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Touzazimutin

enfants

Mignonneries de mes mignonnes

13 Mai 2015, 22:08pm

Publié par Zazimutine

Mignonneries de mes mignonnes

 

J'aime ces petits échanges verbaux de loin avec miss Bonbon, elle dans sa chambre, moi dans la salle de bains: "mamaaaan!"- "quoi?"- "je t'aaaaaime!"

J'aime me plonger dans les yeux de miss Choco, couleur indéfinissable que je ne me lasse pas d'essayer de définir, cils immenses, regard doux, comme la toute première fois.

J'aime la fossette sur la joue droite de miss Bonbon qui se dessine fugitivement parfois, dans un certain sourire.

J'aime entendre les élans d'affection de l'ainée envers sa cadette; et j'aime voir la cadette se sentir perdue dès que sa soeur est absente.

J'aime l'enthousiasme de miss Bonbon à l'idée que nos aurions un jardin dans notre prochaine maison.

J'aime entendre miss Choco dire qu'elle a passé une bonne journée parce que nous lui avons acheté une paire de chaussures, une robe, et emmenée au restaurant samedi dernier (ben oui quand même!)

J'adore entendre miss Bonbon se poiler devant "Loulou et l’incroyable secret", et j'aime tout autant l’écouter réciter les dialogues du film par coeur, surtout les répliques de Tom, le lapin malicieux.

J'aime l'attachement de miss Choco à S., une animatrice du Clae, figure rassurante j'imagine, avec ses cheveux gris et ses jolies joues rouges. Ainsi, je sais toujours où la trouver. Dans la cour le lundi soir en train de causer. A la bibliothèque le jeudi soir, avec sa conteuse personnelle, pendant que les autres jouent dans la cour.

J'aime leurs projets d'avenir:

- créatrice de bijoux "en Bretagne" pour la plus grande,

- dessinatrice pour la petite,

- et restauratrices ensemble, miss Choco en cuisine et miss Bonbon en salle.

J'aime  suivre du regard mon ainée lorsqu'elle entre dans la cour de primaire, et la trouver tout à coup tellement petite avec son gros cartable sur le dos au milieu des plus grands.

J'aime, énormément, leurs dessins jumeaux comme ceux-ci:

Mignonneries de mes mignonnes

 

ou ceux-là:

Mignonneries de mes mignonnes

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L'âge de raison

14 Janvier 2015, 13:37pm

Publié par Zazimutine

L'âge de raison

Il y a quand même eu un évènement la semaine dernière, dans notre sphère intimo-familiale, quelque peu éclipsé par l'actualité: miss Choco, notre fille ainée, a eu 7 ans.

7 ans, l'âge de raison dit-on. Il va de soi que nous l'avions briefée à fond sur le sujet, lui prédisant un avenir imminent de "trèèèès grande fille" et autres "petite fille la plus raisonnable du monde" (parents lourds- mode d'emploi).

Ainsi, en ce jeudi 8 janvier 2015, je me suis dirigée vers la chambre de ma fille ainée comme chaque jour pour la réveiller, prête à entonner le fameux refrain lui souhaitant la bienvenue dans une nouvelle ère. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je trouvai son lit vide! J'eus à peine le temps de m'inquiéter que j'entendis la clef tourner dans la serrure de la porte d'entrée. Ma fille apparut alors dans l'appartement, habillée, coiffée, pomponnée, les joues rougies par le froid, les bras chargés de pain et viennoiseries pour le petit-déjeuner. Un peu interloqués mais contents, nous nous dirigeâmes tous vers la cuisine où la table du petit-déjeuner était mise avec soin. Pendant que j'habillais sa petite sœur, miss Choco me demanda si elle pouvait emmener un livre à l'école; j'acceptai, et la vit avec étonnement sortir un livre de la grande bibliothèque du salon et le fourrer dans son cartable. Il me sembla distinguer le titre de l'auteur "Kant", mais je ris de moi-même à cette idée saugrenue.

Puis tout le monde quitta le domicile familial, Papa Ours emmenant les filles à l'école.

Lorsque je les récupérai à 16h, le maitre voulut me parler. Il s'inquiéta du comportement parfaitement "inhabituel" de ma fille, punie pour la première fois depuis la rentrée. Outre le non respect des règles de vie à l'école, il avait surpris ma fille lire en douce un livre sur ses genoux pendant la leçon; il s’alarma surtout du contenu de ses lectures. "N'est-il pas un peu tôt pour de la philosophie?" me dit-il. J'approuvai et promit de faire le nécessaire pour que ça ne se reproduise plus.

