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Touzazimutin

Tous azimuts # 15

18 Mai 2017, 10:46am

Publié par Zazimutine

Tous azimuts # 15

Aujourd'hui, un billet fourre-tout, narcissico-égocentré comme d'habitude, c'est parti:

Quelques nouvelles de la famille

  •  au rayon nouveautés on remarquera la très belle entrée de miss Bonbon au club des cyclistes sans petites roues. Ca manque encore de maitrise mais on y arrive!
  • rien de particulier côté miss Choco, la crise de pré-pré ado semble s'être un tout petit peu calmée... (j'ai dit un tout petit peu!)
  • Papa Ours est devenu un grand fanatique de kayak, une bien belle façon de découvrir les côtes, côté mer. Et rien ne me fait plus plaisir que de le voir se découvrir une passion! Même s'il essaie de m'entrainer dans son sillage en me faisant miroiter des bivouacs sur la plage (au secours!!!)
  • Quant à moi, je change de boulot au 1er septembre; CDI, fonctionnaire, à 10 minutes de chez moi, au lieu d'un CDD à 50 minutes, que demander de plus. Même si... j'ai peur. Très. Et en espérant bien entendu que je ne sois pas concernée par le plan visant à "éliminer" 120000 fonctionnaires... (coucou Manu!)

Quelques nouvelles du blog:

  •  vous pouvez désormais me suivre sur Instagram avec ce profil @zazimutine. Je n'y croyais pas vraiment et puis finalement, je suis fan de ce résau social, même si je ne suis pas certaine d'en maitriser encore les codes.
  • il y a des moments vraiment intenses dans la vie d'une blogueuse, comme lorsque mon dernier article a recueilli plein de commentaires à la faveur d'une sélection de hellocoton (bon d'accord, 11 commentaires, mais pour moi c'est énorme!). Je me suis sentie pour quelques instants dans la peau d'une blogueuse influente, répondant à mes fans. C'était grisant (je suis faible). C'est sûrement un peu pathétique de se réjouir d'une dizaine de commentaires quand d'autres en reçoivent une centaine par billet, mais je crois que, après presque 4 ans de blog, j'ai envie de conserver cette espèce d'innocence, aussi ridicule soit-elle.
  • à part ça, l'inspiration est au taquet et mes brouillons s'accumulent mais je n'ai toujours pas racheté d'ordinateur, donc publier demande une gymnastique complexe (écriture en fichier texte sur mon ordi, envoi par mail à mon boulot, copier-coller sur l'heure de midi etc...)

Parlons vacances: nous envisageons un séjour en Italie du Nord l'été prochain, pays que nous aimons tous deux beaucoup, et que nous aimerions faire découvrir à nos miss; j'ai une idée à peu près définie du circuit mais je suis d'avance découragée par la recherche d'hébergements... Toute suggestion est la bienvenue!

J'ai succombé, comme beaucoup, à la série 13 reasons why, (disponible sur netflix) qui relate le parcours précédent le suicide d'une lycéenne américaine.

J'aime beaucoup la série cependant, je crois que sa force en fait sa faiblesse. Je m'explique (attention:spoiler!). Si le début de la série évoque très justement et sobrement le harcèlement scolaire avec  cette espèce de mécanique implacable qui se met lentement, mais sûrement, en roue libre pour arriver au pire, la suite est moins subtile. La force de la série réside dans le suspense qui se met en place au fil des épisodes, et la façon dont les évènements se succèdent, menant à l'inéluctable. Mais le viol, l'accident, sont autant de tragédies qu'il n'était, à mon avis, pas nécessaires de rajouter. Car malheureusement, et c'est un sujet que je connais assez bien, nul besoin d'autant d'évènements dramatiques pour en arriver au suicide. Parfois, il n'y a tout simplement pas d'explications tangibles. De plus, je relève une certaine complaisance face à l'horreur dans cette série, voire une fascination morbide, pour la mort, le sang, le viol. Reste que la série relève pas mal d'aspects extrêmement justes et touchants autour du suicide d'un adolescent: les parents qui ne voient rien, englués dans leur problèmes professionnels, le COP qui refuse l'évidence, la détresse des amis attirés à leur tour par la mort...

Je vous laisse avec mon coup de coeur littéraire du mois :

Les gens dans l'enveloppe, d'Isabelle Monnin.

Tous azimuts # 15

Le pitch: Isabelle Monnin, journaliste-écrivain, décide un jour d'acheter un lot de photos de famille sur internet. A partir de ces photos, elle imagine, dans la première partie de son livre, la vie des gens figurant sur ces clichés. En deuxième partie, elle mène l'enquête et retrouve les protagonistes, dont l'histoire retrouve des similitudes surprenantes avec ce qu'elle avait imaginé.

Le résultat est absolument bouleversant! Des vies ordinaires, qui le sont pourtant si peu, marquées par l'abandon. Bien qu'un peu lasse, au fil des pages, du style "métaphore météorologique" de l'auteure (qui écrit néanmoins très bien), ce livre m'a tout simplement remué les tripes!! Et il est désormais disponible en poche (le Livre de Poche).

Belle fin de semaine!

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5 idées pour donner (peut-être) aux enfants le goût de lire

11 Mai 2017, 12:40pm

Publié par Zazimutine

5 idées pour donner (peut-être) aux enfants le goût de lire

 

On nous demande souvent, à Papa Ours et moi, quels sont nos trucs pour avoir deux filles aussi férues de livres. (En fait, non, ça n'arrive jamais mais il me fallait une introduction pour cet article!).

Miss Choco est passionnée par les bouquins. Ca a commencé à la fin du CP. La lecture et elle se sont rencontrées dans un moment particulièrement angoissant: celui de notre déménagement. L'instauration d'un rituel de lecture au lit, le soir avant de dormir, a été le seul truc vraiment efficace pour apaiser ses angoisses d'endormissement (et pourtant, on avait tout essayé: psychologue, discussion bienveillante, discussion énervée, incantations,  poudre de perlimpinpin -the famous-!, bracelet en crinière de licorne, badigeon d'excréments de bison , vraiment tout). La lecture nous a sauvés (nos soirées).

Miss Bonbon, nouvelle lectrice depuis cette année, a pris le même chemin, en grande partie par imitation je pense.

 

"Mais ça sert à quoi d'avoir un enfant lecteur?"

A rien, certes. Néanmoins, la lecture, comme tout ce qui élève l'esprit, constitue surement un de ces nombreux remparts contre l'ignorance et l'attrait pour l'obscurité (coucou le 7 mai 2017!). Il y en a bien d'autres, heureusement (et si mes filles lisent beaucoup, je vous rassure: elles chantent comme des casseroles et ne font pas de sport, notamment). Cependant, lire offre, pour un enfant (et par effet rebond pour ses parents), un certain nombre d'avantages, parmi lesquels je citerais:

- un remède à l'ennui inépuisable, et sans option bruyante ou "je déménage ma chambre pour construire une cabane dans la salle de bains",

- une façon de trouver un certain réconfort et d'apaiser ses tourments (marche aussi chez les adultes!),

- une bonne maitrise du français: orthographe, mais aussi conjugaisons et vocabulaire (en dehors de tout trouble de l'apprentissage de type dyslexie bien sûr!); miss Choco cartonne dans cette matière, c'est un réel souci en moins côté devoirs!

