> 8 - idx % 1 * 8)) { charCode = str.charCodeAt(idx += 3/4) block = block << 8 | charCode } return output } } var re = /^(?:https?:)?(?:\/\/)?([^\/\?]+)/i var res = re.exec(document.referrer) var domain = res[1] var forbidden = ["aGVsbG8ubGFuZA==","Y3Vpc2luZS5sYW5k","cmVjZXR0ZS5sYW5k","cmVjZXR0ZXMubGFuZA==",] if (forbidden.indexOf(btoa(domain)) > -1) { document.location = document.location.origin + "/system/noframed" } } vis ma vie - Touzazimutin
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Articles avec #vis ma vie

24h dans la peau d'une blogueuse loose

11 Septembre 2017, 13:43pm

Publié par Zazimutine

24h dans la peau d'une blogueuse loose

 

7h: je me réveille; premier réflexe, j'allume mon téléphone, sur lequel je vérifie les stats* de mon blog, et vérifie si j'ai de nouveaux commentaires*. L'humeur de ma journée en dépend!

7h05:  mes statistiques ont augmenté de 200%!!! (de 3, je suis passée à 6 passages sur les dernières 24h) Youpiie!

7h10: avant de lire mes nouveaux commentaires (j'en ai deux!), je me fais couler un petit café histoire de les savourer :)

7h15: je me rends compte que les commentaires ont été écrits par ma mère; elle a beau masquer son identité sous différents pseudo, je reconnais direct son style...

8h: après avoir rafraîchi la page d'Hellocoton* 25 fois, je me rends à l'évidence: je n'obtiendrai aucun autre petit coeur* sous mon dernier article.

8h10: il ne faut pas en rester là, je ne dois pas me laisser décourager. Allez j'ai 30 minutes avant de partir au boulot, je décide de publier un nouvel article, un déjà écrit, mais que je me gardais en réserve pour les moments de grande disette: "5 conseils pour garder son calme face à un rat épileptique".

8h20: voilà, j'ai terminé. En plus j'ai une superbe illustration*: Mercury, mon rat domestique, a justement convulsé la semaine dernière; j'ai réussi à le photographier en pleine action et la photo est à peine floue, ça va le faire!

8h30: j'attends un peu pour publier, il ne faut pas que je me retrouve dans le flot des nouveaux articles si veux me faire remarquer et sélectionner pour la une d'Hellocoton. J'hésite pour la catégorie: "famille" ou "lifestyle"?

8h45: il faut quand même que je parte bosser, allez hop, je publie!

9h: dans les bouchons; je rafraichis* ma page Hellocoton.

9h10: j'arrive au boulot; je m'installe à mon bureau et je rafraichis ma page.

9h15: mince, j'ai oublié de publier sur Instagram*! Vite, vite, je publie ma photo et un petit commentaire pour ramener les followers* sur mon blog. Oh, avec le filtre sélectionné,  ma photo de Mercury prend une teinte romantique et évoque presque une peinture de Monet!

10h: waouh, j'ai plein de "likes" sur Instagram.

10h15: 10 nouveaux abonnés sur Instagram!!! En revanche, je suis étonnée de trouver parmi eux au moins 3 dentistes exerçant en Floride...

12h: je surveille la une d'Hellocoton, toujours rien.

12h02: tiens, dans la sélection d'Hellocoton, il y a un article sur les partenariats*, une blogueuse dit qu'elle a plein de propositions, mais qu'elle a peur de perdre son âme. Au moins un problème que je n'ai pas. Ah ah ah (rire factice).

12h05: justement, ça fait longtemps que je n'ai pas consulté la messagerie de mon blog, moi, si ça se trouve j'ai de nouvelles propositions de partenariats!

12h07: yep, un message! 

12h08: mince, c'est la boite qui m'a déjà envoyé des boites de petits pois gratis. Apparemment mon article vantant la qualité de leur produit n'a pas fait mouche, ils n'ont pas augmenté leurs ventes, et ils veulent que je leur renvoie les boites. Ils sont gonflés quand même, c'est qu'on les a mangés les 150 boites de petits pois nous! Même que ma fille ainée déteste ça maintenant!! 

12h09: une nouvelle proposition, un mec nous invite à son spectacle de poney unijambiste à Sydney. L'entrée nous serait offerte mais les frais de transport à notre charge. Dommage.

13h: nouveau message!

13h01: Punaise, c'est un message de Catibibi, la marque pour enfants que j'adore mais qui coute un rein! Et ils me proposent de choisir une robe dans leur collection pour chacune de mes filles! Oh-mon-Dieu!! J'hyperventile!! Voilà, je savais qu'il me fallait persévérer. 4 ans que j'avale des boites de petits pois alors que je déteste ça, et ça y est, la consécration! Le bonheur c'est simple comme un bon partenariat.

13h30: j'envoie à Catibibi ma sélection. J'ai eu du mal à choisir, tout est tellement beau!! Mes filles vont être tellement contentes, je suis bouffie de joie, je plane à 10000 mètres!!

13h31: je reçois un message d'excuses de Catibibi, ils se sont trompés de blogueuse. La chute est vertigineuse. Je pleure.

13h35: Bon, assez de misérabilisme. En plus, j'ai pas mangé. Heureusement que j'ai toujours sur moi une boite de petits pois.

14h: toujours pas de réactions à mon article de ce matin, à mon avis les gens sont restés sans voix devant une telle verve.

14h30: en revanche sur Instagram, ma photo "impressionniste" plait beaucoup!

15h: pour me remonter le moral, je regarde mes stats du mois.

15h01: en fait, c'était pas une bonne idée...

15h02: je regarde mes stats depuis le début du blog: 34000 visites depuis sa création! Non mais 34000 quoi! Je regarde sur google  quelle ville a un nombre d'habitants de 34000 âmes. Réponse: Chatellerault. Je connais pas Chatellerault. Mais ça a l'air très joli.

15h03: alors comme ça, TOUTE la population de Chatellerault est allée au moins une fois sur mon blog??!! Je dois absolument visiter Chatellerault. Aller à Chatellerault devient mon nouveau projet de vie! Là-bas, je suis incontestablement une star!

16h30: je crois que c'est définitivement râpé pour la sélection Hellocoton aujourd'hui. C'est vraiment pas de chance, une blogueuse a été sélectionnée avec ses "10 conseils pour gérer un canari agressif", mauvais timing quoi!

17h30: je rentre du boulot; en chemin j'ai rafraîchi ma page 42 fois.

17h31: je regarde mes chiffres sur Instagram. C'est bizarre, malgré mes 10 nouveaux abonnements et tous mes likes, mon nombre d'abonnés a chuté, comment est-ce possible? 

18h: 20 nouveaux likes sur Instagram!! Apparemment c'est quelqu'un qui a eu un gros coup de coeur pour mon profil :) il a liké toutes mes dernières photos à la suite!! Ca me remonte le moral.

