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La famille Shadok fait du ski

21 Mars 2017, 14:44pm

Publié par Zazimutine

La famille Shadok fait du ski

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans 30 ans 40 ans ne peuvent pas connaitre.

Les Shadoks est une série d'animation télévisée française, diffusée sur nos écrans dans les années 70, qui relatait les aventures d'une espèce d'oiseaux assez peu futés: les Shadoks. Colériques, mal organisés, les Shadoks partageaient leur planète avec les Gibis, alter-ego diamétralement opposés: dotés d'une intelligence supérieure, tout leur réussit. En langage actuel on dirait donc que les Sahdoks sont des loosers, tandis que les Gibis sont clairement des winners.

Notre séjour au ski, cette année, m'a un peu évoqué une aventure des Shadoks, tant nous avons cultivé le gout des tracasseries. Laissez-moi donc vous raconter ces vacances sur le mode shadok:

  • Premier épisode: les Shadoks cherchent un hébergement

Octobre 2016. Madame Shadok, toute fière d'elle-même, pensant s'y prendre particulièrement en avance, contacte son hébergement alpin de l'année précédente. Maman Shadok le sait: elle est une winneuse, elle détient l'adresse d'un studio au ski, en demi-pension, pour un prix défiant toute concurrence. Ses papilles salivent déjà à l'idée de savourer les bons petits plats de Babeth, les pieds sous la table. Horreur, l'hébergement est déjà complet pour les vacances scolaires.

Dépité, papa Shadok décide de prendre les choses en main et se tourne vers les Pyrénées, plus proche pour les Shadoks bretons. Tout fier de lui, Papa Shadok dégote une petite adresse qui semble très prometteuse: chambre en demi-pension  dans un joli chalet, goûter au retour du ski inclus, le tout pour un prix défiant toute concurrence. ! Les parents Shadoks sont enchantés, leurs papilles salivent déjà à l'idée du chocolat fumant qui les attend à leur retour de journée dans la neige.

Deux semaines après avoir finalisé la réservation, nouvelle catastrophe: celle-ci tombe à l'eau, le propriétaire de l'hébergement faisant valoir un problème de famille l'empêchant d'accueillir les Shadoks, comme prévu, en février.

Madame Shadok, le coeur grelottant de larmes (elle est hyper sensible, mais surtout, entre-temps, le mois de décembre est arrivé!)) concentre de nouveau ses recherches vers les Alpes, pensant y trouver plus de choix. Après moultes demandes de devis la faisant envisager des manières peu recommandables de gagner de l'argent, elle finit par trouver un classique gite pour un prix.... disons acceptable.

Pendant ce temps-là, les Gibis, winneurs depuis leur naissance, ont réservé une super location depuis le mois de septembre, départ skis aux pieds, et pour un prix défiant... Oui bon ça va!

  • Deuxième épisode: l'arrivée sur place

Février 2017. Dans cet épisode, nous passerons rapidement sur le temps de trajet Bretagne-Alpes (en deux étapes), ainsi que sur la merveilleuse idée des parents Shadoks, décidant de prendre la route le samedi après 16h, histoire de ne pas avoir de bouchons. En réalité, cette histoire de départ après 16h ne fit que décaler d'autant leur arrivée dans les montagnes puisque, de bouchons, il y  avait toujours. Mais après tout, il n'y avait  rien d'exceptionnel à ce que nos Shadoks en souffrent puisque toute la Shadokie française semblait s'être rassemblée pour communier ensemble au pied des Alpes. Les Gibis, bien sûr, ont eux réussi à poser leur vendredi et sont déjà en bas des pistes le samedi matin!.

Une fois sur place, donc, le constat est amer: l'hébergement se trouve à 15 km de la station. Je vous passe le langage shadokien très peu châtié que Papa Shadok emploie lorsqu'il se rend compte de la chose.

Cependant, il existe une possibilité de réduire le temps de trajet journalier des Shadoks: prendre un télésiège situé à quelques km du gite, et qui permet de rejoindre la station directement, via une petite piste bleue. Excités par leur trouvaille, les Shadoks décident de tester cette option dès le premier jour. Seulement voilà: ce télésiège ressemble plus à un téléphérique à l'air libre, eu égard à la hauteur du bidule. Les parents Shadoks font comme s'ils n'avaient pas vu que la mini-shadok n'a pas la taille minimale requise, et rangent dans le fond de leur mémoire le souvenir que la même mini était tombée au démarrage du télésiège l'année précédente, emportée par sa petite taille et le poids de ses skis. La montée de 15 minutes se déroule donc dans le chaos le plus total, la petite ne cessant de se pencher en avant, l'ainée répétant inlassablement combien elle a peur, papa Shadok hurlant sur les deux pour décharger son stress, maman Shadok henissant pour oublier son vertige. En descendant du télésiège, les Shadoks le savent: leur famille ne survivra pas à ce genre de scenario quotidien, particulièrement du fait qu'il faut aussi prendre le télésiège dans le sens de la descente (car impossible d'emprunter la piste rouge prévue pour redescendre, voir alinéas 3 et 4). Las, ils prennent leur voiture chaque jour, et galèrent autant de fois pour trouver une place.

