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Touzazimutin

Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

22 Décembre 2016, 10:58am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie d'esquimau: 24h dans mon igloo

5h30 : nous sommes réveillés par le couinement des phoques, à quelques centaines de mètres de nous. Depuis que nous vivons au Groënland, plus besoin de réveil, nous sommes constamment réveillés ou alertés par les animaux.

7h: dur dur de sortir du lit. Je repousse la peau de caribou retournée qui nous sert de couverture et vais regarder l'heure; il fait encore nuit; de toute façon, même quand le soleil se lève, il fait nuit.

7h18: j'allume notre lampe avec de la graisse de cachalot; au début on voulait vivre comme de vrais inuits à l'ancienne, un genre de retour à la terre, enfin, à la glace quoi. Ca a fait beaucoup rire nos voisins (les plus proches au moins, à une vingtaine de kilomètres), et c'est vrai qu'on a vite vu les limites de la vie sans électricité; surtout la nuit, c'est-à-dire tout le temps. Du coup on a fabriqué un petit système électrique basé sur la fonte de glace, celle-ci étant activée par un pédalier, lui-même enclenché par la course d'une souris polaire; c'est un peu compliqué, conçu par mon beauf, un ingénieur un peu fantasque; mais ça marche. Evidemment le débit n'est pas énorme, et puis il faut nourrir souvent la souris, voire la remplacer, et au final cela repose sur l'exploitation des animaux, donc cela peut prêter à critiques bien sûr.

7h20: je prépare la table du petit déjeuner: le reste de phoque grillé d'hier soir et quelques baies. Pas de laitages. J'ai bien essayé de traire une femelle pingouin mais j'ai appris à mes dépens que le pingouin n'est pas, malgré ses airs bonshommes, un mammifère, mais bel et bien un oiseau. Ce qu'il n'a pas manqué de me rappeler, d'un revers d'aile sur ma joue droite. Par conséquent, il ne produit pas de lait. Il y a certes le lait de renne mais je ne sais pas ce que le Père Noël leur donne à manger, le lait de renne a un gout saumâtre, c'est à hurler!

7h30: L'Homme part à la pêche. je crois bien que de nous 4, c'est lui le plus heureux d'être venu habiter ici. Il réalise son rêve tous les jours en allant bosser en kayak, il subvient aux besoins de sa famille dans la plus pure tradition rupestre. Terriblement romantique (et chiant!).

8h: les filles se lèvent. Nous déjeunons. Au début, manger de la viande au lever a été une véritable tragédie pour elles, surtout l'ainée, végétarienne dans l'âme. Mais nécessité faisant loi, elles s'y sont faites. Et puis je crois que côtoyer la Famille Bernard a aiguisé leur instinct carnassier. Bernard c'est notre ours domestique. Bernard et Bernardin, son ourson. Evidemment, notre première rencontre avec les ours ne fut pas un coup de foudre amical. Au départ, lorsque miss Bonbon s'est précipité sur l'ourson pour le caresser, telle une peluche, elle a failli y perdre un bras. Mais nous avions emmené un arsenal thérapeutique capable d’endormir une armée de légionnaires. Alors nous avons sympathisé. Cette sympathie mutuelle est basée sur de la nourriture bourrée de valium. Ainsi, ils deviennent doux comme des agneaux et les filles peuvent jouer avec eux.

9h: Après une toilette rapide au glaçon (technique esquimau traditionnelle), nous enfilons nos peaux de bête. Dehors il fait -15°C, ce qui est une température plutôt agréable. S'il n'y pas de tempête de neige, nous allons à l'aire de jeux polaire: escalade d'iceberg, patinage sur des lacs gelés (du moins nous l'espérons), mais toutes ces activités sont un peu dangereuses il faut le reconnaitre; parfois, nous jouons à saute-ourson sur la banquise avec Bernardin. Ca défoule les filles. Si le temps est vraiment agréable, nous allons faire des courses à la supérette du coin. Il y en a pour 6h de trajet aller-retour en chiens de traineaux. Oui, nous avons finalement investi dans des chiens de traineaux. Au début on ne voulait pas en rajouter dans l'exploitation animale (le cachalot, la souris, l'ours drogué) mais il a fallu se rendre à l'évidence.

S'il tempête, nous restons "au chaud" et les filles ont droit de regarder un DVD; enfin, 1min 30 de DVD, à cause du débit électrique; sinon ça pompe toutes nos réserves; généralement ça leur permet de voir le générique.

11h30: L'homme revient généralement avec le repas de midi; les bons jours, nous avons droit à du poisson frais mais ça se fait rare; les jours de disette, nous ressortons les restes du phoque du congélateur, enfin, du placard.

