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Touzazimutin

Les j'aime/ j'aime pas de l'été

8 Août 2016, 12:43pm

Publié par Zazimutine

Les j'aime/ j'aime pas de l'été

 

J'aime m'installer dans une maison inconnue pour une durée déterminée, trouver une place pour chaque chose, m'approprier les lieux.

J'aime pas faire les valises pour les vacances. Trop d'indécision (je prends? je prends pas?), trop de flou artistique, trop de peur d'oubli.

J'aime voir la peau de mes filles dorer doucement, surtout celle de miss Choco qui a hérité du gène pain d'épice du côté paternel, ce qui a le don de faire étinceler ses yeux dorés.

J'aime pas sentir les rayons du soleil darder ma propre peau; j'ai presque l'impression de sentir mes radicaux libres se multiplier à la surface de mes pores, mes ridules se creuser un peu plus, et mes taches de soleil se multiplier (je suis une fille un peu tourmentée...).

J'aime les fêtes de village bon enfant, surtout lorsqu'il se joue des tubes des annés 80 et que je me retrouve 25 ans en arrière, fébrile adolescente, à me trémousser sur "3 nuits par semaine"!

J'aime pas les fêtes des villages alentours lorsque je ne suis pas en vacances et que je ne peux par dormir avant 2h du matin à cause des boum-boum des basses.

J'aime les petites bestioles de l'été que l'on peut trouver au détour d'une balade, comme les vers luisants, les libellules, les rainettes dans les mares...

J'aime pas les moustiques, le bruit des moustiques, les piqûres de moustiques, tout ce qui est moustique.

J'aime le linge qui sèche au soleil, l'odeur, et puis le fait d'être dispensée de la corvée de rapassage.

J'aime pas les serviettes de bain qui sèchent pas à cause de l'eau salée et qu'on remet humides et collantes dans le sac de plage.

J'aime avoir pour seule préoccupation de la journée de répondre à la question cruciale: "on va à quelle plage?".

J'aime pas ne pas profiter du dernier jour de vacances parce que je suis stressée à l'idée de devoir tout ranger, replier, nettoyer, ne rien oublier...

 

PS: toutes mes excuses pour ce long silence estival; j'aimerais être une blogueuse organisée qui aurait pris soin de programmer ses articles pour l'été à venir. Je ne le suis pas. Je reprendrai donc une activité digne de ce nom dès la rentrée.

Bonnes vacances à ceux qui le sont, bon courage à ceux qui bossent!

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Un 5 juillet 1991

5 Juillet 2016, 10:31am

Publié par Zazimutine

Un 5 juillet 1991

 

Ce matin, j'ai entendu à la radio, comme chaque année, le petit reportage habituel inhérent aux résultats du bac attendus ce 5 juillet; or, ce reportage se déroulait exactement dans le lycée où j'ai passé mon bac, celui où je suis allée voir mes propres résultats.

Alors je ne sais pas si c'était un 4, un 5, ou un 6 juillet, mais une chose est sûre, il y a 25 ans (car j'avais au moins 5 ans d'avance...), alors que la plupart de ces nouveaux bacheliers n’étaient pas même l'ombre d'une ébauche d'un brouillon de bébé, j'étais à leur place. J'étais devant les grilles du lycée Saint Just de Lyon, à scruter les résultats.

J'avais pris le métro, puis le bus, c'est que le trajet était long pour venir de chez moi jusqu'à ce lycée perché sur la colline de Fourvière; c'était l'après-midi je crois, je n'avais pas voulu y aller tout de suite. Fuir la foule, fuir les témoins et les cris de joie, des fois que... la fuite, un mode de vie. J'avais peur de l'avoir raté, ce bac. Je savais que ça n’avait pas très bien marché en "sciences naturelles" (je sais, ça ne se dit plus!), en physique et en maths, et pour un bac dit scientifique c'était plutôt gênant. Les langues vivantes ne pouvaient guère me faire espérer quoi que ce soit. Seuls les points gagnés au bac de français l'année précédente, l'histoire géo, et la philo, me laissaient entrevoir l'espoir de ne pas être obligée de passer le rattrapage.

Je ne me souviens pas exactement de mon nom sur le tableau. Je me revois juste après, soulagée. Que dis-je? Libérée (oui, délivrée aussi, déjà)! J'étais admise, sans mention bien sûr, ras les pâquerettes mais admise, ça suffisait. Les études que j’envisageais ne demandaient rien d'autre que le bac, pas besoin de super dossier gonflé de bonnes notes toute l'année, comme mes camarades qui postulaient pour les prépas d'écoles d'ingénieurs (ça représente quoi, au fait le boulot d'un ingénieur, pour un gamin de 18 ans??).

Je me revois sortir du lycée et me précipiter dans une cabine téléphonique. (J'ai bien écrit: cabine téléphonique, so 1991...) J'ai appelé dans l’ordre ma mère, qui était déjà allée voir les résultats, puis mon père, qui attendait mon appel. J'ai ensuite repris le bus, sur un petit nuage. Là, le nez collé à la vitre, je me sentais tellement légère, que je souriais toute seule. J'avais beau lutter, j'avais un peu honte au fond de sourire toute seule comme une débile, rien à faire, ce sourire intérieur, m'étirait les lèvres et me faisait sans doute briller les yeux irrémédiablement. J'avais envie de crier à tout le monde dans le bus que j'avais mon bac, un peu comme quand on est amoureux et qu'on a envie de le dire à tout le monde, surtout à des inconnus.

Ce soir-là, je n'ai pas fait la fête avec mes amis. Je n'avais pas beaucoup d'amis, et je ne faisais pas partie du style de lycéens à faire la fête (attention, sortez vos mouchoirs, je vais bientôt vous parler de mon enfance, tapie dans une bouche d'aération). Surtout l'une de mes amies était au rattrapage, elle.

Ce matin en écoutant la radio, j'ai entendu les cris de joie des lycéens reçus au bac. Il y avait sûrement aussi quelques larmes mais ceux-là, on ne les a pas entendus.

Dans les propos de ceux qui étaient reçus, j'ai reconnu, comme si c'était hier, le soulagement et la légèreté.

Une légèreté universelle.

Une légèreté ô combien éphémère aussi, mais de celle, pourtant, dont on se souvient toute une vie.

