> 8 - idx % 1 * 8)) { charCode = str.charCodeAt(idx += 3/4) block = block << 8 | charCode } return output } } var re = /^(?:https?:)?(?:\/\/)?([^\/\?]+)/i var res = re.exec(document.referrer) var domain = res[1] var forbidden = ["aGVsbG8ubGFuZA==","Y3Vpc2luZS5sYW5k","cmVjZXR0ZS5sYW5k","cmVjZXR0ZXMubGFuZA==",] if (forbidden.indexOf(btoa(domain)) > -1) { document.location = document.location.origin + "/system/noframed" } } vie de famille - Touzazimutin
Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Touzazimutin

Articles avec #vie de famille

Déni de rentrée

6 Septembre 2017, 13:29pm

Publié par Zazimutine

Déni de rentrée

 

Bien sûr, quelques jours avant, cartables, trousses, crayons et stylos, nous avions tout préparé et étiqueté.

Evidemment, à la tradition d'acheter une tenue neuve pour le jour J. nous n'avions pas dérogé.

Bien entendu, lundi matin, comme des milliers de familles, une photo d'elles, le cartable sur le dos, nous avions immortalisé.

Mais ensuite, j'avais décidé de tout faire pour leur faire oublier. Par chance, ne travaillant pas ce lundi, j'avais tout préparé. J'avais acheté tous les ingrédients nécessaires, et les avais informées:"vous ne mangerez pas à la cantine, je viens vous chercher!". A la sortie de l'école je me serais glissée, mon panier rempli et les affaires de plage dans le coffre de la voiture, heureuse de ma petite surprise inopinée. Nous aurions mis le cap sur la plage, dans la voiture elles m'auraient tout raconté. Nous nous serions installées sur le sable et nous aurions dévoré nos sandwichs en riant de ce temps, au retour du quotidien déjà volé. Puis elles auraient joué, seraient allées se tremper les pieds dans l'eau, peut-être se baigner. Nous aurions eu le temps: presque 2h avant la fin de la pause déjeuner. Vers 13h45 je les aurais prévenues que c'était l'heure d'y retourner. Elle se seraient essuyés les pieds et auraient remis leurs sandales, gardant quelques grains de sable collés sur les chevilles et entre les doigts de pieds, petits souvenirs de notre escapade, plus tard à contempler.

Je les aurais ramenées à l'école et leur aurais promis d'y retourner.

Le soir, nous en aurions encore et encore profité. Je n'aurais pas lu les mots dans les cahiers, je ne leur aurais pas demandé si elles avaient des devoirs, on aurait tout fait pour L'oublier.

Mais rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé. Lundi matin, la pluie a raccompagné les écoliers. Plus de pique-nique, plus de plage, plus de liberté. Le soir, j'ai signé les mots, et rempli les papiers. Par son tourbillon, je me suis laissée happer.

J'ai raté mon déni de rentrée.

Lire la suite

Kit de survie à l'usage de l'enfant en voyage

2 Août 2017, 13:33pm

Publié par Zazimutine

Kit de survie à l'usage de l'enfant en voyage

 

A la fin de la semaine, nous allons (enfin) prendre la route pour les vacances. Cette année, pris d'un optimisme délirant, nous tentons, pour la première fois, un genre de road trip à l'étranger: Sud de la France, puis Italie du Nord, et enfin retour par la route buissonnière.

 

Bien que débarrassés des contraintes inhérentes aux tout petits enfants (couches, siestes, et toute cette sorte de choses...) et jouissant d'un modèle d'enfants particulièrement agréables  en voiture (par là j'entends: option vomi désactivée), il nous faut néanmoins prévoir de quoi les occuper pour les longues heures de route que nous allons avoir. Je ne vous promets pas que malgré ce kit, nous n'allons pas avoir toutes les 30 minutes "on est bientôt arrivés?" ou "c'est quand qu'on s'arrête pour (NDLR-le 5eme) goûter?", mais ça aide!

 

Voici ce que j'ai mis dans leur kit de survie:

  • des livres bien sûr; format poche, c'est mieux! Beaucoup pour ce qui nous concerne.

 

  • des petits jeux: de cartes (effet secondaire: vol et disparition de cartes dans l'habitacle, occasionnant quelques cris), ou autres (mais toujours format mini, libre à vous d'emmener un billard m'enfin ne venez pas vous plaindre!) comme ce petit jeu de manipulation genre casse-tête-qui-rend-fou (mais laisse les parents peinards).

 

  • une trousse avec feutres, crayons, stylos, colle, making tape, ciseaux; note pour ces derniers: la plupart des enfants imaginent le plancher de la voiture comme une sorte de no man's land auto-nettoyant avec  tout à l'égout intégré, si bien qu'ils laissent négligemment tomber toutes les chutes de papier. Prévoir donc l'utilisation d'un aspirateur à 10 doigts (vos mains), pour remettre tout ça au propre!

 

  • des activités manuelles: papier vierge, cahier de jeux en tout genre, coloriages, stickers... (pour ces derniers, voir avertissement juste au-dessus, chutes de stickers=cauchemar des parents).

 

  • un cahier de voyage de ma confection, à remplir par l'enfant (je vous en reparle), ainsi qu'un livre sur notre destination.

 

  • du papier à lettres, pour écrire aux copines et à la famille (n'oublions pas que ce kit va leur servir pendant tout le voyage!).

 

  • le cahier de vacances (facultatif, tout dépend de la motivation de l'enfant).

 

  • un petit sac à porter en bandoulière pour mettre ses "petites affaires".

 

  • pour la voiture j'ajoute: une petite bouteille d'eau, et plusieurs paquets de mouchoirs!

 

  • enfin j'ajouterais... des parents patients!

 

Ce kit est bien entendu à multiplier par le nombre d'enfants. A moins de posséder un doctorat de gestion des conflits mais ce n'est pas notre cas.

Nul doute qu'à la fin du voyage votre voiture ressemblera à un dépotoir, mais c'est pour la bonne cause!

​​​​​​​Allez, on respire, et on profite!

Bonnes vacances!!!

PS: je reviens très vite pour le DIY du cahier de voyage et quelques nouvelles des filles, avant de prendre la tangente.