Une fois rentrées à la maison, je demandai sur un ton peu amène à miss Choco de filer dans sa chambre faire ses devoirs. Je l'entendis maugréer sur "ces méthodes éducatives rétrogrades". 5 minutes plus tard, je l'entendis se doucher. Elle en sortit visiblement détendue, comme si "l'eau chaude ruisselant sur mon corps lavait mon âme de toute l'horreur du monde". Je déglutis avec peine et essayai d'engager le dialogue sur son comportement depuis le matin. Elle me parla de la minute de silence observée à l'école en mémoire des victimes du terrorisme. Tandis que j'essayai de lui expliquer avec des mots simples, elle me coupa la parole et me dit que je ferais mieux de relire "Critique de la raison pure" (du fameux Kant donc). Que la notion d'"esthétique transcendentale" prenait tout son sens. Je pensai que lui dire que je ne l'avais jamais lu n'était pas une bonne réponse et je m'abstins de tout commentaire. Elle me demanda alors s'il était possible de l'émanciper: hors de question de retourner à l'école apprendre "des inepties". Je lui dis que j'allais en parler avec son père.

Le soir, nous fêtâmes son anniversaire. Elle parut consternée par ses cadeaux, mais nous remercia chaleureusement, "reconnaissante, car consciente de la valeur du travail fourni pour payer toutes ces futilités destinées à endormir l'esprit critique des enfants". Puis elle nous souhaita bonne nuit et alla se coucher, elle avait "un bouquin à finir".

Une fois seuls, Papa Ours et moi-même nous dirigeâmes d'un même élan et sans nous concerter, vers le salon. Ce soir-là, nous finîmes tous les fonds de bouteilles d'alcool fort du bar. Nous engageâmes un tournoi de 1000 bornes et bûmes à la santé de la fée Clochette en plastique, jouets tous deux à peine sortis de leur emballage par notre "très grande fille".

 

Non, bien entendu, rien ne s'est passé ainsi. Miss Choco est restée la même et n'a rien perdu de sa très grande naïveté dans la nuit du 7 au 8 janvier. Mais il faut reconnaitre que depuis son entrée au CP, il y a eu indéniablement de grandes étapes de franchies: savoir lire, nager, faire du vélo sans les petites roues, s'habiller et se doucher seule la plupart du temps, porter fièrement son plateau à la cantine, prendre de temps en temps des initiatives. C'est déjà bien assez pour cette année, bien assez pour une petite fille à qui il a fallu expliquer, le jour de son anniversaire, pourquoi on lui a demandé d’observer une minute de silence à l'école.

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La Mère Parfaite

15 Décembre 2014, 15:14pm

Publié par Zazimutine

La Mère Parfaite

 

J'ai l'impression que notre vie est jalonnée de rencontres avec des personnes qui nous semblent parfaites.

Ca commence à l'école avec la Copine Parfaite: bonne élève, rigolote, plein de frères et sœurs avec lesquelles elle s'entend super bien, des vacances extras dans des endroits de dingue, des activités extra-scolaires de fou dans lesquelles elle excelle, 1er prix du conservatoire de trombone à coulisse, championne régionale de patinage artistique sur roulettes (la Fille Parfaite a des activités extra-scolaires originales).

Ensuite au collège et au lycée il y a l'Ado Parfaite. "Mignonne" voire "canon" (on disait comme ça dans les années 80), bonne élève, dents blanches bien alignées (sans appareil dentaire), pas de boutons, pas de lunettes, et le pire: sympa. Même pas envisageable de la détester. Même nos parents la trouvent "adorable", "polie", "bien élevée" (gna gna gna!).

Je vous passe l'épisode Etudiante Parfaite, puis Nana Parfaite, c'est répétitif.

Et puis "voici venu le temps des rires et des chants" (ceux qui voient à quoi je fais référence, je vous aime!). Le temps de la maternité. Et par là, une nouvelle entité: la Mère Parfaite. En ce moment, je focalise sur une mère parfaite en particulier à l'école, je la scrute, je la lorgne, je l'observe sous toutes les coutures, je cherche les failles, il n'y en a pas. Laissez-moi vous la décrire.

- pour commencer, la Mère Parfaite a un prénom hyper stylé. Original. Le genre de prénom d’héroïne de roman vous voyez, le prénom qui fait qu'on sait tout de suite de qui on parle. Pas besoin de dire: "Julie qui? La petite blonde ou la grande brune?" Nan, là c'est du Bérénice, du Sybille, du Garance...

- la Mère Parfaite est jeune, voire très jeune. La petite trentaine, grand max.

- la Mère Parfaite a 3 enfants très rapprochés; le petit dernier a quelques mois et c'est un garçon. Deux filles, puis un garçon, parfait.

- nonobstant l'information donnée ci-dessus, la Mère Parfaite a un corps parfait. Quand elle était enceinte d'ailleurs, on aurait dit qu'elle avait avalé un kiwi de travers. Un joli petit ventre tout rond. Aucun signe d’empâtement par ailleurs. Je me souviens avoir scruté ses jambes à la recherche d'un bourrelet disgracieux ou d'une mignonne petite varice pointant le bout de son nez, que nenni. Elle était même parfaitement sexy dans sa robe moulant parfaitement ses courbes!

- la Mère Parfaite est toujours bien habillée, chic mais pas trop.