12h: L'homme repart à la chasse/pêche, il prend très au sérieux son rôle d'homme qui subvient aux besoins de sa famille. Par moments, j'ai l'impression qu'il croit que nous sommes les derniers habitants de la planète.

13h: j'essaie de regarder les infos en buvant mon café (instantané). Comme la connexion est vraiment lente, j'ai toujours un train de retard: le titre ne s'affiche pas en entier, ce qui prête parfois à confusion; par exemple, le mois dernier, j'ai cru que Nicolas Sarkozy était candidat aux primaires de la droite en France. N'importe quoi! Qu'est-ce qu'on s'est marré avec papa Ours! ^_^

14h: nous entamons des jeux avec les filles; par exemple, une partie d'osselets, avec les vrais os de notre première souris polaire défunte récemment. Vivre au Pôle, c'est aussi apprendre le recyclage!

15h: le soleil se couche, enfin, la nuit se fait plus noire. Papa Ours revient.

16h: c'est l'heure du goûter; après avoir fouetté notre souris pédaleuse, je tente de préparer un bon chocolat tiède aux enfants pour les réchauffer (un chocolat à l'eau du coup, ça, c'est facile à trouver ici);

17h: c'est l'heure d'essayer de donner des nouvelles à nos proches; nous essayons une dernière fois de nous connecter sur internet. Si notre image apparait sur l'écran de nos familles via skype, c'est que nous sommes en vie; ils ont appris s'en contenter. Nous leur envoyons également des cartes postales à dos de baleines, mais à priori, elles leur arrivent en mauvais état.

18h30: une bonne soupe (lyophilisée) et au lit;

Finalement, vivre au Groënland, c'est un peu retrouver mes racines, lorsque je séjournais, enfant, chez mes grands-parents paternels: 18h des chiffres et des lettres, 18h30 une bonne soupe et au lit!...

 

PS: j'avais commencé cet article le 5 janvier 2015.... 2 ans pour écrire un article, j'espère que vous allez lui faire bon accueil à coup de like et de partages! ^_^

Joyeux Noël à tous!

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Recherche magie de Noël désespérément

19 Décembre 2016, 13:42pm

Publié par Zazimutine

Recherche magie de Noël désespérément

Il y a ceux que l'approche de Noël rend fous de joie, à les entendre, on les imagine chevauchant des licornes hennissant des paillettes dans une prairie faite de brins d'herbe en pâte d'amande.

A l'inverse, il y a ceux que les fêtes de fin d'année dépriment, l'aspect commercial, la course à la consommation, la réunion de famille qui va immanquablement dégénérer en règlement de comptes, ou bien, au contraire, l'acuité d'un sentiment de solitude ce jour-là (même si elle existe les 364 autres jours de l'année, ce jour là, on sait qu'on est seul face au monde entier en train de célébrer Noël en famille).

De cœur, j'aurais envie de me situer du côté des licornes.

De raison, les fêtes de Noël me rendent rabat-joie et vaguement nostalgique.

Enfant, je n'ai que de jolis souvenirs de Noël:

- le calendrier de l'avent qui marquait le début du compte à rebours: petites fenêtres en carton ouvertes chaque matin sur une image réjouissante: jouet, cadeau, lutin...

- les papillotes dégustées tout le long du mois de décembre,

- le repas de Noël à la cantine, à ne manquer sous aucun prétexte,

- les Illuminations du 8 décembre, quand Lyon n'appelait pas encore ça "la fête des lumières"; ce soir là, nous sortions voir les guirlandes allumées dans la rue, les concours de vitrines, et bien sûr, les milliers de lumignons posés sur le rebord des fenêtres. Le graal, c'est lorsqu'on rentrait se coucher, et que certaines bougies brûlaient encore, je pouvais alors m’endormir en regardant la danse des flammes se refléter sur les murs de ma chambre.

- le villages des automates au centre commercial (est-ce que ça existe encore dans certaines villes?),

- les truffes au chocolat que préparait ma maman toutes les années,

- les Noël chez ma tante avec tous les cousins et les cousines; regarder ma tante préparer une buche géante en en alignant 3; jouer aux jeux de société reçus pour Noël jusqu’à pas d'heure; voir les grands danser et faire les fous,

- plus tard, les Noël en comité restreint avec Jouji et Mr Ewing, où nous nous décarcassions pour faire un bon repas (j'ai même gardé quelques menus que j'avais rédigés à cette occasion),

- et bien entendu, la magie de croire au Père Noël, cet être merveilleux qui récompenserait les souhaits de tous les enfants de la Terre, quelque soit leur origine géographique, sociale ou ethnique.