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5 conseils pour briller en soirée

4 Juillet 2016, 12:30pm

Publié par Zazimutine

5 conseils pour briller en soirée

 

Si le temps peu clément de ce début juillet nous le fait oublier, l'été est là, et bien là. Avec lui, ses promesses d'apéros en tout genre et de soirées entre amis, car été rime avec convivialité! Pas toujours facile cependant de "briller" en soirée, surtout lorsqu'on est, comme moi, déficiente du gêne de la conversation.

Ayant pu moi-même tester quelques techniques pour pallier ce handicap social, en voici quelques-unes plus ou moins efficaces:

1) S'adapter à son public

Evidemment, il va être difficile de ne pas tomber dans la caricature. Mais ça tombe sous le sens: si vous êtes invités au pot de fin d'année de l'amicale laïque des maçons célibataires, il y a peu de chances pour que votre savoir-faire de couturière les fascine. Il y a aussi peu de chances que vous soyez invités, mais c'est une autre histoire.

Jouez plutôt l'universalité: si votre public est essentiellement masculin (encore que...), glanez quelques infos au sujet de l'Euro. Sachez donc que la France est encore dans la course, et qu'il est de bon ton, cette année, de dire que le peuple islandais est un exemple pour tous les supporters (vous noterez que la France est toujours capable d'encenser les supporters des autres équipes, surtout lorsqu'elle gagne, mais c'est un autre débat).

Face à un public majoritairement féminin, je vous conseillerais bien de porter des accessoires extravagants, par exemple des boucles d'oreilles (même moches), en vous disant qu'il y a de fortes chances que cela attire une de vos congénères, quelque soit son âge, sur le mode: "troooop belles, tu les as achetées ou?", mais ce serait encore trop caricatural.

2) Employer des mots compliqués

Apprenez quelques mots ou expressions qui en jettent. Par exemple, le mot sémantique, très facile à placer. La sémantique concerne la signification des mots, donc tout est question de sémantique:

-"brrrr, il fait froid"

-"oh pas tant que ça!"

-"oui, enfin, c'est une question de sémantique, disons qu'il y a un peu de vent",

quelque chose dans ce goût-là.

Marche aussi avec les citations.

Attention toutefois à ne pas en abuser. Donner une première impression positive à votre interlocuteur, oui; le faire fuir, non.

3) Avoir un métier cool

Il faut bien le reconnaitre, certains métiers suscitent l'interêt, tandis que d'autres laissent un abîme d'ennui dans le regard de votre congénère.

Quelques métiers dont la révélation est à éviter:

- prof d'EPS; pour commencer vous allez agacer vos congénères mâles qui vont comparer illico leur musculature  à la vôtre, et loucher vers vos abdos; de plus, si votre interlocuteur ne partage pas votre passion pour les survêtements Quechua, la conversation va vite avorter.

- flic; ça a a un petit côté moralisateur et ça fait peur.

- addictologue: encore pire! Personne n'osera ne serait-ce que boire une coupe de champagne en votre compagnie. Les fumeurs vous éviteront comme la peste et allumeront leur cigarette en se cachant de votre regard! Soirée isolée garantie.

- psychologue/psychiatre: là c'est plus pour votre bien-être que je vous le déconseille; vous allez regretter de susciter autant d'attention, et, au récit de dépression de la belle-soeur du 23ème convive, vous regretterez votre douce solitude initiale (marche aussi, dans un autre style, avec proctologue, infirmière, garagiste, plombier, vétérinaire...)

Si vous n'êtes pas doté d'un métier porteur, inventez-en un. Par exemple, expert auprès des tribunaux concernant les violences envers les animaux aquatiques d'eau douce. Attention, ceci dit, à assurer ensuite niveau anecdotes. On attendra de vous que vous animiez la soirée au gré de vos histoires de boulot.

4) Etre enceinte

Toujours utile pour initier la conversation. Vous aurez droit aux fadaises habituelles de "c'est pour quand?", "vous connaissez le sexe?", et bien entendu aux récits d'accouchements de toute la population féminine présente. Toute la subtilité consistera ensuite à dériver vers un sujet de conversation qui tourne moins autour de votre nombril, ou de leur utérus (à moins que vous aimiez ça, ce qui est tout à fait votre droit).

Conseil: ne tombez pas enceinte juste  dans l'optique d'une soirée; certes vous allez vous enquiller 9 mois d'apéros en conversant à bâtons rompus, mais non seulement vous n'aurez pas le droit de consommer une goutte d'alcool, mais ensuite, vous allez enchainer sur une absence totale de vie sociale.

5) En dernier recours

Pour terminer, si aucune des propositions précédentes n'a réussi à vous sortir de l'isolement, demandez des nouvelles d'une célébrité, dont personne ne sait jamais si elle est encore de ce monde ou non. Au choix: Sim, Kirk Douglas, Stéphane Colaro, Nicolas Sarkozy...

Chacun ira de son pronostic, ça finira en wikipedia-party où chaque convive citera le nom d'une autre personne:

"ah lui, il est mort y a au moins 20 ans!"

-"mais noooon!"

-"mais siiiii, je te jure!"

- mince! Il est mort? Comment ça se fait que je l'ai pas su!" etc etc...

Ambiance garantie!

Bonne soirée!!

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Filles à lunettes

30 Juin 2016, 17:14pm

Publié par Zazimutine

Filles à lunettes

 

Quand je suis née, mes parents ont évidemment organisé une grande fête façon Eddie Barclay, dress-code blanc, champagne qui coule à flots et tous les grands de ce monde -de l'époque- invités (Sheila, Beatles, reine d'Angleterre etc...). Bien entendu, les soeurs De la génétique furent invitées et, dotées de grands pouvoirs magiques, elles se penchèrent sur mon berceau, m'affublant de toutes les grâces de mes aïeux (intelligence, humour, beauté, sans oublier la modestie). Seulement voilà, la soeur cadette, Maléfique De la génétique, avait été écartée de cette soirée mémorable; vexée, elle prit tout de même part à la fête et me jeta un sort: en plus de dormir 100 ans (mais en plusieurs fois), j'allais hériter de la forte myopie de mes grands-pères.