- la Mère Parfaite est jolie, voire très jolie. Elle a un teint parfait. Pas de cernes malgré des nuits probablement difficiles (à moins que son bébé ne soit parfait lui aussi?), légèrement maquillée. Bien coiffée. Et même, le comble: manucurée! Mais pas vulgaire. Pas pétasse. Juste.... classe.

- la Mère Parfaite gère parfaitement ses 3 enfants. Elle a toujours le paquet de mouchoirs ou de lingettes à portée de la main. Ainsi que la bouteille d'eau pour chacun des marmots en cas de petite soif intempestive. Même en hiver.

- la Mère Parfaite parle d’une voix douce, elle n'élève pas la voix. Elle est souriante, toujours, mais pas séductrice non plus, ce serait de mauvais gout.

- la Mère Parfaite s'implique dans le fonctionnement de l'école, elle fait partie de l’association des parents d'élèves. Du coup elle connait beaucoup d'autres parents d'élève. Elle discute beaucoup à la sortie de l'école.

Bref vous l'avez compris, la Mère Parfaite m'exaspère. Parce qu'elle est exactement mon négatif, je suis le ying elle est le yang, je suis le fromage qui pue, elle est le vin gouleyant:

- je n'ai pas un prénom très fréquent, pourtant, je connais une autre maman, à l'école, qui a le même que moi.

- je ne suis pas jeune, voire pas très jeune.

- je n'ai pas 3 enfants (mais deux rapprochés quand même hein, ça compte!)

- je n'ai surement pas un corps parfait (mais j'ai de jolis poignets); lors de ma dernière grossesse je me suis férocement empâtée; j'ai mis 2 ans à reperdre tous ces kilos (et encore je m'estime chanceuse d'y être parvenue)

- je suis toujours en jean et bottes ou jean et Converse (toujours le même jean, j'en ai qu'un, mais je vous rassure, je le lave le week-end pour le remettre le lundi).

- je n'ai généralement pas le temps de me maquiller le matin; j'ai des cernes et le teint blafard. Je n'ai généralement pas le temps d'aller chez le coiffeur, ni de me faire un brushing; je laisse pousser mes cheveux blancs. Ca me vieillit. Quand à la manucure: un bon coup de ciseaux une fois par semaine et c'est réglé.

- je fouille souvent fébrilement mon sac à la recherche d'un paquet de mouchoirs pour essuyer les nez cracra; quand mes filles me disent qu'elles ont soif, je leur réponds d'attendre qu'on soit à la maison; si elles insistent je leur rétorque que "ça va, on est pas en pleine canicule non plus!"

- je ne parle pas toujours d'une voix douce à mes enfants; au bout d'un moment je crie; je ne suis pas une fille souriante non plus, mais c'est pas de ma faute j'ai été livrée sans zygomatiques à la naissance.

- je ne m'implique pas dans la vie de l'école: pas le temps. Du coup je ne connais pas beaucoup de parents et quand j'attends devant l'école, je me plonge dans mon téléphone pour ne pas faire la maman qui ne connait personne.

Il se trouve que dimanche, ma fille ainée est invitée à l'anniversaire de la fille de la Mère Parfaite. Une occasion rêvée de faire plus ample connaissance. Et de trouver la faille.... A moins que.... nous devenions copines, ce serait le comble, car.... la Mère Parfaite a l'air sympa en plus! La garce.

 

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Mini râleuse

4 Décembre 2014, 11:57am

Publié par Zazimutine

Mini râleuse

 

Lorsque nous avons rempli le bon de commande de notre deuxième enfant, nous avons prêté une attention particulière au formulaire concernant les options.

Souvenez-vous, la question 25:

Parmi ces défauts de caractère concernant votre futur enfant, lequel choisissez-vous?

  • a- petit dormeur
  • b- petit mangeur
  • c- fourbe
  • d- paresseux
  • e- râleur
  • f- aucun de ces défauts

Epris de longues nuits paisibles et de bonne chère, n'aimant ni la fourberie, ni les animaux, nous avons, je le reconnais, fait preuve de lâcheté et coché la case f.

Mais c'était sans compter la question 25 bis:

"Attention, concernant l'option f, en fonction du nombre de commandes, il est possible que nous ne pouvions accéder à votre demande; dans ce cas, merci de nous signaler quel défaut vous serait le moins désagréable".

Visiblement, 2010 a été un cru exceptionnel puisque, fin février, il ne restait déjà plus d'option f. Comme nous avions coché par défaut l'option e ("râleur"), eh bien nous avons eu la joie d'accueillir dans notre foyer une ravissante petite fille.... râleuse.

Cela s'est manifesté dès la grossesse. Notre cadette avait apparement décidé de profiter à fond du meilleur moment de sa vie (eau à 37°C, hydromassage, nourriture et gite à l’œil, atmosphère de glou-glou et de douces voix assourdies, tu m'étonnes!) et donc de ne pas se laisser enquiquiner par les toubibs indiscrets qui auraient tenté de voir si tout était bien à sa place. Il a alors fallu multiplier les échographies, sans succès, puisque la demoiselle nous tournait obstinément le dos, se voilant pudiquement la face de ses mains (et encore c'est parce qu'elle ne connaissait pas toutes les possibiliés de messages exprimés avec les doigts).