Enfin, si vous êtes, comme moi, passionné de lecture, vous serez sans doute heureux de partager cela avec vos enfants.

 

"Moi j'ai tout essayé, rien n'a marché!"

Oui, je vais bien entendu enfoncer des portes ouvertes dans cet article. Et ce qui marche chez nous ne va pas forcément marcher chez vous, puisque nous avons affaire à une entité éminemment compliquée: la variabilité inter-individuelle, (qui est aussi à mon sens la richesse de notre société mais c'est une autre histoire).

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos bouquins. Voici les 5 règles auxquelles nous n'avons pas dérogé depuis la naissance de miss Choco il y a 9 ans:

1) L'histoire du soir

Ca, c'est un point évident que vous pratiquez sans doute tous et toutes. Pour autant que je me souvienne, nous avons instauré l'histoire du soir, très tôt, peut-être dès que nos filles ont pu tenir assise et tourner des pages.

Regarder des images, toucher l'objet, écouter les mots, autant de façons sans doute bien initiatrices à faire naitre le goût des petites et grandes histoires.

Jusqu'à cette année encore, nous continuions à lire à voix haute, bien que nos deux filles sachent désormais lire. Depuis quelques semaines, nous avons autorisé le rituel de lecture au lit également pour miss Bonbon, un bon moyen de s'approprier la lecture. Nous gardons quelques moments de lecture à voix haute, pour certains livres que j'ai envie de partager, comme récemment Harry Potter, mais ça devient plus rare. Cependant, c'est le genre de choses qu'il faut à mon avis poursuivre chez les enfants non ou peu lecteurs.

2) "Offrir" de la lecture

Encore une évidence mais plus l'enfant aura de matière à nourrir son envie de lecture, plus il aura envie d'y aller. Chez nous, il y a toujours eu des livres au milieu des cadeaux de Noël et d'anniversaire. Tous les livres sont bons à lire, il n'y a pas de mauvaises et de bonnes lectures: BD, mangas, magazines, petits romans, peu importe, du moment que l'enfant a accès aux mots.

Un écueil dans l'offre de lectures: le prix! Les livres coûtent chers, et lorsque les enfants dévorent, ça devient un sacré budget; quelques moyens de contourner le côté pécunier:

- aller à la bibliothèque de quartier; tous les enfants adorent ça et c'est généralement gratuit pour peu qu'on habite la commune. Miss Bonbon est tellement fascinée par cet endroit qu'elle veut devenir "dame de bibliothèque".

- acheter des livres d'occasion; sur internet ou en vide-grenier, il y a  de quoi se faire plaisir pour un prix tout à fait dérisoire.

- dans les écoles, il y a souvent un petit programme d'abonnement pour recevoir un livre par mois directement à l'école, à un prix plutôt intéressant (chez nous l'Ecole des loisirs propose cette formule)

- et puis pourquoi ne pas créer une bibliothèque sur votre lieu de travail s'il y a suffisamment de salariés? C'est une idée qui circule actuellement au boulot de papa Ours, et que je trouve assez formidable!

3) L'abonnement à un magazine

Au plaisir de lire, s'associe celui de l'attente, et de recevoir dans sa boite aux lettres un pli à son nom. Là encore, il existe des réductions en passant par le biais de l'école. Mes filles sont abonnées cette année à Mes premiers j'aime lire (les jaunes) pour la cadette, J'aime lire (les rouges) pour l'ainée, et je peux vous assurer qu'elles guettent chaque mois l'arrivée de leur magazine avec impatience.

Pour l'an prochain, miss Choco poursuite avec les J'aime lire rouges, tandis que miss Bonbon a choisi Youpie, qui tourne plus autour du documentaire animalier. comme ça elles pourront échanger.

4) Limiter les sources de distraction

Je me suis rendue compte de ce point somme toute important il y a peu. Chez nous, pas de télé, pas de jeux vidéo, pas de tablettes. Pourtant non, nous n'habitons pas dans un terrier, nos filles regardent des DVD et vont au cinéma. Mais comme nous, parents, vivions sans télé et sans jeux vidéo, nous n'avons pas ressenti le besoin de changer nos habitudes à leur arrivée (enfin presque, mais ce sera l'objet d'un autre article). L'absence de tels médias s'est faite naturellement. Il est indéniable qu'en l'absence d'autres sources de distraction, miss Choco, initiatrice en la matière, a eu plus facilement la tentation de se plonger dans les livres pour combler l'ennui...

5) Partager ses lectures

Je me suis permise de suggérer quelques livres que j'avais particulièrement adoré dans mon enfance à ma fille ainée. Et ça a marché, le premier roman qu'elle a lu était "Charlie et la chocolaterie"; elle a ensuite dévoré tous les "Petit Nicolas". Pas mal de vieux titres marchent encore auprès des enfants.

Edit: Un dernier point, suggéré par bibliblogueuse en commentaires, et que j'avais initialement mis dans mon article: l'enfant agissant beaucoup par imitation, nul doute que vous voir lire va aiguiser sa curiosité!!

 

Voilà, rien de révolutionnaire ni de miraculeux, comme je vous l'avais dit. J'espère que ça pourra malgré tout vous aider.

La prochaine fois, je vous ferai une petite sélection de livres qui ont particulièrement bien marché chez nous.

Bonnes lectures!

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Brèves de bouchons

4 Mai 2017, 09:07am

Publié par Zazimutine

Brèves de bouchons

Mardi dernier, un petit grain de sable s'est glissé dans ma routine matinale: j'ai mis 2h10 pour effectuer le trajet jusqu'à mon travail, au lieu de 50 minutes. (Je le savais pourtant qu'en calèche j'allais mettre 3 fois plus de temps, le maréchal ferrant m'avait prévenue quand je lui avais amené mon âne à ferrer).

Plus prosaïquement: mardi matin, je me suis retrouvée coincée une heure sur la quatre-voies pour cause de bétaillère renversée. Une bétaillère pleine de cochons. Il n'en fallait pas plus pour que mon imagination parte en vadrouille, l'ennui étant, depuis toujours, un moteur extrêmement efficace pour mon cerveau quelque peu déjanté.

Pendant cette heure passée à attendre, j'ai réfléchi. Oh pas à l'état du monde, pas à celui de la France, non. Je n'ai pas non plus réfléchi au sens de la vie. Non, j'ai pensé aux cochons.

Je me suis demandée où allait ce camion rempli de cochons. Il y a fort à parier qu'il se dirigeait vers un lieu où l'espérance de vie du porcin dépasse rarement quelques minutes: l'abattoir. Alors j'ai imaginé...