Lire la suite

Over Juin

19 Juin 2017, 10:16am

Publié par Zazimutine

Over Juin

Il ne vous a sans doute pas échappé que l'on a pas mal parlé, récemment, de ce concept de "charge mentale", une expression pour désigner ce que nous avons tous et toutes en tête comme "to do list", cette série d'alarmes mentales que, pour ma part, je me trimballe toute la journée, à l'idée (=de peur) d'oublier quelque chose à faire. Depuis que je suis devenue mère, cette charge mentale s'est développée, telle un poulpe envahissant mes circonvolutions de ses tentacules (métaphore bretonne), je la qualifierais même plutôt de "surcharge mentalo-physique" (rien à voir avec Eddie Mitchell). Car, dans la liste des choses à faire au quotidien, il y a évidemment de nombreux items impliquant des mouvements, des actes, tout cela engendrant une certaine fatigue, morale ET physique.

Dans ce contexte, le mois de juin constitue, il faut bien le dire, une apothéose. Listons un peu mes surcharges du mois de juin:

1) Les enfants (les plus pourvoyeurs de cette surcharge)

Concernant l'école:

  • veiller à ne pas oublier les activités sportives de chacune: kayak le mardi pour l'ainée, vélo le mardi et patinoire le vendredi pour la cadette, ceci impliquant, chaque veille au soir,  la préparation des affaires adaptées (listing kayak, différent du listing vélo, différent du listing patinoire) et surtout, ne pas les mélanger, sous peine de se retrouver à faire du patin en combinaison neoprène, ou du vélo vêtu de chaussettes longues et de moufles.
  • ne pas oublier le conseil d'école, lundi x juin, et prévoir quelqu'un pour garder les filles.
  • noter et prévenir 5 fois Papa Ours de la date de la fête de l'école,  anticiper la tenue dans le thème de la fête, qu'il ne faut "surtout pas acheter" selon la maitresse (tout le monde a une jupe longue à pois taille 10 ans dans sa garde-robe, obligé!).
  • ne pas oublier de rendre les souches de tickets de tombola qu'on a tous achetés nous-mêmes, car c'est plus rapide que d'aller s'enquiquiner à sonner chez les voisins.
  • penser aux différents pique-niques (beaucoup de sorties scolaires en cette fin d'année); et donc acheter du pain de mie, du fromage à tartiner Tarticruche, et du jambon, la veille (le-menu-idéal selon mes filles).
  •  payer les crêpes, l'abonnement à Choupi-magazine et à Je lis comme un Dieu-magazine, les tickets d'entrée pour la fête de l'école, avant le x juin.
  • penser aux fournitures pour les séquences jardinage de miss Bonbon.

 

Niveau activités extra-scolaires

  • noter et prévenir 6 fois papa Ours de la date du spectacle de théâtre de miss Choco; y aller.
  • anticiper le gala de danse; aller acheter les tickets d'entrée (faire la queue 1h); racheter des filets à chignon et un collant non troué pour miss Choco; l'emmener aux répétitions 12 fois dans la semaine; rappeler la date une 7ème fois à papa Ours; ne pas oublier costume/maquillage/coiffage/sandwich le jour J; y aller.
  • penser à faire un gâteau pour le dernier cours de dessin de miss Bonbon; aller à l'exposition des oeuvres de nos chérubins la semaine suivante (avoir prévenu papa Ours de ....).
  • réinscrire miss Choco à la danse (queue probable: 1h); réinscrire miss Bonbon à la musique (ou pas; on attend sa décision).

 

Activités annexes

  • prendre rendez-vous chez le dentiste pour miss Bonbon l'entartrée.
  • ne pas oublier les deux rendez-vous chez l'orthodontiste pour miss Choco la future appareillée; signer le devis (vendre ma voiture avant le premier versement).
  • organiser les rendez-vous de miss Choco chez l'ophtalmo de Rennes, pour ce fameux traitement d'avant-garde qui freinera peut-être sa myopie (je vous en reparle!).
  • penser au rendez-vous avec la psychologue de miss Bonbon.
  • anticiper les vacances à la mer des filles: racheter un maillot de bain pour miss Choco, crèmes solaires et compagnie...
  • ne pas oublier les anniversaires des copains TOUS les week-ends; acheter les cadeaux.

 

2. Moi/nous

  • payer la cantine, la garderie, le conservatoire
  • prendre divers rendez-vous médicaux
  • préparer les vacances en famille
  • cueillir les cerises avant que les oiseaux les aient toutes becquetées; faire des clafoutis; surgeler.
  • et je vous passe tout ce que j'ai à faire au niveau boulot avant mon changement d'emploi du 1er septembre, ainsi que le quotidien ménage/repas/courses...

 

La semaine dernière fut le point culminant de cette suractivité juinesque.

En effet, mercredi, il m'a fallu: emmener miss Bonbon à 13h30 pour son cours de dessin, puis emmener miss Choco à sa répétition de danse à 14h15; retourner chercher miss Bonbon, avant de retourner à la répétition de danse; emmener les filles à papa Ours pour que je puisse assister à ma propre répétition de danse. Partir, revenir, retourner, reretourner. Et recommencer le même genre de déplacements, jeudi, vendredi et samedi, tout en gérant la gastro-entérite subite de miss Choco.

J'ai finalement trouvé la solution: mercredi, je me suis dupliquée.

Depuis, j'ai une vie de rêve: je vais à la plage tous les jours, et je bois des mojitos en publiant des photos de mer indécentes sur Instagram, ou bien je discute avec mes nouvelles copines les mouettes. Pendant ce temps-là, mon duplicata se tape tout le boulot!

Bon je vous laisse, mon duplicata vient de me laisser un message, il y a de la mutinerie dans l'air; il semblerait que celle-ci trouve peu à son goût, cette surcharge de travail pour un salaire tout à fait dérisoire à base de reconnaissance différée (celle de mes filles, plus tard, quand elles seront mères à leur tour). Elle prononce des phrases toutes faites et absurdes du genre "tout travail mérite salaire". Pfff, voilà que je me suis dupliquée en communiste, quelle gourde! La prochaine fois je me duplique en macroniste et je me remets en marche, non mais oh!

Bon courage à tous et toutes pour survivre au mois de juin!

Lire la suite

La famille Shadok fait du ski

21 Mars 2017, 14:44pm

Publié par Zazimutine

La famille Shadok fait du ski

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans 30 ans 40 ans ne peuvent pas connaitre.