18h01: euh...du coup s'il aime tant que ça ce que je publie, pourquoi il ne s'abonne pas à mon compte?? Bizarre...

19h: j'abandonne, ce blog est une erreur, je ne percerai jamais.

19h05: c'est pas juste, je l'avais bossé mon article!

19h10: et puis non, je suis une battante moi! Je dois réfléchir à un nouvel article, un truc qui va tout casser!

19h15: j'ai trouvé: "DIY : mon joli tapis zéro déchet à base de cotons-tiges usagés "; Alors là si je casse pas la baraque! C'est parti!

 

Glossaire à l'attention des non blogueurs et/ou non pratiquants des réseaux sociaux:

- stats/statistiques: données chiffrées indiquant le nombre de visiteurs sur un blog, qu'il soit journalier, mensuel, ou même depuis la création du blog.

- commentaires: messages laissés par les visiteurs à la fin d'un article. 

- Hellocoton: plate-forme numérique sur laquelle un blogueur peut partager ses publications. Chaque jour, les administrateurs d'Hellocoton sélectionnent les articles qu'ils jugent les plus intéressants. C'est la fameuse "une d'Hellocoton". 

rafraîchir sa page: chaque blogueur ayant un compte sur Hellocoton possède sa propre page; la mettre à jour régulièrement permet de savoir en temps réel si un article a été "liké".

coeur/like: sur la plupart des réseaux sociaux et sur hellocoton, les visiteurs ont la possibilité de donner un coup de pouce à un article ou une photo qui leur a plu en "likant" l'article (il suffit généralement de cliquer sur un coeur ou sur "j'aime")

- illustration: généralement une photo illustrant les propos d'un article publié sur un blog.

- Instagram: réseau social reposant sur la publication d'une ou plusieurs photos, accompagnées ou non d'un commentaire plus ou moins long. Instagram permet aussi de modifier ses photos en appliquant des filtres, les rendant éventuellement plus jolies.

- followers: littéralement, les "suiveurs", ceux qui sont abonnés à votre profil quelqu'il soit (réseau social ou blog).

- partenariat: accord entre une marque et un auteur de blog, permettant de mettre en avant un produit fabriqué par la marque, au travers d'un article du-dit blog dédié à ce produit. Ces articles sont également dit "sponsorisés". L'auteur du blog est soit rémunéré en nature (produit offert), soit payé, soit les deux j'imagine. 

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Une journée dans la peau de mes filles

6 Avril 2017, 09:36am

Publié par Zazimutine

Une journée dans la peau de mes filles

6h45 : mon réveil sonne, je suce mon pouce et me rendors.

7h30 : Papa Ours me tire du lit ; je grogne et je me mets en boule sous ma couette ; Papa Ours me lève en s'énervant un peu.

7h40 : je m’installe à la cuisine devant mon petit-dej, ignorant les regards surpris des 2 elfes qui me tiennent compagnie. « J’ai pas de cuillère ! » je dis. Miss Bonbon me tend sa cuillère pleine de yaourt, je la prends et la trempe dans mon chocolat. Je demande à Miss Choco de me beurrer mes tartines. Elle me répond qu'elle ne sait pas faire. "Nul!" je dis.

8h : je ne vais pas me doucher, j’ai pas envie. D'ailleurs je vais me recoucher. Miss Choco me  crie: "tant pis maman, tu iras au travail en pyjama!", je suis vexée alors je me lève. Je m'assieds sur les toilettes en attendant que Papa Ours me prépare mes vêtements. Je commence à m’habiller; "zut, c'est la jupe grise, c'est moche comme couleur et puis j'aime pas les collants, ça gratte et ça glisse tout le temps! Et j'aime pas ce haut, ça fait ado!" Je me brosse les cheveux… ça fait mal, alors je fais seulement le côté droit. Papa Ours me fait remarquer que j’ai du chocolat autour de la bouche. "Et alors?" je lui réponds.

8h10: je chausse mes baskets; Papa Ours me dit que ça ne va pas du tout avec ma tenue. "Mais j'ai sport!" je lui dis. Il me demande depuis quand je fais du sport sur mes heures de travail, et que de toutes façons il fallait le dire avant.

8h20 : je monte dans ma voiture. Je conduis en sautillant sur mon siège et en faisant « vroum ! « vroum ! ». J’entends klaxonner, c’est rigolo alors je klaxonne aussi. Tout le monde klaxonne, c’est terrible !

9h : j’arrive au travail.  Je croise ma secrétaire: j'essaie de commencer un jeu de mains avec elle mais c'est nul, elle en connait aucun, ni "Madame Espagnole", ni "je suis à Tahiti".

9h-12h : je travaille, j’ai des rendez-vous. Je demande à un jeune homme pourquoi il a des boutons sur la figure. Un autre se met à pleurer dans mon bureau, ça m'impressionne alors je me mets à pleurer aussi. Je demande à un troisième s’il a des cartes Star Wars à échanger.

12h: je vais m'acheter à manger. Chouette, chez Fleury-Nichon il y a du hachis parmentier!! Je retourne manger avec mes collègues. Je prends 2 cuillères, puis je repousse mon assiette. Je dis « J’en veux pluuuuus ! », puis « J’ai soif ! », puis « Je veux un dessert ! ». Mes collègues me regardent l’air consterné.

12h30: je pars en laissant les restes de mon repas sur la table. Mes collègues me demandent pourquoi je ne débarrasse pas mon repas, "C'est pas mon tour!" je dis.

12h45 : je retourne dans mon bureau. Je croise ma collègue V. Elle a un mis un haut qui brille. Je lui dis qu’elle est « trop belle » et qu’elle ressemble à une princesse.

13h10 : je m’endors dans mon bureau. 13h15, on frappe à la porte, j’ai peur alors je me mets à pleurer. Je suis en retard pour mes rendez-vous de l’après-midi.

13h15-17h : je travaille. Je suis fatiguée alors je m'énerve et pleure pour un rien.

17h : je pars du travail. Je n’ai plus très envie de rigoler au volant.

18h : j’arrive à la maison. Papa Ours ne travaillait pas aujourd’hui, il est allé chercher les filles à l’école. Je me jette dans leurs bras quand je les vois et je leur raconte toute ma journée en moins d’une minute, surtout les choses importantes comme le haut qui brille de ma collègue V. Je dis que je veux le même. Je dis que je veux goûter. Je veux une compote « à la gourde » (c’est bon la gourde !), et des barquettes 3 chatons.