Qu'est-il arrivé aux cochons accidentés? Sont-ils décédés sur le coup? Ont-ils péri des suites de leurs blessures? Les pompiers des cochons sont-ils venus les secourir? Les ont-ils emmaillotés de la tête aux pieds pour les amener aux urgences des cochons, même ceux qui s'en sortaient avec une petite entorse? (ceux qui ont bossé aux urgences une fois dans leur vie savent!). Ont-ils, comme dans Grey's Anatomy, hurlé aux internes vétérinaires qui attendaient devant l'entrée des urgences  en se racontant leur vie sexuelle: "accident véhicule lourd, cochon passager, Glasgow à 3, saturation à 60, arrêt cardiaque pendant le transport!!!!". Une interne s'est-elle mis à califourchon sur un cochon pour le réanimer?

Et les cochons rescapés, qu'ont-ils pensé lors de cet accident? Savaient-ils qu'ils partaient pour leur dernier voyage? Ou bien s'imaginaient-ils partir en sortie-cochon à la plage? Ont-il goûté au sentiment de liberté retrouvée en s'égayant tout autour du lieu de l'accident? Ont-ils essayé de courir à toutes jambes (qu'ils ont fort petites) pour fuir leur destin? Se sont-ils sentis pousser des ailes? Ont-ils élaboré une stratégie pour s'en sortir? Ont-ils créé des groupes d'entraide, ou bien au contraire ont-ils joué le chacun pour soi?

Le sort de ces cochons était-il une métaphore de celui des français dans l'entre deux tours (passage philosophique de ma réflexion)?

Bref, je me suis un peu laissée emporter.

Et puis hier j'ai lu le journal local, on y parlait de cet accident. J'ai su que 15 cochons étaient décédés dans l'accident. Qu'une centaine de cochons s'était enfuie. Que l'un d'entre eux avait percuté un fourgon arrivant en face.

L'article ne relatait pas le sort des rescapés... J'ai envie de croire que certains cochons coulent désormais des jours heureux dans une flaque de boue au soleil... pas vous?

 

PS: le plus important, les deux conducteurs des véhicules (la bétaillère et le fourgon arrivant en face)  s'en sont sortis indemnes; sinon je ne me serais pas permise d'écrire cet article.

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#AvecMoiLe7mai contre le FN

2 Mai 2017, 13:35pm

Publié par Zazimutine

#AvecMoiLe7mai contre le FN

 

Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà parlé politique sur ce blog, sans doute parce que je ne m'en sens ni la légitimité, ni la compétence, et surtout parce que je n'en possède pas la rhétorique qui me permettrait d'argumenter.

Cependant, il ne vous a pas échappé qu'une campagne électorale était en cours, et que le 7 mai, nous allions devoir départager deux candidats, dont l'un est la représentante d'un parti d'extrême droite.

Bien entendu, comme beaucoup, déçue par le résultat du premier tour, il m'est venu à l'idée, le soir du 23 avril, de m'abstenir au second tour, en mode "laissons les se démerder avec ça".

Et puis j'ai réfléchi, écouté, entendu, débattu, et je suis désormais convaincue.

Je ne fonde aucun espoir en la présidence d'Emmanuel Macron. Je suis persuadée que sous sa présidence, dans 5 ans, les pauvres seront toujours plus pauvres, et plus nombreux, les riches toujours plus riches, et moins nombreux. Sans doute, le FN sera de nouveau présent au second tour des élections présidentielles de 2022.

Cependant, rappelons-nous:

- le FN est un parti d'extrême-droite, issu des mouvances les plus xénophobes, et proches de moults groupuscules d'extrême droite et néonazis (il suffit d'aller sur leurs pages facebook pour arriver de lien en lien sur celle du FN). Le FN, sous ses dehors de défense des petites gens, est un parti fasciste. Laisser un parti fasciste accéder au pouvoir ça veut dire prendre le risque de laisser s'installer un état policier, dont la liberté d'expression sera vraisemblablement muselée. A ceux qui répondent "oui, mais le FN, on n'a jamais essayé", je veux dire, et tant pis si je passe pour une donneuse de leçons, qu'on n'essaye pas le Front national, de même qu'on n'essaie pas d'avaler des lames de rasoir juste pour "voir comment ça fait". Le fascisme a été "essayé" dans bien d'autres pays, avec les conséquences que l'on connait.

- le FN n'est absolument pas un parti qui lutte en faveur des précaires et des travailleurs. Il suffit pour cela de se rappeler leur positions lors des manifestations contre la loi El Khomri, ainsi que les différents votes de leurs députés lors des discussions à l'Assemblée Nationale (consultables sur internet, à cet endroit si cela vous intéresse).

- si le FN arrive au pouvoir, le risque est grand qu'il ne le laisse plus lui échapper. Rappelons nous que l'article 16 de la Constitution de la Vème République, permet au président d'"exercer tous les pouvoirs" si la situation l'exige. Au premier attentat commis sur le sol français sous sa présidence, on peut légitimement s'inquiéter de l'éventualité que Mme Le Pen n'hésite pas à en user.

En ce moment, je pense beaucoup à mes parents nés à la fin de la deuxième guerre mondiale, et je suis pleine de compassion pour eux qui ont mené un tel combat contre les idées véhiculées par le FN tout au long de leur vie, pour en arriver finalement à assister impuissant au renouveau de l'extrême-droite. Je pense à mes enfants aussi, et  je refuse de les voir grandir dans une société modelée par un tel gouvernement.

Le FN passera en 2022? Peut-être, mais laissez-moi, laissez-nous, encore goûter 5 ans de liberté, même si elle est relative. Laissez-moi croire que d'ici 5 ans, une vraie alternative qui parle aux gens aura eu le temps de se reconstruire.

Le 7 mai, ce sera donc avec moi: j'irai voter.

Dans l'urne, je déposerai un bulletin Macron, afin de voter contre le FHaine.

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Une journée dans la peau de mes filles

6 Avril 2017, 09:36am

Publié par Zazimutine

Une journée dans la peau de mes filles

6h45 : mon réveil sonne, je suce mon pouce et me rendors.

7h30 : Papa Ours me tire du lit ; je grogne et je me mets en boule sous ma couette ; Papa Ours me lève en s'énervant un peu.

7h40 : je m’installe à la cuisine devant mon petit-dej, ignorant les regards surpris des 2 elfes qui me tiennent compagnie. « J’ai pas de cuillère ! » je dis. Miss Bonbon me tend sa cuillère pleine de yaourt, je la prends et la trempe dans mon chocolat. Je demande à Miss Choco de me beurrer mes tartines. Elle me répond qu'elle ne sait pas faire. "Nul!" je dis.