Ca s'est poursuivi au moment de l'accouchement: hors de question de rester coincée des heures dans ce satané toboggan obscur et visqueux: dès le début du travail, notre fille était, d'après la sage-femme, en position d'expulsion, remontée comme une pendule.  Tout juste si elle ne tapait pas à la porte, telle une furie attendant l'ouverture des magasins au premier jour des soldes. Il a pourtant fallu qu'elle patiente quelques heures; du coup, dès que la porte s'est ouverte elle a littéralement surgi: une poussée, emballé, c'est pesé.

Si l'on y réfléchit, son côté râleur s'est manifesté dès les premiers jours. Bien sûr, nous avions incriminé alors les coliques du nourrisson. J'aurais du me rendre compte néanmoins qu'elle avait beaucoup plus d'endurance que sa soeur ainée, réussissant même parfois à continuer à hurler, tandis que je m'étais endormie à ses côtés.

Les mois passant, nous avons mis toutes ses manifestations d'inconfort sur le compte d'autres maux: les dents, le RGO, les poussées de croissance.

Puis ce furent les ggnnnnn rageurs lorsqu'on la laissait trop longtemps dans son transat. Ensuite, une certaine difficulté à la mettre dans sa poussette ou dans son siège auto. Même pendant les repas, elle grognait entre deux bouchées, ce qui donnait "gggggnnnnnn -slurp- gnnnnn -gnourf- gnnnnn -bloup-"... très curieux.

Bref, notre miss Bonbon est une râleuse.

Elle râle pour tout, presque tout le temps. Elle a trop chaud, elle a trop froid. C'est pas bon,  ou alors y en a pas assez. Elle n'aime pas les cols qui montent, ni les dessins sur les vêtements. Elle n'aime pas cette robe (qu'elle a pourtant choisie). Elle n'aime pas marcher, ni aller se promener, encore moins aller à l'aire de jeux (alors qu'elle se régale une fois là-bas). Cet été, nous avons même eu droit à des "j'aime pas la plage".

Au quotidien, c'est pénible, mais on s'y est fait finalement. Parce que Miss Bonbon, ce n'est pas que ses râleries. C'est aussi tellement d'autres choses, comme son affection et ses grandes déclarations d'amour lyriques. C'est son inquiétude sincère pour l'autre, qui me ravit, c'est cette petite fille qui vous demande de vos nouvelles, si vous avez passé une bonne journée et si vous allez mieux lorsque vous avez été malade. Et puis ce rire, bon sang ce rire, qui "s'envole aussi haut que s'envolent les cris des oiseaux" comme dirait Renaud.

C'est une râleuse mais c'est notre petite râleuse d'exception.

Tiens ça me fait penser à un truc, j'avais pas fait attention mais y avait un petit alinéa à la fin du formulaire de commande "attention, en aucun cas la direction ne saurait être tenue responsable d'une non conformité de votre produit liée à une intervention de la génétique."

La génétique....

Fichtre.... j'ai bien peur que parmi ses ascendants, le plus râleur ce soit... MOI!

 

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Le chuchotement des adultes

23 Octobre 2014, 15:03pm

Publié par Zazimutine

Le chuchotement des adultes

 

Dans la vie d'un enfant, il y a ce moment où les grands se mettent à chuchoter. Un moment particulier, différent, où l'on sent qu'il se passe quelque chose qu'on ne comprend pas, qu'on ne sait pas, qu'on ne nous explique pas. Un moment où les adultes semblent graviter dans une sphère imperméable à nos préoccupations d'enfant.

Je me souviens de chacun de ces moments qui ont jalonné ma vie d'enfant, ils sont tous reliés au décès de quelqu'un de proche: la mort de ma grand-mère maternelle, puis celle de mon grand-père paternel.

Les chuchotements, les sanglots étouffés, les adultes qui font semblant de ne pas avoir entendu, ou compris, la question que nous leur posons. Les étreintes inhabituelles, les regards embués posés sur nous, les "je t'aime" qui résonnent de façon étrange, les sourires crispés, les caresses et les baiser volés... L'anormalité d'un moment, la rupture dans notre vie d'enfant rythmée par l'école, les copains, la maison. L'absence de quelqu'un. Puis les explications, les hésitations, la parole difficile de l'adulte, qui essaie de nous expliquer avec nos mots d'enfants, tout en maitrisant sa propre émotion.

Une incursion dans le monde des grands. Juste un pas, qui ne donne pas envie d'y revenir. Pas tout de suite, pas trop vite.

Hier soir, l'horreur que la vie nous réserve parfois, m'a faite chuchoter. J'ai fait semblant de ne pas entendre les "pourquoi tu viens nous chercher maintenant?" de mes filles. Je les ai serrées fort dans mes bras. Je me suis forcée à sourire. Je leur ai volé des caresses et des bisous.