18h30 : j’ai fini de goûter, je dis aux filles « On va jouer? ». Papa Ours me demande si j’ai l’intention de prendre ma douche enfin. Je crie « Nooooon ! Pas tout de suite, j'ai pas eu le temps de jouer!!». On joue avec les filles, c’est trop chouette ! Miss Choco fait pas comme je lui dis alors je la tape ; Miss Bonbon m’arrache un playmobil des mains, je crie et lui dis que je suis plus sa copine de toute la vie ! Papa Ours arrive, alerté par nos cris. Il me dit que je ferais mieux d’aller me laver plutôt que d’exciter nos enfants. Je dis « attends, je finis mon puzzle !» Papa Ours s’en va en disant qu’il a autre chose à faire que de gérer 3 enfants au lieu de 2, et que cette histoire de blog va nous rendre fous. Je le rattrape en pleurant et en disant que je veux prendre ma douche.

18h45 : Je vais à la douche. Je m’amuse à faire couler l’eau longtemps sur la porte de la douche, je fais des dessins avec mon doigt dans les gouttes. J’aligne les produits de toilette bien comme il faut dans le bac à douche, je construis une maison avec les gants en guise de toits. Je me lave, un peu. Je me rince et je crie « J’ai fini ! ». Papa Ours arrive et me signale que je ne suis pas rincée ; je lui dis que je n’arrive pas à me savonner le dos. Il soupire.

19h : je sors de la douche, je m’essuie et j’essaie de grimper sur la commode mais elle bascule sous mon poids. Je me mets en pyjama.

19h15 : Je vais à table. Je mange 2 cuillères et je dis : voir repas de midi. J’ai plus faim pour les légumes mais je veux du fromage et une crème au chocolat. Je joue avec mon fromage, je fais voler mon fromage. Papa Ours me gronde et me dit que je ne donne pas le bon exemple aux enfants.

19h45 : Je vais chercher un livre d’histoires, un gros. Papa Ours lit leur histoire aux filles mais refuse de me lire la mienne, il dit que je sais lire alors que c’est même pas vrai.

20h30 : Papa Ours dit aux filles que c’est l’heure de se préparer pour le coucher alors je vais vite me cacher sous les coussins du canapé. Puis je pousse tout le monde pour aller aux toilettes la première, je lis le prospectus de LeroyMerlin à l’envers, je parle à mon pipi en lui disant qu’il peut sortir. Ca dure jusqu’à ce que Papa Ours me hurle de sortir pour laisser la place aux enfants qui tambourinent à la porte.

20h45 : je vais à la salle de bains ; je suis trop fatiguée pour me brosser les dents alors comme Papa Ours refuse de m’aider, je ne me brosse que les dents du bas, celles de devant, en chantonnant. Puis je me lave les mains. je rince longtemps. Je ferme la bonde du lavabo et je joue avec l’eau.

21h : Je vais au lit. Je veux une chanson. Je demande qu’on laisse la porte ouverte avec la lumière de la salle de bains allumée. Je rappelle papa Ours parce que ça me gratte à la jambe. Puis parce que j’ai soif. Je fais des cabrioles dans mon lit en attendant que le sommeil vienne. J’appelle Papa Ours parce que je me suis fait mal.

21h30 : Je m’endors.

4h : Je me réveille, j’ai fait un cauchemar alors je me lève pour aller dans le lit de… ah mais j’y suis déjà ! Je me rendors soulagée à l’idée que ce n’était qu’un mauvais rêve. Je rêvais que j’étais une grande fille et que demain matin je devais aller travailler pour de vrai et que ce n’était pas rigolo du tout.

 

Je vous avais prévenu que j'allais recycler certains vieux billets! Voici le premier recyclage, un peu remis au goût du jour ;)

A bientôt!

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Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

22 Décembre 2016, 10:58am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

5h30 : nous sommes réveillés par le couinement des phoques, à quelques centaines de mètres de nous. Depuis que nous vivons au Groënland, plus besoin de réveil, nous sommes constamment réveillés ou alertés par les animaux.

7h: dur dur de sortir du lit. Je repousse la peau de caribou retournée qui nous sert de couverture et vais regarder l'heure; il fait encore nuit; de toute façon, même quand le soleil se lève, il fait nuit.

7h18: j'allume notre lampe avec de la graisse de cachalot; au début on voulait vivre comme de vrais inuits à l'ancienne, un genre de retour à la terre, enfin, à la glace quoi. Ca a fait beaucoup rire nos voisins (les plus proches au moins, à une vingtaine de kilomètres), et c'est vrai qu'on a vite vu les limites de la vie sans électricité; surtout la nuit, c'est-à-dire tout le temps. Du coup on a fabriqué un petit système électrique basé sur la fonte de glace, celle-ci étant activée par un pédalier, lui-même enclenché par la course d'une souris polaire; c'est un peu compliqué, conçu par mon beauf, un ingénieur un peu fantasque; mais ça marche. Evidemment le débit n'est pas énorme, et puis il faut nourrir souvent la souris, voire la remplacer, et au final cela repose sur l'exploitation des animaux, donc cela peut prêter à critiques bien sûr.

7h20: je prépare la table du petit déjeuner: le reste de phoque grillé d'hier soir et quelques baies. Pas de laitages. J'ai bien essayé de traire une femelle pingouin mais j'ai appris à mes dépens que le pingouin n'est pas, malgré ses airs bonshommes, un mammifère, mais bel et bien un oiseau. Ce qu'il n'a pas manqué de me rappeler, d'un revers d'aile sur ma joue droite. Par conséquent, il ne produit pas de lait. Il y a certes le lait de renne mais je ne sais pas ce que le Père Noël leur donne à manger, le lait de renne a un gout saumâtre, c'est à hurler!

7h30: L'Homme part à la pêche. je crois bien que de nous 4, c'est lui le plus heureux d'être venu habiter ici. Il réalise son rêve tous les jours en allant bosser en kayak, il subvient aux besoins de sa famille dans la plus pure tradition rupestre. Terriblement romantique (et chiant!).

8h: les filles se lèvent. Nous déjeunons. Au début, manger de la viande au lever a été une véritable tragédie pour elles, surtout l'ainée, végétarienne dans l'âme. Mais nécessité faisant loi, elles s'y sont faites. Et puis je crois que côtoyer la Famille Bernard a aiguisé leur instinct carnassier. Bernard c'est notre ours domestique. Bernard et Bernardin, son ourson. Evidemment, notre première rencontre avec les ours ne fut pas un coup de foudre amical. Au départ, lorsque miss Bonbon s'est précipité sur l'ourson pour le caresser, telle une peluche, elle a failli y perdre un bras. Mais nous avions emmené un arsenal thérapeutique capable d’endormir une armée de légionnaires. Alors nous avons sympathisé. Cette sympathie mutuelle est basée sur de la nourriture bourrée de valium. Ainsi, ils deviennent doux comme des agneaux et les filles peuvent jouer avec eux.