Oui, Noël, comme la plupart des enfants, m'a mis des paillettes plein les yeux. Une fois devenue adulte, j'ai voulu retrouver cette magie, sans y parvenir tout à fait. Nous sommes pris dans nos rythmes effrénés et ne prenons plus le temps de vivre cet avant/avent, qui fait finalement tout le sel de cette fête. Car ce que je préfère, au fond, c'est cette attente qui s'égrène de jour en jour, ponctuée de petite surprises. Or, pour les adultes, de petites surprises il n'y a plus guère (sauf si on le courage d'investir dans un calendrier à 45 balles minimum!). Heureusement, il y a les enfants et la possibilité de revivre cette magie à travers leurs yeux: calendriers chocolatés, maisons du quartier éclairées comme le château de Versailles, illuminations des rues... et leurs cris enthousiastes, leurs yeux brillants, devant chacune de ces images d'Epinal.

De cette magie je retrouve donc des fragments à travers mes filles.

Cette année, les mauvaises nouvelles se succédant, l'actualité étant ce qu'elle est, je me sens un peu dans la peau de "Tristesse", le personnage négatif de Vice-Versa: je me pelotonne dans mon col roulé et remonte mes lunettes sur mon nez en reniflant d'un air dégoûté devant les images de cadeaux, bûches, et autres angelots aux joues rebondies. Et puis tout à coup, me prenant par surprise, la magie opère de nouveau: j'entends résonner dans mes oreilles les clochettes et les chants de Noël, je sens dans l'air frais le parfum de bois brûlé, de cannelle et de chocolat chaud, je me réfugie dans les lumières dorées, miroitantes, des décorations, et me voilà, en un instant, à mon tour, à fond dans cette tentative désespérée de retrouver une part de rêve.

PS: dans les jours qui viennent, un billet plus rigolo, c'est promis!

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Brèves de repas du soir

12 Décembre 2016, 09:53am

Publié par Zazimutine

Brèves de repas du soir

 

Aaaah le repas du soir! Ce moment merveilleux d'échange intra-familial, où l'on passe plus de temps à se couper la parole qu'à s'écouter vraiment, où la discussion est rythmée par un "mange!" obtempéré par l'un des parents toutes les 30 secondes.... mais aussi, ce moment formidable où les enfants nous gratifient de quelques pépites.

L'autre soir, pour une raison qui m'échappe, notre discussion a porté sur la sexualité. Je vous rappelle qu'il y a quelques mois, ma fille aînée avait emprunté à la médiathèque l'encyclopédie de la vie sexuelle pour les 7-9 ans, et que nous en avions alors entendu de toutes les couleurs, en particulier l'expression "faire l'amour", conjuguée à tous les modes et à tous les temps, immanquablement suivi d'un rire bête et gêné du genre pffrrrrrhihihi, surtout de la part de la cadette.

Puis on n'en avait plus entendu parler. Jusqu'à jeudi soir soir donc, où "faire l'amour" s'est de nouveau invité à notre table. Avec, au centre de la conversation, l'épineux mystère qui semblait tourmenter secrètement miss Choco depuis des mois: "mais en fait, ils font comment les spermatozoïdes pour rentrer dans le corps de la maman?"

Arf! Si mes filles avaient bien compris que les bébés ne naissent pas dans les choux, le schéma  de l'acte sexuel en coupe transversale, le corps du papa (en bleu), allongé sur celui de la maman (en rose), où l'on comprend de façon évidente que le bleu se mêle au rose à hauteur de l'appendice "caudal" du monsieur, était donc passé inaperçu! Ce schéma même, qui, 30 ans plutôt, dans une encyclopédie du même genre, m'avait plongé dans un abîme de fascination (je jure que c'était le même dessin dans mon encyclopédie des années 70!), au point que j'allais régulièrement vérifier dans le livre si je n'avais pas rêvé.

Je décidai alors de leur asséner la vérité de façon un peu brutale sur la raison de la présence du spermatozoïde dans le corps de la maman. Des cris de dégoût fusèrent alors des deux côtés de la table, tandis que les yeux de papa Ours devenaient tout petits et que des plis se formaient au coin de ses yeux.

"Mais alors?" dit la grande "Ca veut dire que quand on fait l'amour on va forcément avoir un bébé? A chaque fois?"

La petite, scandalisée: "Mais alors, papa il a fait ça avec toi? Beeeuuurk! C'est dégoûtant!"

Miss Choco: "Moi je veux pas faire ça!"

Miss Bonbon: "Moi non plus!!"

Nous enchainâmes alors brièvement sur le sujet de la contraception, ce qu'avait bien retenu miss Choco dans sa fameuse encyclopédie: "ah oui les petites boules à avaler" et "la chaussette que le monsieur peut mettre sur son zizi!"