8h : je ne vais pas me doucher, j’ai pas envie. D'ailleurs je vais me recoucher. Miss Choco me  crie: "tant pis maman, tu iras au travail en pyjama!", je suis vexée alors je me lève. Je m'assieds sur les toilettes en attendant que Papa Ours me prépare mes vêtements. Je commence à m’habiller; "zut, c'est la jupe grise, c'est moche comme couleur et puis j'aime pas les collants, ça gratte et ça glisse tout le temps! Et j'aime pas ce haut, ça fait ado!" Je me brosse les cheveux… ça fait mal, alors je fais seulement le côté droit. Papa Ours me fait remarquer que j’ai du chocolat autour de la bouche. "Et alors?" je lui réponds.

8h10: je chausse mes baskets; Papa Ours me dit que ça ne va pas du tout avec ma tenue. "Mais j'ai sport!" je lui dis. Il me demande depuis quand je fais du sport sur mes heures de travail, et que de toutes façons il fallait le dire avant.

8h20 : je monte dans ma voiture. Je conduis en sautillant sur mon siège et en faisant « vroum ! « vroum ! ». J’entends klaxonner, c’est rigolo alors je klaxonne aussi. Tout le monde klaxonne, c’est terrible !

9h : j’arrive au travail.  Je croise ma secrétaire: j'essaie de commencer un jeu de mains avec elle mais c'est nul, elle en connait aucun, ni "Madame Espagnole", ni "je suis à Tahiti".

9h-12h : je travaille, j’ai des rendez-vous. Je demande à un jeune homme pourquoi il a des boutons sur la figure. Un autre se met à pleurer dans mon bureau, ça m'impressionne alors je me mets à pleurer aussi. Je demande à un troisième s’il a des cartes Star Wars à échanger.

12h: je vais m'acheter à manger. Chouette, chez Fleury-Nichon il y a du hachis parmentier!! Je retourne manger avec mes collègues. Je prends 2 cuillères, puis je repousse mon assiette. Je dis « J’en veux pluuuuus ! », puis « J’ai soif ! », puis « Je veux un dessert ! ». Mes collègues me regardent l’air consterné.

12h30: je pars en laissant les restes de mon repas sur la table. Mes collègues me demandent pourquoi je ne débarrasse pas mon repas, "C'est pas mon tour!" je dis.

12h45 : je retourne dans mon bureau. Je croise ma collègue V. Elle a un mis un haut qui brille. Je lui dis qu’elle est « trop belle » et qu’elle ressemble à une princesse.

13h10 : je m’endors dans mon bureau. 13h15, on frappe à la porte, j’ai peur alors je me mets à pleurer. Je suis en retard pour mes rendez-vous de l’après-midi.

13h15-17h : je travaille. Je suis fatiguée alors je m'énerve et pleure pour un rien.

17h : je pars du travail. Je n’ai plus très envie de rigoler au volant.

18h : j’arrive à la maison. Papa Ours ne travaillait pas aujourd’hui, il est allé chercher les filles à l’école. Je me jette dans leurs bras quand je les vois et je leur raconte toute ma journée en moins d’une minute, surtout les choses importantes comme le haut qui brille de ma collègue V. Je dis que je veux le même. Je dis que je veux goûter. Je veux une compote « à la gourde » (c’est bon la gourde !), et des barquettes 3 chatons.

18h30 : j’ai fini de goûter, je dis aux filles « On va jouer? ». Papa Ours me demande si j’ai l’intention de prendre ma douche enfin. Je crie « Nooooon ! Pas tout de suite, j'ai pas eu le temps de jouer!!». On joue avec les filles, c’est trop chouette ! Miss Choco fait pas comme je lui dis alors je la tape ; Miss Bonbon m’arrache un playmobil des mains, je crie et lui dis que je suis plus sa copine de toute la vie ! Papa Ours arrive, alerté par nos cris. Il me dit que je ferais mieux d’aller me laver plutôt que d’exciter nos enfants. Je dis « attends, je finis mon puzzle !» Papa Ours s’en va en disant qu’il a autre chose à faire que de gérer 3 enfants au lieu de 2, et que cette histoire de blog va nous rendre fous. Je le rattrape en pleurant et en disant que je veux prendre ma douche.

18h45 : Je vais à la douche. Je m’amuse à faire couler l’eau longtemps sur la porte de la douche, je fais des dessins avec mon doigt dans les gouttes. J’aligne les produits de toilette bien comme il faut dans le bac à douche, je construis une maison avec les gants en guise de toits. Je me lave, un peu. Je me rince et je crie « J’ai fini ! ». Papa Ours arrive et me signale que je ne suis pas rincée ; je lui dis que je n’arrive pas à me savonner le dos. Il soupire.

19h : je sors de la douche, je m’essuie et j’essaie de grimper sur la commode mais elle bascule sous mon poids. Je me mets en pyjama.

19h15 : Je vais à table. Je mange 2 cuillères et je dis : voir repas de midi. J’ai plus faim pour les légumes mais je veux du fromage et une crème au chocolat. Je joue avec mon fromage, je fais voler mon fromage. Papa Ours me gronde et me dit que je ne donne pas le bon exemple aux enfants.

19h45 : Je vais chercher un livre d’histoires, un gros. Papa Ours lit leur histoire aux filles mais refuse de me lire la mienne, il dit que je sais lire alors que c’est même pas vrai.

20h30 : Papa Ours dit aux filles que c’est l’heure de se préparer pour le coucher alors je vais vite me cacher sous les coussins du canapé. Puis je pousse tout le monde pour aller aux toilettes la première, je lis le prospectus de LeroyMerlin à l’envers, je parle à mon pipi en lui disant qu’il peut sortir. Ca dure jusqu’à ce que Papa Ours me hurle de sortir pour laisser la place aux enfants qui tambourinent à la porte.

20h45 : je vais à la salle de bains ; je suis trop fatiguée pour me brosser les dents alors comme Papa Ours refuse de m’aider, je ne me brosse que les dents du bas, celles de devant, en chantonnant. Puis je me lave les mains. je rince longtemps. Je ferme la bonde du lavabo et je joue avec l’eau.

21h : Je vais au lit. Je veux une chanson. Je demande qu’on laisse la porte ouverte avec la lumière de la salle de bains allumée. Je rappelle papa Ours parce que ça me gratte à la jambe. Puis parce que j’ai soif. Je fais des cabrioles dans mon lit en attendant que le sommeil vienne. J’appelle Papa Ours parce que je me suis fait mal.

21h30 : Je m’endors.

4h : Je me réveille, j’ai fait un cauchemar alors je me lève pour aller dans le lit de… ah mais j’y suis déjà ! Je me rendors soulagée à l’idée que ce n’était qu’un mauvais rêve. Je rêvais que j’étais une grande fille et que demain matin je devais aller travailler pour de vrai et que ce n’était pas rigolo du tout.

 

Je vous avais prévenu que j'allais recycler certains vieux billets! Voici le premier recyclage, un peu remis au goût du jour ;)

A bientôt!