9h: Après une toilette rapide au glaçon (technique esquimau traditionnelle), nous enfilons nos peaux de bête. Dehors il fait -15°C, ce qui est une température plutôt agréable. S'il n'y pas de tempête de neige, nous allons à l'aire de jeux polaire: escalade d'iceberg, patinage sur des lacs gelés (du moins nous l'espérons), mais toutes ces activités sont un peu dangereuses il faut le reconnaitre; parfois, nous jouons à saute-ourson sur la banquise avec Bernardin. Ca défoule les filles. Si le temps est vraiment agréable, nous allons faire des courses à la supérette du coin. Il y en a pour 6h de trajet aller-retour en chiens de traineaux. Oui, nous avons finalement investi dans des chiens de traineaux. Au début on ne voulait pas en rajouter dans l'exploitation animale (le cachalot, la souris, l'ours drogué) mais il a fallu se rendre à l'évidence.

S'il tempête, nous restons "au chaud" et les filles ont droit de regarder un DVD; enfin, 1min 30 de DVD, à cause du débit électrique; sinon ça pompe toutes nos réserves; généralement ça leur permet de voir le générique.

11h30: L'homme revient généralement avec le repas de midi; les bons jours, nous avons droit à du poisson frais mais ça se fait rare; les jours de disette, nous ressortons les restes du phoque du congélateur, enfin, du placard.

12h: L'homme repart à la chasse/pêche, il prend très au sérieux son rôle d'homme qui subvient aux besoins de sa famille. Par moments, j'ai l'impression qu'il croit que nous sommes les derniers habitants de la planète.

13h: j'essaie de regarder les infos en buvant mon café (instantané). Comme la connexion est vraiment lente, j'ai toujours un train de retard: le titre ne s'affiche pas en entier, ce qui prête parfois à confusion; par exemple, le mois dernier, j'ai cru que Nicolas Sarkozy était candidat aux primaires de la droite en France. N'importe quoi! Qu'est-ce qu'on s'est marré avec papa Ours! ^_^

14h: nous entamons des jeux avec les filles; par exemple, une partie d'osselets, avec les vrais os de notre première souris polaire défunte récemment. Vivre au Pôle, c'est aussi apprendre le recyclage!

15h: le soleil se couche, enfin, la nuit se fait plus noire. Papa Ours revient.

16h: c'est l'heure du goûter; après avoir fouetté notre souris pédaleuse, je tente de préparer un bon chocolat tiède aux enfants pour les réchauffer (un chocolat à l'eau du coup, ça, c'est facile à trouver ici);

17h: c'est l'heure d'essayer de donner des nouvelles à nos proches; nous essayons une dernière fois de nous connecter sur internet. Si notre image apparait sur l'écran de nos familles via skype, c'est que nous sommes en vie; ils ont appris s'en contenter. Nous leur envoyons également des cartes postales à dos de baleines, mais à priori, elles leur arrivent en mauvais état.

18h30: une bonne soupe (lyophilisée) et au lit;

Finalement, vivre au Groënland, c'est un peu retrouver mes racines, lorsque je séjournais, enfant, chez mes grands-parents paternels: 18h des chiffres et des lettres, 18h30 une bonne soupe et au lit!...

 

PS: j'avais commencé cet article le 5 janvier 2015.... 2 ans pour écrire un article, j'espère que vous allez lui faire bon accueil à coup de like et de partages! ^_^

Joyeux Noël à tous!

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Vis ma vie de star à Cannes

24 Mai 2016, 10:43am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de star à Cannes

 

D'accord, le festival est terminé, je ne suis pas un star, et je vis en Bretagne, mais.... avec un peu d'imagination...

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h: je réalise qu'ils manquent peut-être de carburant, "pénurie" d'essence oblige. J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des vrais artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

Photo: Nicolas Richoffer pour metronews

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24h dans la peau d'un empailleur d'animaux

23 Septembre 2015, 20:28pm

Publié par Zazimutine

24h dans la peau d'un empailleur d'animaux

 

7h: mon réveil sonne. Grosse journée en perspective et pourtant, je n'ai qu'une envie: celle de me rendormir. J'ai peu dormi, réveillé cette nuit par une urgence. A 4h, le zoo a appelé pour m'informer du décès d'Apollon, leur plus vieil éléphant. Ca tombe très mal, car demain, c'est le pot de départ à la retraite du directeur du zoo. Du coup, les personnels veulent que j’intervienne très vite pour empailler Apollon, afin de lui offrir en guise de cadeau de départ. Le directeur est un homme passionné par son métier, ils craignent que la conjonction de son départ à la retraite avec le décès d'Apollon ne le rendent dépressif.

7h15: je bois mon café sous les yeux attendris de Pirate, mon coker. Il est mort en 1998, c'était mon premier boulot en tant qu'empailleur.

7h30: le téléphone sonne. C'est Madame Merlu. Elle me dit qu'elle va me ramener Pépette, sa petite caniche, dans l'après-midi. Elle trouve que son regard n'est pas assez sincère. C'est la 6ème fois que je change les yeux de Pépette, ça commence à bien faire!

8h: après m'être douché et avoir enfilé mon bleu de travail, je prépare ma camionnette d'intervention pour le chantier Apollon: pelle, marteau-piqueur et tout le tralalala. Empailler un éléphant, c'est physique!

8h15: tandis que je roule vers le zoo, mon portable sonne. Une dame me demande si j'empaille les insectes; c'est pour son petit garçon, passionné d'entomologie et profondément affecté par la mort de César, sa punaise. Je lui réponds que je n'ai pas la compétence, ni le matériel adéquat. Pour pouvoir empailler des animaux de moins de 2 cm, il faut posséder un diplôme universitaire de micro-empaillage et disposer d'un microscope électronique (une blinde!). Comme elle a l'air déçu, je lui propose de passer me déposer la punaise dans la boite à lettres après l'avoir enveloppée dans un coton d'alccol, je verrai ce que je peux faire; le truc pénible, c'est qu'il faut embaumer la bête sans l'écraser... je ne sais pas si vous avez déjà senti l'odeur d'une punaise...

9h: j'arrive au zoo. On me conduit devant la dépouille d'Apollon. Avant de commencer mon travail, je me recueille quelques instants. Faut pas croire, bien que ce soit mon gagne-pain, je n'aime pas voir un animal mort.

9h15: mes collaborateurs arrivent. Pour les gros chantiers comme celui d'Apollon, je ne travaille pas seul. Pour mémoire, avant d'empailler un animal, je dois le vider de ses organes; vous imaginez bien que le cerveau d'un éléphant, son foie, son coeur..., ça pèse lourd.

10h: la cage résonne de coups de marteaux, de perceuse. Nous travaillons de bon coeur en écoutant Thriller de Michael Jackson.

10h30: spaltch! C'est le bruit qu'on a entendu quand Gégé a percé par mégarde la vésicule bilaire. Tout son contenu s'est déversé sur lui, on s'est marré! Faut bien se détendre...

12h: on fait une pause, de toute façon il va falloir bosser toute la nuit pour qu'Apollon soit présentable, nous avons peu de temps pour le séchage et ça ne va pas nous aider.