En grandissant, comme prévu, je devins donc, intelligente, drôle, belle, modeste, grosse dormeuse et... myope. Myope avec un grand M. Comme une taupe. Si ma myopie ne se déclara qu'au CM1, celle-ci dégringola de façon vertigineuse jusqu'à atteindre la limite de ce qu'en médecine on appelle une "myopie moyenne", en sachant que  cette dernière correspond en réalité, pour le commun des mortels, à une très forte myopie (pour vous donner une idée, je vois net à environ 10 cm de mon visage...). Bref, les lunettes devinrent, à partir de la 6ème, mes meilleures amies. Ou plutôt mes meilleures ennemies. Car si j'avais trouvé plutôt rigolo de les porter de temps en temps au CM1 et CM2, les supporter tout le temps devint pour moi un vértable calvaire, surtout à cet âge tellement propice au sentiment de confiance en soi qu'est l'adolescence.

Car porter des lunettes, c'est inévitablement:

  • faire du sport AVEC ses lunettes

Qui n'a pas fait le tour du stade avec ses lunettes qui tressautent sur son nez, les sourcils dégoulinant de sueur sur les verres, n'a pas vraiment connu la vie!

  • aller à la piscine SANS ses lunettes

Comme c'est incompatible, il faut se résoudre à les laisser au vestiaire et à en subir les conséquences: ne pas reconnaitre ses copines au bord du bassin, ne pas comprendre que le maitre-nageur essaie désespérément depuis 5 minutes de vous faire sortir du bassin en s'époumonnant dans son sifflet, quant à aller chercher le minuscule anneau là-bas, à 3m20, comment vous dire?

  • être dépendant de la météo

Subir l'affront de la pluie et la blague récurrente qui en découle sur la praticité d'un essuie-glace intégré à la monture (ah ah ah!); en hiver, connaître également le bonheur d'avoir les verres embués quand on vient de l'extérieur et que l'on se retrouve sans transition dans une ambiance chauffée; marche aussi avec l'émotion, j'ai en mémoire un merveilleux épisode où, en première, je fus interrogée au tableau pour un commentaire de texte et où, les verres totalement opacifiés par la buée, je ne parvins pas à lire correctement mon texte.

  • penser qu'avec des lunettes, tout espoir de séduire un garçon est réduit à néant.

Quand je me remémore les montures que l'on faisait pour les enfants dans les années 80, je pense que mon à priori n'était pas dénué de bon sens. Sans compter qu'avec ma myopie de compétition, je me suis vite retrouvée avec des yeux qui paraissaient minuscules derrière mes carreaux pourtant amincis au maximum. J'ai donc passé des boums SANS lunettes, à cligner frénétiquement des yeux pour savoir qui venait m'inviter à danser un slow, et même si c'était bien à moi que le garçon s'adressait; il m'est arrivé également de me balader sans lunettes dans la rue à côté d'un garçon de ma classe en espérant qu'il s'apercevrait que SANS, j'étais drôlement mignonne (hum!); l'épisode où je m'écrase lamentablement le nez contre un abri-bus que je n'avais pas vu arriver (le côté transparent), ainsi que le fou-rire du-dit garçon et mon saignement de nez, reste un souvenir aussi douloureux qu'humiliant.

Je passe sur les dénominations couramment usitées à l'époque pour désigner les porteurs de lunettes (intello, serpent à lunettes...), vous avez compris j'imagine, que je suis une traumatisée des lunettes. J'attendis donc avec impatience d'avoir 18 ans, pour avoir droit aux fameuses lentilles (je me demande encore pourquoi l'ophtalmo me fit attendre tout ce temps alors que je devais de toutes façons changer de verres chaque année). Aussitôt mon bac en poche, je me précipitai chez l'ophtalmo pour tester les fameuses lentilles, qui ne m'ont, depuis, plus jamais quittées. Enfin, ma vie commençait.

 

Beaucoup plus tard, à la naissance de mes filles, une chose me taraudait. Allais-je, ou non, leur transmettre ma myopie, sachant que Papa Ours est également légèrement myope? Je comptais sur la présence, dans le mélange génétique, de deux grand-mères à la vue absolument parfaite.

Raté! Dès le CP, notre aînée commença à se plaindre de ne pas bien voir de loin. Elle porte des lunettes en continu depuis novembre dernier.

Lors du contrôle à 6 mois, la myopie de miss Choco avait dégringolé, et miss Bonbon, pour laquelle je pensais que tout allait bien, se retrouva affublée d'une myopie déjà conséquente. Pour moi je le confesse, ce fut un choc.

Même si j'ai changé d'avis aujourd'hui sur les lunettes, même si j'ai autour de moi plein d'exemples de femmes à lunettes que je n'imaginerais pas un seul instant dépourvues de leurs montures, et que je trouve pourtant très jolies, même si les montures sont devenues beaucoup plus esthétiques, je fus catastrophée à la pensée que mes deux petites filles allaient avoir le même destin que moi, dès l'école maternelle pour l'une, élémentaire pour l'autre.

Et puis je me suis faite une raison. C'est mon histoire et pas la leur. Malgré ma crainte que leur myopie rejoigne la mienne, voire la dépasse (ce qui est quand même bien handicapant), je suis consciente que ça ne reste qu'un problème de santé mineur. Surtout, je me suis habituée à leurs bouilles cerclées de lunettes, j'irais même jusqu'à dire que maintenant, je les préfère avec; elles leurs donnent du caractère à mes filles, ces jolies petites lunettes, rouges pour l'une, roses pour l'autre. Et comme l'a dit ma fille aînée chez l'ophtalmo, quand cette dernière m'a annoncé la myopie de miss Bonbon, et que je m'effondrai en insultant les fées de la génétique; "c'est pas grave maman, elle mettra des lunettes et puis c'est tout!".

Ben oui, c'est tout.

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Tous azimuts # 9

29 Juin 2016, 16:19pm

Publié par Zazimutine

Tous azimuts # 9

 

Toutes mes excuses pour ce long silence, la vie étant ce qu'elle est, l'inspiration, l'envie, le temps (rayer la mention inutile), viennent parfois à manquer.

Sans plus de commentaires sur ma vie actuelle (que nous pourrions résumer par un "c'est la merde!" fort à-propos), me revoici donc avec un billet bazar, histoire de se remettre dans le bain.