Bientôt, il faudra être adulte: leur expliquer, avec leurs mots, répondre à leurs questions, aborder des sujets qu'on aimerait ne jamais avoir à aborder avec un enfant: la mort, la maladie, le desespoir qui peut conduire à l'irréparable.

Je déteste être adulte.

 

En illustration, une photo de Robert Doisneau, qui n'a jamais perdu son regard d'enfant...

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Une vie de doudou

14 Octobre 2014, 14:29pm

Publié par Zazimutine

Une vie de doudou

 

Je m'appelle Antonin, j'ai 4 ans et demi. Enfin, 4 ans et demi et des poussières, on ne sait pas très bien. Pour faire simple, disons que je serais né le 1er janvier 2010.

La première fois que j'ai vu ma maman, elle ne m'a même pas regardé. Je dis "ma maman" même si je ne sais plus très bien, dans notre relation, qui est la mère ou le père de l'autre.

Mes souvenirs de ma naissance sont assez vagues. Je me souviens juste d'une très grande pièce, de beaucoup de bruit et d'une langue que je ne comprenais pas. Ensuite, on m'a mis dans une caisse avec des potes tous pareils que moi, et on a voyagé longtemps dans le noir. Après je ne sais plus très bien.

Et puis un jour, la lumière a jailli. On m'a étiqueté et accroché sur un bout de métal, dans un endroit avec plein de spots aveuglants, de musique effrayante, et de gens qui passaient.

J'ai vu beaucoup de paires d'yeux me regarder avec plus ou moins d'admiration, beaucoup de mains me toucher, pour ensuite se détourner de moi. Ce n'est pas la meilleure période de ma vie. Un jour, une main et une paire d'yeux m'ont touché et regardé avec plus d'attention que les autres, et m'ont décroché de mon portant. Je me suis retrouvé emballé dans du papier cadeau. Et quelques jours plus tard j'ai enfin trouvé la liberté, la vraie je veux dire, puisque c'est là que j'ai rencontré la Miss, ma maman.

La première fois que je l'ai vue donc, on m'a posé à côté d'elle dans un berceau. Elle dormait, elle était si belle! Elle faisait beaucoup ça au début, dormir, quel ennui! Parfois, elle ouvrait les yeux et me regardait d'un air ahuri. Puis son regard est devenu de plus en plus curieux et intéressé. Enfin, un jour, elle m'a attrapé dans sa petite main et m'a serré un peu fort, un peu trop fort. Mais elle m'a gardé longtemps tout contre son nez, contre sa bouche, et j'ai aimé son odeur. Après ça, elle et moi, sommes devenus inséparables. Je suis depuis 4 ans le gardien inaltérable de ses nuits, de ses chagrins, de ses moments de faiblesse.

Depuis que nous nous connaissons, j'ai du passer 2 nuits sans elle. Une fois, ses andouilles de parents m'ont laissé dormir dans la voiture. Une autre fois, une de nos multiples parties de cache-cache s'est mal terminée: la Miss et "les vieux" ne m'ont pas trouvé et j'ai du dormir sans elle.

C'est que j'aime ça jouer à cache-cache, moi, j'adore me mettre dans les endroits les plus improbables. Rien que pour l'entendre m'appeler: "doooudoooooou!". Parfois quand le cri dure trop longtemps et que ça finit par énerver ses parents qui crient à leur tour, je regrette un peu de m'être si bien caché; du coup je n'ose plus me montrer.

Une fois je me suis caché dans la doublure de sa poussette. Une super cachette, les parents ont passé des heures à arpenter les trottoirs en refaisant tout le trajet de la journée pour me retrouver, poilant!

Une autre fois, je m'étais mis tout au fond du panier à livres de la voiture. Du coup, la mère a cru que je m'étais perdu dans le magasin d’où elle sortait, elle y est retournée et elle a fait tous les rayons. Et elle est même revenu avec un doudou tout neuf pour me remplacer, offert par le magasin. Quand j'ai vu ça, ni une ni deux, je suis sorti de ma cachette comme un polichinelle de sa boite, non mais ça va pas ou quoi? Le vulgaire mouton blanc qui avait failli me remplacer est retourné avec un coup de pied aux fesses dans son magasin.

Ce que je préfère en fait dans tout ça, c'est le cri de joie de la Miss quand on se retrouve. Quand elle me pensait perdu pour toujours et que son visage s’illumine de joie à ma vue. Elle est ma gosse,  je suis son frangin, son poteau, son copain, nous deux on se tient chaud! (feat. Renaud)

Aujourd'hui, il faut bien le dire, je suis un vieux doudou.

J'ai presque 5 ans, ce qui, en années-doudou, est super vieux, un peu comme les avec années-chiens, il faut les multiplier pour avoir une idée de mon âge réel.

