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Touzazimutin

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon

29 Septembre 2014, 20:14pm

Publié par Zazimutine

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon

 

Un billet un peu spécial aujourd'hui, puisque consacré à un seul livre.

L'Ombre du vent m'a été conseillé à l'occasion de mon premier billet "lectures", à la fois par Joy, mon-amie-de-30-ans, et par Lilicerise, une autre blogueuse férue de lectures, et je ne saurais trop les en remercier, tant sa lecture m'a enchantée!

Comme à mon habitude, je découvre ce livre 10 ans après sa parution.

L'Ombre du vent c'est l'histoire de ce jeune garçon barcelonais, Daniel Sempere, fils de libraire, qui, au lendemain de la 2ème guerrre mondiale, se voit mis dans la confidence par son père, de l'existence d'un cimetière des livres oubliés. Dès lors, Daniel aura la possibilité de choisir un livre et un seul dans ce cimetière. Il choisira "l'Ombre du vent", oeuvre écrite par un certain Julian Carax. Fasciné par la lecture de cet ouvrage, Daniel n'aura de cesse de percer le secret de cet énigmatique écrivain qui semble avoir semé la tragédie autour de lui, au point que sa propre existence en sera transformée.

Roman initiatique pour Daniel, roman d'amour contant une véritable tragédie grecque, roman historique sur le Barcelone du début du dix-neuvième siècle à 1955, roman policier et même thriller avec des accents de fantastique, ce livre mêle tous les genres avec un grand talent.

L'écriture de Carlos Ruiz Zafon est fluide, limpide et solaire. Le tableau qu'il brosse de Barcelone est bien loin des clichés: on y découvre une ville sombre, nimbée de mystères. L'atmosphère de guerre civile, puis de guerre mondiale, est admirablement bien rendue, nous plongeant dans l'angoisse.

L'histoire d'amour est poignante, et sans niaiseries (ce qui est, à mon avis, un exploit). L'écheveau que l'auteur déroule au fil des pages n'a rien à envier aux plus grand romans policiers. S’ajoutent à cela des moments très drôles où j'ai franchement éclaté de rire, grâce au truculent personnage Fermin Romero de Torres, genre d’anarchiste provocateur et bon vivant.

Ce livre est parfait. Tout est joli, sans aucune fausse note, aucun regret. Sauf celui de l'avoir terminé.

Il me reste une mission à accomplir, vous le faire partager: lisez ce livre, vous ne le regretterez pas! (sinon, je vous rembourse... euh, en fait... non!).

PS: je reste preneuse d'idées de romans à lire, pour les policiers j'ai tout ce qu'il me faut mais je vais bientôt tomber en panne de romans, je lirais bien un classique pas ennuyeux si vous avez des idées?...

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La fucking pêche aux canards

22 Septembre 2014, 11:08am

Publié par Zazimutine

La fucking pêche aux canards

 

Je conviens qu'il n'est pas très classe d'utiliser des grossièretés, même en anglais, dès le titre d'un billet. Ceci dit, je sens poindre chez moi un certain agacement, face à la fameuse pêche aux canards qui attire mes filles comme des mouches, dès que l'on en croise une dans toute fête foraine et autres loisirs à destination des enfants. Et je dois dire que, dans le contexte, un peu de vulgarité me soulage énormément.

Alors oui, je sais, il y a des choses bien plus graves dans notre vie. Pour mémoire, Marine-la-haineuse est aux portes du gouvernement, la guerre fait rage un peu partout, et le virus Ebola est en passe d’envahir le monde occidental (ce qui, étrangement, a pour effet direct une accélération incroyable des recherches pour trouver un vaccin...).

Justement, je crois qu'un peu de futilité ne nous fera pas de mal.

