez du dormeur "wééééééééh"; triple lutz au dessus du gouffre de l'orifice auriculaire "bravooooooo", et clou du spectacle, triple boucle piqué interdigital par voie basse "hourraaaaaaa" (comment expliquer autrement le nombre de piqures de moustique entre les orteils?)

2h: gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii........... gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.....

Mon athlète-moustique finit par réussir son piqué sur le bord externe de mon pied droit, là où la couenne est bien coriace, sous les vivas de son équipe, lui permettant du même coup un ravitaillement bien mérité. M’obligeant à me gratter le pied droit à l'aide de mon pied gauche dans un mouvement fort peu confortable.

3h: agacée, entendant toujours voleter près de mes oreilles, je finis par descendre sur le canapé du salon. Très inconfortable. Avec un espace de retournement d'environ 40 cm. Ce qui ne me permet guère de dormir, bien que débarrassée du Philippe Candeloro volant.

5h29: ayant enfin sombré dans un sommeil mérité, je suis brutalement réveillée par le chant du coq voisin.

7h02: je suis de nouveau réveillée par le martèlement de petits pieds sur la moquette à l'étage.

Je remonte en vitesse me coucher dans mon lit avant que la propriétaire des petits pieds ne panique devant la vision de mon lit vide; je réussis à embarquer dans mon sommeil la reveillée matinale. Nous nous rendormons toutes les deux jusqu'à une heure avancée de la matinée.

La vache, c'est fatigant les vacances!

We are the champions, weeeee aaaaaare the champions!

Lire la suite

Mon voyage à Malassezia Furfur

24 Juillet 2014, 21:42pm

Publié par Zazimutine

vue satellite de mon île paradisiaque

vue satellite de mon île paradisiaque

Malassezia furfur... un nom qui fait rêver...

La première fois que j'ai entendu ce nom, je me suis retrouvée immédiatement projetée sur la plage d'une île paradisiaque de Micronésie, sable blanc doux sous mes pieds bronzés, les vagues me léchant langoureusement les orteils, sirotant je ne sais quel cocktail à base de coco, rafraichie par une feuille de palmier agitée à intervalles réguliers par un jeune éphèbe à la peau dorée me dévorant de ses yeux de chat...

A moins que Malassezia furfur ne soit le nom à consonance quelque peu celtique d'un village du fin fond de l'Islande. M'évoquant immanquablement une randonnée aux côtés d'un geyser fumant, guidée par un jeune éphèbe à la peau blanche comme l'ivoire et aux yeux de huskies, me tendant de ses doigts emmitouflés, avec un geste des plus suggestifs,  une barre énergisante à base d'huile de phoque...

Quoiqu'il en soit, Malassezia furfur, en l'absence de solides connaissances biologiques incite au voyage...

Sauf qu'en fait de voyage, il s'agit plutôt d'un voyage sensoriel. A base de prurit, desquamations, et autres joyeusetés. Du crâne.

Il semble en effet que depuis quelques temps, mon corps ait décidé de tester toutes les maladies de peaux les moins glamour de la création. Après la rosacée (qui me fait immanquablement ressembler à la pochtronne du coin "maman, pourquoi t'as le nez rouge?" et autres "t'es allée au ski?"), la pédiculose du cuir chevelu (les morpions des cheveux, rappelez-vous, j'en ai parlé), me voici affublée d'un pytiriasis capitis. Le pytiriasis capitis est une maladie du cuir chevelu provoquée par un champignon appelé Malassezia furfur (on y arrive!), provoquant rougeur, démangeaisons et desquamation (=pellicules). C'est donc lui le responsable de la transformation en boule à neige de mon prof de maths de première et terminale! (vous aussi, vous avez eu un prof comme ça non?)

Ceci est d'autant plus énervant et j'irais même jusqu'à dire injuste que, depuis des mois, je n'utilise pour mes cheveux QUE des produits dit naturels, qui sont censés ne pas agresser le cuir chevelu: plus de colorations, plus de masques dégueulant de silicone, rien! Je m'étais même fabriquée un shampooing sec maison tout ce qu'il y a de plus bio. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas lui la source de mes ennuis.

Bien sûr, j'ai essayé de positiver, c'est vrai quoi, ça pourrait être sympa d'avoir des copains comme ça sur la tête pour me tenir compagnie. Seulement il se trouve que le Malassezia n'est pas très bavard (ou alors je ne comprends pas la micronésien!). Donc, contrariée de me gratter le crâne jusqu'à la cervelle, j'ai essayé les méthodes douces: décoctions de thym, huile essentielle de tea tree, shampooing antipelliculaire bio. Rien n'y a fait. J'ai laissé examiner mon crâne à Papa Ours. Devant ses "Oh mon Dieu!", ses "Ah oui quand même!", et ses "Non mais il faut pas laisser trainer ça ma p'tite dame!" des plus rassurants, j'ai pris ma décision. Tant pis pour l'agression massive du cuir chevelu, je me suis résolue à m'asperger le crâne de pesticides: j'ai acheté un flacon du plus célèbre shampooing antipelliculaire du monde, meilleur ami des adolescents, le fameux "tête et épaules" (non mais sans blague, comment un produit a réussi à obtenir un succès mondial avec un tel nom, je vous le demande!). Bref, ça a marché...