Je suis plein de cicatrices, j'ai une otite chronique à droite (à cause des virus qui coulent continuellement du nez de la Miss sur mon oreille), et je suis sourd de l'oreille gauche (à cause de ses cris stridents quand je dois la réconforter). Mes membres ne tiennent plus qu'à un fil, et j'ai très peur d'en perdre un, un jour où la Miss me serrera un peu trop fort, une fois de trop. Je suis devenu frileux aussi, à cause de tout le poil perdu dans les multiples lessives: sa mère s'entête à me passer régulièrement à la machine alors que je déteste ca! La Miss aussi d’ailleurs, elle me préfère tout gris et puant tel Napoléon et sa Joséphine (je suis un doudou cultivé qu'est-ce que vous croyez!).

Oui je suis vieux, mais moins que ma copine Capucine qui, elle, est en pré-retraite. Capucine, c'est le doudou de miss Choco, la soeur de ma Miss à moi. Elle passe presque toutes ses journées à l'attendre sur son lit maintenant, elle ne vit plus que pour le moment du coucher où sa Miss à elle, lui donnera enfin un peu d'affection.

Mais nous le savons tous les deux, un jour les Miss partiront de la maison et il ne nous restera plus que nos souvenirs.

Une vie de chien la vie de doudou? Non, mais vous rigolez ou quoi? Vous en connaissez, vous, des vies où on reçoit autant d'amour de la part d'un enfant?

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La fucking pêche aux canards

22 Septembre 2014, 11:08am

Publié par Zazimutine

La fucking pêche aux canards

 

Je conviens qu'il n'est pas très classe d'utiliser des grossièretés, même en anglais, dès le titre d'un billet. Ceci dit, je sens poindre chez moi un certain agacement, face à la fameuse pêche aux canards qui attire mes filles comme des mouches, dès que l'on en croise une dans toute fête foraine et autres loisirs à destination des enfants. Et je dois dire que, dans le contexte, un peu de vulgarité me soulage énormément.

Alors oui, je sais, il y a des choses bien plus graves dans notre vie. Pour mémoire, Marine-la-haineuse est aux portes du gouvernement, la guerre fait rage un peu partout, et le virus Ebola est en passe d’envahir le monde occidental (ce qui, étrangement, a pour effet direct une accélération incroyable des recherches pour trouver un vaccin...).

Justement, je crois qu'un peu de futilité ne nous fera pas de mal.

Cette fichue pêche aux canard, donc, qui me déleste de 4 euros par enfant, soit 8 euros (tout de même!) à chacun de mes passages, me sort par les yeux. Non pas la pêche aux canards en soi,  qui est somme toute assez choupinette, mais le "cadeau" avec lequel on en repart systématiquement: un jouet généralement en plastique, généralement du plus mauvais goût, généralement cassé avant même d'être rentré à la maison.

4 euros donc, pour "gagner" (comment faire comprendre à mes filles qu'on ne peut pas parler de "cadeau" lorsqu'on a payé pour l'avoir?) un jouet qui doit coûter quelques centimes à la fabrication.

Notez d'ailleurs qu'on ne peut plus faire un pas dans un parc, sans tomber par inadvertance sur une pêche aux canards. Ma belle-mère (enfin, je ne devrais pas dire "ma belle-mère" car Papa Ours et moi ne sommes pas mariés -c'est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup-), me racontait qu'à la fête de la ville où elle a emmené mes filles il y a quelques semaines, il n'y avait pas moins de 7 pêches aux canards!

Tout cela ne serait finalement pas bien grave s'il n'y avait pas ces fucking cadeaux à ramener ensuite à la maison, petit aperçu:

-fausses poupées Barbie qui semblent en papier mâché, et dont il est impossible de remettre les membres lorsqu'elles les perdent par "maladresse"

- parures de bijoux en plastique incrustée d'énoooormes pierres précieuses rose bonbon

- peluches à s'évanouir de mocheté

- nécessaire à petite fille, rose, forcément

- baguettes lumineuses à la con dont on ne pourra jamais changer la pile

- bâtons de majorettes qui perdent leurs fils brillants dans toute la maison, aussi sûrement que l'arbre ses feuilles en automne

etc etc....

et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelleet encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle
et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelleet encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle

et encore... beaucoup sont déjà partis à la poubelle

Vous me direz, et alors? C'est pour moi ou bien ce sont pour mes enfants ces cadeaux? Leurs yeux ne brillent-ils pas à l'idée de porter ces horribles bijoux? Leur petite bouche ne s'arrondit-elle pas de ravissement devant ces affreux téléphones portable en plastique rose fushia? Si, évidemment, et c'est la raison pour laquelle j'ai du mal à leur refuser ce moment, semble-t-il si intense, de leur existence de fillette...

Et vous savez quoi? Afin d'illustrer proprement mon article, je suis allée hier matin à la recherche d'une pêche aux canards pour prendre quelques photos.... avec mes filles.... je crois bien que je me suis encore faite avoir:

ah tiens, j'avais oublié de parler des fucking petits poneys à coiffer...

ah tiens, j'avais oublié de parler des fucking petits poneys à coiffer...