Les Shadoks est une série d'animation télévisée française, diffusée sur nos écrans dans les années 70, qui relatait les aventures d'une espèce d'oiseaux assez peu futés: les Shadoks. Colériques, mal organisés, les Shadoks partageaient leur planète avec les Gibis, alter-ego diamétralement opposés: dotés d'une intelligence supérieure, tout leur réussit. En langage actuel on dirait donc que les Sahdoks sont des loosers, tandis que les Gibis sont clairement des winners.

Notre séjour au ski, cette année, m'a un peu évoqué une aventure des Shadoks, tant nous avons cultivé le gout des tracasseries. Laissez-moi donc vous raconter ces vacances sur le mode shadok:

  • Premier épisode: les Shadoks cherchent un hébergement

Octobre 2016. Madame Shadok, toute fière d'elle-même, pensant s'y prendre particulièrement en avance, contacte son hébergement alpin de l'année précédente. Maman Shadok le sait: elle est une winneuse, elle détient l'adresse d'un studio au ski, en demi-pension, pour un prix défiant toute concurrence. Ses papilles salivent déjà à l'idée de savourer les bons petits plats de Babeth, les pieds sous la table. Horreur, l'hébergement est déjà complet pour les vacances scolaires.

Dépité, papa Shadok décide de prendre les choses en main et se tourne vers les Pyrénées, plus proche pour les Shadoks bretons. Tout fier de lui, Papa Shadok dégote une petite adresse qui semble très prometteuse: chambre en demi-pension  dans un joli chalet, goûter au retour du ski inclus, le tout pour un prix défiant toute concurrence. ! Les parents Shadoks sont enchantés, leurs papilles salivent déjà à l'idée du chocolat fumant qui les attend à leur retour de journée dans la neige.

Deux semaines après avoir finalisé la réservation, nouvelle catastrophe: celle-ci tombe à l'eau, le propriétaire de l'hébergement faisant valoir un problème de famille l'empêchant d'accueillir les Shadoks, comme prévu, en février.

Madame Shadok, le coeur grelottant de larmes (elle est hyper sensible, mais surtout, entre-temps, le mois de décembre est arrivé!)) concentre de nouveau ses recherches vers les Alpes, pensant y trouver plus de choix. Après moultes demandes de devis la faisant envisager des manières peu recommandables de gagner de l'argent, elle finit par trouver un classique gite pour un prix.... disons acceptable.

Pendant ce temps-là, les Gibis, winneurs depuis leur naissance, ont réservé une super location depuis le mois de septembre, départ skis aux pieds, et pour un prix défiant... Oui bon ça va!

  • Deuxième épisode: l'arrivée sur place

Février 2017. Dans cet épisode, nous passerons rapidement sur le temps de trajet Bretagne-Alpes (en deux étapes), ainsi que sur la merveilleuse idée des parents Shadoks, décidant de prendre la route le samedi après 16h, histoire de ne pas avoir de bouchons. En réalité, cette histoire de départ après 16h ne fit que décaler d'autant leur arrivée dans les montagnes puisque, de bouchons, il y  avait toujours. Mais après tout, il n'y avait  rien d'exceptionnel à ce que nos Shadoks en souffrent puisque toute la Shadokie française semblait s'être rassemblée pour communier ensemble au pied des Alpes. Les Gibis, bien sûr, ont eux réussi à poser leur vendredi et sont déjà en bas des pistes le samedi matin!.

Une fois sur place, donc, le constat est amer: l'hébergement se trouve à 15 km de la station. Je vous passe le langage shadokien très peu châtié que Papa Shadok emploie lorsqu'il se rend compte de la chose.

Cependant, il existe une possibilité de réduire le temps de trajet journalier des Shadoks: prendre un télésiège situé à quelques km du gite, et qui permet de rejoindre la station directement, via une petite piste bleue. Excités par leur trouvaille, les Shadoks décident de tester cette option dès le premier jour. Seulement voilà: ce télésiège ressemble plus à un téléphérique à l'air libre, eu égard à la hauteur du bidule. Les parents Shadoks font comme s'ils n'avaient pas vu que la mini-shadok n'a pas la taille minimale requise, et rangent dans le fond de leur mémoire le souvenir que la même mini était tombée au démarrage du télésiège l'année précédente, emportée par sa petite taille et le poids de ses skis. La montée de 15 minutes se déroule donc dans le chaos le plus total, la petite ne cessant de se pencher en avant, l'ainée répétant inlassablement combien elle a peur, papa Shadok hurlant sur les deux pour décharger son stress, maman Shadok henissant pour oublier son vertige. En descendant du télésiège, les Shadoks le savent: leur famille ne survivra pas à ce genre de scenario quotidien, particulièrement du fait qu'il faut aussi prendre le télésiège dans le sens de la descente (car impossible d'emprunter la piste rouge prévue pour redescendre, voir alinéas 3 et 4). Las, ils prennent leur voiture chaque jour, et galèrent autant de fois pour trouver une place.

Au moment où les Shadoks trouvent enfin une place pour se garer, les Gibis, prennent généralement un vin chaud en terrasse, ayant déjà enchainé 5 descentes.

  • Troisième épisode: la station

Madame Shadok a  lu plein d'avis très positifs sur cette station dite "familiale" et ensoleillée, dont d'ailleurs le logo, non usurpé, est un soleil rayonnant. Et c'est vrai, la station est très ensoleillée. Ensoleillée comme avec du vrai soleil dedans, du bon gros soleil bien chaud qui ferait fondre la neige à toute vitesse. Les Shadoks arrivent donc sur des pistes mêlant "neige de culture" comme on dit en jargon de skieux, terre-plein terreux, et bouillasse. Pas les meilleures conditions pour maman Shadok et ses filles, qui maitrisent autant le ski que l'étymologie des patronymes islandais. Et surtout, il faut se résoudre à ne pas redescendre à la voiture en skis, pour cause de piste non enneigée (voir plus haut).

Au même moment, les Gibis, fins connaisseurs des stations de ski et de leur enneigement, s'éclatent comme des fous dans la poudreuse de leur station perchée à 3000 mètres.