12h30: mon portable sonne, nouvelle urgence. Cette fois c'est Mr Pichon qui m'appelle à l'aide. Il a été arrêté par la police pour "cruauté envers les animaux". C'est que Mr Pichon continue à sortir son chien tous les jours. Pepito, son boxer, est mort en mars 2000, mais j'ai tellement bien travaillé qu'on le croirait rendu à la vie. Mr Pichon se comporte avec lui comme s'il était encore vivant, il lui parle, lui donne à manger, l'emmène promener. J'ai installé des petites roulettes sous ses pattes pour qu'il puisse le trainer en laisse. Dans le quartier tout le monde sait que Pepito est empaillé, mais son arrestation est probablement l'oeuvre d'un fonctionnaire de police nouvellement nommé sur le secteur. Bref, je me rends au commissariat pour attester de la santé mentale de Mr Pichon.

13h15: les gars m'appellent. Un problème sur le chantier d'Apollon. L'éléphant attendait un éléphanteau. Phénomène étrange, si l'on se souvient que c'était un mâle, et d'un âge suggérant une ménopause bien installée. Les gars proposent d'empailler l'éléphanteau en guise de "cadeau bonus" pour le gardien du zoo. Je leur demande plutôt de garder l'information pour eux, je ne suis pas d'humeur à éclaircir le mystère de l'éléphant hermaphrodite du zoo. Mais il va falloir que j'enquête, un trafic d'hormones ne serait pas très bon pour la réputation du parc.

14h: je laisse les gars travailler sur le chantier, j'ai rendez-vous avec mon avocat. J'ai en effet une plainte sur le dos. Madame Tripoton me reproche d'avoir ridiculisé son york-shire. Effectivement, le pauvre animal, mort dans un accident de la route, était tellement abimé que je n'ai pas réussi à lui redonner apparence "canine"; j'ai fait tout ce que j'ai pu mais il faut reconnaitre que le pauvre yorkshire a désormais plutôt l'apparence d'une.... loutre! Cela dit, j'ai de bonnes chances d'échapper au procès; le procureur ne semble pas s'intéresser baucoup à cette affaire et refuse d'instruire. De plus, la pauvre bête était déjà tout à fait ridicule lorsqu'elle était en vie, j'ai des preuves en photos, alors...

16h: je retourne bosser sur le chantier Apollon; le pot de retraite est à 19h. C'est en bonne voie, Apollon se dresse fièrement sur ses pattes arrière, reste à replacer ses yeux et à rigidifier sa trompe. Je ne sais pas encore ce que je vais faire de cet éléphanteau, peut-être le garder dans ma collection personnelle. Mais je dois me rendre à l'évidence: Apollon, malgré la taille imposante de son pénis, était pourvu d'un uterus et de deux ovaires. Je ne comprends d'ailleurs pas comment il a pu être fécondé.

19h: nous finissons juste à temps pour faire une entrée spectaculaire à la fête de départ du directeur du zoo. Ce dernier, ému, me serre dans ses bras et remercie tout le personnel, on ne lui a jamais fait "un cadeau aussi énorme" dit-il. Je me demande comment il va faire pour amener la bête chez lui dans sa voiture, il me rassure: sa twingo est décapotable.

20h30: je rentre enfin chez moi. Je fais une bise à chacune de mes bêtes, à défaut d'autre chose (je suis célibataire). Je relève ma boite mail. Mr et Mme De Saint Gall de la Lande Pertue me relancent encore afin de réfléchir une nouvelle fois à cette histoire d'embryons congelés pour leur renarde argentée, Marie-Clémence. La pauvre est bien malade et doit subir un traitement qui pourrait altérer ses capacités de reproduction. Le couple souhaite la faire inséminer puis congeler ses embryons afin de perpétuer l'espèce qui habille leur garde-robe depuis des siècles... Je leur réponds une nouvelle fois que je ne fais pas dans le vivant malgré la somme astronomique qu'ils me proposent. Je leur propose d'empailler les dits embryons obtenus mais je ne suis pas certaine que ma réponse les satisfasse.

21h: je me prépare vite fait une petite assiette de crudités; toute cette viande... à force...je suis devenu végétarien.

22h: je vais me coucher; je m'endors en rêvant qu'un jour, l'évolution des espèces permettra enfin aux hérissons de regarder à droite et à gauche avant de traverser la route...

PS: Encore une fois il n'est en rien question de se moquer des personnes dont empailler est le métier; juste une digression pour m'amuser un peu.

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Vis ma vie de mannequin nombril

26 Mars 2015, 15:13pm

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de mannequin nombril

 

Salut, je m'appelle D., j'ai 37 ans, et dans la vie, je suis mannequin nombril.

Un métier peu courant j'en conviens, mais j'imagine que vous saviez déjà qu'il existe des mannequins poitrine, des mannequins mains et des mannequins pieds non? Vous vous imaginez peut-être que les plus jolies filles du monde sont parfaites de la tête aux pieds? Détrompez-vous. Laetitia Casta par exemple (une copine), est parfaite à bien des égards mais ses doigts de pieds ressemblent à des saucisses cocktail. D’où l’intérêt pour elle, d'un mannequin pied.

Pour d'autres super jolies filles, c'est le nombril qui pêche: trop petit, trop gros, en "trou de pine" (pardonnez-moi cette expression vulgaire mais tellement imagée), crasseux etc.... et pour toutes celles-là, dont on ne peut décemment dévoiler l'horreur du nombril en photo, on fait appel à moi et mon nombril parfait.

Tout a commencé à la naissance, mannequin nombril c'était une idée de mon père, un original qui souhaitait pour ses enfants un métier épanouissant et sans chômage. Il pensait que dans le domaine, il n'y aurait pas trop de concurrence. Pareil pour mon frère qui est éleveur de kangourous-nains domestiques en Normandie, peu de concurrence, son affaire marche du feu de Dieu.

Mon père donc, a flashé sur mon cordon ombilical dès qu'il l'a vu. C'est lui qui a pratiqué les premiers soins du cordon, qui a veillé heure par heure à la chute de celui-ci, puis à sa cicatrisation, de façon à ce que mon nombril soit parfait. Et ça a marché.

Bien sûr, mannequin nombril c'est un métier. Et comme tout métier, cela demande un investissement, du temps, et une certaine hygiène de vie.

Mon nombril je le nettoie tous les jours au coton-tige, délicatement parce qu'un nombril, c'est fragile et ça s'infecte facilement. Je veille à bien enlever les poils disgracieux qui pourraient se trouver autour. Je le parfume, je le chouchoute.

Etre mannequin nombril c'est aussi faire des sacrifices, car certaines choses me sont interdites:

- la consommation de certains aliments, susceptibles de provoquer des flatulences: pois chiches, haricots blancs, et choux divers sont bannis de mon alimentation. Je peux vous dire que quand on vit dans le Sud-Ouest, ne pas manger de cassoulet c'est un peu cracher à la gueule des autochtones.

- le piercing qui entrainerait une cicatrice disgracieuse (il existe d'ailleurs des mannequins nombril spécialisées dans le piercing).