Cette fichue pêche aux canard, donc, qui me déleste de 4 euros par enfant, soit 8 euros (tout de même!) à chacun de mes passages, me sort par les yeux. Non pas la pêche aux canards en soi,  qui est somme toute assez choupinette, mais le "cadeau" avec lequel on en repart systématiquement: un jouet généralement en plastique, généralement du plus mauvais goût, généralement cassé avant même d'être rentré à la maison.

4 euros donc, pour "gagner" (comment faire comprendre à mes filles qu'on ne peut pas parler de "cadeau" lorsqu'on a payé pour l'avoir?) un jouet qui doit coûter quelques centimes à la fabrication.

Notez d'ailleurs qu'on ne peut plus faire un pas dans un parc, sans tomber par inadvertance sur une pêche aux canards. Ma belle-mère (enfin, je ne devrais pas dire "ma belle-mère" car Papa Ours et moi ne sommes pas mariés -c'est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup-), me racontait qu'à la fête de la ville où elle a emmené mes filles il y a quelques semaines, il n'y avait pas moins de 7 pêches aux canards!

Tout cela ne serait finalement pas bien grave s'il n'y avait pas ces fucking cadeaux à ramener ensuite à la maison, petit aperçu:

-fausses poupées Barbie qui semblent en papier mâché, et dont il est impossible de remettre les membres lorsqu'elles les perdent par "maladresse"

- parures de bijoux en plastique incrustée d'énoooormes pierres précieuses rose bonbon

- peluches à s'évanouir de mocheté

- nécessaire à petite fille, rose, forcément

- baguettes lumineuses à la con dont on ne pourra jamais changer la pile

- bâtons de majorettes qui perdent leurs fils brillants dans toute la maison, aussi sûrement que l'arbre ses feuilles en automne

etc etc....

et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelleet encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle
et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelleet encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle

et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle

Vous me direz, et alors? C'est pour moi ou bien ce sont pour mes enfants ces cadeaux? Leurs yeux ne brillent-ils pas à l'idée de porter ces horribles bijoux? Leur petite bouche ne s'arrondit-elle pas de ravissement devant ces affreux téléphones portable en plastique rose fushia? Si, évidemment, et c'est la raison pour laquelle j'ai du mal à leur refuser ce moment, semble-t-il si intense, de leur existence de fillette...

Et vous savez quoi? Afin d'illustrer proprement mon article, je suis allée hier matin à la recherche d'une pêche aux canards pour prendre quelques photos.... avec mes filles.... je crois bien que je me suis encore faite avoir:

ah tiens, j'avais oublié de parler des fucking petits poneys à coiffer...

ah tiens, j'avais oublié de parler des fucking petits poneys à coiffer...

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Ma libération féminine

16 Septembre 2014, 14:03pm

Publié par Zazimutine

Ma libération féminine

 

Cet été, j'ai vécu un grand moment dans ma vie de femme, un moment qui restera gravé dans le marbre de la Libération de la Femme, avec un grand L et un grand F, oui, ne soyons pas modestes, car cet été, j'ai changé une roue.

Je vous raconte.

Le 14 juillet 2014, Papa Ours s'est aperçu de la présence d'une vis plantée dans le pneu arrière gauche de ma voiture. Le 14 juillet, comme un clin d'oeil ironique à la Révolution, comme un appel du pied à ma propre révolution intérieure en marche vers la Liberté!

Bref, un clou donc, si bien planté qu'il fallait intervenir rapidement avant la crevaison. Et ce, quelques jours avant notre départ en vacances. Enfin MON départ en vacances, seule avec mes filles, une semaine avant que Papa Ours nous rejoigne à son tour. Il va sans dire que la crevaison sur le bord de l'autoroute A10 en plein rush de vacances, en plein cagnard, et SEULE avec mes filles, je ne la sentais pas trop.

Ayant quelques jours de répit sans mes gobelines préférées avant le fameux départ en vacances, 3 jours pour être exacte, il fallait faire vite. Je dus donc renoncer à mes projets fort réalistes de relooking intégral de notre appartement pour me concentrer sur cet unique projet épanouissant: faire réparer mon pneu.