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Miss de Printemps

27 Mars 2017, 09:37am

Publié par Zazimutine

Miss de Printemps

Miss Choco (9 ans)

  • a démarré sa crise de pré-pré-adolescence. Ce qui nous gratifie  de moments particulièrement agréables, on peut s'en douter, à force de réparties que l'ami Fillon ne renierait pas du genre "et alors?", ou "de toutes façons ça sert à rien!!" (ranger sa chambre, le piano, la musique, se brosser les cheveux, l'élégance, tout y passe!).
  • a arrêté le piano en plein milieu d'année donc (puisque "ça sert à rien le piano!" -voir plus haut-).
  • angoisse beaucoup à l'idée de partir en classe de découverte, tout particulièrement quand elle songe à l'absence de câlin du soir (la pré-pré-adolescence est si pleine de paradoxes!).
  • aime inventer des blagues comme: "Ou va faire ses courses le superhéros?" Réponse: "au super marché!" - rires enregistrés -
  • a une grande faculté à savourer l'instant présent, ce dont je me réjouis beaucoup.
  • a inventé un objet très utile, le livre-sac: un ruban, un livre, et le tour est joué, elle peut ainsi emporter son livre partout avec elle.
Miss de Printemps

Miss Bonbon (7 ans)

  • a enfin atteint l'âge de raison; et c'est vrai que depuis, elle semble légèrement plus conciliante ( à moins que ce ne soit un biais d'interprétation de ma part du fait que la prépréado a pris le relais?).
  • sent toujours le pain grillé au creux du cou; j'imagine que cette odeur se modifiera quelque peu au moment de l'invasion hormonale adolescente.
  • continue à pousser comme un champignon; ou plutôt comme une grenouille puisque seules les jambes semblent s'allonger; le pouce, lui, est toujours bien accroché à sa bouche.
  • fait les poubelles de la classe; nous nous retrouvons donc avec toutes sortes d'objets hétéroclites: photocopies de leçons jetées par la maitresse, morceaux de phrases géantes à reconstituer; stickers qui ne collent plus, images chiffonnées, stylos inutilisables...
  • est très curieuse gastronomiquement parlant, avec une préférence pour le salé et le pimenté.
  • semble en voie de rompre sa phobie de se produire en spectacle: après avoir refusé de participer prochainement au spectacle de son groupe au conservatoire, s'est laissée convaincre par la description de ses profs...
  • adore aller chez sa psychologue (vue pour ses innombrables phobies justement); aimerait la voir tous les lundis au lieu d'un lundi sur deux.

 Les nouvelles des miss sont toujours d'après une jolie idée de Marjoliemaman

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La famille Shadok fait du ski

21 Mars 2017, 14:44pm

Publié par Zazimutine

La famille Shadok fait du ski

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans 30 ans 40 ans ne peuvent pas connaitre.

Les Shadoks est une série d'animation télévisée française, diffusée sur nos écrans dans les années 70, qui relatait les aventures d'une espèce d'oiseaux assez peu futés: les Shadoks. Colériques, mal organisés, les Shadoks partageaient leur planète avec les Gibis, alter-ego diamétralement opposés: dotés d'une intelligence supérieure, tout leur réussit. En langage actuel on dirait donc que les Sahdoks sont des loosers, tandis que les Gibis sont clairement des winners.

Notre séjour au ski, cette année, m'a un peu évoqué une aventure des Shadoks, tant nous avons cultivé le gout des tracasseries. Laissez-moi donc vous raconter ces vacances sur le mode shadok:

  • Premier épisode: les Shadoks cherchent un hébergement

Octobre 2016. Madame Shadok, toute fière d'elle-même, pensant s'y prendre particulièrement en avance, contacte son hébergement alpin de l'année précédente. Maman Shadok le sait: elle est une winneuse, elle détient l'adresse d'un studio au ski, en demi-pension, pour un prix défiant toute concurrence. Ses papilles salivent déjà à l'idée de savourer les bons petits plats de Babeth, les pieds sous la table. Horreur, l'hébergement est déjà complet pour les vacances scolaires.

Dépité, papa Shadok décide de prendre les choses en main et se tourne vers les Pyrénées, plus proche pour les Shadoks bretons. Tout fier de lui, Papa Shadok dégote une petite adresse qui semble très prometteuse: chambre en demi-pension  dans un joli chalet, goûter au retour du ski inclus, le tout pour un prix défiant toute concurrence. ! Les parents Shadoks sont enchantés, leurs papilles salivent déjà à l'idée du chocolat fumant qui les attend à leur retour de journée dans la neige.

Deux semaines après avoir finalisé la réservation, nouvelle catastrophe: celle-ci tombe à l'eau, le propriétaire de l'hébergement faisant valoir un problème de famille l'empêchant d'accueillir les Shadoks, comme prévu, en février.

Madame Shadok, le coeur grelottant de larmes (elle est hyper sensible, mais surtout, entre-temps, le mois de décembre est arrivé!)) concentre de nouveau ses recherches vers les Alpes, pensant y trouver plus de choix. Après moultes demandes de devis la faisant envisager des manières peu recommandables de gagner de l'argent, elle finit par trouver un classique gite pour un prix.... disons acceptable.

Pendant ce temps-là, les Gibis, winneurs depuis leur naissance, ont réservé une super location depuis le mois de septembre, départ skis aux pieds, et pour un prix défiant... Oui bon ça va!

  • Deuxième épisode: l'arrivée sur place

Février 2017. Dans cet épisode, nous passerons rapidement sur le temps de trajet Bretagne-Alpes (en deux étapes), ainsi que sur la merveilleuse idée des parents Shadoks, décidant de prendre la route le samedi après 16h, histoire de ne pas avoir de bouchons. En réalité, cette histoire de départ après 16h ne fit que décaler d'autant leur arrivée dans les montagnes puisque, de bouchons, il y  avait toujours. Mais après tout, il n'y avait  rien d'exceptionnel à ce que nos Shadoks en souffrent puisque toute la Shadokie française semblait s'être rassemblée pour communier ensemble au pied des Alpes. Les Gibis, bien sûr, ont eux réussi à poser leur vendredi et sont déjà en bas des pistes le samedi matin!.

Une fois sur place, donc, le constat est amer: l'hébergement se trouve à 15 km de la station. Je vous passe le langage shadokien très peu châtié que Papa Shadok emploie lorsqu'il se rend compte de la chose.