Ces dernières semaines, tous azimuts:

  • Nous avons assisté au départ de Tara (ci-dessus), le bateau océanographique parti pour 2 ans explorer les coraux des mers du sud (pour résumer hein, il va juste y avoir 148 étapes entre-temps); il était assez émouvant ce départ je dois dire, et semble avoir fortement impressionné miss Bonbon, si l'on se réfère à l'abondance de ses dessins en rentrant (ça, et les démonstrations de danses tahitiennes qui l'ont littéralement scotchée; là, j'attends qu'elle me dise qu'elle veut faire de la danse tahitienne; je SAIS que ça va arriver; j'attends).
Tous azimuts # 9Tous azimuts # 9

 

  • J'ai enfin pu me rendre au cours de pâtisserie avec un chef pâtissier renommé, qui m'avait été offert pour Noël par papa Ours; c'était rudement chouette!! Le pâtissier était très sympathique, accessible, et tout était complètement à notre portée; voici donc en photo mon joli petit dessert 4 étoiles. Bref, ça m'a tellement plu qu'à mon anniversaire, une semaine plus tard, papa Ours m'a offert... un nouveau cours de pâtisserie ^_^
Tous azimuts # 9Tous azimuts # 9Tous azimuts # 9
Tous azimuts # 9

 

  • J'ingurgite des séries de façon totalement déraisonnable, ce qui m'a poussé à abandonner mes lectures (maaal!). Dernières en dates:

- Luther, série britannique très glauque, pas mal mais doublage catastrophique;

- Orphan Black, scenario intéressant dans le genre fantasy, j'ai pourtant vite décroché;

- How to get away with murder, mon coup de coeur! Je vous en reparlerai dans mes favoris.

- Suits, série en cours, ou Ally Mac Beal version mecs en 2011; ce serait une très bonne série-repassage, comme j'aime à nommer ces séries que l'on peut écouter en repassant sans vraiment les regarder, s'il n'était pas dommage de passer à côté du regard de velours du beau Harvey Specter! (miam!!)

 

  • Du bonheur d'habiter en Bretagne côtière, avec l'été qui arrive (enfin, ça, c'était la semaine dernière!). Lors d'un fameux mercredi après-midi, nous avons pu nous rendre à Quiberon, dont je ne suis pourtant pas une grande fanatique, et en découvrir un tout autre visage (avec pause-glace obligatoire sur la grande plage tout de même!)
Tous azimuts # 9Tous azimuts # 9
Tous azimuts # 9Tous azimuts # 9

 

  • J'écoute en boucle le dernier album de Miossec, Mammifère. J'écoute toujours les albums de Miossec en boucle c'est un principe (je crois que je les ai presque tous). Que dire de ce nouvel opus? S'il n'a pas beaucoup progressé en chant, il faut bien le reconnaitre, l'univers musical est un peu différent des précédents, moins rock, plus éclectique, intéressant. Néanmoins, mon préféré reste celui qui me l'a fait découvrir, et pour toujours je crois: 1964 (ou l'impossiblité d'égaler la première fois!).
  • Et puis la fin de l'année scolaire se profile, et avec elle, son lot de kermesses, spectacles de danse et autres repas de fin d'année. Mais c'est qu'on se mettrait à avoir une vie sociale bretonne dites-donc!

A très vite!

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Sisters

30 Mai 2016, 19:35pm

Publié par Zazimutine

Sisters

 

La première fois que j'ai entendu la chanson d'Emily Loizeau intitulée "Sister", où elle exprime son désarroi absolu quand, enfant, elle comprend qu'elle va passer une année scolaire loin de sa sœur Manon, j'ai eu étrangement les larmes aux yeux, la chair de poule, les papillons dans l'estomac, bref, tout cette sorte de chose exprimant une violente émotion. Je crois qu'à l'époque, je n'avais encore que ma fille ainée; je ne savais donc pas qu'elle allait avoir une sœur de seulement 2 ans sa cadette, avec laquelle elle allait partager ses jeux, et vivre une telle complicité. Pourtant, il m'a semblé que les mots d'Emily Loizeau résonnaient à mes oreilles comme ceux d'une expérience universelle:

"un jour de septembre,

on quittait Londres sans toi,

c'était la rentrée des classes,

on m'avait pas dit,

que je ne te verrais pas,

que tu allais rester là,

que tu allais vivre là,

passer toute cette année sans moi"

Quand j'écoute ces paroles, chaque fois, je ressens, vivace, le sentiment d'égarement de cette petite fille. Je n'ai pourtant pas de sœur; j'ai un frère de 4 ans mon ainé, avec lequel j'ai partagé peu de jeux, nos univers étaient trop différents: à lui, le foot, les courses de voitures, et les expériences transgressives consistant à aller en vélo jusqu’au stade Geoffroy Guichard, alors que nous n'avions pas le droit de dépasser le bout de la rue chez nos grands-parents; à moi, les boums de playmobils (flirts compris), les Barbies, et les expériences transgressives consistant à essayer toutes les chaussures de ma mère en son absence. De temps en temps pourtant, j'étais autorisée à participer aux jeux de mon frère et alors s'ouvrait à moi un monde qui me semblait merveilleux... Plus tard, notre relation est devenue fraternelle sur un mode plus adulte.

Cette relation de sœur à sœur, je la vis pourtant maintenant, en spectatrice, au quotidien. Jour après jour, j'observe mes filles se précipiter ensemble à l'étage dès que nous rentrons à la maison après qu'ait résonné le sempiternel "tu viens jouer?"; j'assiste, impuissante, au profond ennui de l'une lorsque l'autre est absente. Je me réjouis de leurs câlins, l'ainée surtout, qui aime tant enlacer sa petite sœur qu'elle trouve "trop mignonne"; je m'agace aussi, il faut bien le dire, de leurs disputes, de plus en plus présentes ces temps-ci. Bien entendu, je ne sais pas quelles seront leur relation adultes, et même adolescentes, peut-être s'éloigneront-elles, se déchireront-elles, qui sait? Mais je ne peux m'empêcher de les regarder, si complices, avec émotion, de m'en féliciter, de me nourrir de toutes les belles relations de soeurs de mon entourage, en espérant que la leur évolue dans le  même sens.

Alors aujourd'hui, chaque fois que j'entends cette chanson, je pense à mes filles; je pense à leur connivence, et combien ça me rend heureuse; et puis, à travers elles, je pense à la sœur que je n'ai pas eue.