Bien entendu, il faisait chaud, ce fut même la semaine la plus chaude du mois de juillet.

J'ai toujours pensé que je serais réellement une femme libre et autonome le jour où je saurais changer une roue. Pourtant, je sais déjà changer une chasse d'eau. Je suis consciente que cela fait de moi un être assez extraordinaire mais reconnaissons-le: savoir changer une chasse d'eau est peu utile en cas de crevaison sur l'A10 en plein cagnard, et avec deux enfants en bas âge risquant la déshydratation aigüe.

A ce moment de l'histoire, je dois bien l'avouer, j'espérais malgré tout remettre à plus tard cet épisode décisif dans ma vie de femme, en impliquant directement mon compagnon. Ce que je réussis à faire partiellement. Ayant adopté la solution la moins onéreuse, c'est papa Ours qui fut chargé de démonter la roue crevée, de la remplacer par la roue de secours, et de l'apporter pour réparation.

Le lendemain, il ne me restait plus qu'à retourner chercher ma roue réparée, afin de la remonter à la place de la roue de secours. Ce soir là, comme de juste, l'Homme ne rentrait pas. Il fallut donc que je me débrouillâsse (j'espère que vous êtes sensible à mon maniement hors pair de l'imparfait du subjonctif?).

Ayant la chance de bénéficier de la place la plus ensoleillée du parking, j'attendis patiemment que ma place passe à l'ombre; ce qui se produit vers 21h.

Je descendis enfin, prête à vivre ce moment historique.

La température extérieure était de 36°C, le taux d'hygrométrie d'environ 20%.

Dans ma tête se jouait une petite musique du genre de Rocky. J'étais prête à en découdre.

Prévoyante, j'avais enfilé un vieux pantalon (la suite de l'histoire nous révèlera que j'ai bien fait) mais gardé mon tee-shirt du jour (la suite de l'histoire nous révèlera que j'ai mal fait).

Je me mis donc à la tâche. Me souvenant des rudiments de changement de roue qui m'avaient été enseignés lors d'un fugace passage du code en.... enfin il y a quelques années, je me souvins qu'il fallait d'abord commencer à dévisser les boulons avant de soulever la voiture. D'un geste précis et pleine d'entrain, j'attrapai le... enfin le truc là, qui permet de dévisser. Je tournai. Je tournai. Rien ne se passât. Pas le moindre millimètre de rotation de la vis en question. Je me souvins avoir vu parfois le mâle donner un coup de talon sur la clef. Ce que je fis, réussissant à faire virer la vis de quelques millimètres. Puis plus rien. J'eus beau sauter rageusement à pieds joints sur la clef, essayer une autre vis, rien de rien! Les yeux commençant à me piquer, je réfléchis. Il me vint subitement à l'esprit que j'essayai peut-être de visser au lieu de dévisser. Alléluia! Je dus user de toute la force de mes talons pour dévisser ce que j'avais maintenant vissé à fond, mais enfin, les vis acceptèrent enfin de se déloger.

Il s'agit ensuite de poser le cric. J'avais bien observé Papa Ours le faire la veille, et même demandé quelques explications (mais pas trop parce que bon, je suis une femme libérée ou bien?!). J'introduis donc le cric à son emplacement, puis commencai à tourner le bordel pour lever le voiture. La tâche fut longue, trèèèès longue. M'étonnant tout de même que le cric se retrouvât en diagonale par rapport au sol et non perpendiculaire, je crains un moment que le tout se casse la gueule. Je redescendis donc la carcasse et recommencai. 3 fois. Pour finalement accepeter que cette saleté de cric ne serait jamais exactement perpendiculaire et advienne que pourra. Il ne restait plus qu'à finir de dévisser la roue de secours, mettre la nouvelle roue, la revisser et basta.. Un jeu d'enfant.