Quand tout à coup Miss Choco eut une idée lumineuse: "J'ai trouvé!! Quand on fera l'amour, moi je garderai ma culotte, comme ça j'aurai pas de bébé!!".

Et toc!

Les enfants sont merveilleux.

 

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Tous azimuts #12

6 Décembre 2016, 09:22am

Publié par Zazimutine

Tous azimuts #12

Bonjour les gens!

Un petit billet bordélique, ça vous tente? Allez, c'est parti!

 

  • Sachez tout d'abord que si je ne publie pas aussi souvent que je le voudrais, c'est parce que mon ordinateur me fait des misères. En 2008, j'avais cédé à l'appel de la pomme, vendant au passage un de mes enfants, et me voici, 8 ans plus tard, en compagnie d'un ordinateur obsolète. Moyennant quoi, je n'ai plus accès à ma plate-forme de blog, cette dernière ne travaillant qu'avec les dernières versions des navigateurs, eux-mêmes incompatibles désormais avec mon mac. Merveilleux non? Mais il parait que je ne dois pas me plaindre, 8 ans d'espérance de vie pour un ordinateur, c'est déjà très bien selon le petit monsieur de Apple (et ma main dans sa gueule aussi?). Bref: énorme carton rouge à l'obsolescence programmée!! (et pas que dans l'informatique!)

 

  • Avec nos filles, nous avons passé le week-end à Brest, notamment pour visiter le fameux musée de découverte des océans: Océanopolis. J'avais dit que je boycotterais désormais tous les zoo mais que voulez-vous, je suis faible. Je dois bien reconnaitre que le musée remplit sa mission pour le côté pédagogique et l'apprentissage du respect de la vie sauvage, des animaux, et de la nature. Les messages à destination des enfants sont plutôt positifs, et nos Miss ont adoré. Mais il faudra alors faire abstraction des pauvres manchots enfermés sur une gigantesque banquise en plastique. Ou pas. A vous de voir. 

 

Tous azimuts #12

 

  • J'ai très envie de voir le film La fille de Brest, même si j'en ai entendu de mauvaises critiques. Pas pour le côté cinématographique mais pour l'histoire, je suis assez admirative de cette femme, Irène Frachon, qui a révélé le scandale du  fameux Mediator, et qui a combattu avec tant d'acharnement le laboratoire responsable de milliers de victimes; voilà une femme absolument fascinante, héroïne du quotidien à mon sens, dont j'aimerais avoir le courage et la ténacité.

 

  • Dans un registre bien plus superflu, je ne sais pas ce qui se passe cette année, est-ce la faute à la présence de Saturne dans la constellation du cabri, mais nous avons beaucoup de mal à trouver une location à la montagne pour les vacances de février (je veux dire, dans des prix qui ne provoquent pas une attaque de panique dès le petit-déjeuner, comme ça m'est arrivé la semaine dernière, quand j'ai compris que le devis proposé ne correspondait pas à un prix semaine mais un prix-journée!). A l'heure où je vous parle, ce séjour semble plus que compromis. En même temps, on se demande pourquoi on insiste, étant donné que Papa Ours et moi-même avions failli décéder sur les pistes l'an dernier, la condition physique aussi sûre que celle d'un éléphanteau ayant grandi dans la jungle et se retrouvant brutalement projeté sur la banquise. Seulement voilà: miss Choco avait adoré apprendre le ski l'année dernière... Mention spéciale à sa réaction d'ailleurs, quand je lui ai annoncé notre déconvenue: "ben c'est pas grave, on a qu'à rester en Bretagne et on ira skier dans le jardin quand il neigera!" ^_^

 

 

  • Et puis samedi soir, nous sommes allés voir Vaïana, le dernier Disney. J'étais très réticente au début, surtout parce que j'avais décidé de voir "La fille de Brest" pendant que Papa Ours accompagnerait miss Choco, mais les horaires ne collaient pas. Et finalement c'est très bien Vaïana. Vraiment. Pour une fois, on oublie les histoires de princesses, Vaïana est une jeune tahitienne qui cherche un sens à sa vie, et qui va le trouver en allant chercher de l'autre côté de l'océan un demi-dieu assez loufoque. Beaucoup d'aventure, un peu de mythologie et une grosse poignée d'humour, voici la recette d'un divertissement qui tient ses promesses.

 

  • Pour terminer, je vous informe que je vais recycler certains de mes billets publiés ici. Je suis dans une mouvance zero déchets en ce moment alors pourquoi ne pas recycler mes vieux articles? Pour certains, vous ne les avez jamais lus, et pour les autres, eh bien... euh, vous les relirez sans doute avec plaisir. Hum.... Non mais rassurez-vous, je ne vais sélectionner que les meilleurs!

Sur ce je vous souhaite une belle semaine!

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