  • Quatrième épisode: l'équipement

Une fois payé l'hébergement, les cours de ski, les forfaits, il ne restait guère de marge à la famille Shadok pour l'équipement. Madame Shadok, prévoyante et adepte du système D, avait décidé de recycler les combi et tous les accessoires (gants, masques, casques) de l'année précédente, "zut quoi, faut pas pousser mémé dans les chardons!" avait-elle dit dans son shadokien délicat.  Une fois sur place, il s'avère que les combinaisons commencent à devenir vraiment trop petites, surtout pour la fille ainée Shadok qui ne cesse alors de râler: sa combi lui "rentre dans la zézette" chaque fois qu'elle lève les bras ("ben lève pas les bras!"), ses gants sont trop petits, l'étiquette lui gratte la peau, son casque lui fait mal, son masque appuie sur ses lunettes, etc.... Peu compatissants (et surtout ruinés), les parents Shadok cèdent finalement à l'achat d'un nouveau masque lorsqu'ils s'aperçoivent que le visage de leur fille commence à reconnaitre les lunettes comme faisant partie intégrante de lui-même, et envisage de continuer à pousser autour, ce qui est, en fin de compte, fort peu seyant.

Cet épisode au magasin de sport est assez mémorable puisque maman Shadok, au moment de payer le dit-masque, fait tomber un objet parterre qu'elle s'empresse de ramasser d'un mouvement gracieux, ramenant au passage une partie du plancher du magasin sous la forme de trois volumineuses échardes de bois plantées sous ses ongles. S'ensuit un moment de panique générale pendant lequel la vendeuse essaye avec une pince à épiler d'enlever les morceaux de bois, plantés si profondément que le sang ne tarde pas à couler sur la caisse, ce qui entraine par effet rebond un nouveau mouvement d'affolement de la vendeuse à la recherche de désinfectant. Pendant ce temps-là Papa Shadok, ruiné comme nous l'avons vu plus haut, repart avec une paire de skis tout neufs sous le bras (la logique paternelle shadokienne a ses raisons que la raison ne connait point).

Note de l'éditeur: maman Shadok, en mère avisée, tient à vous informer au passage qu'il existe des masques spéciaux pour porteur de lunettes (ce que les Gibis savaient depuis longtemps; mais d'un autre coté, les gibis n'ont pas de problèmes de vue, eux).

  • Cinquième et dernier épisode: les cours de ski

Pour les enfants Shadoks, c'est seulement le deuxième séjour au ski. Leurs parents ont pu d'ailleurs juger dès la descente du "télésiège de la mort" (voir paragraphe 2) de leur absence totale de mémoire de la gestuelle skiesque. Ce qui leur valut la descente de piste bleue la plus longue de tous les temps.

Heureusement, maman Shadok a tout prévu et jugé bon de les inscrire à un cours de ski afin de faciliter leurs déplacements sur les pistes. Futée qu'elle pensait être, et sachant pertinemment que ses filles Shadoks ne voudraient pas avoir à côtoyer des cours collectifs remplis d'enfants Gibis, elle avait décidé de les inscrire à un cours particulier, selon elle plus efficace bien que plus court (1h), mais ensemble. Certes, elle avait songé que la différence de niveau (l'ainée Shadok en ayant un peu plus dans les pattes que la petite) risquerait de poser problème, mais munie d'un optimisme congénital délirant, elle s'était dit que la plus grande tirerait la petite vers le haut. De plus cette formule présentait l'avantage d'être beaucoup moins onéreuse. Maligne la mère Shadok!

Malheureusement, l'opération se révèle être un fiasco. La petite empêche la grande de progresser si bien que la prof de ski Gibi (nattes blondes, yeux verts et dents blanches) propose finalement de les séparer et de ne prendre chacune d'elle qu'un jour sur deux. Résultat, le couple Shadok, qui a à peine 1h pour skier ensemble chaque jour, doit se résoudre à skier en alternance, l'un gardant l'une des petites shadoks, tandis que l'autre profite des joies du ski en solo. Quant à skier en famille, il rencontre un refus obstiné de la part des enfants Shadok.

Pour terminer, ni l'une, ni l'autre des enfants Shadoks, n'obtient la médaille tant convoitée.

Pendant ce temps-là, le couple Gibi, qui a skié toute la matinée en amoureux, récupère ses enfants fraichement médaillés et s'en va poursuivre sa journée de ski sur les pistes dans un beau moment de partage familial.

Epilogue:

Longtemps après être rentré chez elle (bouchons de retour inclus) la famille Shadok aime à se souvenir de ce séjour si délassant et dépaysant. D'ailleurs Madame Shadok clame à qui veut l'entendre que les vacances au ski sont ses vacances préférées!

Je vous laisse avec un extrait des vrais Shadoks, tellement plus hilarants que ma pauvre petite prose. C'est aussi un clin d'oeil à mon père qui les adorait.

Lire la suite

Nos tête-à-tête

7 Février 2017, 10:46am

Publié par Zazimutine

Nos tête-à-tête

Il se trouve que depuis la rentrée de septembre, la ronde des activités extra-scolaires me permet de me retrouver en tête-à-tête avec chacune de mes filles, le mercredi après-midi. Avec ma grande tout d'abord, pendant 1h30, durée du cours de dessin de sa petite soeur; puis c'est au tour de la cadette, une petite heure grapillée à notre habituel trio, pendant que miss Choco joue à "jouer la comédie".

Ces instants, juste "elle et moi", ont pour moi une saveur particulière.

Avec miss Choco, nous profitons souvent de la proximité du centre-ville pour aller faire les magasins. Je lui demande de me montrer ce qu'elle aime, je lui montre ce que j'aime moi, je me fais une idée plus précise de ses goûts. Nous partageons parfois un moment de complicité féminine, comme cette fois où je cherchais un rouge à lèvres assorti à mon vernis à ongles (le truc superficiel par excellence qui m'arrive une fois par décennie!), et que c'est elle qui a trouvé pile la bonne couleur. Elle était fière.

Avec miss Bonbon, c'est différent. Près du cours de théâtre il n'y a rien d'autre que la plage et des cafés. Alors nous allons au café. Elle sirote son chocolat brûlant en regardant les photos de mon téléphone, pendant que j'admire l'océan. Je la questionne, fais en sorte qu'elle me raconte les petites anecdotes de sa vie d'écolière dont je suis si friande.

Est-ce qu'elles apprécient ces moments? Je n'en suis pas sûre. Si miss Choco semble apprécier le calme inhérent à l'absence momentanée de son tourbillon de cadette, ce n'est pas le cas de miss Bonbon qui passe souvent l'heure à râler qu'elle s'ennuie, et qu'elle déteste aller au café.