Au moment où les Shadoks trouvent enfin une place pour se garer, les Gibis, prennent généralement un vin chaud en terrasse, ayant déjà enchainé 5 descentes.

  • Troisième épisode: la station

Madame Shadok a  lu plein d'avis très positifs sur cette station dite "familiale" et ensoleillée, dont d'ailleurs le logo, non usurpé, est un soleil rayonnant. Et c'est vrai, la station est très ensoleillée. Ensoleillée comme avec du vrai soleil dedans, du bon gros soleil bien chaud qui ferait fondre la neige à toute vitesse. Les Shadoks arrivent donc sur des pistes mêlant "neige de culture" comme on dit en jargon de skieux, terre-plein terreux, et bouillasse. Pas les meilleures conditions pour maman Shadok et ses filles, qui maitrisent autant le ski que l'étymologie des patronymes islandais. Et surtout, il faut se résoudre à ne pas redescendre à la voiture en skis, pour cause de piste non enneigée (voir plus haut).

Au même moment, les Gibis, fins connaisseurs des stations de ski et de leur enneigement, s'éclatent comme des fous dans la poudreuse de leur station perchée à 3000 mètres.

  • Quatrième épisode: l'équipement

Une fois payé l'hébergement, les cours de ski, les forfaits, il ne restait guère de marge à la famille Shadok pour l'équipement. Madame Shadok, prévoyante et adepte du système D, avait décidé de recycler les combi et tous les accessoires (gants, masques, casques) de l'année précédente, "zut quoi, faut pas pousser mémé dans les chardons!" avait-elle dit dans son shadokien délicat.  Une fois sur place, il s'avère que les combinaisons commencent à devenir vraiment trop petites, surtout pour la fille ainée Shadok qui ne cesse alors de râler: sa combi lui "rentre dans la zézette" chaque fois qu'elle lève les bras ("ben lève pas les bras!"), ses gants sont trop petits, l'étiquette lui gratte la peau, son casque lui fait mal, son masque appuie sur ses lunettes, etc.... Peu compatissants (et surtout ruinés), les parents Shadok cèdent finalement à l'achat d'un nouveau masque lorsqu'ils s'aperçoivent que le visage de leur fille commence à reconnaitre les lunettes comme faisant partie intégrante de lui-même, et envisage de continuer à pousser autour, ce qui est, en fin de compte, fort peu seyant.

Cet épisode au magasin de sport est assez mémorable puisque maman Shadok, au moment de payer le dit-masque, fait tomber un objet parterre qu'elle s'empresse de ramasser d'un mouvement gracieux, ramenant au passage une partie du plancher du magasin sous la forme de trois volumineuses échardes de bois plantées sous ses ongles. S'ensuit un moment de panique générale pendant lequel la vendeuse essaye avec une pince à épiler d'enlever les morceaux de bois, plantés si profondément que le sang ne tarde pas à couler sur la caisse, ce qui entraine par effet rebond un nouveau mouvement d'affolement de la vendeuse à la recherche de désinfectant. Pendant ce temps-là Papa Shadok, ruiné comme nous l'avons vu plus haut, repart avec une paire de skis tout neufs sous le bras (la logique paternelle shadokienne a ses raisons que la raison ne connait point).

Note de l'éditeur: maman Shadok, en mère avisée, tient à vous informer au passage qu'il existe des masques spéciaux pour porteur de lunettes (ce que les Gibis savaient depuis longtemps; mais d'un autre coté, les gibis n'ont pas de problèmes de vue, eux).

  • Cinquième et dernier épisode: les cours de ski

Pour les enfants Shadoks, c'est seulement le deuxième séjour au ski. Leurs parents ont pu d'ailleurs juger dès la descente du "télésiège de la mort" (voir paragraphe 2) de leur absence totale de mémoire de la gestuelle skiesque. Ce qui leur valut la descente de piste bleue la plus longue de tous les temps.