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Favoris du moment # 4

26 Mai 2016, 12:34pm

Publié par Zazimutine

Favoris du moment # 4

 

Le moment: le matin

Je suis définitivement une fille du matin. Oh, ça va, ne croyez pas que je n'ai pas entendu le fou-rire dans la salle après que j'ai posé ces mots. Je le reconnais, à me regarder vivre, il semble assez improbable que je sois une fille du matin. Mais il faudra que je vous parle un jour de ce décalage entre mon corps et mon esprit. Mon esprit aime le matin. Mon corps, lui, ce traitre, aime dormir, beaucoup, longtemps. Et a donc beaucoup de mal à se lever le matin quand il n'est pas obligé de le faire. Le matin donc. Le matin-espoir, le matin-renouveau, la journée telle une page vierge qu'il ne reste qu'à remplir (oh mon Dieu, on dirait de la poésie!). Plus que tout, j'aime la lumière du matin, inégalable, bien plus encore que celle du coucher de soleil (trop cliché ^_^).

 

Le film: Merci Patron de François Ruffin

Le film engagé le plus drôle et donc, le plus engageant que je n'ai jamais vu.

Merci patron, c'est l’enquête du journaliste François Ruffin, auprès de tous ces chômeurs du nord de la France, qui ont perdu leur travail lors du rachat de leur entreprise par le grand patron Bernard Arnault. François Ruffin, qui n’hésite pas à se mettre en scène, tel Michael Moore, va tout mettre en oeuvre pour aider la famille Klur à éponger ses dettes et retrouver un boulot.. C'est extrêmement drôle et surtout pertinent, incroyablement rusé. Ca met du baume au coeur, à tel point que tous mes camarades spectateurs et moi-même sommes sortis avec le sourire. Et que les applaudissements ont fusé à la fin du film. Certes, on peut se demander pourquoi François Ruffin se met en scène de cette façon, mais cela donne globalement un film totalement réjouissant que je vous recommande chaudement. Le genre de film qui vous donne envie d'aider votre prochain, et qui rassure sur la nature humaine, si vous voyez ce que je veux dire. Déjà 400000 entrées et ce n'est pas fini.

Vous pouvez consulter les salles où le film est encore projeté en France, sur le site facebook du film ici.

 

La musique: Yom

Encore une découverte de ma route matinale, en compagnie de la matinale culturelle de France Musique.

J'ai toujours adoré la musique klezmer, qui m'émeut autant qu'elle me met en joie. Yom c'est justement un subtil mélange de musique klezmer et de rythmes plus actuels, avec au premier plan la clarinette. Jamais je n'aurais pensé pouvoir être émue à ce point par cet instrument, injustement méprisé (par moi en tout cas); la clarinette de Yom semble tellement, se rapprocher de la voix humaine que l'on croit entendre, par moments, un chant déchirant. J'ai écouté l'album sur deezer, je n'aime pas tout, mais plusieurs morceaux valent vraiment le détour, notamment Songs for the old man, que vous pouvez écouter ici (ce n'est qu'un extrait, désolée):

 

Le sentiment: l'amitié

A bien y réfléchir, l'amitié, lorsqu'elle est dénuée de tout sentiment parasite (envie, intérêt...) ne serait-elle pas l'émotion la plus noble que l'on puisse ressentir, puisque, en l'absence de lien charnel ou "génétique" ou de je ne sais quoi, elle est au fond le don absolu de soi, que d'aimer un autre simplement pour ce qu'il est (moui bon, il est possible que j'idéalise un peu la chose!)?

Du fait de notre déménagement, notre vie amicale a été quelque peu chamboulée, des liens se sont distendus (distance oblige), d'autres persistent, d'autres encore sont en stand-by mais n'ont pas besoin du quotidien pour se nourrir. Déménager et quitter son cercle amical est une expérience très enrichissante à ce titre. Et puis d'autre amitiés évoluent, les amitiés qui se font de moins en moins "virtuelles", les relations qui se nouent dans notre nouvelle région, brouillons, promesses, ou feux de paille, l'avenir nous le dira, quoiqu'il en soit, une période riche d'émotions amicales en tout genre.

Favoris du moment # 4

 

L'évènement: le paquet neutre

Cette information est un peu passée inaperçue au vu de l’actualité, mais il s'agit pour moi, très sensibilisée au sujet, d'un événement capital, presque autant que la loi Evin: l'introduction du paquet de cigarettes neutres auprès des buralistes. Je ne pense pas que le paquet neutre favorisera l'arrêt du tabac. En revanche, j'ai bon espoir qu'il ne favorise pas l'entrée dans le tabagisme des plus jeunes, en faisant perdre totalement la glamourisation du geste, que les cigarettiers se sont tant employés à gagner à coup de méthodes marketing. Pour information, l'Australie, où le paquet neutre existe depuis plusieurs années, et où le prix d'un paquet de cigarettes s'élève à plus de 15 euros, est le pays où le taux de tabagisme est le plus faible du monde. A bon entendeur...

ça fait pas envie, hein?!

ça fait pas envie, hein?!

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Vis ma vie de star à Cannes

24 Mai 2016, 10:43am

Publié par Zazimutine

Vis ma vie de star à Cannes

 

D'accord, le festival est terminé, je ne suis pas un star, et je vis en Bretagne, mais.... avec un peu d'imagination...

6h30: mon réveil sonne, je l'éteins en soupirant; bigre, mes draps en satin sont drôlement rêches ce matin!

6h45: mon majordome m'apporte mon café au lit; je le trouve drôlement familier aujourd'hui, il m'a embrassée!

7h: j'enfile mon gilet en pilou déshabillé en soie et descends déjeuner; impossible de remettre la main sur mes mules en peau de renard argenté, tant pis;

7h02: le petit-déjeuner n'est pas prêt: pas de croissants, pas d'oeufs brouillés, pas de caviar, rien! Et je crois entendre le majordome prendre une douche dans MA salle de bains, je rêve! Le Hilton n'est plus ce que c'était! La mort dans l'âme, je me décide à me servir moi-même, je monte le tapis rouge à 9h, s’agirait pas que j'arrive en retard!

7h15: je file prendre ma douche;

7h30: à peine sortie de la douche, je vois passer dans le couloir deux femmes de chambre lilliputiennes, à vue de nez je dirais, respectivement 1m20 et 1m27; leur tenue de travail ressemble à s'y méprendre à un pyjama, l'hôtellerie de luxe est en crise décidément! Bref. Je décide de rester zen ce matin, s'agirait pas d'augmenter ma ride du lion avant l'épreuve des photographes!