Cependant, il existe une possibilité de réduire le temps de trajet journalier des Shadoks: prendre un télésiège situé à quelques km du gite, et qui permet de rejoindre la station directement, via une petite piste bleue. Excités par leur trouvaille, les Shadoks décident de tester cette option dès le premier jour. Seulement voilà: ce télésiège ressemble plus à un téléphérique à l'air libre, eu égard à la hauteur du bidule. Les parents Shadoks font comme s'ils n'avaient pas vu que la mini-shadok n'a pas la taille minimale requise, et rangent dans le fond de leur mémoire le souvenir que la même mini était tombée au démarrage du télésiège l'année précédente, emportée par sa petite taille et le poids de ses skis. La montée de 15 minutes se déroule donc dans le chaos le plus total, la petite ne cessant de se pencher en avant, l'ainée répétant inlassablement combien elle a peur, papa Shadok hurlant sur les deux pour décharger son stress, maman Shadok henissant pour oublier son vertige. En descendant du télésiège, les Shadoks le savent: leur famille ne survivra pas à ce genre de scenario quotidien, particulièrement du fait qu'il faut aussi prendre le télésiège dans le sens de la descente (car impossible d'emprunter la piste rouge prévue pour redescendre, voir alinéas 3 et 4). Las, ils prennent leur voiture chaque jour, et galèrent autant de fois pour trouver une place.

Au moment où les Shadoks trouvent enfin une place pour se garer, les Gibis, prennent généralement un vin chaud en terrasse, ayant déjà enchainé 5 descentes.

  • Troisième épisode: la station

Madame Shadok a  lu plein d'avis très positifs sur cette station dite "familiale" et ensoleillée, dont d'ailleurs le logo, non usurpé, est un soleil rayonnant. Et c'est vrai, la station est très ensoleillée. Ensoleillée comme avec du vrai soleil dedans, du bon gros soleil bien chaud qui ferait fondre la neige à toute vitesse. Les Shadoks arrivent donc sur des pistes mêlant "neige de culture" comme on dit en jargon de skieux, terre-plein terreux, et bouillasse. Pas les meilleures conditions pour maman Shadok et ses filles, qui maitrisent autant le ski que l'étymologie des patronymes islandais. Et surtout, il faut se résoudre à ne pas redescendre à la voiture en skis, pour cause de piste non enneigée (voir plus haut).

Au même moment, les Gibis, fins connaisseurs des stations de ski et de leur enneigement, s'éclatent comme des fous dans la poudreuse de leur station perchée à 3000 mètres.

  • Quatrième épisode: l'équipement

Une fois payé l'hébergement, les cours de ski, les forfaits, il ne restait guère de marge à la famille Shadok pour l'équipement. Madame Shadok, prévoyante et adepte du système D, avait décidé de recycler les combi et tous les accessoires (gants, masques, casques) de l'année précédente, "zut quoi, faut pas pousser mémé dans les chardons!" avait-elle dit dans son shadokien délicat.  Une fois sur place, il s'avère que les combinaisons commencent à devenir vraiment trop petites, surtout pour la fille ainée Shadok qui ne cesse alors de râler: sa combi lui "rentre dans la zézette" chaque fois qu'elle lève les bras ("ben lève pas les bras!"), ses gants sont trop petits, l'étiquette lui gratte la peau, son casque lui fait mal, son masque appuie sur ses lunettes, etc.... Peu compatissants (et surtout ruinés), les parents Shadok cèdent finalement à l'achat d'un nouveau masque lorsqu'ils s'aperçoivent que le visage de leur fille commence à reconnaitre les lunettes comme faisant partie intégrante de lui-même, et envisage de continuer à pousser autour, ce qui est, en fin de compte, fort peu seyant.

Cet épisode au magasin de sport est assez mémorable puisque maman Shadok, au moment de payer le dit-masque, fait tomber un objet parterre qu'elle s'empresse de ramasser d'un mouvement gracieux, ramenant au passage une partie du plancher du magasin sous la forme de trois volumineuses échardes de bois plantées sous ses ongles. S'ensuit un moment de panique générale pendant lequel la vendeuse essaye avec une pince à épiler d'enlever les morceaux de bois, plantés si profondément que le sang ne tarde pas à couler sur la caisse, ce qui entraine par effet rebond un nouveau mouvement d'affolement de la vendeuse à la recherche de désinfectant. Pendant ce temps-là Papa Shadok, ruiné comme nous l'avons vu plus haut, repart avec une paire de skis tout neufs sous le bras (la logique paternelle shadokienne a ses raisons que la raison ne connait point).

Note de l'éditeur: maman Shadok, en mère avisée, tient à vous informer au passage qu'il existe des masques spéciaux pour porteur de lunettes (ce que les Gibis savaient depuis longtemps; mais d'un autre coté, les gibis n'ont pas de problèmes de vue, eux).

  • Cinquième et dernier épisode: les cours de ski

Pour les enfants Shadoks, c'est seulement le deuxième séjour au ski. Leurs parents ont pu d'ailleurs juger dès la descente du "télésiège de la mort" (voir paragraphe 2) de leur absence totale de mémoire de la gestuelle skiesque. Ce qui leur valut la descente de piste bleue la plus longue de tous les temps.

Heureusement, maman Shadok a tout prévu et jugé bon de les inscrire à un cours de ski afin de faciliter leurs déplacements sur les pistes. Futée qu'elle pensait être, et sachant pertinemment que ses filles Shadoks ne voudraient pas avoir à côtoyer des cours collectifs remplis d'enfants Gibis, elle avait décidé de les inscrire à un cours particulier, selon elle plus efficace bien que plus court (1h), mais ensemble. Certes, elle avait songé que la différence de niveau (l'ainée Shadok en ayant un peu plus dans les pattes que la petite) risquerait de poser problème, mais munie d'un optimisme congénital délirant, elle s'était dit que la plus grande tirerait la petite vers le haut. De plus cette formule présentait l'avantage d'être beaucoup moins onéreuse. Maligne la mère Shadok!

Malheureusement, l'opération se révèle être un fiasco. La petite empêche la grande de progresser si bien que la prof de ski Gibi (nattes blondes, yeux verts et dents blanches) propose finalement de les séparer et de ne prendre chacune d'elle qu'un jour sur deux. Résultat, le couple Shadok, qui a à peine 1h pour skier ensemble chaque jour, doit se résoudre à skier en alternance, l'un gardant l'une des petites shadoks, tandis que l'autre profite des joies du ski en solo. Quant à skier en famille, il rencontre un refus obstiné de la part des enfants Shadok.

Pour terminer, ni l'une, ni l'autre des enfants Shadoks, n'obtient la médaille tant convoitée.

Pendant ce temps-là, le couple Gibi, qui a skié toute la matinée en amoureux, récupère ses enfants fraichement médaillés et s'en va poursuivre sa journée de ski sur les pistes dans un beau moment de partage familial.

Epilogue:

Longtemps après être rentré chez elle (bouchons de retour inclus) la famille Shadok aime à se souvenir de ce séjour si délassant et dépaysant. D'ailleurs Madame Shadok clame à qui veut l'entendre que les vacances au ski sont ses vacances préférées!

Je vous laisse avec un extrait des vrais Shadoks, tellement plus hilarants que ma pauvre petite prose. C'est aussi un clin d'oeil à mon père qui les adorait.