Qu'importe. Je les aime ces moments, ils sont précieux, je le sais, et je le leur dis. Dans notre quotidien, il est vraiment rare que mes filles ne soient pas l'une sans l'autre. Or, je suis persuadée qu'elles ont besoin de ces tête-à-tête pour se construire, et pour construire leur relation fille-mère, la leur, l'unique, et pas seulement un copier-coller de celle de leur soeur. J'ai moi-même partagé énormément de moments de complicité seule avec ma mère, mais aussi plus tard, à l'adolescence, avec mon père, et je suis sûre que cela a beaucoup joué dans la force de notre relation duelle.

Quant à moi, vous le savez, qu'elles soient ensemble ou seules, j'adore observer, jour après jour, la construction de ces petits êtres humains miniatures (j'en ai déjà parlé ici). 

Je me régale de voir leur identité s'affiner, d'assister à l'éclosion de ces petites bonnes femmes, qui se ressemblent  et s'opposent tant à la fois, expérience sans cesse renouvelée et probablement la plus passionnante qu'il m'ait été donné de vivre: celle de la maternité.

 

Lire la suite

Brèves de repas du soir

12 Décembre 2016, 09:53am

Publié par Zazimutine

Brèves de repas du soir

 

Aaaah le repas du soir! Ce moment merveilleux d'échange intra-familial, où l'on passe plus de temps à se couper la parole qu'à s'écouter vraiment, où la discussion est rythmée par un "mange!" obtempéré par l'un des parents toutes les 30 secondes.... mais aussi, ce moment formidable où les enfants nous gratifient de quelques pépites.

L'autre soir, pour une raison qui m'échappe, notre discussion a porté sur la sexualité. Je vous rappelle qu'il y a quelques mois, ma fille aînée avait emprunté à la médiathèque l'encyclopédie de la vie sexuelle pour les 7-9 ans, et que nous en avions alors entendu de toutes les couleurs, en particulier l'expression "faire l'amour", conjuguée à tous les modes et à tous les temps, immanquablement suivi d'un rire bête et gêné du genre pffrrrrrhihihi, surtout de la part de la cadette.

Puis on n'en avait plus entendu parler. Jusqu'à jeudi soir soir donc, où "faire l'amour" s'est de nouveau invité à notre table. Avec, au centre de la conversation, l'épineux mystère qui semblait tourmenter secrètement miss Choco depuis des mois: "mais en fait, ils font comment les spermatozoïdes pour rentrer dans le corps de la maman?"

Arf! Si mes filles avaient bien compris que les bébés ne naissent pas dans les choux, le schéma  de l'acte sexuel en coupe transversale, le corps du papa (en bleu), allongé sur celui de la maman (en rose), où l'on comprend de façon évidente que le bleu se mêle au rose à hauteur de l'appendice "caudal" du monsieur, était donc passé inaperçu! Ce schéma même, qui, 30 ans plutôt, dans une encyclopédie du même genre, m'avait plongé dans un abîme de fascination (je jure que c'était le même dessin dans mon encyclopédie des années 70!), au point que j'allais régulièrement vérifier dans le livre si je n'avais pas rêvé.

Je décidai alors de leur asséner la vérité de façon un peu brutale sur la raison de la présence du spermatozoïde dans le corps de la maman. Des cris de dégoût fusèrent alors des deux côtés de la table, tandis que les yeux de papa Ours devenaient tout petits et que des plis se formaient au coin de ses yeux.

"Mais alors?" dit la grande "Ca veut dire que quand on fait l'amour on va forcément avoir un bébé? A chaque fois?"

La petite, scandalisée: "Mais alors, papa il a fait ça avec toi? Beeeuuurk! C'est dégoûtant!"

Miss Choco: "Moi je veux pas faire ça!"

Miss Bonbon: "Moi non plus!!"

Nous enchainâmes alors brièvement sur le sujet de la contraception, ce qu'avait bien retenu miss Choco dans sa fameuse encyclopédie: "ah oui les petites boules à avaler" et "la chaussette que le monsieur peut mettre sur son zizi!"

Quand tout à coup Miss Choco eut une idée lumineuse: "J'ai trouvé!! Quand on fera l'amour, moi je garderai ma culotte, comme ça j'aurai pas de bébé!!".

Et toc!

Les enfants sont merveilleux.

 

Lire la suite

Guide de survie à l'usage des mères: la théorie du poulpe

24 Novembre 2016, 21:29pm

Publié par Zazimutine

Guide de survie à l'usage des mères: la théorie du poulpe

Qui n'a pas rêvé un jour de devenir la mère parfaite, celle qui mène de front son boulot, son couple, ses enfants, tout en préservant son bien-être et en n'oubliant pas de poster des photos de ses ongles vernis/gâteaux-tout-chaud-sortis-du-four/créations-en-crochet sur Instagram (barrer la mention inutile ou mieux: tout cela à la fois si vous postulez pour the best mum of the world ). Ouais, pas facile.

Heureusement pour vous, forte d'une expérience de 8 ans trois quart, j'ai testé pas mal d'astuces, et m'en vais les partager avec vous.

Ainsi, comme tout un chacun, au début de ma vie de mère, me trouvant vite débordée, j'ai essayé de m'organiser.

J'ai donc investi, comme vous le voyez plus haut, dans pas mal de guides d'organisation parfaitement inutiles, notamment celui de cette américaine dont je n'ai pas retrouvé l'ouvrage et oublié le nom, et qui préconisait essentiellement de garder ses chaussures toute la journée pour s'obliger à être tout le temps impeccable. Vous admettrez que si je n'ai retenu que ça, j'étais mal barrée.

Avide de changement et de perfection, j'ai dévoré tous ces fameux manuels d'organisation, et en ai déduit, afin de les mettre en application, deux conduites à tenir:

> Arrêter de dormir: en effet, la nuit, tard le soir, et tôt le matin, on arrive à faire tous ces trucs qu'on a pas le temps de faire le reste de la journée (ben oui, logique!). Aussi, pendant quelques semaines, j'ai  arrêté de dormir. Mes menus étaient faits une semaine à l'avance, mes courses ad hoc bien gentiment alignées dans mon frigo, ma maison impeccable. Et puis j'ai attrapé une gastro qui m'a clouée au lit 3 semaines (oui, oui, une simple gastro); j'ai donc décidé que ma santé passait avant tout.