Effectivement tout se passa bien avec la roue de secours. Les choses se compliquèrent avec le pneu. Pour le déplacer déjà. Puis pour le soulever étant donné qu'un pneu avec jante pèse à peu près un âne mort au regard de mes deux biceps scrofuleux. Et puis quand bien même j'arrivais à soulever l'engin (en m'aidant de la hanche, la cuisse, le ventre et de tout ce qui pouvait déborder), la roue ne tenait pas à son emplacement. M'essuyant les larmes la sueur juguale d'un revers de main, je re-réfléchis. Là encore la lumière jaillit dans mon esprit embrumé: la roue de secours étant plus fine que la roue titulaire, il me fallait peut-être lever un peu plus la voiture à l'aide du cric. En effet, la roue fut finalement hissée à son emplacement et revissée (non sans quelques difficultés!). Le plus dur était fait. Il suffisait ensuite de dévisser le cric et de ranger la roue de secours à son emplacement (je vous épargne l'épisode où cette dernière se retrouva totalement de guingois sous la voiture).

Bilan de ma libération:

- environ 1h30 de travail.

- pas mal de centilitres d'eau de perdue que ce soit sous forme de sueur, ou de larmes.

- un pantalon et un tee-shirt foutus.

- une manucure remise à (beaucoup) plus tard.

M'en fous, parce que maintenant, moi, je suis une femme épanouie!

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Mes lectures de l'été

15 Septembre 2014, 14:41pm

Publié par Zazimutine

Mes lectures de l'été

 

Oui, oui, je sais bien que mes billets lecture vous barbent, c'est vrai quoi, pour qui je me prends à jouer à la critique littéraire alors que plein de gens font ça très bien et sont payés pour ça en plus?! Certes. Disons que ça m'amuse. Que le partage c'est bien. Et puis que grâce à mon premier billet "lectures", certaines d'entre vous m'ont fait découvrir le livre absolument sublime que je viens de terminer et dont je vous reparlerai très bientôt.

N'ayant tenu aucune de mes résolutions pour cet été, mon cru estival se résume donc à seulement 4 livres : 3 policiers, et 1 roman. C'est assez nul pour quelqu'un qui a eu ... beaucoup (trop) de vacances.

Habituellement je rythme mes lectures de la façon suivante : 1 livre « normal »/ 1 policier.

Beaucoup de policiers, parce que j'adore ça (je dirais même que j’ai appris à lire avec les policiers, souvenez-vous, le club des 5, les 6 compagnons, Alice…) et parce que ça aère mes lectures plus « littéraires » (encore qu’on pourrait disserter à loisir sur le thème «policier: genre littéraire ou littérature à part entière ? », prenez vos copies, vous avez 2h…)

Après cette longue introduction, au rayon policier, cet été :

- La cité des jarres

(Arnaldur Indridason, Points)

Résumé: Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. L'inspecteur Erlendur va mener l'enquête.

Mon avis: La lecture d’un article sur cet écrivain islandais m’a immédiatement accrochée. Policier+Islande (un pays qui me fait rêver), voilà un duo qui me plaisait à priori énormément. Je n’ai pas été déçue. Le personnage de détective récurrent (qui se nomme Erlendur, ça ne s’invente pas !!) n’est pas politiquement correct, vieux, fumeur, peut-être malade, et mène une vie guère reluisante. L’intrigue est très chouette et l’écrivain ne maintient pas en permanence de façon artificielle le lecteur en haleine, comme chez Camilla Läckberg. Les éléments du puzzle sont donnés les uns après les autres de façon simple. Pour autant, on est loin de se douter de l’issue de l’intrigue policière. Je me suis donc empressée d’acheter le 2ème épisode de cet auteur "La femme en vert", que je viens de commencer.