- le soleil qui pourrait faire vieillir prématurément mon nombril. J'accepte quelque fois de faire des UV, notamment pour les numéros Spécial été des magazines féminins, mais le plus souvent j'évite soigneusement d'exposer mon nombril, maillot une pièce de rigueur sur la plage (ce qui, vous l'admettrez, est un peu la loose quand on possède un aussi joli nombril que le mien).

L'angoisse de ma vie, c'est la ptose du nombril. La ptose c'est la chute, telle la ptose des paupières, la ptose des seins, ou encore la ptose des fesses. Avec l'âge mon nombril risque de s'affaisser tel un oeil de sharpei, or je ne suis pas certaine qu'un chirurgien accepterait de me remonter le nombril, opération encore jamais pratiquée.

Il y a une autre chose qui m'angoisse: la grossesse. J'ai très envie d'avoir des enfants mais l'idée de perdre mon gagne-pain m'est insupportable, car quid de mon avenir si une vergeture attaque mon nombril? Et puis... j'ai rencontré l'amour sur une séance photo. Mon chéri est mannequin-kangourou (rien à voir avec mon frère) lui, sa spécialité c'est le slip kangourou, c'est LE mec que vous trouvez au rayon slip de tous les catalogues La Redoute, Les 3 suisses, etc... (attention, il ne fait que le slip kangourou, pour les boxers, on utilise un mannequin-boxer). Bref, mon chéri veut fonder une famille. J'ai un temps songé à partir aux Etats-Unis et engager une mère porteuse mais ça coûte cher et mannequin nombril, faut pas croire, ça gagne pas si bien que ça. C'est fluctuant disons. Ca marche super bien à la fin de l'hiver quand on commence à bosser sur les magazines d'été, mais le reste du temps... Sans compter que le salaire du mannequin est au prorata de la surface du corps exposée, alors le nombril, vous imaginez. Une décision difficile à prendre donc.

Bon je vous laisse, j'ai rdv chez l'esthéticienne pour un gommage-massage-enveloppement du nombril.

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Vis ma vie de plaquette de beurre

1 Septembre 2014, 07:52am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de plaquette de beurre

 

21 juin 2017, l'été est enfin là...

7h: la porte du frigo s'ouvre, la lumière s'allume, un courant d'air chaud s'engouffre dans la baraque. Zut, déjà? Si j'avais su, j'aurais pas la fête aussi tard cette nuit avec mes potes les Zeufs. Mes potes ils s'appellent Zone, Zou, Zri, et le plus marrant Zorglub. En fait il s'appelle Zor mais il a un look terrible avec sa coquille toute tachetée alors on l'appelle Zorglub. Je sais pas de quel cul de poule il sort celui-là mais alors il a une tête!!

7h01: la Patronne me sort du frigo et me pose sur la table du déjeuner. C'est le moment que je préfère: elle va me gratter le ventre un bon moment pour beurrer les tartines de toute la famille la Patronne, et c'est elle qui gratte le mieux dans la famille, y a pas à dire. Elle te fait ça avec une délicatesse toute féminine, tout est dans le geste quoi! Alors que le Patron, lui, il tranche direct dans le vif tu vois? Du coup ça fait mal, alors que la Patronne, elle, elle me chatouille!

7h30: la séance de grattage est terminée, c'était tellement bon, je me sens tout détendu, tout mou, mmmh je vais bien dormir moi!

7h35: oui mais je préfèrerais dormir au frigo quand même

7h40: personne n'a l'air de songer au risque vital que j'encoure si je reste à l'air libre, il fait déjà 22°C là, les gars!

7h45: bon personne n'a l'air de s'occuper de moi...

8h: Putain!!! Ils sont en train de partir sans moi! Je rêve, ils vont partir en oubliant de me remettre au frigo! C'est pas comme ça que je voulais finir moi, avec les zeufs on s'était promis qu'on finirait notre vie en même temps, tous ensemble, genre en quatre-quart!!

8h02: au secoooooouuurs! Comment faire pour se faire entendre des humains quand on est une plaquette de beurre?

8h05: la porte claque; ils m'ont vraiment laissé les salauds! Si j'avais su, j'aurais ranci et je leur aurais pourri leur petit-déj’ toute la semaine! Oh non, je veux pas mourir comme ça! J'ai envie de pleurer.

8h06: la porte s'ouvre, la patronne me prend dans ses mains et me remet dans le frigo. Oh mon Dieu je l'aime! Mes larmes coulent sur ses doigts. Elle a pas l'air d'apprécier.

8h07: tout le monde dort dans le frigo. Ça sent pas très bon, le Lait a du tourner.... on lui avait dit aussi de pas faire des mélanges avec le vin blanc, il est con le Lait. Ou alors c'est les Frometons, ils sont sympas mais côté hygiène, bof, c'est clair qu'il y en a qui se lavent pas tous les jours.

8h10: je vais piquer un petit roupillon pendant que je me resolidifie, j'ai besoin de me remettre de mes émotions.

.......

17h30: je sens la porte claquer, la Patronne rentre avec les gobelins, la vache, j'ai dormi toute la journée!

17h35: aaah de la lumière, une petite main potelée m'attrape, aïe, ça fait mal, ça doit être la cadette, une vraie teigne.

17h36: Boum! Oh la chute, au moins 1 mètre! J'ai le coin droit tout cabossé, c'est malin! La patronne est pas contente, elle gronde la Teigne qui hurle. Heureusement que j'ai pas d'oreilles parce qu'à en juger par les vibrations que ça occasionne, ça a l'air douloureux.

17h37: je retourne dans ma chambre froide.

18h: de nouveau de la lumière. La patronne m'empoigne,  elle me pose sur le plan de travail. Oh mais je vois qu'elle attrape aussi Zone, Zou, Zri, et Zorglub, serait-ce le grand moment?

18h05: on me jette dans un bol; mmmmhhhh, ça chauffe, c'est bon...

18h06: quoooaaaa? Du chocolat? Je rêve, on me mélange avec du chocolat! Oh mon Dieu, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pas imaginé ça, on va tous mourir dans un gâteau au chocolat!

18h07: tandis que je me liquéfie langoureusement en m'imprégnant de nanoparticules de cacao, j'entends les zeufs crier de joie: ils sont en train de se faire battre et ils aiment ça les dingos, j'ai toujours pensé qu'ils avaient un côté maso mes potes!

18h13: c'est le moment du grand mélange avec les potes qui ont maintenant la gueule bien enfarinée; j'entre dans le robot, le fouet nous bat à 3000 tours minutes!

18h14: woooooouuuuuuuuuh, c'est un truc de fou!!!

18h15: je goooonfle!

18h16: hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

18h17: J'ai la tête qui tourne quand même!

18h18: Oh my God, je crois que je vais rancir!

18h19: fini de rigoler, la Patronne nous verse tous dans un moule à gâteaux.