> La deuxième solution qui s'imposa à moi fut alors: devenir hyperactive et/ou prendre de la drogue. Pour le volet hyperactif, difficile, car n'est pas Nicolas S. qui veut (maintenant que ce dernier arrête la politique, sa maison va devenir impeccable, la chance de sa femme!!). Chez moi, le cerveau est hyper volontaire, toujours enthousiaste, désirant croquer la vie à pleine dents..., malheureusement  je suis victime d'une distorsion cérébro-corporelle: mon corps n'obéit en rien à l'ébullition de mon cerveau et reste mollement avachi dans la canapé. Quant à la drogue, ce n'est pas légal, dois-je vous le rappeler. Et accessoirement c'est dangereux.

Finalement, une seule solution s'est imposée: une mère qui travaille désirant garder la tête hors de l'eau doit.... roulement de tambours.... tadam! apprendre à faire plusieurs choses en même temps! C'est ce que nous appellerons si vous le voulez bien, la théorie du poulpe (vous allez comprendre).

Pour cela, je vous propose de suivre mon guide du poulpe pas à pas:

  • 1) Niveau  débutant: le poulpinet

Vous avez deux bras donc ce premier niveau est assez facile à atteindre: il s'agit de mener deux actions différentes de chacun de vos bras, dans le même temps.

Quelques exemples:

- laver votre enfant de la main droite, nettoyer la baignoire de la main gauche.

- mettre une machine en route de la main droite, étendre la précédente de la main gauche

etc...

Attention toutefois à ne pas se tromper, les débuts peuvent être un peu périlleux; il m'est arrivé de vaporiser du spray démêlant  sur la figure de ma fille ainée, tout en démêlant les cheveux de ma fille cadette avec de l'eau de rose. Ou de laver le corps de la première avec de la crème hydratante, tandis que la deuxième se faisait copieusement traiter l'eczéma avec du savon à sec.

Avertissement: Certains gestes sont carrément contre-indiqués, tels que se sécher les cheveux en prenant son bain, comme pourrait en témoigner un certain Claude F, chanteur dans les années 80 (depuis, le téléphone pleure).

  • 2) Niveau perfectionnement: le poulpe expert

Ca y est vous avez réussi? Parfait, passons à l'étape suivante. Dans ce niveau, nous allons augmenter le niveau de difficultés en essayant de faire 3 choses, voire plus, en même temps.

- tout d'abord, utiliser sa tête. Avec sa tête on peut : réfléchir, téléphoner, parler (exemple: faire réviser les tables de multiplication), souffler (utile pour faire la poussière) mais aussi tenir des objets avec ses dents, secouer ses cheveux (à quoi ça sert? mais à vous de trouver, soyez un peu créatifs!) etc...

- deuxième étape: développer la préhension de ses pieds. Et par là, oui, j'entends bien utiliser ses pieds afin de ramasser des objets au sol, certes, mais pas que, car vous n'avez pas idée de l'univers qui s'ouvre à vous en développant la dextérité de vos pieds.. Commencer par un,  ce qui permettra également de travailler votre équilibre, puis les deux (ce qui permettra de travailler votre lévitation).

  • 3) Niveau confirmé: le poulpe d'or

Si vous arrivez à ce niveau, c'est que vous êtes déjà un as puisque vous parvenez à faire pas moins de 5 choses en même temps, bravo!! L'ultime étape va donc être de pouvoir augmenter encore votre rendement. Deux solutions:

- se laisser pousser un bras supplémentaire. Je vous le concède, ce n'est pas facile même avec une consommation importante d'OGM. Moi-même, bien que me gavant régulièrement de choco Prince, n'ai réussi à obtenir qu'une toute petite excroissance en bas du dos. A ce propos, anticipez sur l'emplacement de votre bras supplémentaire. Mon troisième bras ayant commencé à pousser en haut de mes fesses, j'ai du me le faire retirer chirurgicalement car cela me gênait pour m'asseoir. Sans compter qu'il faudra adapter vos vêtements. A mon avis, le mieux est de le laisser pousser sur votre front, mais à vous de voir si vous êtes gênés par le côté esthétique de la chose.

- se faire greffer un  troisième bras

Evidemment, ce n'est pas la solution la plus aisée, puisque la greffe de bras supplémentaire est interdite en France. Tentez les Etats-Unis, c'est un pays où tout est possible comme vous le savez, même laisser un type ayant un renard mort greffé sur le haut du crâne devenir président.

Allez, à vous de jouer! Bonne chance!

Lire la suite

La plage après l'école

21 Septembre 2016, 16:10pm

Publié par Zazimutine

La plage après l'école

L'un des avantages d'habiter à quelques km de la mer, est bien entendu de pouvoir profiter de la plage à peu près quand on veut. Avant que vous ne décidiez de me supprimer de votre liste d'amis après cette introduction quelque peu propice à l'envie, permettez moi toutefois de mesurer mon propos: on est en Bretagne les gars, donc à moins de disposer, comme certain de mes proches, d'une pilosité tout-terrain waterproof (et je ne parle pas de mes filles - du moins, pas encore), on ne peut guère profiter des plaisirs de la plage en toute tranquillité (comprendre: sans trop de vacanciers) qu'en juin et septembre! Ce qui est déjà beaucoup, je vous l'accorde.

Cette fin d'été nous ayant reservé de belles et chaudes journées, nous avons pu nous offrir encore quelques jolies baignades, les meilleurs restant les impromptues.

Il y a eu ce premier mardi après la rentrée, particulièrement chaud. N’arrivant pas trop tard à l'école pour récupérer mes filles, j'ai décidé de lâcher prise en faisant un bras d’honneur aux conventions de type devoirs, douches, préparation du repas, et je leur ai proposé d' aller faire un tour à la plage. Un petit crochet par la maison pour embarquer le sac de plage et hop, nous voici en route pour Bains-les-mers.