- Un avion sans elle

(Michel Bussi, Pocket)

Résumé: Noël 1980, un avion s'écrase dans les monts du Jura; à son bord, deux bébés du même âge, dont un seul survivra au crash. 2 identités possibles, 2 familles qui vont se disputer la paternité. La justice tranchera. Recruté par l'une des familles, le détective Crédule Grand Duc va enquêter, pour finalement trouver la solution 18 ans plus tard, juste avant d'être assassiné; restera son carnet de notes pour découvrir la vérité.

Mon avis: J’ai été très surprise de découvrir l’existence de cet écrivain de policiers français à succès. Par habitude, peut-être par snobisme, je ne lis pas de policiers français. Peut-être aussi parce que je trouve que certaines atmosphères se prêtent plus à ce genre de littérature et que j’aime les ambiances sombres (d’où mon attrait pour les auteurs scandinaves ou anglo-saxons). Peut-être aussi parce que je préfère lire en anglais ou en suédois dans le texte (je plaisante). J’ai voulu quand même me faire une opinion, bien que très réticente à l’évocation des titres des bouquins de Michel Bussi, trop Mary Higgins Clark à mon goût.

Que dire de ce livre ? Commençons par le positif : le scenario, très chouette ! Certes, on se doute d'une partie du dénouement mais pas dans les détails. En revanche, l’histoire autour de l’intrique policière est assez plate, convenue et je dirais même cul-cul la praline. Et je n’aime pas du tout le style de Michel Bussi, très... roman de gare. Je passe mon tour.

- L'oiseau de mauvais augure

(Camilla Läckberg, Babel noir)

Résumé: Tome 3 des aventures de Erica et Patrick Hedström. Afin de ne pas spoiler, je ne vous dévoile rien de leurs aventures personnelles. L'intrigue policière dans ce tome tourne autour du cas d'une jeune femme victime d'un accident de voiture, avec un taux d'alcoolémie anormalement élevé pour une personne abstinente. Parallèlement, une émission de téléréalité se tourne dans la ville de Tanumshede, semant dans son sillage quelques cadavres...

Mon avis: Je ne vais pas revenir sur le procédé narratif de Camilla Läckberg, c’est toujours le même et cela reste agaçant (voir plus haut). Cependant, j’ai bien aimé cette nouvelle histoire, les retours dans le passé y sont me semble-t-il moins présents que d’habitude, la réflexion sur la télé-réalité est intéressante, et j’aime toujours retrouver le couple phare de ces aventures. D’autant que ce livre ouvre de nouvelles perspectives sur l’histoire d’Erica et de sa soeur qui me donnent très envie de connaitre la suite (L’enfant allemand, malheureusement pour moi pas encore sorti en poche mais prévu pour novembre prochain!).

- La tâche

(Philippe Roth, folio)

Résumé: Un professeur d'université fait l’objet d'une dénonciation anonyme l'accusant d'entretenir une liaison avec une femme de 30 ans sa cadette et illettrée; quelques mois auparavant, il avait déjà été contraint de démissionner de son poste de doyen, accusé d'avoir tenu des propos racistes. En voulant raconter son histoire, Nathan Zuckerman, son ami écrivain, va découvrir un personnage terriblement plus complexe qu'il n'y parait.

Mon avis: Je n’avais jamais lu de livre de Philippe Roth, écrivain américain célébrissime. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la tâche fut rude, au sens propre comme au figuré, tant il me fut difficile de m’y plonger.  J’ai donc souffert et lutté chaque soir pour ne pas abandonner jusqu’à la 80ème page, où une révélation concernant le personnage principal donne un éclairage différent et tout à fait passionnant au récit. La lecture devient alors plus intéressante, les portraits psychologiques des différents personnages sont extrêmement fouillés, nous plongeant dans l'histoire des Etats-Unis de la fin de la 2ème guerre mondiale à l'ère Clinton, avec un aspect bouleversant de la ségrégation raciale. Je persiste pourtant à penser que c'est un livre "difficile" à lire, aussi bien dans sa tournure (absence de chapitres), son style, que son histoire, très sombre.