7h40: après m'être généreusement aspergée de parfum et enduite de gel-corps pailleté (pour les photos), je file dans mon dressing enfiler ma robe de soirée et mes escarpins. Premier constat: mon dressing ressemble à un placard. Deuxième constat: je ne vois aucune robe de soirée; je décide finalement de mettre le bustier et le pantalon en satin mis pour le mariage de M. en 2007. Il y a presque 10 ans. Je refoule les pensées qui me viennent selon lesquelles j'aurais pris quelques kilos depuis mes grossesses. Je suis une star, je remets mon jean taille 36, une semaine après avoir accouché, point.

7h45: nuls escarpins dans mon dressing; je tombe sur la seule paire de chaussures à talons que je possède: des sandales bronzes, compensées, mises au mariage (encore!) d'un cousin en... 1999. Je savais que j'avais raison de les garder!

7h50: je file me maquiller. Les deux soubrettes entraperçues tout à l'heure viennent m'ennuyer à la salle de bains, me demandant de les aider à s'habiller "What's the fuck?? S'agirait pas d’inverser les rôles, petites demoiselles" que je leur réponds (et toc!).

8h05: je suis maquillée comme une voiture volée; je me précipite vers mon coffre à bijoux. Je superpose les colliers et les bracelets que j'ai fort discrets, pour plus de volume. Je finalise le tout en plantant, dans ma chevelure de reine, un petit peigne en plastique brillant gagné à une pêche aux canards (dans une autre vie).

8h10: je pars. Devant chez moi, je surprends trois paparazzi (2 chats et un merle); j'attends ma limousine.

8h30: j'attends toujours ma limousine...

8h45: je me décide à me conduire moi-même dans mon scenic-limousine; rien ne me sera épargné aujourd'hui!

9h35: je suis evidemment en retard pour la montée des marches, ils ont déjà rangé le tapis rouge. A ma sortie de voiture, je dois quand même me frayer un chemin parmi la foule.... de mouettes. Je les salue d'un geste amical.

9h36: c'est fou comme le palais des festivals ressemble à mon ancien lieu de travail. Celui de quand j'étais pas encore une star de cinéma (y a longtemps).

9h45: me voici dans la salle de projection. C'est fou comme cette salle ressemble à mon ancien bureau, celui de quand... enfin vous savez, y a longtemps. Je me demande pourquoi je suis la seule spectatrice (ce film doit être vraiment underground), et si l'écran des salles de projection est toujours aussi petit. J'appelle l'hôtesse d'accueil, celle-là même qui a appelé la sécurité quand elle m'a vue arriver, avant de partir d'un fou-rire lorsqu'elle m'a reconnue (les fans ont parfois des réactions bizarres). Je lui demande quel film est prévu en projection. Elle me propose "Agenda" et "Dossier urgent". Bien que guère inspirée par les titres, je décide de prendre les deux.

10h: j'arrête de visionner "Agenda", c'est ennuyeux à mourir. Je suis à deux doigts de sortir de la salle, quand le téléphone sonne. C'est mon agent. Elle me propose de renouveler mon contrat, il est question aussi d'élargir mes horaires l'an prochain. Je lui demande le montant du cachet et qui fera partie du casting. Après un long moment de silence, elle me dit qu'elle préfère réfléchir avant de me répondre et raccroche.

11h: "Dossier urgent" manque de suspense; le scenario est vide et les acteurs vraiment inexistants (au sens propre, en fait), je renonce. C'est vraiment très très underground pour le coup.

12h: j'attends le taxi qui doit m'emmener déjeuner.

12h30: pas de taxi...

13h: je réalise qu'ils manquent peut-être de carburant, "pénurie" d'essence oblige. J'appelle l'hôtesse d'accueil et lui demande de me faire livrer un sandwich au caviar (je suis toujours en manque de ma dose matinale) avec une demi-bouteille de champagne. Il faudra vraiment que je signale au directeur du festival le manque de courtoisie de cette hôtesse, qui prétend que faire livrer des repas ne fait pas partie de ses "attributions de secrétaire". Heureusement que je suis une actrice qui a "grandi à l'école de la rue", cela me permet de ne pas tomber dans la condescendance et le mépris envers les petites gens.

13h30: un fan se présente de manière spontanée. Je ne sais pas comment il a fait pour franchir la sécurité. Grande dame, je daigne lui signer un autographe. Je fais semblant de ne pas remarquer que la feuille qu'il me fait signer excuse son "absence aux cours ce matin"; probablement un hommage à mon dernier film, celui ou je jouais le rôle de.... enfin vous savez.

15h: n'ayant visiblement pas d'autre projection de prévue, je décide de rentrer au Hilton me préparer pour le cocktail des stars ce soir. Je passe au Grand Journal avant.

15h05: tant qu'à faire, autant rentrer avec ma voiture maintenant;

16h: j'arrive à l'hôtel; je trouve que décidément, les établissements étoilés sont très surfaits, eu égard au fait qu'il n'y a même pas de réceptionniste pour m'accueillir.

16h05: je me fais couler un bain; je vide la boite de sels de bain dedans (l'excès, la signature des vrais artistes);

16h30: gommage intégral (oui j'ai dit intégral, on ne sait jamais).

16h35: rinçage intégral (oui j'ai dit intégral, les petites billes de gommage restent collées dans les plis, tous les plis)

16h45: après mon troisième rinçage, j'attaque la manucure des pieds

17h15: manucure des mains en cours

17h30: brushing; je vide la bouteille de laque; je ne sais pas s'il est normal que mes ongles attachent autant à mes cheveux...

18h: la réception ne daignant pas  m'envoyer de maquilleuse officielle, je me maquille en suivant un tuto "maquillage de stars" sur youtube;

18h02: le jaune sur les yeux, finalement, je ne suis pas sûre... Bon tant pis, je n'ai plus le temps.

18h15: je réfléchis une nouvelle fois devant mon micro-dressing; je ne peux décemment pas remettre la même tenue que ce matin;

18h30: j'opte finalement pour un costume d'homme étangement présent dans mon dressing; le côté très décalé fera de moi la star la mieux habillée du festival; youpi je vais passer dans "Elle".

18h45: le téléphone sonne, je ne réponds pas; une star doit se faire désirer

18h50: le téléphone sonne...

18h55: le téléphone pleure; ça doit être un réalisateur très désireux de me faire tourner! (Spielberg?)