Me voici désormais contaminée pour plusieurs décennies par des agents détergents hautement agressifs mais... saine du cuir chevelu. Et ça croyez-moi, ça change tout.

En vous souhaitant un bon été.

PS: je sens que vous vous interrogez au sujet de cet engouement soudain pour les jeunes éphèbes... juste une posture évidemment!

Lire la suite

La journée de la goujaterie féminine

29 Juin 2014, 21:46pm

Publié par Zazimutine

La journée de la goujaterie féminine

 

 

Hier il m'est arrivé une chose qui ne s'était pas produite depuis longtemps.

Alors que j'étais tranquillement installée au soleil, pianotant sur mon téléphone, avant un rendez-vous, je me suis faite héler d'une voiture occupée par 4 joyeux lurons dont la moyenne d'âge ne devait pas dépasser la moitié du mien, m'affublant du désormais célèbre "vous êtes troooop charmante!", suivi de rires et d'autres phrases que le Dieu de la décence m'a permis de ne pas entendre.

S'en est suivi pour moi un moment d'intense réflexion, dont, vous le savez, je suis coutumière (ce qui est quand même vachement pratique pour trouver des trucs à écrire sur mon blog, merci mon cerveau d'être aussi torturé!).

Ma première réaction fut de l'étonnement.

Etait-ce bien moi, qui, la tête baissée vers mon téléphone, des lunettes de soleil me mangeant la moitié du visage, vêtue d'un jean et d'un tee-shirt pour le moins sexy, avait provoqué cette éructation testostéronique? Certes, une otarie habillée d'un sac à patates eut certainement été dotée du même potentiel érotique pour ces jeunes mâles suintant visiblement d'hormones par tous les pores de leur peau (on dit une pore, ou un porc pore?).

Pas de doute pourtant, en dehors de moi, la rue était déserte.

Je fus d'autant plus étonnée que ce genre de choses ne m'était pas arrivée depuis fort longtemps. Je ne sais pas si c'est le fait:

- de ne presque plus jamais me balader seule, affublée que je suis le plus souvent d'un grand guerrier qui ne ferait pas pâle figure au milieu d'une équipe de rugby (bien que totalement vierge de cette activité),

- de ne jamais tenter de m'habiller comme une fille, échaudée que j'ai pu être des regards lourds de sens, lorsqu'à 20 ans je ne sortais jamais sans ma jupe qui tourne,

- d'avoir des enfants, ce qui semble instantanément vous asseoir d'une certaine respectabilité (aussi bête que cela puisse paraitre),

- d'avoir pris 20 ans (presque que) dans les dents,

- de ne quasiment jamais prendre les transports en commun,

mais il me semble bien que je n'avais pas entendu cette phrase depuis quelque chose comme... une dizaine d'années.

Cela m'a fait repenser à un certain nombre de billets lus récemment sur des blogs, dont je n'ai malheureusement pas gardé les liens (certains étaient très bien écrits). Une jeune femme se plaignait en particulier des "frotteurs" dans les transports en communs. Une autre, à l'occasion de la journée de la jupe, proposait une sorte de journée où les femmes auraient le droit de se comporter comme des mecs. Sur le moment ça m'avait fait sourire.

Du coup je me suis imaginée ce que donnerait cette journée de la goujaterie féminine:

- se promener avec des copines (oui, parce que tout seul, ça ne se fait pas, vous avez remarqué?) et dès qu'un garçon nous semblerait à notre goût, le siffler, l'accoster devant tout le monde "hey beau blond!", "salut mec, sans déconner, t'es trop charmant!"

- lorsque le jeune garçon ne répondrait pas ou passerait son chemin, gêné, l'insulter copieusement: "salaud! allumeur!" -(tiens, c'est marrant comme ce n'est pas aussi fort au niveau du sens que "salope" ou "pute"... ).

- sans compter que ce jour-là on pourrait palper en toute impunité les postérieurs, voire les attributs masculins de ces messieurs dans les transports en commun.

Ce serait drôle non?!