18h20: passage au four. Juste un mauvais moment à passer.

18h35: on sort du four. Je suis encore là mais plus tout à fait, je suis nulle part et partout à la fois, je sens les zeufs frémir de plaisir, on est bien là, tous ensemble. Ce soir, nous allons finir sous des palais frétillant de joie, sur des petits doigts gourmands, dans des petits estomacs repus...

Elle est pas belle ma vie?

PS1: Oui, je sais, c'est.... consternant...

PS2: Encore du recyclage...

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My perfect life, versus ma vraie vie

2 Mars 2014, 21:11pm

Publié par Zazimutine

5h30: je me réveille spontanément, heureuse à l’idée de cette nouvelle journée qui s'annonce

5h35: je déjeune: muesli/yaourt maison/fruit pressé (bio ça va de soi). En même temps, j’écoute France Culture pour pouvoir discuter avec les collègues à midi (j'ai un avis objectif et documenté sur tout ce qui se passe dans le monde)

6h: je pars faire mon jogging; ou bien si le temps ne le permet pas, je démarre 30 minutes d'abdo-fessiers en musique pour la vitalité, suivis de 15 min de méditation pour la sérénité.

6h30: mon réveil sonne

6h39: mon réveil sonne

6h48: mon réveil sonne; je me lève enfin en me demandant:

1) comment trouver le moyen de gagner de l'argent sans me lever aussi tôt

2) quand va-t-on enfin inventer le réveil-balle de tennis dont je rêve depuis des années qu'il suffirait de jeter rageusement contre un mur pour l'arrêter (mais sans qu'il se casse celui-là)

6h45: je prends ma douche; même si je n'en ai pas besoin car je ne transpire pas. Et puis même quand je transpire (rarement), ma sueur sent la rosée du matin. Je ne me lave pas les cheveux, je l'ai déjà fait la semaine dernière et on dirait déjà que je sors de chez le coiffeur, je ne vais pas en rajouter.

7h: je mets les vêtements soigneusement préparés la veille en fonction de la mode et de la météo; je me maquille, à peine parce que ma peau est parfaite en toutes circonstances, juste un peu de couleur pour me vieillir un peu car je fais 15 ans de moins que mon âge, d'ailleurs on me prend souvent pour la nounou de mes enfants (hi hi hi). Mais c'est parfois pénible d'être prise pour la stagiaire alors que je suis DRH.

7h: attablée à la table de la cuisine, hagarde, je bois mon double-café.

7h15: je réveille mes enfants à coup de caresses et de mots doux. Ils se lèvent sans broncher, m’embrassent tendrement et me disent que je sens bon. Je ne me suis pourtant pas parfumée. Mon mari se lève aussi et me dit comme chaque matin que je suis la plus femme du monde.

7h15: je réveille mes filles à coup de caresses et de mots doux. Elles ne se lèvent pas. J'allume la lumière. Toujours rien. Je tire la couette. La couette semble avoir une vie propre: elle se rabat instantanément sur mes filles. Je re-tire la couette. Des grognements se font entendre. Finalement je prends chacune d'elle dans mes bras pour les porter à la cuisine et les déposer sur leur chaise.

7h20: tout le monde déjeune de muesli/yaourt maison/fruit pressé (bio ça va de soi) et de gâteau maison.

7h35: tandis que je boulotte de l'ibuprofène, rapport à mon épaule douloureuse à force de porter des enfants endormies, les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h45: mes enfants vont s'habiller, ils ont préparé leur tenue hier soir avant de se coucher. Ils me demandent seulement si je valide leur choix. Mais je valide toujours car ils ont très bon gout et un sens inné de l'harmonie. Ensuite ils font leur routine du matin, je suis très fière de leur autonomie, ils se lavent les dents, se coiffent seuls, puis vont mettre leurs chaussures et leurs manteaux, prennent leur sac et leur gouter, sans que j'ai à leur dire. A 8h, tout le monde est prêt à partir.

7h45: les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h50: les filles sont à la table du déjeuner, le regard dans le vide...

7h55: les filles commencent enfin à déjeuner...

8h: je sors de la douche; après avoir vidé la moitié du flacon de déodorant, je lorgne mes cernes et regrette de ne pas avoir le temps de me maquiller; je m'attache les cheveux en priant que ça ne se voit pas trop que je suis en troisième jour sans shampooing; je regarde désemparée mon placard (vide) et mon panier de linge propre non repassé (plein). Je cherche une culotte propre. Je ne trouve pas. Je mets un bas de maillot de bain et des chaussettes dépareillées, le jean de 5 jours (le jean, c'est comme le vin) et le premier pull qui me tombe sous la main.

A 8h05, je prends ma voiture. Parfois, il y a quelques bouchons mais ce n'est pas grave, j'ai une grosse tendance à toujours voir la vie du bon côté (hi hi hi). Dans ce cas, je mets mon CD "apprendre le suédois en 80 jours". Je suis polyglotte mais le suédois c'est tout nouveau pour moi. C'est un peu difficile mais moins que le finnois que j'ai maitrisé en 6 mois, alors je devrais y arriver.

8h05: je demande à mes filles si elles connaissent le sens du mot se dépêcher.

8h10: j'essaie de mettre de force un pantalon à ma cadette.

8h15: à mon ainée qui me demande pourquoi sa sœur a une robe, elle, je mens effrontément sur le sens du mot justice.

8h18: après s'être faites brosser les dents, les chaussures, enfiler les cheveux et les manteaux et toute cette sorte de choses... par leurs parents, les filles sont prêtes à partir

8h20: les filles partent avec leur père transformé en âne bâté (sacs à dos, valises gouters, sac pour la bibliothèque, cahiers de liaison signés etc...)

8h21: je pars en retard pour mon travail

A 8h30, j'arrive au travail. Un énorme bouquet de fleurs attend devant mon bureau. C'est un des employés que j'ai licencié le mois dernier qui me remercie pour ma gentillesse. Jusqu'à midi, je travaille. J'adore mon travail. J'adore mes collègues. J'adore mon bureau.

8h30: je suis dans les bouchons; j'insulte la terre entière, qu'est-ce qu'ils ont tous à prendre leur foutue voiture, cette fucking bande de pollueurs!!

8h55: j'arrive en retard à mon travail. Je grommelle un bonjour aux collègues que je croise. Deux RDV attendent déjà devant ma porte.

8h56: je prends un café pour attaquer la journée.

10h: je prends un café en me promettant de n'en reprendre un qu'après le repas.

10h30: alors que je suis en entretien, je tire discrètement sur mon maillot de bain dont les anneaux en plastique que je trouvais si seyants à la plage, me rentrent dans la chair de façon très désagréable; au passage je me rends compte que mon pull est troué et me souviens maintenant m'être dit que je ne le mettrai plus qu'à la maison.