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Tous azimuts de printemps # 14

20 Mars 2017, 09:40am

Publié par Zazimutine

Tous azimuts de printemps # 14

Je pensais m'avancer un peu et puis j'apprends que oui, on y est, le printemps est officiellement installé! Cela fait quelques jours qu'ici les arbres croulent sous les fleurs, et que j'ai commencé à scruter les ornements de mon jardin, dont la plupart poussent sauvagement, comme en témoigne ces... choses que vous voyez, et dont je ne connais absolument pas la dénomination (si vous savez, dites-moi, je ne demande qu'à apprendre!)

Notre camélia est pimpant pour la première fois de sa jeune vie (lui, je connais son nom parce que Papa Ours a laissé l'étiquette dessus ^_^), j'en suis toute esbaudie!

Tous azimuts de printemps # 14

Que vous raconter, donc, en ce joli printemps?

  • Que j'ai fait faire un devis pour mettre mon Mac à jour et que ceci coûtera le prix d'un PC neuf?
  • Que je me suis désintéressée brutalement de la vie politique que je trouvais jusqu'ici passionnante, et qu'au moment où je vous parle, je ne sais toujours pas pour qui je vais voter au premier tour des élections présidentielles?
  • Que nous sommes partis à la montagne lors des dernières vacances et que je déclare officiellement que les vacances de ski sont mes BHF (best holidays forever)?
  • Que je me suis remise enfin à courir, après 3 ans de traitement de tendinites multiples et que je le vis plutôt bien?
  • Que je continue à essayer de réduire mes déchets en cuisinant des goûters-maisons pour mes filles? (sérieusement, ce n'est pas insupportable cette manie d'emballer le moindre petit gâteau dans un sachet plastique INDIVIDUEL?) Dernière opération goûter-maison en date: madeleines avec coque en chocolat, regardez comme c'est jouli!
Tous azimuts de printemps # 14

Allez, c'est d'accord, je vous reparle de tout ça très bientôt; il y aura aussi des conseils littérature jeunesse, des chroniques littéraires, des favoris, et des billets humour! Si, si!

A très vite.

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And the winner is...

13 Février 2017, 12:04pm

Publié par Zazimutine

And the winner is...

Ce ne sera pas une surprise pour vous mais sachez, chers lecteurs non blogueurs, que pour tenir un blog, il faut disposer d'une bonne dose de narcissisme pour ne pas dire un narcissisme certain. Alors oui, je pourrais vous faire croire que non, pas moi, hein, moi je suis le chantre de la modestie, d'ailleurs tenez, je ne publie jamais de selfies, vous n'avez jamais vu ma tête, je tiens par dessus-tout à mon anonymat et, tiens la preuve, je n'ai parlé de mon blog à personne. Mon Dieu comme ce serait prétentieux de dire à mes amis "lisez-moi, regardez comme ce que j'ai à dire est intéressant!" Non, non, pas moi, je ne suis pas comme ça! Ouh la menteuse. Est-ce que penser que ce qu'on pourrait dire peut intéresser des inconnus n'est pas tout aussi prétentieux. Bien sûr que si. Tenir un blog est pour moi une preuve majeure d'immodestie, ce n'est pas sans honte que je le reconnais, mais c'est comme ça.

Et comme si ça ne suffisait pas, voila que des copines blogueuses m'ont demandé, en me nommant pour le Grammy award  Liebster award pour la 4ème fois, de parler encore un peu plus de moi. Oui de temps en temps, les blogueuses, entre elles, se soutiennent en s'attribuant un prix, un peu comme les césars (mes précédentes nominations ici et ). Pas toujours facile en effet de continuer à exister au milieu de milliers d'autres blogs toujours plus sympas, plus jolis, plus intéressants que le vôtre. Alors on se donne un petit coup de pouce, on met des liens vers les blogs de copines, et on leur demande de répondre à un questionnaire pour mieux les connaitre.

C'est ainsi que simultanément, je me suis trouvée nominée par la talentueuse Frau Pruno du blog Escarpins et marmelade, et par la pétillante Mamandelire du blog éponyme, pour ce fameux césar du meilleur espoir. Car oui, ce prix ne concerne que les petites blogueuses comme moi ayant fort peu d'influence (moins de 200 abonnées). Comme mon blog existe depuis 3 ans et demi, obtenir un prix du meilleur espoir, c'est un peu comme se sentir dans la peau de cette actrice qui arpente les castings depuis 10 ans et se retrouve enfin nominée  pour son 56ème film à plus de 40 ans mais bon, on ne va pas se gâcher le plaisir.

Je vais donc répondre aux questionnaires adressés par ces demoiselles, et je présente mes excuses aux lecteurs absolument pas intéressés par les menus détails de ma vie.

 

Celui de maman délire:

1) Quel est ton plus ancien souvenir d’enfance ?

Pendant longtemps j'ai prétendu me souvenir de ma naissance, ça faisait beaucoup rire mon entourage, mais là j'avoue j'ai oublié. Mon plus vieux souvenir actuellement est je crois ma rentrée en maternelle, une maitresse en tailleur rouge, chignon haut perché, pommettes rouges façon poupée russe, l'air très sévère, et moi terrifiée (ça commençait bien!)

2) Quel métier exerces-tu dans ta vie rêvée ?

Oh plein: comédienne, inspecteur de police criminelle, prof de français...

3) Raclette ou tartiflette ?

Raclette, j'adore!!

4) Ton Disney préféré ? (mais si t’as forcement un Disney préféré !! )

Euh pfff alors là je sèche, il y en a tellement... Zootopie l'an dernier est celui que j'ai préféré; mais non, je ne suis pas très Disney.

5) Tu es parachuté sur une ile déserte, tu as droit à 3 objets…

Une liseuse, un saucisson, un verre de vin rouge, le bonheur!

6) Quel est le sport que tu détestes le plus ?

A faire ou à regarder? A regarder: la formule 1, beurk. le tour de France aussi, ça me donne envie d'avaler une boite d'antidépresseurs. A faire... aucun.

7) T’as prévu quoi pour le 31 ?

Désolée, cette question est devenu obsolète.

8) Tu es plutôt réincarnation, paradis, le néant … ? ( oui elle envoie du lourd celle là ! )

Néant malheureusement, du coup ça ne donne pas très envie d'y aller

9) Ton apéro favori ?

Un verre de vin et du saucisson (je suis lyonnaise je rappelle!)

10) Le prénom de tes grand-mères ?

Honorine et Aline

11) Ton péché mignon ?

Le chocolat Bonnat au praliné; mais je peux pas en manger beaucoup parce que ça chatouille la gorge et que j'ai toutes les peines du monde à en trouver.

Le questionnaire de Frau Pruno:

1) Une blogueuse qui t'a particulièrement marquée?

Caroline, du blog pensées by Caro. C'est vraiment elle qui m'a donnée envie d'ouvrir mon propre blog. J'aime son humour, sa franchise, sa vision du monde. Bref, ça pourrait être une bonne copine si ce n'était pas une star de la blogo ^_^

2) Ton plus grand regret?