Heureusement, maman Shadok a tout prévu et jugé bon de les inscrire à un cours de ski afin de faciliter leurs déplacements sur les pistes. Futée qu'elle pensait être, et sachant pertinemment que ses filles Shadoks ne voudraient pas avoir à côtoyer des cours collectifs remplis d'enfants Gibis, elle avait décidé de les inscrire à un cours particulier, selon elle plus efficace bien que plus court (1h), mais ensemble. Certes, elle avait songé que la différence de niveau (l'ainée Shadok en ayant un peu plus dans les pattes que la petite) risquerait de poser problème, mais munie d'un optimisme congénital délirant, elle s'était dit que la plus grande tirerait la petite vers le haut. De plus cette formule présentait l'avantage d'être beaucoup moins onéreuse. Maligne la mère Shadok!

Malheureusement, l'opération se révèle être un fiasco. La petite empêche la grande de progresser si bien que la prof de ski Gibi (nattes blondes, yeux verts et dents blanches) propose finalement de les séparer et de ne prendre chacune d'elle qu'un jour sur deux. Résultat, le couple Shadok, qui a à peine 1h pour skier ensemble chaque jour, doit se résoudre à skier en alternance, l'un gardant l'une des petites shadoks, tandis que l'autre profite des joies du ski en solo. Quant à skier en famille, il rencontre un refus obstiné de la part des enfants Shadok.

Pour terminer, ni l'une, ni l'autre des enfants Shadoks, n'obtient la médaille tant convoitée.

Pendant ce temps-là, le couple Gibi, qui a skié toute la matinée en amoureux, récupère ses enfants fraichement médaillés et s'en va poursuivre sa journée de ski sur les pistes dans un beau moment de partage familial.

Epilogue:

Longtemps après être rentré chez elle (bouchons de retour inclus) la famille Shadok aime à se souvenir de ce séjour si délassant et dépaysant. D'ailleurs Madame Shadok clame à qui veut l'entendre que les vacances au ski sont ses vacances préférées!

Je vous laisse avec un extrait des vrais Shadoks, tellement plus hilarants que ma pauvre petite prose. C'est aussi un clin d'oeil à mon père qui les adorait.

Commenter cet article

lucie 21/03/2017 22:37

Décidément tout est allé de traviole, vous avez quand même manqué aussi et surtout de chance (pour la réservation, la neige notamment). Sinon perso je dis vive les vacances à la mer... adieu le ski lol

Zazimutine 23/03/2017 09:38

Ah oui mais la mer, pas de stress pour nous, on a même pas besoin de partir ;)

Natali 21/03/2017 17:28

Je suis un peu perdue la....
Mais je croyais que les Shaddock POMPAIENT ...!!!!????

Zazimutine 23/03/2017 09:37

Tu as parfaitement raison: "et les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient!"
Nous, on nous a surtout pompé du fric ;p

Maman délire 21/03/2017 16:46

Et bah ! Je crois que je suis une gibi..... donc pour l'année prochaine : réserve dès fin août début septembre ( oui je sais c'est tôt ) moi j'étais à st lary car il y a l'école évolution 2 qui prend les gosses par groupe de 8 maxi 2h par jour, les nôtres étaient dans des groupes différents car c'est par niveau mais aux mêmes heures ! Et ensuite comme ils ont vite progressé on a pu skier avec eux ! ( bon ça faisait la 4eme année.. ) du coup ils sont plus doués que moi ! Je t'enverrai un rappel en août !!!!!!!

Zazimutine 23/03/2017 09:36

Justement c'est à Saint Lary que nous avions réservé avant que ce soit annulé, on aurait pu se croiser ;)
Evolution 2, oui, il y avait aussi là ou nous étions, si j'avais su...
Et pour ce qui est de réserver en août, impossible: je change de boulot au 1er septembre. Et je me vois mal arriver avec mes desideratae de congés dès le premier jour :D

Escarpins et Marmelade 21/03/2017 16:32

Haha! Tu m'as bien fait rire! Heureusement que tu es adepte du système D!
Il vous faut donc d'autres vacances pour pouvoir se reposer de celles-ci!

Zazimutine 23/03/2017 09:34

Oui c'est pas faux, et sans enfants si possible (on peut rêver quoi! ^_^)

Jo Ridée rieuse 21/03/2017 16:23

Je suis morte de rire devant mon écran. En fait, c'est beaucoup plus fatigant qu'une semaine de travail, cette affaire.

Zazimutine 23/03/2017 09:33

Exactement! C'est crevant ;p