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Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom

2 Septembre 2014, 11:13am

Publié par Zazimutine

Celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom

 

C'est vrai quoi, c'est agaçant à la fin, ces magazines, ces émissions de radios, et autres blogs qui parlent tous de la même chose: Noël à Noël, Pâques à Pâques, fête des mères et des pères au mois de mai, Saint Valentin en février... Un peu d'originalité que diable!

Pourquoi je ne vous ferais pas un billet sur la liste de Noël ou la déco du déjeuner de Pâques là maintenant, tout de suite? Ca vous dit? Bon d'accord, c'est original, mais pas très fédérateur.

Oui alors je sais bien que LE sujet du moment c'est... le truc là, avec les cartables et les fournitures scolaires, la découverte des nouveaux instits, des emplois du temps, les sourires des copains qui se retrouvent, les visages hâlés qui ont plein de choses à se raconter, les claquements des souliers neufs sur le bitume, les cœurs des parents qui se broient parfois et les reniflements en cachette.

Mais moi je me revendique originale.

Donc je ne vous en parlerai pas.

Je ne vous raconterai pas combien miss Choco était fière de partir pour la première fois avec son cartable sur le dos ce matin. Ni de notre arrivée en avance de 20 minutes.

Je ne vous dirai pas à quel moment j'ai compris pourquoi elle était si heureuse d'être dans la classe de Mr T, une version humaine du mari de Barbie.

Ni de notre envie à Papa Ours et moi de refaire une année de CP avec les Ken, Ken blond et Ken brun, les deux maitres des CP qui ont l'air vraiment chouettes, au lieu d'aller trimer.

Je ne vous raconterai pas ma mine déconfite lorsque j'ai découvert que miss Bonbon était séparée de ses copines, dans une classe de 32 élèves, avec une nouvelle maitresse. Ni mon désarroi lorsqu'elle a commencé à s'accrocher à mon pantalon le menton tremblotant.

Je nous livrerai pas mon inquiétude sourde tout au long de la journée. Mon impatience de LES retrouver ce soir pour savoir comment ça s'est passé.

Je ne vous avouerai pas la banalité, au fond, de cette journée si importante pour beaucoup d'entre nous, une journée pourtant si ordinaire.

Hypocrite moi?

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Adieu maitresse!

25 Juin 2014, 19:22pm

Publié par Zazimutine

Adieu maitresse!

 

Cette année, nous ne disons pas seulement au revoir à Mme Joliedouce, la maitresse de grande section de ma fille ainée, mais adieu. Non parce que Miss Choco rentre au CP, après tout, miss Bonbon sera encore 2 ans en maternelle, mais parce que Mme Joliedouce quitte l'école. Elle avait eu la chance de pouvoir remplacer une maitresse 3 années de suite, mais cette dernière prenant la retraite cette année, le poste devient vacant. Et Mme Joliedouce n'a pas assez de "points" pour avoir le poste. C'est donc officiel, la maitresse adorée de Miss Choco s'en va dans une autre école. Rien que de l'écrire, j'ai la gorge serrée (un jour il faudra que je me fasse soigner pour cette émotivité ridicule!).

Alors voilà, je suis triste.

Et, j'ai envie de remercier cette maitresse formidable, pour le travail qu'elle a réalisé auprès des enfants.

Si je la surnomme Mme Joliedouce, ce n'est pas par hasard. Quand miss Choco est entrée en petite section, nous (je) étions (étais), comme tous parents qui voient rentrer pour la première fois un de leurs enfants à l'école, un peu inquiets (très inquiète). En fait j'étais terrifiée. Parce que miss Choco avait passé 3 années de crèche sans quasiment ouvrir la bouche et qu'elle semblait d'une extrême timidité, j'étais très effrayée de ce monde qui s'ouvrait à elle, plus hostile à priori, moins maternant que la crèche. Et puis le jour de la rentrée, nous avons vu Mme Joliedouce. Et je crois pouvoir dire que mes craintes se sont aussitôt envolées. J'ai été immédiatement rassurée par la douceur et la bienveillance de cette maitresse vis-à-vis des enfants.

Au fur et à mesure de l'année, j'ai été également séduite par ses méthodes d'enseignement: mascotte que les enfants devait ramener chez eux a tour de rôle pour le week-end (avec récit des aventures de la mascotte à consigner dans un cahier), temps de rassemblement autour de chants accompagnés de Mme Joliedouce à la guitare...

L'année de petite section de miss Choco s'est ainsi très bien déroulée.

Et puis nous avons eu la chance de la retrouver en grande section. Là encore, nous avons pu apprécier ses trouvailles: temps de relaxation, ateliers "philosophie" pendant lequels elle notait toutes les pensées des enfants autour d'une phrase de départ toute simple.

Avec Mme Joliedouce, nous avons pu également échanger au sujet de miss Choco, sa maitresse étant un peu inquiète de sa réserve, de son mode de relation à l'autre assez fusionnel. Il est vrai que miss Choco faisait un câlin à sa maitresse adorée dès qu'elle arrivait le matin. Il a fallu lui apprendre la bonne distance, sans la brusquer. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié que Mme Joliedouce enlève parfois sa casquette de maitresse pour enfiler celle de maman et avoir ainsi un point de vue plus nuancé.