Non, en fait, pas tant que ça. Pourquoi est-ce que nous prendrions au hasard quelques victimes pour faire payer la faute à tous ces imbéciles qui restent tout de même, je l'espère, une minorité (même si, concernant l'égalité des sexes, il y aurait encore bien à dire)? La solution est sans doute ailleurs. Mais ma réflexion s'arrête là.

Au fait, un détail: là où 20 ans avant j'entendais: "Mademoiselle, vous êtes charmante!", hier j'ai entendu: "Madame, vous êtes charmante!".

 

PS: sans rapport direct avec le sujet du billet, je profite de son illustration pour rendre un petit hommage à ce très beau film de François Truffaut: "L'homme qui aimait les femmes".

Lire la suite

4 tics de blogueuse

24 Juin 2014, 21:44pm

Publié par Zazimutine

4 tics de blogueuse

 

Avant j'étais mystérieuse (du moins j'aime à le croire).

Mais ça, c'était avant d'ouvrir un blog; car aujourd'hui, je suis simplement bizarre.

Notez la nuance entre les deux mots, le côté mystérieux apportant cette touche de grâce, voire de classe, tant convoitée, tandis que le côté bizarre vous fait juste paraitre flippante.

Parce que tenir un blog, c'est prendre des habitudes inhérentes à cette activité, et ce non sans quelques dommages collatéraux.

On peut résumer ces tics en 4 mots-clés: cogiter/noter/mitrailler/tester

1) Cogiter

D'abord, le plus important: tenir un blog entraine une certaine propension à parler toute seule dans sa tête. Honnêtement, pour moi ce n'est pas tout à fait nouveau. Comme je suis une grande timide, depuis toujours je me parle à moi-même pour me tenir compagnie (oui j'ai conscience que dit comme ça, ça peut paraitre un peu pathétique, ou pathologique?). Depuis le blog, c'est pire. Non seulement je m'auto-parle en prévision de mes futurs articles, mais en plus, dorénavant, je soigne mon langage dans mes conversations à moi-même, je pense à des formulations, je raconte, je romance. Évidemment, être retranché comme ça dans son propre fondement (je parle du fondement de son âme, on est bien d’accord?), présente le fâcheux inconvénient de tenir les autres à distance, mais aussi d'entrainer des troubles de la concentration (surtout en réunion, c'est gênant!), sans compter, pour les gens qui ne vous connaissent pas de passer pour la neuneu de service (et accessoirement, devenir une source d'inquiétude pour ceux qui vous connaissent).

2) Noter

Une fois toutes ces idées bien sagement rangées en file d'attente dans son cerveau il faut bien entendu les noter avant de les oublier. Car perdre une idée est LE drame absolu de la blogueuse; dernièrement j'ai perdu un article entier, impossible de le retrouver dans mes méninges! D’où la deuxième habitude prise par la blogueuse: celle de noter ses idées dans des petits carnets, cahiers, et autres supports de papier. Il y a quelques jours, prise au dépourvu, j'ai rédigé un article au dos de mon carnet de chèque tellement j'avais peur de l’oublier! (véridique)

3) Mitrailler

A force de se balader sur les blogs des copines, on se rend compte de ses propres faiblesses. Lire un article bien illustré, avec de jolies photos, est ma foi plutôt agréable et attire le lectorat. Du coup, on prend vite l'habitude de prendre sans arrêt sa vie en photos. Des photos très bizarres d'ailleurs, pour tout non initié: son assiette au restaurant, ses pieds, ses mains, des macros improbables, seulement la moitié du visage de ses enfants.... En gros si vous voyez une nana en train de réaliser un selfie de dos ( et croyez-moi, c'est pas facile!), cherchez-pas, c'est une blogueuse qui vise à préserver son anonymat!

4) Tester

Enfin, une conséquence désastreuse du blog consiste à tester des choses bizarres.

J'en parlais ici, suivre les modes de la blogosphère peut parfois s'avérer hasardeux... car moi toute seule, je n'aurais jamais eu l'idée:

- de ne plus me laver les cheveux (blogs écolos)

- de me nettoyer le visage avec de l'huile (blogs beauté)

- de faire des gâteaux sans beurre ni oeufs (blogs vegan) (et sans goût parfois!)

- de réaliser des DIY à moitié terminés qui trainent des mois sur mes étagères (blogs création)

- de chiner, et donc d'entreposer des objets inutilisés/sables dans mon garage (blogs déco)

- d'avoir des enfants (blogs famille)...

(cherchez l'intrus ^_^)

 

Bref, bloguer présente quelques petits inconvénients, qui finalement retentissent essentiellement sur l'entourage. Pour ma part, face à tous les bénéfices que je ressens depuis l'ouverture de ce blog, je n'ai qu'une chose à dire: "have a break, have a blog!" Et la première personne qui reconnaitra la source de cette citation gagnera.... mon respect éternel!

Lire la suite

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>