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Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom

2 Septembre 2014, 11:13am

Publié par Zazimutine

Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom

 

C'est vrai quoi, c'est agaçant à la fin, ces magazines, ces émissions de radios, et autres blogs qui parlent tous de la même chose: Noël à Noël, Pâques à Pâques, fête des mères et des pères au mois de mai, Saint Valentin en février... Un peu d'originalité que diable!

Pourquoi je ne vous ferais pas un billet sur la liste de Noël ou la déco du déjeuner de Pâques là maintenant, tout de suite? Ca vous dit? Bon d'accord, c'est original, mais pas très fédérateur.

Oui alors je sais bien que LE sujet du moment c'est... le truc là, avec les cartables et les fournitures scolaires, la découverte des nouveaux instits, des emplois du temps, les sourires des copains qui se retrouvent, les visages hâlés qui ont plein de choses à se raconter, les claquements des souliers neufs sur le bitume, les cœurs des parents qui se broient parfois et les reniflements en cachette.

Mais moi je me revendique originale.

Donc je ne vous en parlerai pas.

Je ne vous raconterai pas combien miss Choco était fière de partir pour la première fois avec son cartable sur le dos ce matin. Ni de notre arrivée en avance de 20 minutes.

Je ne vous dirai pas à quel moment j'ai compris pourquoi elle était si heureuse d'être dans la classe de Mr T, une version humaine du mari de Barbie.

Ni de notre envie à Papa Ours et moi de refaire une année de CP avec les Ken, Ken blond et Ken brun, les deux maitres des CP qui ont l'air vraiment chouettes, au lieu d'aller trimer.

Je ne vous raconterai pas ma mine déconfite lorsque j'ai découvert que miss Bonbon était séparée de ses copines, dans une classe de 32 élèves, avec une nouvelle maitresse. Ni mon désarroi lorsqu'elle a commencé à s'accrocher à mon pantalon le menton tremblotant.

Je nous livrerai pas mon inquiétude sourde tout au long de la journée. Mon impatience de LES retrouver ce soir pour savoir comment ça s'est passé.

Je ne vous avouerai pas la banalité, au fond, de cette journée si importante pour beaucoup d'entre nous, une journée pourtant si ordinaire.

Hypocrite moi?

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Vis ma vie de plaquette de beurre

1 Septembre 2014, 07:52am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de plaquette de beurre

 

21 juin 2017, l'été est enfin là...

7h: la porte du frigo s'ouvre, la lumière s'allume, un courant d'air chaud s'engouffre dans la baraque. Zut, déjà? Si j'avais su, j'aurais pas la fête aussi tard cette nuit avec mes potes les Zeufs. Mes potes ils s'appellent Zone, Zou, Zri, et le plus marrant Zorglub. En fait il s'appelle Zor mais il a un look terrible avec sa coquille toute tachetée alors on l'appelle Zorglub. Je sais pas de quel cul de poule il sort celui-là mais alors il a une tête!!

7h01: la Patronne me sort du frigo et me pose sur la table du déjeuner. C'est le moment que je préfère: elle va me gratter le ventre un bon moment pour beurrer les tartines de toute la famille la Patronne, et c'est elle qui gratte le mieux dans la famille, y a pas à dire. Elle te fait ça avec une délicatesse toute féminine, tout est dans le geste quoi! Alors que le Patron, lui, il tranche direct dans le vif tu vois? Du coup ça fait mal, alors que la Patronne, elle, elle me chatouille!

7h30: la séance de grattage est terminée, c'était tellement bon, je me sens tout détendu, tout mou, mmmh je vais bien dormir moi!

7h35: oui mais je préfèrerais dormir au frigo quand même

7h40: personne n'a l'air de songer au risque vital que j'encoure si je reste à l'air libre, il fait déjà 22°C là, les gars!