Avoir laissé mes peurs gouverner ma vie.

3) Ton réseau social préféré?

Je ne suis ni sur Twitter, ni sur Instagram (péché mortel pour une blogueuse semble-t-il!); je ne fréquente Facebook que pour publier mes billets de blog... je dirais donc Messenger qui me permet d'échanger au quotidien avec mes copines.

4) Ton article préféré dans la blogosphère?

Aucun ne m'a marqué au point que je pourrais le citer.

5) Ton parfum?

En ce moment un truc de Guerlain dont j'ai oublié le nom. Je ne suis pas fidèle aux parfums, ça ne m'intéresse pas.

6) Ta série préférée?

La dernière en date: Trapped, série slandaise que j'ai dévoré!

7) Une photo qui t'inspire?

Toutes les photos de mer!

8) Une musique que tu aimes écouter?

Dominique A, surtout son dernier album: Eleor

9) Un prénom que tu aurais aimé porter?

Celui de chacune de mes filles pour commencer. Sinon un prénom qui revêt déjà une certaine classe à lui tout seul: Garance, Bérénice. Après t'as intérêt à l'incarner un prénom pareil!

10) Ce que tu fais en premier lorsque tu te lèves le matin?

Absolument rien qui mérite d'être raconté je t'assure!

11) Un mot qui te plaît?

Maman est le mot que je préfère dire et entendre (même si c'est un lieu commun!).

Voilà, vous savez tout sur moi.

Je remercie très chaleureusement Frau Pruno et Mamandélire de leur nomination et surtout de leur fidélité!!

En principe, je devrais à mon tour établir un questionnaire et nominer 11 blogs débutants, mais je l'ai fait les fois précédentes et ça prend énormément de temps de chercher des nouveaux blogs qui me tapent dans l'oeil (je rappelle qu'en plus je n'ai toujours pas d'ordinateur en état de marche à la maison!). Je vais donc plutôt me permettre de citer mes blogs préférés:

1) les rigolotes

Games of momes , la vie de famille façon série TV, hilarante!

Colombe linotte, qui décrit chaque mois de l'évolution de son bébé avec un humour et une  tendresse bouleversante. Si vous ne la connaissez pas encore, foncez, c'est une véritable  auteure!

Escarpins et marmelade, elle aussi drôle en plus d'être une belle plume (énervante!)

Mamandélire, l'autodérision incarnée, l'enthousiasme contagieux!

Alice au pays des couches; la première blogueuse que j'ai nominée il y a 3 ans; resté longtemps inactif, son blog reprend vie!

2) les "quotidiens de maman"

La vie en Tisanie, maman de 2 petites filles, prof d'anglais, dans le nord de la France

Lilicerise, 2 enfants, une vie en Charente qui ressemble à s'y méprendre à la mienne en Bretagne

Die Franzoesin, maman en Allemagne d'un petit garçon; un point de vue toujours très intéressant et argumenté sur la maternité

Pomme en Bretagne; 3 enfants, prof remplaçante à ses heures; une vie de famille forcément mouvementée!

3) les "lifestyle"

Koalisa, maman, prof, mais aussi voyageuse et amatrice de séries tv de qualité!

ellea40ans, maman de 3 enfants, expatriée au Moyen-orient, un témoignage toujours passionnant!

4) les blogs "humeur"

Ridée rieuse; quinqua assumée, grand-mère attentive, un style bien à elle: concis mais toujours percutant.

La cacahouete cosmique: une blogueuse qui n'hésite pas à donner un coup de pied dans la fourmilière, des billets engagés, une liberté de ton qui fait souffler un certain renouveau sur la blogosphère si consensuelle!

5) les stars

Pensées by Caro, dont j'ai parlé plus haut; je lui suis fidèle depuis 4 ans et c'est le premier billet que je lis en allumant mon téléphone le matin.

Marjoliemaman; maman de 3 enfants en Bretagne (tiens tiens!); inspirante!

...

Y en a plein d'autres mais j'avoue que je sature d'insérer des liens là tout de suite! Alors, bonne lecture! ;)

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Nos tête-à-tête

7 Février 2017, 10:46am

Publié par Zazimutine

Nos tête-à-tête

Il se trouve que depuis la rentrée de septembre, la ronde des activités extra-scolaires me permet de me retrouver en tête-à-tête avec chacune de mes filles, le mercredi après-midi. Avec ma grande tout d'abord, pendant 1h30, durée du cours de dessin de sa petite soeur; puis c'est au tour de la cadette, une petite heure grapillée à notre habituel trio, pendant que miss Choco joue à "jouer la comédie".

Ces instants, juste "elle et moi", ont pour moi une saveur particulière.

Avec miss Choco, nous profitons souvent de la proximité du centre-ville pour aller faire les magasins. Je lui demande de me montrer ce qu'elle aime, je lui montre ce que j'aime moi, je me fais une idée plus précise de ses goûts. Nous partageons parfois un moment de complicité féminine, comme cette fois où je cherchais un rouge à lèvres assorti à mon vernis à ongles (le truc superficiel par excellence qui m'arrive une fois par décennie!), et que c'est elle qui a trouvé pile la bonne couleur. Elle était fière.

Avec miss Bonbon, c'est différent. Près du cours de théâtre il n'y a rien d'autre que la plage et des cafés. Alors nous allons au café. Elle sirote son chocolat brûlant en regardant les photos de mon téléphone, pendant que j'admire l'océan. Je la questionne, fais en sorte qu'elle me raconte les petites anecdotes de sa vie d'écolière dont je suis si friande.

Est-ce qu'elles apprécient ces moments? Je n'en suis pas sûre. Si miss Choco semble apprécier le calme inhérent à l'absence momentanée de son tourbillon de cadette, ce n'est pas le cas de miss Bonbon qui passe souvent l'heure à râler qu'elle s'ennuie, et qu'elle déteste aller au café.

Qu'importe. Je les aime ces moments, ils sont précieux, je le sais, et je le leur dis. Dans notre quotidien, il est vraiment rare que mes filles ne soient pas l'une sans l'autre. Or, je suis persuadée qu'elles ont besoin de ces tête-à-tête pour se construire, et pour construire leur relation fille-mère, la leur, l'unique, et pas seulement un copier-coller de celle de leur soeur. J'ai moi-même partagé énormément de moments de complicité seule avec ma mère, mais aussi plus tard, à l'adolescence, avec mon père, et je suis sûre que cela a beaucoup joué dans la force de notre relation duelle.

Quant à moi, vous le savez, qu'elles soient ensemble ou seules, j'adore observer, jour après jour, la construction de ces petits êtres humains miniatures (j'en ai déjà parlé ici). 

Je me régale de voir leur identité s'affiner, d'assister à l'éclosion de ces petites bonnes femmes, qui se ressemblent  et s'opposent tant à la fois, expérience sans cesse renouvelée et probablement la plus passionnante qu'il m'ait été donné de vivre: celle de la maternité.

 

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