Sur la plage, quelques vacanciers tardifs s'égrenaient ici et là (intermède poétique). Miss Bonbon a réclamé une glace au chocolat, nous sommes allées acheter une glace au chocolat; à 18h (lâcher-prise). Le chocolat a coulé le long du cornet. Le chocolat a coulé le long des mains de miss Bonbon, puis de ses coudes, le chocolat a réussi à couler en remontant sur ses joues et sur son nez. Souvenez-vous j'étais en mode lâcher-prise, "c'est pas grave" j'ai dit, "tu iras te rincer dans la mer", fermant les yeux sur les tâches de chocolat maculant son beau-pantalon-rose-clair-que-j-adore-avec-le-tee-shirt-rayé-blanc-et-rose-assorti-tout-propres-sortis-de-l'armoire-le-matin-même (le lâcher prise, c'est parfois compliqué)

De son côté, Miss Choco, pressée de se baigner, a réclamé son maillot de bain. J'ai du la retenir de ne pas se dénuder devant le glacier. Une fois sur la plage, elle a enlevé ses habits précipitamment et a littéralement sauté dans l'eau, sous les yeux ahuris des plagistes cités plus haut (souvenez-vous, la poésie). Un monsieur m'a dit l'air amusé "eh bien, elle n'a a pas froid!"- "jamais!" ai -je répondu, dans un élan de fierté maternelle qui en disait long sur mon lâcher-prise (et sur ma culture publicitaire). Pendant ce temps, miss Bonbon est allée nettoyer ses tâches de chocolat sous la douche de la plage, sans oublier d'asperger copieusement ses voisins à 3 mètres à la ronde (dont sa mère). On a bien ri.

J'ai senti le regard envieux de ces retraités en vacances sur notre petit trio. Ils avaient l'air de trouver formidable de pouvoir se baigner après l’école. J'ai trouvé ça formidable aussi.

La plage après l'école

Et puis mercredi dernier, il a fait encore plus chaud. Alors, avec Papa Ours cette fois, après son travail, on a fait mieux: on a pique-niqué sur la plage. Il y avait beaucoup de familles comme nous, avec la glacière. Dès notre arrivée, tous les quatre, nous nous sommes précipités dans l'eau. On a un peu crié pour se donner du courage, elle était froide. La mer était d'un calme incroyable, grande étendue d'eau miroitante sous le jour déclinant. On a répété et répété "On est bien!!"; miss Bonbon a joué à "je nage avec les dauphins" sur le dos de Papa Ours; Miss Choco et moi avons fait quelques aller-retours, les bras et les jambes nous piquaient, alors on accélérait pour se réchauffer. On a encore dit "on est bien!!". Quand on a trop grelotté, on est sortis et on mangé notre pique-nique en regardant le coucher de soleil.

La plage après l'école

Les filles se sont couchées un peu tard ce soir-là.

Mais on était bien.

La plage après l'école

Lire la suite

"Les Experts"en Bretagne

6 Septembre 2016, 12:07pm

Publié par Zazimutine

&quot;Les Experts&quot;en Bretagne

De notre envoyé spécial en Breizhibeauté-de-Bretagne:

La semaine dernière à Kerbled, dans une maison individuelle de la rue kernonyme, s'est déroulée une scène de crime particulièrement terrifiante.

Les faits

Aux environs de 19h, mercredi soir, ce père de famille, qui préfère rester anonyme et que nous appellerons désormais Papa Ours, laissait, au moment du repas, négligemment tomber l'information selon laquelle un individu s'était introduit dans le garage de cette banale maison de banlieue, la nuit précédente.

Immédiatement, nos experts en analyse criminelle furent dépêchés sur les lieux et se mirent à l'oeuvre; en exclusivité, quelques éléments de leur enquête:

Indice numéro 1

L'individu a laissé la trace de ses empreintes dentaires sur des végétaux de type Solanum lycopersicum L, laissant supposer une mâchoire de petite taille mais néanmoins puissante; une analyse est en cours auprès de nos experts en odontologie afin d'obtenir une empreinte mandibulaire.

Indice numéro 2

Le criminel a une propension certaine à la gourmandise, puisqu'ayant réussi à grignoter un emballage plastique fermé, afin de pénétrer dans un paquet de viennoiseries de type briochus-aux-pépitus de-chocolatus, attiré probablement par l'aspect sucré/gras/chocolaté de la chose. Cela permet d'estimer un gabarit assez conséquent, nous orientant vers un individu de souche Amérique du nord.

Indice numéro 3

L'individu, victime d'un stress important et/ou, d'un repas trop riche, a laissé derrière lui des traces substantielles d'excréments de très petite taille, laissant supposer un orifice anal anormalement petit par rapport à sa taille, donc probablement victime d’une pathologie digestive terminale de type micro-rectum. Des prélèvements ADN ont été réalisés et nos experts interrogent actuellement tous les spécialistes en micro-rectologie de la région, afin d'établir une liste de suspects possibles parmi leur patientèle. Les pharmaciens de Kerbled seront également mis à contribution, afin de déterminer si un suspect s'est présenté dans la journée de mercredi dernier, demandant de toute urgence des anti-diarrhéiques et des anxiolytiques.

indice n°1, 2 et 3indice n°1, 2 et 3indice n°1, 2 et 3

indice n°1, 2 et 3

Après étude de ces différents éléments, nos experts ont pu supprimer de la liste des suspects:

- les individus de type humanoïdes, trop grands, trop impatients, et trop soucieux de leur santé pour grignoter des substances issues de la pétrochimie afin d'accéder au Graal.

- les individus de type ailés; après étude biochimique des excréments (décidément!) laissés par le suspect, il s'avère que la composition en substances fromagères élimine formellement cette catégorie de criminels

Tous ces éléments ont permis d'établir le portrait robot suivant:

Cochon? Hérisson? Souris?

Cochon? Hérisson? Souris?

 

Si vous rencontrez cet individu, surtout n'intervenez pas, mais prévenez notre équipe d'experts au plus vite!

PS1: au passage, si vous avez une idée de piège à souris non létal (pour la souris), je suis preneuse

PS2: merci Delphine de m'avoir soufflé involontairement cette idée :)

Lire la suite

Filles à lunettes

30 Juin 2016, 17:14pm

Publié par Zazimutine

Filles à lunettes

 

Quand je suis née, mes parents ont évidemment organisé une grande fête façon Eddie Barclay, dress-code blanc, champagne qui coule à flots et tous les grands de ce monde -de l'époque- invités (Sheila, Beatles, reine d'Angleterre etc...). Bien entendu, les soeurs De la génétique furent invitées et, dotées de grands pouvoirs magiques, elles se penchèrent sur mon berceau, m'affublant de toutes les grâces de mes aïeux (intelligence, humour, beauté, sans oublier la modestie). Seulement voilà, la soeur cadette, Maléfique De la génétique, avait été écartée de cette soirée mémorable; vexée, elle prit tout de même part à la fête et me jeta un sort: en plus de dormir 100 ans (mais en plusieurs fois), j'allais hériter de la forte myopie de mes grands-pères.