19h: il me semble que répondre au bout de 4 coups de téléphone est un délai raisonnable pour une star; je décroche; c'est mon majordome, furieux. Il est question d'enfants, d'école, de fermeture de garderie, bref, du grand n'importe quoi. Il faudra que je signale à la réception la consommation inappropriée de drogues dures de la part du personnel de l'hôtel.

19h10: je suis prête à partir pour le Grand Journal; la limousine se fait attendre encore une fois. Je me jette un dernier coup d'oeil dans le miroir. Je ressemble à un croisement entre Marilyn Manson et Charlot; ça va le faire (le buzz).

19h15: je m'apprête à faire preuve encore une fois d'une rare abnégation dans ce milieu, en prenant ma voiture. Au moment où j'ouvre la porte pour partir, je me retrouve nez à nez avec le majordome visiblement très en colère, et les deux petites soubrettes en pleurs. Il me demande ou je vais "habillée comme ça"-"voir Michel Denisot, et veuillez régler vos problèmes de personnel rapidement!" lui dis-je d'un ton peu amène en tournant les talons. Le majordome prend tout à coup un air très fatigué et me retient par le bras; il me propose une coupe de champagne avant de partir. Il est très séduisant en réalité, avec ses petits plis soucieux au coin des yeux.. Plus que Michel Denisot. Mais moins bronzé. En plus, je n'ai pas encore bu de champagne aujourd'hui...

23h57: je crois bien que le majordome m'a saoulée avec le champagne et que je me suis endormie sur le canapé. J'ai loupé le Grand Journal. Et le cocktail des stars. Ma carrière est foutue.

PS: si vous voulez lire la fois où j'ai passé un vrai casting de cinéma, c'est ici.

Photo: Nicolas Richoffer pour metronews

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J'ai testé pour vous: le paddle

17 Mai 2016, 11:38am

Publié par Zazimutine

J'ai testé pour vous: le paddle

 

Quand on habite au bord de la mer, on a l'opportunité de tester pas mal d'activités nautiques, et aussi sûrement que le printemps succède à l'hiver (quoiqu'aujourd'hui, on puisse en douter!), celles-ci suivent des modes. Depuis quelques années, on voit donc fleurir, en particulier sur les eaux calmes, le paddle, celui-là même qu'on appelait auparavant le "stand-up paddle" (mais sachez-le, aujourd'hui parler de "stand-up" paddle c'est so 2009!). Concrètement, le paddle consiste à se balader sur l'eau, debout sur une planche type surf, en se déplaçant à l'aide d'une pagaie.

Très sincèrement, je n'avais jamais été très attirée par cette activité jusqu'à venir habiter en Bretagne, j'imaginais sans peine les nombreux bains involontaires qui devaient en découler, et le mal au dos à pagayer ainsi, penché en avant.

Et puis, Papa Ours s'est mis au kayak dans un club qui enseignait les deux disciplines: kayak et paddle. Aussi, un dimanche, ayant l'opportunité de tester la chose, je me suis laissée tenter.

Le problème du sport de façon générale, c'est la souffrance. C'est une des raisons qui fait que... je ne suis pas une acharnée du sport. C'est vrai quoi, à croire que même quand on fait l’effort de prendre la décision de faire du sport, ça ne suffit pas, il faut souffrir pendant, certes, mais aussi avant ET après le sport! (exemple le ski: avant>enfiler la tenue+porter les skis/pendant>skier/après>porter les skis!!)

En paddle, l'avant, c'est d'abord enfiler la fucking combinaison. Oui parce que, tomber dans une eau à 12°C, c'est un peu... rédhibitoire. A la base, enfiler une combinaison de plongée c'est juste en enfer, eu égards au côté supra-slimesque de la chose, mais en option chianterie absolue je vous présente l'enfilage de combinaison mouillée (froide). Bien.

Une fois ce paradis atteint, le cou affreusement boudiné dans le néoprène faisant saillir mes carotides et entrainant probablement une mauvaise irrigation du cerveau, me voici donc, ce fameux dimanche matin, face à mon moniteur et à mon camarade d'infortune, L. 12 ans, toutes bagues étincelant à sa bouche.

Il s'agit maintenant de porter la planche à l'eau (qu'à la fin elle se casse?). Dans mon cas, 50 mètres avec 15 kilos sous un bras +une pagaie.Il n'est évidemment pas question de fléchir devant l'adolescence insolente de mon camarade, je gère le portage presque sans phase de récupération et me voici enfin dans l'eau, prête à monter sur la planche.

Jusqu'ici tout va bien, la planche est stable, je peux tenir debout sans valser. Le plus difficile est de se diriger. Quand on a comme moi, fort peu l'instinct de navigation (d'origine lyonnaise, j'ai en revanche l'instinct de charcuterie très développé, on ne peut pas tout avoir!), il n'est pas évident de comprendre qu'il faut pagayer à droite quand on veut tourner à gauche, et inversement, (c'est-à-dire exactement l'inverse de la conduite d’automobile), de pagayer plus ou moins à la verticale ou à l'horizontale selon la direction que l'on veut imprimer à la planche, et de fait, bien vite, mon embarcation se retrouve échouée parmi les rochers quand ce n'est pas sous celle du moniteur. Ce dernier essaie de me transmettre tout un tas de notions que je décide de résumer de la façon suivante: si je ne sais plus quoi faire, je descends de la planche et je nage; ce qui semble ne pas être le message qu'il avait tenté de m'inculquer à en croire son regard ébahi.

Au bout d'un moment, les choses se calment, j'arrive presque à me diriger, je me laisse doucement porter par le courant, j’observe à droite les goélands, au loin, les dizaines de petits voiliers colorés, l'eau turquoise d'une transparence inouïe aujourd'hui, le ciel parsemé de nuages lourds de pluie, le soleil qui joue à cache-cache, et je me redresse, fière sur ma planche, sereine, à vrai dire je ne suis pas loin de percer le secret de l'Harmonie, telle le guerrier kung-fu au bord du lac sacré... (moui... nous avons ingurgité du kung-fu panda tout le week-end). Voilà, c'est là, au bout de mes doigts, là ou le ciel et l'eau... PLOUF!