7h45: bon personne n'a l'air de s'occuper de moi...

8h: Putain!!! Ils sont en train de partir sans moi! Je rêve, ils vont partir en oubliant de me remettre au frigo! C'est pas comme ça que je voulais finir moi, avec les zeufs on s'était promis qu'on finirait notre vie en même temps, tous ensemble, genre en quatre-quart!!

8h02: au secoooooouuurs! Comment faire pour se faire entendre des humains quand on est une plaquette de beurre?

8h05: la porte claque; ils m'ont vraiment laissé les salauds! Si j'avais su, j'aurais ranci et je leur aurais pourri leur petit-déj’ toute la semaine! Oh non, je veux pas mourir comme ça! J'ai envie de pleurer.

8h06: la porte s'ouvre, la patronne me prend dans ses mains et me remet dans le frigo. Oh mon Dieu je l'aime! Mes larmes coulent sur ses doigts. Elle a pas l'air d'apprécier.

8h07: tout le monde dort dans le frigo. Ça sent pas très bon, le Lait a du tourner.... on lui avait dit aussi de pas faire des mélanges avec le vin blanc, il est con le Lait. Ou alors c'est les Frometons, ils sont sympas mais côté hygiène, bof, c'est clair qu'il y en a qui se lavent pas tous les jours.

8h10: je vais piquer un petit roupillon pendant que je me resolidifie, j'ai besoin de me remettre de mes émotions.

.......

17h30: je sens la porte claquer, la Patronne rentre avec les gobelins, la vache, j'ai dormi toute la journée!

17h35: aaah de la lumière, une petite main potelée m'attrape, aïe, ça fait mal, ça doit être la cadette, une vraie teigne.

17h36: Boum! Oh la chute, au moins 1 mètre! J'ai le coin droit tout cabossé, c'est malin! La patronne est pas contente, elle gronde la Teigne qui hurle. Heureusement que j'ai pas d'oreilles parce qu'à en juger par les vibrations que ça occasionne, ça a l'air douloureux.

17h37: je retourne dans ma chambre froide.

18h: de nouveau de la lumière. La patronne m'empoigne,  elle me pose sur le plan de travail. Oh mais je vois qu'elle attrape aussi Zone, Zou, Zri, et Zorglub, serait-ce le grand moment?

18h05: on me jette dans un bol; mmmmhhhh, ça chauffe, c'est bon...

18h06: quoooaaaa? Du chocolat? Je rêve, on me mélange avec du chocolat! Oh mon Dieu, même dans mes rêves les plus fous je n'aurais pas imaginé ça, on va tous mourir dans un gâteau au chocolat!

18h07: tandis que je me liquéfie langoureusement en m'imprégnant de nanoparticules de cacao, j'entends les zeufs crier de joie: ils sont en train de se faire battre et ils aiment ça les dingos, j'ai toujours pensé qu'ils avaient un côté maso mes potes!

18h13: c'est le moment du grand mélange avec les potes qui ont maintenant la gueule bien enfarinée; j'entre dans le robot, le fouet nous bat à 3000 tours minutes!

18h14: woooooouuuuuuuuuh, c'est un truc de fou!!!

18h15: je goooonfle!

18h16: hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

18h17: J'ai la tête qui tourne quand même!

18h18: Oh my God, je crois que je vais rancir!

18h19: fini de rigoler, la Patronne nous verse tous dans un moule à gâteaux.

18h20: passage au four. Juste un mauvais moment à passer.

18h35: on sort du four. Je suis encore là mais plus tout à fait, je suis nulle part et partout à la fois, je sens les zeufs frémir de plaisir, on est bien là, tous ensemble. Ce soir, nous allons finir sous des palais frétillant de joie, sur des petits doigts gourmands, dans des petits estomacs repus...

Elle est pas belle ma vie?

PS1: Oui, je sais, c'est.... consternant...

PS2: Encore du recyclage...

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