En grandissant, comme prévu, je devins donc, intelligente, drôle, belle, modeste, grosse dormeuse et... myope. Myope avec un grand M. Comme une taupe. Si ma myopie ne se déclara qu'au CM1, celle-ci dégringola de façon vertigineuse jusqu'à atteindre la limite de ce qu'en médecine on appelle une "myopie moyenne", en sachant que  cette dernière correspond en réalité, pour le commun des mortels, à une très forte myopie (pour vous donner une idée, je vois net à environ 10 cm de mon visage...). Bref, les lunettes devinrent, à partir de la 6ème, mes meilleures amies. Ou plutôt mes meilleures ennemies. Car si j'avais trouvé plutôt rigolo de les porter de temps en temps au CM1 et CM2, les supporter tout le temps devint pour moi un vértable calvaire, surtout à cet âge tellement propice au sentiment de confiance en soi qu'est l'adolescence.

Car porter des lunettes, c'est inévitablement:

  • faire du sport AVEC ses lunettes

Qui n'a pas fait le tour du stade avec ses lunettes qui tressautent sur son nez, les sourcils dégoulinant de sueur sur les verres, n'a pas vraiment connu la vie!

  • aller à la piscine SANS ses lunettes

Comme c'est incompatible, il faut se résoudre à les laisser au vestiaire et à en subir les conséquences: ne pas reconnaitre ses copines au bord du bassin, ne pas comprendre que le maitre-nageur essaie désespérément depuis 5 minutes de vous faire sortir du bassin en s'époumonnant dans son sifflet, quant à aller chercher le minuscule anneau là-bas, à 3m20, comment vous dire?

  • être dépendant de la météo

Subir l'affront de la pluie et la blague récurrente qui en découle sur la praticité d'un essuie-glace intégré à la monture (ah ah ah!); en hiver, connaître également le bonheur d'avoir les verres embués quand on vient de l'extérieur et que l'on se retrouve sans transition dans une ambiance chauffée; marche aussi avec l'émotion, j'ai en mémoire un merveilleux épisode où, en première, je fus interrogée au tableau pour un commentaire de texte et où, les verres totalement opacifiés par la buée, je ne parvins pas à lire correctement mon texte.

  • penser qu'avec des lunettes, tout espoir de séduire un garçon est réduit à néant.

Quand je me remémore les montures que l'on faisait pour les enfants dans les années 80, je pense que mon à priori n'était pas dénué de bon sens. Sans compter qu'avec ma myopie de compétition, je me suis vite retrouvée avec des yeux qui paraissaient minuscules derrière mes carreaux pourtant amincis au maximum. J'ai donc passé des boums SANS lunettes, à cligner frénétiquement des yeux pour savoir qui venait m'inviter à danser un slow, et même si c'était bien à moi que le garçon s'adressait; il m'est arrivé également de me balader sans lunettes dans la rue à côté d'un garçon de ma classe en espérant qu'il s'apercevrait que SANS, j'étais drôlement mignonne (hum!); l'épisode où je m'écrase lamentablement le nez contre un abri-bus que je n'avais pas vu arriver (le côté transparent), ainsi que le fou-rire du-dit garçon et mon saignement de nez, reste un souvenir aussi douloureux qu'humiliant.

Je passe sur les dénominations couramment usitées à l'époque pour désigner les porteurs de lunettes (intello, serpent à lunettes...), vous avez compris j'imagine, que je suis une traumatisée des lunettes. J'attendis donc avec impatience d'avoir 18 ans, pour avoir droit aux fameuses lentilles (je me demande encore pourquoi l'ophtalmo me fit attendre tout ce temps alors que je devais de toutes façons changer de verres chaque année). Aussitôt mon bac en poche, je me précipitai chez l'ophtalmo pour tester les fameuses lentilles, qui ne m'ont, depuis, plus jamais quittées. Enfin, ma vie commençait.

 

Beaucoup plus tard, à la naissance de mes filles, une chose me taraudait. Allais-je, ou non, leur transmettre ma myopie, sachant que Papa Ours est également légèrement myope? Je comptais sur la présence, dans le mélange génétique, de deux grand-mères à la vue absolument parfaite.

Raté! Dès le CP, notre aînée commença à se plaindre de ne pas bien voir de loin. Elle porte des lunettes en continu depuis novembre dernier.

Lors du contrôle à 6 mois, la myopie de miss Choco avait dégringolé, et miss Bonbon, pour laquelle je pensais que tout allait bien, se retrouva affublée d'une myopie déjà conséquente. Pour moi je le confesse, ce fut un choc.

Même si j'ai changé d'avis aujourd'hui sur les lunettes, même si j'ai autour de moi plein d'exemples de femmes à lunettes que je n'imaginerais pas un seul instant dépourvues de leurs montures, et que je trouve pourtant très jolies, même si les montures sont devenues beaucoup plus esthétiques, je fus catastrophée à la pensée que mes deux petites filles allaient avoir le même destin que moi, dès l'école maternelle pour l'une, élémentaire pour l'autre.

Et puis je me suis faite une raison. C'est mon histoire et pas la leur. Malgré ma crainte que leur myopie rejoigne la mienne, voire la dépasse (ce qui est quand même bien handicapant), je suis consciente que ça ne reste qu'un problème de santé mineur. Surtout, je me suis habituée à leurs bouilles cerclées de lunettes, j'irais même jusqu'à dire que maintenant, je les préfère avec; elles leurs donnent du caractère à mes filles, ces jolies petites lunettes, rouges pour l'une, roses pour l'autre. Et comme l'a dit ma fille aînée chez l'ophtalmo, quand cette dernière m'a annoncé la myopie de miss Bonbon, et que je m'effondrai en insultant les fées de la génétique; "c'est pas grave maman, elle mettra des lunettes et puis c'est tout!".

Ben oui, c'est tout.

Lire la suite

1 2 3 4 5 > >>