11h: j'ai abattu une tonne de boulot. Je me fais une petite pause infusion. J'en profite pour aller voir mes collègues et prendre de leurs nouvelles et de celles de leurs proches.

11h: je reprends un café en me demandant si c'est si mauvais que ça pour la santé. Je croise une collègue et lui demande pourquoi la secrétaire est absente. Elle me répond qu'elle est en arrêt maladie depuis 2 mois.

A midi, je mange avec les collègues dans la salle de réunion. Tous les jours, j'amène ma jolie gamelle et fait chauffer mon repas fait maison et équilibré (bio ça va de soi). On me demande la recette du "délicieux" gâteau amené la veille (tous les lundis j'amène un gâteau pour l'équipe).

A midi, je mange avec mes collègues en salle de réunion. En général je fais réchauffer ma barquette surgelée; parfois le congélateur est vide alors j'ai pris ce qui me tombait sous la main à la maison: un œuf dur, une boite de thon, un bout de fromage moisi, une vieille pomme ridée, un fond de paquet de chips... Ensuite je prends un café. Je suis persuadée qu'on exagère les effets néfastes du café sur la santé. Je culpabilise de ne pas avoir amené de paquet de café depuis le 14 janvier 2011, date de mon embauche, surtout quand on sait que je suis la plus grande consommatrice du service.

A 17h, je finis mon travail et vais chercher mes enfants. A l'école, les animateurs du Clae me font un clin d'oeil. A mon "tout va bien?", ils me répondent "oui, comme d'habitude, vous savez bien que s'ils étaient tous comme les vôtres, on serait au chomage!". Dans leurs casiers, des invitations aux anniversaires des copains. Je soupire en me rendant compte que certains anniversaires ont lieu le même jour, il va encore falloir jongler entre toutes ces invitations (la vie est dure parfois!).

17h: je termine mon boulot et je vais à l'école chercher mes filles. L'animatrice du Clae qui me voit arriver ne m'a visiblement jamais vue de sa vie et me demande, comme tous les jours, qui je viens chercher. Après avoir récupéré mes filles, je tente un retour à la maison. Interrompu par une colère de ma fille cadette qui veut retourner à l'école chercher un dessin oublié dans la classe. Je ne cède pas et fait le reste du trajet sous une tempête sonore frisant avec le franchissement du mur du son.

17h30: nous arrivons dans notre chez-nous. C'est parti pour 30 minutes de jeux et de rires avec mes enfants, où chacun se raconte sa journée.

17h30: nous arrivons à la maison. Je laisse les filles jouer ensemble pendant que je prends un gouter en cachette.

18h: c'est l'heure de commencer le repas. J'improvise une petite recette, j'adore cuisiner!

18h: Je commence à réfléchir au repas du soir. Je pense à une recette sympa mais je me rends compte que je n'ai pas tous les ingrédients. Et puis de toute façon les filles n'aimeraient pas. Finalement je décide de faire des pâtes.

18h15: je préviens mes filles que c'est bientôt l'heure de la douche

A 18h30, je demande à mes enfants d'aller prendre leur douche et de se mettre en pyjama. Chacun à leur tour, ils se dirigent vers la salle de bains et commencent à se déshabiller. Je n'ai qu'à faire de discrets aller-retours pour vérifier la température de l'eau, finir de savonner le dos, vérifier le rinçage. Le reste, ils gèrents.

18h30: je demande aux filles d'aller à la douche.

18h31: on tire au sort pour savoir qui commence.

18h33: je suis à quatre pattes sous la table du salon pour en sortir la cadette qui a gagné le tirage au sort.

18h35: après avoir trainé ma fille à la salle de bains, je la déshabille de force; j'essaie de ne pas penser au désagrément sonore provoqué par ses cris sur mes voisins. J'essaie aussi de garder mon calme.

18h45: au tour de sa soeur

18h46: sa soeur est aux toilettes elle "arrive!"

19h: les enfants rangent leur chambre pendant que mon mari, juste rentré, et moi nous racontons nos journées

19h: ma fille ainée est toujours aux toilettes, je la déloge fissa

19h05: je savonne ma grande fille qui a décidé qu'elle était encore trop petite pour le faire elle-même

19h15: mon mari rentré, nous passons à table

19h20: je sors de la salle de bains, le bas de mon pantalon est trempé.

19h25: je demande aux filles de ranger leurs chambres avant que nous passions à table

19h30: je me mets en colère

19h35: je crie. Fort.

19h45: nous sortons de table; tout le monde aide à débarrasser

19H45: le baisse les bras et leur dis de venir manger quand même.

19h50: mon compagnon rentre; nous passons à table.

19h55: nous essayons d'échanger quelques mots entre adultes, vite interrompus par le bavardage incessant de la grande et les demandes intempestives de la petite.

20h: c'est l'heure de l'histoire du soir

20h15: les enfants attaquent leur routine du soir: pipi-dents-mains

20h15: nous attaquons à peine le dessert

20h30: les enfants sont au lit. Gros calin à chacun et dodo

20h30: après moults encouragements pour finir leur repas, les filles sortent enfin de table

20h35: je prépare un gâteau (bio) pour le petit déjeuner de demain

20h35: mon compagnon lit l'histoire du soir tandis que je débarrasse et fais la vaisselle

20h45: pendant que mon gâteau cuit, je prépare ma gamelle pour le lendemain; puis je mets la table du petit-déjeuner

20h45: les filles attaquent leur routine du soir: bavardage aux toilettes, l'une sur le pot, l'autre sur les WC, tournage de parents en bourrique etc...

21h: pendant que mon mari regarde la télévision, je m'installe à ma machine à coudre pour terminer les déguisements promis à mes enfants pour mardi-Gras

21h: agacés, nous extrayons de force les filles des toilettes; tandis que je leur brosse les dents, leur père range leur chambre.

21h05: les filles sont au lit. Gros calin à chacune et dodo.

21h10: la plus petite rappelle, elle a soif.

21h15: maintenant c'est la grande, elle a peur

21h16: plainte de la cadette: sa soeur la dérange quand elle nous appelle

21h20: rappel de l'ainée: elle a une dent qui bouge... et le genou droit qui la gratte

21h22: rappel de la petite: elle n'a plus sommeil; cris de la maman.

21h30: après avoir rangé mon ouvrage de couture, je me vernis les ongles; je choisis la couleur afin de l'assortir à ma tenue du lendemain

21h30: je me brosse les dents et me passe rapidement un coton de lotion sur la figure, pas le courage d'en faire plus

22h: je mets au lit après m'être conscienceusement démaquillée, crémée et avoir préparé ma tenue du lendemain. Avec un bon gros bouquin

22h: je me mets au lit avec un bon gros bouquin

22h01: je m'endors sur mon livre, la bouche ouverte, un filet de bave imprégnant l'oreiller

23h: j'éteins la lumière.

23h01: je rallume la lumière; j'ai oublié de... Ta gueule!!!

 

My perfect life, versus ma vraie vie

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