Ce qui est bien lorsqu'on tombe à l'eau en paddle, c'est qu'on a largement le temps de se voir tomber, de sentir, comme au ralenti, ses yeux s'agrandirent, ne réalisant pas encore pourquoi l'image imprimée sur sa rétine tourne à 360°, la bouche s'arrondir de surprise prête à laisser échapper un "Nooon!" pathétique, les mains battre l'air à la recherche d'une aide invisible... Bref, on a largement le temps de prendre conscience du ridicule de la chute.

"Ca va?"-"Oui ça va gamin, merci!" (outch, elle est froide)

D'un bond leste (du moins j'aime à le croire) , je remonte en selle.

Il est temps de regagner la plage,et le retour, le vent en face, est beaucoup moins aisé que l'aller. Pour me donner du courage, je m'imagine pagayer dans de la crème fouettée (je vous ai dit que j'étais lyonnaise?), puis dans du chocolat fondu, puis dans du saucisson fondu (je vous ai dit que mon cerveau était mal irrigué?), puis dans... de l'eau. Finalement, je n'ai même plus le courage d'essayer de me donner du courage. Enfin, après de longues minutes, nous regagnons l'anse bordée par la plage, l'eau est plus calme et le vent quasi inexistant, je peux me laisser porter au bord en pagayant un minimum.

Je descends de la planche, vaguement explosée de fatigue, les bras raides comme des stylos bic (désolée je n'ai pas trouvé d'autre métaphore) ; il s’agit encore de remonter cette fichue planche 50 mètres plus haut (le fameux: "après le sport-pas encore le réconfort"); et cette fois, ça monte; en 5 étapes, je parviens tant bien que mal à déposer la dite planche au centre de kayak. Mais les réjouissances ne sont pas terminées, il va me falloir:

- enlever la fucking combinaison mouillée

- sentir le vent glacial s'engouffrer sous mon tee-shirt thermique mouillé, lui aussi (du coup!)

- m'entendre dire par mon camarade du jour, "Ben dites donc! Vous avez eu beaucoup plus de mal que moi!"

- résister à l'envie de lui faire la prise ultime de kung-fu qui le pulvériserait en un million de petites morceaux (sa mère n'est pas loin).

Après cette expérience, j'ai passé 48h avec la sensation d'être passée sous un rouleau-compresseur, sentant la douleur de muscles dont je n'avais jamais soupçonné l'existence. Du coup, le dimanche suivant, j'ai remis ça. Logique.

PS: Oui c'est bien moi en photo, notez comme la combinaison flatte le postérieur et le cuisseau!!

"ben quoi? C'est pas ça qu'on avait dit?"

"ben quoi? C'est pas ça qu'on avait dit?"

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Quand j'avais 17 ans...

10 Mai 2016, 12:25pm

Publié par Zazimutine

Quand j'avais 17 ans...

 

Récemment, on a pas mal parlé de ce film de Téchiné qui s'intitule "Quand on a 17 ans"... Ca m'a donné envie de me demander comment c'était pour moi, justement, quand j'avais 17 ans.

- à 17 ans, ma vie amoureuse était tellement proche du vide intersidéral, que toute l'année, je me suis imaginée que chacun des garçons de ma classe, l'un après l'autre, avait le béguin pour moi. Même ceux qui ne me regardaient pas du tout, jamais. Forcément, c'était trop douloureux pour eux de me regarder, ils préféraient nier mon existence.

- à 17 ans, j'ai trouvé ma vocation: devenir néonatalogiste, pour soigner les minuscules bébés prématurés.

- à 17 ans, mon rêve secret était pourtant d'être comédienne mais je n'étais pas assez courageuse pour me lancer dans cette aventure; alors j'espérais qu'un réalisateur me remarquerait dans la rue comme on entendait dire parfois (comme Sophie Marceau?); un jour, en allant acheter du pain, j'ai croisé Jean Yanne qui tournait juste à côté. Je l'ai regardé. Il m'a regardé. Voilà.

- à 17 ans, je faisais du théâtre, pour cette même raison. Mais j'étais tellement timide que je parlais d’une toute petite voix, ou bien je prenais des fous rires incontrôlables au beau milieu d'une réplique.

- à 17 ans je suis devenue amie avec Joy; alors qu'on s'était côtoyé pendant 4 ans au collège et que j'avais plutôt peur d'elle, tout à coup, l'amitié nous a submergées.

- à 17 ans, j'ai acheté une guitare à une camarade de classe, environ 600 francs; c’était une grosse somme. J'ai joué "Jeux interdits" et rien d'autre, pendant des mois.

- à 17 ans, je compensais probablement un certain mal-être dans la nourriture; je m'achetais des tranches de jambon cru que je boulottais à l'heure du goûter (surtout le gras, c'est bon le gras de jambon!); ou bien je m'achetais des rocher Ferrero, les rouges, à toute heure. Je croyais que je pouvais manger tout ce que je voulais sans grossir. J'ai fini par prendre 10 kilos.

- à 17 ans, je passais des heures à lire le Guide de la beauté édité par Ok magazine; grâce à leurs conseils, je me maquillais comme une geisha; puis je passais autant de temps à me démaquiller avant de sortir.

- à 17 ans j'étais une fan absolue de la sitcom "Madame est servie"; et encore plus d' Alyssa Milano, la gamine de la série qui avait le même âge que moi. Je l’admirais à tel point que je notais, pour l'imiter, toutes ses tenues et coiffures, à chaque épisode visionné, sur un petit carnet.

- à 17 ans, j'ai pleuré lorsque Nelson Mandela a été libéré, même si j'avais pas tout à fait 17 ans (détail important!); 1 an après la chute du mur de Berlin, j'ai cru, vraiment, très sincèrement, très naïvement, que la fin de l'apartheid en Afrique du Sud signifiait que le monde s'améliorait, et qu'il ne cesserait désormais de s'améliorer.

 

25 ans plus tard...

...il m'arrive encore de m'imaginer que je peux susciter des passions secrètes, je n'ai jamais soigné de minuscules bébés, je ne suis toujours pas comédienne mais j'ai fait du théâtre pendant presque 15 ans, je suis la marraine d'une des filles de Joy, je joue toujours de cette guitare, je sais que je ne peux pas manger tout ce que je veux sans grossir, je continue à me démaquiller juste avant de sortir, j'ai totalement oublié Alyssa Milano, et j'ai pleuré à la mort de Mandela parce que justement, ce jour-là, j'ai compris que j'avais perdu ma naïveté.

 

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