Nous sommes donc plusieurs parents à avoir voulu la remercier pour son travail. Avec une maman devenue copine, nous avons été suprises des réponses de certains parents lorsque nous les avons sollicités pour un cadeau commun: "je n'ai pas l'habitude de remercier les maitresses, elles font leur travail!" nous a dit une maman. J'avoue avoir été effarée de tels propos. Evidemment, c'est leur travail. Pourtant, j'ai envie de remercier une personne qui prend son travail à coeur et qui l'exerce avec passion. Parce que justement, j'estime qu'elle ne fait pas que son travail en y ajoutant une grosse part d'humanité, une grosse part d'elle-même... Parce que ce n'est pas toujours le cas. Et puis que la reconnaissance, ça fait du bien, bordel!

Bref... je crois qu'ici, nous n'oublierons jamais Mme Joliedouce!

Edit: Mme Joliedouce a beaucoup pleuré lorsque les enfants lui ont offert notre cadeau commun, "elle pleurait de joie parce qu'elle était émue" m'a dit miss Choco.

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Mes enfants, ma faiblesse

19 Juin 2014, 11:45am

Publié par Zazimutine

Mes enfants, ma faiblesse

 

Je n'ai jamais compris pourquoi certaines femmes prétendent que la maternité les rend plus fortes. On lit souvent cette petite phrase à la Une des magazines féminins, résumant les propos de telle célébrité devenue maman récemment: "Etre maman m'a rendue plus forte!".

Etrange sensation pour moi, qui, au contraire, me sent plus fragile depuis la naissance de mes filles. Au sens que, désormais, j'ai 2 fois plus de motifs de souffrance éventuelle qu'avant; je dis 2 fois parce que j'ai 2 enfants, c'est arbitraire, mais j'imagine que d'une certaine façon, cela se multiplie avec le nombre d'enfants. Parce que désormais je souffre autant pour elles que pour moi-même, que je m'inquiète autant pour elles que pour moi-même, que je me réjouis aussi, heureusement, autant pour elles que pour moi-même.

Bien entendu, ce sentiment n'est pas nouveau. On l'éprouve pour tous les gens que l'on aime, ses parents, ses amours, quels qu'ils soient. Ce qu'il y a de nouveau pour moi, c'est le fait de souffrir parfois plus que pour moi-même, parce que j'ai découvert, avec la maternité (mais j'imagine que c'est le cas aussi pour la paternité), ce sentiment nouveau et extrêmement pénible qu'est celui de la responsabilité/culpabilité. Ainsi, la moindre souffrance de mes filles me fait me demander si j'en suis responsable, si j'ai manqué de vigilance, si le modèle que je donne à voir est le bon, si j'ai fait tout ce que je pouvais pour soulager, pour les armer, si je ne peux pas m'améliorer etc etc etc... Une sorte de double peine.

Et puis cette souffrance des tripes.... Pourquoi cette inquiétude, que l'on peut ressentir pour nos rejetons, se manifeste autant de façon physique, avec cette sensation exacte de "souffrir dans sa chair". Est-ce spécifiquement féminin? Est-ce le fait d'avoir porté nos enfants, de n'avoir fait qu'un, une espèce de mémoire du corps? Du ventre?

Donc oui, je me sens plus fragile. Et plus faible. Au sens où je ne suis pas sûre que pour protéger mes filles, je ne serais pas capable de remettre en question mes principes, mes idéaux, de réagir de façon animale et peut-être primaire. Curieuse position que celle de l'être humain qui doit répondre à des besoins animaux, tout en préservant ce qui fait son essence: la conscience.

A moins qu'on ne joue sur les mots. Peut-être qu'après tout, c'est juste une question de sémantique. (vous avez vu comment je me la pète avec des mots compliqués?)

Parce qu'au fond, si être plus forte, c'est:

- être capable de marcher 500m avec 17 kilos fébriles dans les bras sans moufter, trajet nécessaire à atteindre le cabinet du pédiatre depuis le parking,

- patienter des heures aux urgences en affichant extérieurement un calme pouvant laisser penser qu'on a fumé une forêt de cannabis,

- adresser (par necessité) la parole à des parents d'élèves inconnus alors qu'on est la championne du monde de la timidité,

- recevoir une horde de petites filles hystériques à la maison pour fêter l'anniversaire des enfants, alors qu'on n'a pas l'habitude de gérer autant d'enfants,

- insister auprès d'une secrétaire médicale pour avoir un rdv alors qu'on est vraiment pas du genre à faire valoir ses droits,

- devenir un tant soit peu "organisée " alors qu'on est plutôt du type "noyade dans un verre d'eau",

- anticiper quand on est la miss Univers de la procrastination,

- tellement, tellement d'autres choses encore...

Alors là, oui, effectivement, je peux dire que devenir mère m'a rendue plus forte!

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